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Biographie

Papier Tigre

Papier Tigre est un trio nantais né en 2006, signé sur Effervescence, qui parsème sa route d'airs noisy et mathy salvateurs, emmenant tour à tour dans sa cabine Fugazi, Don Caballero ou The Jesus Lizard. En 2 étapes jusqu'alors, le combo a rallié de nombreux suffrages et continue de tailler son chemin à la machette, The Beginning And The End Of Now étant distribué en Angleterre, un an après sa sortie, en 2009.
S'ensuivent des tournées qui n'en finissent plus au sein de La Colonie de Vacances (qui donnera un split cd et un DVD) en compagnie de Pneu, Marvin et Electric Electric, puis d'autres dans le monde entier, notamment en Chine. Deux ans plus tard, le groupe part enregistrer au Studio Electrical Audio de Chicago en compagnie de John Congleton (Explosions In The Sky, The Polyphonic Spree, etc), afin de sortir Recreation en mars 2012 chez Africantape et Murailles Music. Le trio repartira sur les routes sans discontinuer durant trois ans, entre autres avec La Colonie de Vacances toujours, en mode quadriphonique cette fois. Trois années qui verront sortir un nouvel album du projet solo du chanteur/guitariste The Patriotic Sunday, et un autre de Room 204 (où l'on retrouve le batteur ici présent). Quant au quatrième album de Papier Tigre, il voit finalement le jour en avril 2016, se nomme The Screw, produit en local par Patrice Guillerme et abrité par les fidèles Murailles Music.

Guitare/chant : Eric
Batterie/percussions : Pierre-Antoine
Guitare/percussions : Arthur

15.5 / 20
0 commentaire

The Screw ( 2016 )

La Recreation est terminée, Papier Tigre retourne au charbon et nous gratifie d’un quatrième album, après un troisième qui tutoyait déjà les cimes de l’excellence (noise) rock, et dans l'élan amorcé avec The Patriotic Sunday, projet annexe fort consistant du chanteur Eric. Durant ces quatre dernières années les Nantais se sont aussi probablement enrichis de La Colonie de Vacances (tournées partagées avec Marvin, Electric Electric et Pneu), ou encore de Room 204 incluant Pierre-Antoine, les baguettes de Papier Tigre. On retrouve en fait trois musiciens aguerris, des versions augmentées de ce qu’ils étaient en 2012, portés davantage vers la recherche, toujours animés par une constante imprévisibilité.

Un aspect expérimental qui en déroutera certains au premier essai, se révélant précis et particulièrement grisant au second. On pense notamment à A Matter Of Minutes, long morceau de bravoure, d’audace, martial et délicieusement punitif, à la fin incongrue mais tout à fait raccord de The Other Me, à la théâtralité émanant de Mood Trials et du fantasque And There Were Some Lonely Hands. Le sens de la mesure selon Papier Tigre se répercute à tous les niveaux tandis que leur penchant noise, abrasif, est distillé avec une finesse renouvelée, jusqu’à l’hypnose (In The Right Place), quand ce n’est pas pour clarifier un propos déjà familier (Heebie Jeebies, Pajamas). Clair comme le chant, toujours plus juste, extensible et limpide. Limpide comme ces guitares qui s’expriment ponctuellement, apportent le strict nécessaire en mélodies et saturation. Nécessaire comme cette batterie centrale, évolutive et gracieuse. Tout finit par s’imbriquer de manière évidente, mais ça les Nantais nous y avaient habitué.

Malgré un effet moins instantané, The Screw accentue la puissante et délicate alchimie qui émanait des albums précédents, jouissant cette fois d’une production maison (avec Patrice Guillerme au Corner Box Studio) sur mesure, sans doute la meilleure d’une discographie pourtant pas si mal traitée. Aussi intelligent que minimaliste, le trio n’a pas oublié d’être inspiré, de chatouiller la fibre émotionnelle dans le plus simple appareil, tout en cherchant à outrepasser les frontières de son imaginaire.

Mood Trials et Heebie Jeebies lisibles via Bandcamp.

A écouter : au moins deux fois.
16.5 / 20
3 commentaires (15.83/20).
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Recreation ( 2012 )

Ou "Pèpeur Taïgueur" comme disent sans doute les producteurs indépendants américains tels que John Congleton (Explosions in The Sky, This Will Destroy You, The Polyphonic Spree, etc) lors de l'enregistrement du troisième album des nantais au Studio Electrical Audio de Chicago, par exemple. Congleton étant également frontman d'un autre papier de qualité, The Paper Chase.

