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Biographie
Pelican, composé de Laurent Lebec et Trevor De Brauw (Guitares), Larry Herweg (Batterie) et Bryan Herweg (Basse), nous vient de Chicago et se révèle être une des toutes dernières signatures du label Hydrahead Records. Comme la plupart des groupes du label, Pelican produit avant tout une musique puissante et pesante. Après un premier ep remarqué en 2001, le groupe livre son premier album en 2003, Australasia, composé de longues instrumentales puisant ses sonorités dans des courants tels que le Stoner, le Sludge, le Postcore et le Post-Rock.
Il ne faut que quelques mois seulement à Pelican pour se faire un nom qui enchaine alors en 2005 avec un ep, March Into The Sea, avec un remix d'Angel Tears perpétré par Justin Broadrick (Jesu) précédant d'un petit mois The Fire In Our Thoats Will Beckon The Thaw qui s'oriente vers des contrées résolument plus aériennes. Entre les splits avec Mono ou Playing Enemy, et les tournées (Live in Chicago 06/11/03), les américains reviennentt avec City Of Echoes en 2007 jouant cette fois-ci vers un Post-Rock plus fougueux et expéditif que par le passé. S'en suivent une série d'eps en tous genres avec une reprise de Pink Mammoth, After The Ceiling Cracked également édité en dvd, deux splits avec These Arms Are Snakes et Young Widows puis enfin Ephemeral qui préfigure le dernier opus de Pelican en 2009 : What We All Come To Need qui revient à des sonorités Stoner.
En 2009, où en est rendu Pelican depuis City Of Echoes son dernier album? Un split avec feu These Arms Are Snakes, une série d'eps à l'intérêt restreint puis Ephemeral qui n'augurait pas grand chose de nouveau à se mettre sous la dent. Quid de What We All Come To Need?
On pourrait critiquer la carrière de Pelican, leur reprocher la perte de leur son tellurique d'Australasia et leur virage aérien depuis The Fire In Our Throats Will Beckon The Thaw, mais on ne pourra pas nier une évolution artistique depuis plusieurs années. Seulement voilà , pas besoin de quinze écoutes au compteur pour s'apercevoir qu'avec What We All Come To Need, Pelican est au point mort, à croire qu'on aurait presque affaire à un City Of Echoes bis (Glimmer). C'est donc sans surprise qu'on retrouve des titres au formats proches et aux constructions similaires avec un Post-Rock à peine massif qui lorgne tout juste sur un Stoner lissé. Pelican se présente donc en terrain connu si l'on excepte le dernier titre (Final Breath) où le groupe use pour la première fois du chant dans un morceau, et encore, rien n'étonne particulièrement. Panne d'inspiration? Idées mal exploitées? Peu importe la raison, l'effet est bel et bien là , l'opus s'écoute agréablement, sans que l'on se fasse bousculer d'un bout à l'autre. Heureusement, certains titres comme Ephemeral ou Specks Of Light s'en sortent pas trop mal avec ces guitares légèrement teintés de Stoner et permettent de reprendre un peu du poil (plumes?) de la bête. Des passages ici ou là sont sympathiques à l'oreille (What We All Come To Need ou Strung Up From The Sky), des rythmiques pas trop mal foutues font prendre la sauce, mais on était en droit d'en attendre d'avantage de cette nouvelle livraison. Parlons malgré tout des invités qui ne sont là que pour faire bon genre, puisqu'ils ne se manifestent qu'aussi discrètement que possible, Greg Anderson de Sunn O))) par exemple sur The Creeper ne faisant vrombir que l'intro uniquement. N'y avait-il pas moyen de faire un titre monstrueux? Pas la peine de s'attarder sur la présence expresse des autres musiciens (Aaron Turner, Ben Verellen et Allen Epley) puisqu'elle ne rajoute pour ainsi dire rien à la musique du quatuor. Monolithique à la base, la carrière de Pelican s'effrite peu à peu, se ramollie doucement et par la force des choses devient quasiment banale.
What We All Come To Need n'est pas franchement innovant, il se voudrait presque le fils illégitime de The Fire In Our Throats Will Beckon The Thaw accouplé à Australasia. Avec un Post-Rock rêche mais pas assez sulfureux pour accrocher sur ses aspérités, ni assez planant pour décoller, l'oiseau commence à trainer de la patte. On aurait souhaité qu'il retrouve son envol prestigieux d'antan ou qu'il s'enfonce six pieds sous terre à la manière de son premier ep mais cela n'arrivera pas. Un disque décevant qui demeure donc dispensable dans la discographie de Pelican.
