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Biographie

Pentagram

Line-up :
- Bobby Liebling - Chant
- Kelly Carmichael - Guitare
- Adam S. Heinzmann - Basse
- Mike Smail - Batterie

Pentagram fait partie des toutes premières formations de Doom Metal aux côtés de Black Sabbath ou Witchfinder General. Influence énorme pour d’innombrables groupes, devenu cultissime, il a su traverser les époques et les nombreuses séparations pour subsister encore aujourd’hui, comme Trouble. La particularité de Pentagram est que Liebling demeure le seul membre originel d’un groupe aux changements de line-up incessants et aux compos sans cesse réenregistrées d’un album à l’autre.
C’est en 1971 que Bobby Liebling et Geof O’Keefe décident de monter un groupe s’inspirant des émergents Sir Lord Baltimore, UFO, Uria Sheep ou Black Sabbath. Ils optent pour le nom de Pentagram et recrutent parmi leurs potes Vincent McAllister (basse) et Steve Martin (batterie). A noter que même s’ils ont changé de patronyme de nombreuses fois durant leur carrière, passant de Virgin Death à Macabre ou encore Wicked Angel, ils sont toujours revenus vers leur idée initiale.
Il faut un certain temps pour qu’un line-up avec un minimum de stabilité ne s’établisse, ce qui sera chose faite fin 1971 avec le « classic line-up » Bobby Liebling (chant), Vincent McAllister (guitare), Greg Mayne (basse) et Geof O’Keefe (batterie).
Mais les débuts sont chaotiques, le groupe ne parvenant pas à trouver de label, étant notamment débouté par les membres de Kiss qui ne lui trouvent aucun intérêt. Pentagram parvient quand même à sortir quelques démos sur des petits labels locaux, mais rien de plus.
Le coup de grâce intervient en 1975 lorsque Liebling est arrêté par la police, le groupe étant obligé de cesser toute activité car Liebling est le seul détenteur des droits du nom Pentagram.
En 1980, Death Row est formé par Lee Abney et Victor Griffin, qui recrutent Liebling. Bien vite, celui-ci décide de ranimer Pentagram en formant le « classic 80s line-up », épaulé par Griffin (guitare), Joe Hasselvander (batterie) et Martin Swaney (basse) en remplacement d’Abney.
Il faut cinq ans à la formation renaissante pour sortir un premier album éponyme, plus tard renommé Relentless par Peaceville Records.
Deux ans plus tard Day of Reckoning voit le jour et on pense que l’aventure est lancée, mais le groupe se sépare à nouveau peu après.
Pentagram se reforme en 1993, sort un an plus tard son troisième album Be Forewarned, et splitte encore une fois.
Le groupe refait surface en tant que duo formé par Liebling et Hasselvander en 1999 avec un nouvel album, Review your Choices, suivi par Sub-Basement en 2001.
Peu de temps après Hasselvander s’en va, et Liebling recrute un nouveau line-up composé de membres d’Internal Void. Ensemble, ils enregistrent Show ’Em How en 2004.
En 2006 , Vincent McAllister meurt d’un cancer.
Depuis 2001, Peaceville Records s’attelle à la réédition des albums et à la sortie de nombreuses compilations, telles que First Dazed Here (The Vintage Collection).
De plus, il faut savoir que tous les membres ont joué à un moment ou un autre au sein de Bedemon, sorte de groupe « pour le fun » fondé en 1973 qui n’a sorti qu’une compilation en 2005.

Chronique

14 / 20
1 commentaire (14/20).

Curious Volume ( 2015 )

Curious Volume ouvre le chemin d’une réflexion plus générale sur la musique de Pentagram. Depuis plus de 45 ans les Américains sont la figure de proue du Doom, une référence incontournable pour tout amateur du genre. Toujours avec une classe incroyable, ils nous livrent des albums efficaces et chaleureux, regorgeant d’une foule d’ambiances sombres et malsaines comme on les aime. Le virage Stoner amorcé il y a quelques années les a replacés au centre d’un univers dont ils étaient déjà précurseurs. Aujourd’hui il reste pourtant une problématique fondamentale : le renouveau et la diversité.

Tuons le suspense tout de suite, Curious Volume est un bon disque, les compositions ultra simples (et non simplistes) sont groovy et régalent à tous les coups comme l’imparable The Tempter Push. L’expérience du groupe associée à celle du Doom est un gage de qualité certain : on ne la fait plus à Pentagram, ils sont de véritables professionnels et savent créer du contenu de qualité. Dead Bury Dead en est la parfaite illustration : le Doom crasseux vient nous assommer sans état d’âme. Le Stoner incorporé dans leur musique donne un aspect plus jeune et punchy à l’ensemble pour un résultat tout à fait appréciable. Les influences sont multiples : de Black Sabbath à ZZ Top, Bobby Liebling et ses potes se font plaisir en sortant des riffs d’une solidité déconcertante compte tenu de leur simplicité. Pentagram prouve une fois encore qu’il faut compter sur eux pour envoyer du gros son à l’ancienne : Devil’s Playground est une véritable pépite. Le parti pris ici est de faire dans le vintage, avec les voix claires et les chorus très hauts que l’on entendait dans les années 70 et qui fonctionnent encore très bien aujourd'hui.

Pourtant, la redondance de leur travail nuit à la qualité globale de Curious Volume : la construction des morceaux est la même tout du long et bien qu’elle ait déjà fait suffisamment ses preuves, le manque de recherche à ce niveau est flagrant. Force est de constater que la formule a été est rebattue et que rien de nouveau ne vient rafraîchir l’ensemble. Le problème c’est que de nos jours on trouve des centaines de très bonnes formations de Stoner / Doom capables de rivaliser avec Pentagram
Replaçons les choses dans leur contexte : Pentagram, mondialement connu et sur le devant de la scène depuis des décennies sort un album efficace, bien calibré et bien pensé, mais qui cependant n’a rien d’extraordinaire et surtout pas la touche d’innovation que l’on est en droit d’attendre d’un groupe aussi renommé. Bien que la qualité soit au rendez-vous, une fois l’écoute terminée on se rend finalement compte qu’il manque des aspérités, quelque chose de marquant pour que cet album résiste à l’épreuve du temps. Pentagram fait du Pentagram, et mise sur son nom pour donner un gage de qualité. Cependant cela fonctionne de moins en moins : la quantité de très bons artistes du milieu exige un minimum de volonté et d’ambition au niveau de la composition, la différentiation se fait au niveau de l’écoute et de moins en moins autour de l’imaginaire.

Pris indépendamment, Curious Volume a des arguments à faire valoir et se positionne aisément sur la scène Stoner / Doom actuelle. Il serait pourtant préférable que le groupe ose aller plus loin, quitte à secouer les fans de la première heure pour se replacer comme pilier de la musique embrumée, comme ce fut le cas 20 ans en arrière.

A écouter : The Tempter Push - Dead Bury Dead - Devil's Playground