Un enregistrement qui s’est déroulé dans les conditions du live et ça s’entend bien évidemment de la première à la dernière seconde de ce(tte) Recreation. Un disque qui porte donc très bien son nom puisqu’il ne connaît pas l’ennui, le rythme est central et il le restera même lors des phases légèrement atmosphériques, comme sur le long et superbe The Later Reply. Un sens du groove qui se confirmera sur Afternoons ou encore Teenage Lifetime et ses variations sautillantes, bien ciselées, mathisées. Le trio n’oublie pas d’insuffler constamment une touche d’afrobeat à son rock fiévreux dans la plupart des compositions (Chimera, Demand, Afternoons), en jumelant le tout avec une fluidité totalement réjouissante, faisant preuve d'une fougue similaire à celle de leurs copains de Fordamage dans un registre un peu moins saturé.
La voix d’Eric ressort davantage et nous emmène tantôt vers des phrases scandées, accompagnant les instruments dans une entreprise de déstructuration (I’m Someone Who Dies, Home Truth, This And That And More Of This And That, Wandering Cage), tantôt vers une mélodie pure et sincère toujours accordée au poil avec batterie et guitares (The Later Reply, Demand, Teenage Lifteime). Le tout est emballé dans une certaine chaleur subtile, le son est d’une clarté éblouissante, plein de relief. Il en résulte que l’on est instantanément happé par cette ambiance sonore aux contours imprévisibles, donnant une personnalité complètement affirmée aux trois nantais, déjà riches et célèbres dans nos sous-sols depuis The Beginning And The End Of Now. Notez par ailleurs qu'il s'agit d'une sortie étrangement synchronisée avec l'arrivée du printemps et tout ce que ça implique d'un point de vue "récréatif".

Qu’on se le dise, Recreation est une belle réussite s’inspirant du meilleur de la scène 90’s anglo-saxonne et qui risque bien de faire exploser le groupe à l’internationale, si ce n’est pas déjà fait. J’extrapole certainement mais Papier Tigre comme représentant du rock alternatif français à l’étranger, ça aurait plutôt de la gueule, non ?

A écouter : Naturellement.
14.5 / 20
1 commentaire (17/20).
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The Beginning And The End Of Now ( 2008 )

A l'Ouest, du nouveau. On ne fera pas l'affront à Prévert de faire un inventaire (des pommes, des poires et quelques scoubidous) mais les scènes math-rock et noise en France se portent plutôt bien, merci. En écumant le terreau national depuis quelques années, Papier Tigre participe à la floraison, côté gauche de l'hexagone, de ces groupes décomplexés qui accueillent en le maltraitant à bras ouverts l'héritage de leurs aînés anglo-saxons (The Jesus Lizard, 31knots, Codeine).

Notes grasses ou enchevêtrements mélodiques discrets, batterie libre de s'envoler ou patates martiales, The Beginning And The End of Now surfe sur une vague poppement bruitiste qui donne, sans conteste, envie de dodeliner de la tête pour faire honneur à l'énergie de ces compositions distillées sur un peu plus d'une demi-heure. Deux guitares complémentaires pour un jeu hâché ("Health And Insurance"), tout en finesse ("Green Around The Gills"), jamais démesuré ni présomptueux.
Constamment sur le fil d'une distorsion bien sentie ("When Will We Get to Meet The Boss?") et l'urgence de quelques sonorités (l'excellente "Pricing"), le rock de Papier Tigre se situe à mi-chemin entre Charlottefield, 31knots et These Arms Are Snakes, alliant à la facilité apparente d'une mélodie l'incisif d'un riff et le rocailleux de la voix, comme sur des graviers.

Trio inspiré, les nantais misent souvent sur des compositions efficaces, minimalistes, toutes en retenue. Ce qui peut transformer une balade maussade en pique mathy / catchy ("Scribble" ou "A Killer Gets Ready" et ses accents lizardiens) peut, aussi, parfois lasser un auditeur qui attend de l'explosif et du plein les oreilles au détour de chaque riff ("Indoor Islands" et quelques passages sur la fin, moins inspirés). Sans aller jusqu'à l'hyperbole, on pourrait leur reprocher trop d'humilité ou pas assez d'audace pour pondre le morceau qui achève, celui qu'on retient pour le brandir comme un emblème; au lieu de s'asseoir sur ses lauriers et perdre un peu la dynamique de la première partie.

Néanmoins, une fois la touche "Replay" activée et dès la piste d'ouverture, "Restless Empire", ce moment de faiblesse s'efface, aussitôt rattrapé par l'ambiance du reste de l'album et le soupçon de gros potentiel qu'on a tout de même hâte de voir confirmer sur scène.

A écouter : Oui