A écouter : éventuellement
Pelican nous avait déposé en 2005 sur les contrées glaciales dépeintes dans The Fire In Our Throats Will Beckon The Thaw. Mais ce dernier album de groupe instrumental de Boston avait divisé les troupes en adoptant une orientation beaucoup plus atmosphérique, en délaissant la puissance et le son qui faisaient auparavant sa force. Que ceux qui avaient fui se rassurent car City of Echoes marque le retour en grande pompe du Pelican de Australasia.
Retour à Australasia disais-je, mais le passage dans les eaux glaciales du précédent album semble avoir marqué l’animal. L’effet douche froide mais à l’envers, Pelican devient encore plus fougueux et dévoile de nouveaux aspects de son talent. Les morceaux sont moins longs (cinq minutes en moyenne), plus directs qu’auparavant et dégagent une énergie purement rock’n’roll. City of Echoes mélange habilement les mélodies naïves et légères aux chevauchements guitare/basse furieux (Dead Between the Walls), enrichissant l’univers musical du groupe sans jamais tomber dans la démesure. Le son de guitare reconnaissable entre mille d’avant The Fire in Our Throats est une nouvelle fois à l’honneur et redonne au groupe l’aspect sludge qu’il avait mis de côté.
Plus énervé qu’auparavant certes, mais Pelican n’oublie pas pour autant le chemin parcouru depuis le premier EP, avec les riffs métalliques et les mélodies séduisantes qu’on lui connaissait. Une sensibilité mélodique (mention spéciale au sublime interlude acoustique Winds with Hands) qui constitue d’ailleurs le véritable fil rouge de City of Echoes en lui assurant une excellente homogénéité. Seul le dernier morceau souffre d’une légère baisse de régime, renoue avec le feeling post rock dont on se serait volontiers passé vu la teneur du reste de l’album.
Ce City of Echoes est à l’évidence très charmeur, paré d’atouts qui devraient avoir raison de ceux que Pelican avait oublié de prendre dans son bec avec The Fire In Our Throats Will Beckon The Thaw. Il marque le retour aux déflagrations sludge avec un punch qui leur sied toujours aussi bien sans pour autant oublier d’aérer le tout avec classe. Espérons simplement que son côté plus rentre-dedans ne devienne pas un obstacle à sa durée de vie.
City of Echoes est écoutable dans son intégralité sur le site officiel de l'album.
A écouter : Spaceship Broken-Parts Needed, Winds with Hands, Dead Between the Walls...
Depuis la sortie de son premier opus "Australasia" et l’accueil dithyrambique qu’il suscita, tout va très vite pour Pelican. Propulsé très tôt parmi les grands groupes instrumentaux à consonance métallique, le quatuor de Chicago ne sait plus que faire pour rassasier l’appétit pantagruélique de son public. En l’espace de quelques mois les tournées, DVD, splits, EP en guise d’amuse-gueule vont s’enchaîner sans que l’on ait eu le temps de se retourner. Pire, le deuxième album est déjà dans la boîte et les bureaux d’Hydra Head font les cent pas en attendant sa sortie. Voyons donc, sans plus tarder, ce que nous propose la nouvelle étape musicale en sept titres des petits protégés d’Aaron Turner (Isis).
Les premières secondes de "Last Day Of Winter" confirment les aspirations de Pelican vers une musique beaucoup plus aérienne, dans la logique de leur précédent EP "March Into The Sea". Exit donc les riffs graisseux du sludge, et place à la froideur des embardées post-rock chères à Isis. Le seul lien perceptible entre les deux albums semble être désormais l’aspect progressif des chansons. On retrouve toujours les longues pièces dépassant majoritairement les dix minutes, dans lesquelles les guitares graves s’enchevêtrent en une montée conduisant aux déflagrations soniques les plus pataudes. En outre, le son du groupe semble faire les frais de cette orientation. A la rondeur et au crépitement stoner/sludge est désormais préféré le son chirurgical et épuré, y compris dans les moments les plus distordus. Dans des considérations plus matérielles, la simple comparaison des artworks suffit à retranscrire cette transition opérée entre les deux albums.
Les compositions n’en sont pas moins réussies, à l’image du somptueux "Autumn Into Summer". Tout en progression, les guitares passent de la noirceur comateuse d’Isis à l’explosion céleste, sans oublier les gros riffs qui tâchent. Il en va de même sur le puissant "March Into The Sea", dans lequel Pelican installe une atmosphère pesante et presque dérangeante de bout en bout qui n’a rien à envier à l’œuvre de Neurosis. Les possesseurs de l’EP du même nom peuvent toutefois se rassurer, puisque les 10 dernières minutes du titre ont (hélas) été amputées de l’album. Son acquisition antérieure n’aura donc pas été vaine.
Suite au traditionnel intermède acoustique de milieu d’album (néanmoins plus sombre et "opethien" en l’espèce), Pelican continue d’explorer ses penchants les plus mélodiques et délicats. A trop tirer sur la corde sensible, le groupe tombe cependant un peu dans la surenchère (le simplement mignon "Red Ran Amber"). Mais en abordant sa face la plus post-rock, les titres gagnent en spontanéité. C’est le cas notamment sur "Aurora Borealis", titre mid-tempo rêveur et tout en profondeur qui s’inscrit parfaitement dans le sillon d’un Red Sparowes. La recherche de puissance mélodique semble, bel et bien, constituer le nouveau credo du combo, ce dernier allant même jusqu’à flirter avec les sensations émocore sous Temesta que nous propose "Sirius".
"The Fire In Our Throats Will Beckon The Thaw" nous dévoile donc un autre Pelican. Si cette démarche est entièrement louable, le groupe perd en revanche ce qui faisait de lui une entité unique dans la scène métal instrumental actuelle : le son sludge explosif. En dépit de la qualité remarquable de l’album, il n’est désormais qu’un élément supplémentaire dans la scène post-hardcore. Au vue de leur potentiel démesuré, les chicagoans méritent beaucoup mieux que cela.
A écouter : Autumn Into Summer, March Into The Sea, Aurora Borealis
Fort d'un premier effort de bonne facture laissant sous entendre un potentiel monumental, Pelican se lance tête baissé dans l'exercice difficile du premier album "attendu au tournant". Sans trop tergiverser, il faut bien admettre que le résultat va bien au delà de nos espérances. Le quartet produit une mixture instrumentale liant stoner, sludge et post-hardcore d'une puissance rarement atteinte.
On est d’abord touché de plein fouet par l'homogénéité et la maturité de l'ensemble. Pelican possède un son bien particulier, très travaillé tout en restant explosif et massif, que l'on pourrait aisément reconnaître entre 1000. Produisant respectivement pointes mélodiques et saturations abrasives, les 2 guitares se complètent à merveille dans un jeu progressif et varié dont la vitesse d'interprétation va souvent crescendo. Australasia forme un ensemble compact et très personnel qui n'arbore en aucun cas un aspect répétitif. En effet, les compositions ne se répètent pas mais sont toutes fortement marquées au fer rouge de la patte si particulière des gaziers. En ce sens, le groupe passe sans complexe du stoner au sludge puis à des parties métalliques plus rapides avec une grande aisance. Pelican s'autorise même des passages acoustiques proches du post-rock afin d'aérer un peu la lourdeur de l'ensemble. Dans le genre, on retiendra particulièrement l'avant dernier titre "Untitled" qui devrait plaire aux inconditionnels de Godspeed you ! Black Emperor et toute la clique.
Outre son explosivité, on ressent assez fortement un côté progressif dans le jeu de Pelican. Chacun des 6 titres gagne ainsi en intensité et en richesse musicale au fil des minutes. La présence des chicagoans est telle qu'on ne rechignerait pas à quelques instants supplémentaires tant l'atmosphère de chaque morceau nous imprègne. Le phénomène rappelle fortement Neurosis ou Isis, dans cette manière de pénétrer les esprits. Une des grandes réussites de Australasia est sans aucun doute la section rythmique. La basse au jeu relativement basique est d'une puissance dévastatrice. La batterie est, quant à elle, un monumental chef d'orchestre tant au niveau sonore que visuel. Dotée de 3 grosses caisses, elle engendre un jeu bourru et dynamique qui mène la troupe à la baguette.
Pelican est tel un océan coléreux qui tente de noyer ceux voulant lui faire face. Pour peu que vous ne soyez pas imperméable aux musiques lourdes et instrumentales, se laisser entraîner aux fonds des abîmes se révélera être une expérience des plus agréables. Pelican est souvent présenté comme l'un des prétendants au statut de groupe au "son le plus puissant"...ce n'est franchement pas usurpé. Dévastateur donc, mais sublime également.
A écouter : 6 titres / 50 minutes totalement indissociables !
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