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Biographie

Pantheist

Pantheist a été fondé en 2000 à Anvers en Belgique à l'initiative de Kostas, critique sur doom-metal.com et accessoirement psychologue et chercheur. Le nom provient de la philosophie panthéiste selon laquelle Dieu et l'Univers ne font qu'un. l'étymologie grecque résumant les choses ainsi : "pan" signifie tout, et "theos" Dieu. Ce concept est poussé dans le sens d'une compréhension humaine impossible et donc de l'isolement, du désespoir et des lamentations, ce qui sied parfaitement au funeral doom joué par le groupe. Avec Nicholas, guitariste et co-fondateur, ils enregistrent en l'an 2000 une premiere démo aidés de musiciens de session, 1000 Years. Sous influence du style finlandais de Thergothon ou Skepticism, ils n'hésitent pas non plus à injecter des influx prog' rock dans la lignée des Pink Floyd ou de Anathema dans les parties les plus calmes de leur musique. Leur premier album, O Solitude, paru en 2003, fait aussi la part belle à des atmosphères religieuses et hantées, et se pique de classique, venu de Chopin et Bach. Pantheist mêle également habilement chants growlé, parlé et clair.

Le groupe connaît de nombreux changements de line-up, mais parvient à tourner avec des poids lourds, notamment Skepticism, Evoken, mais aussi Esoteric. Pour faciliter les enregistrements, répétitions et concerts, le groupe migre à Londres en 2004. Andy Semmens et le bassiste Mark Bodossian, de Esoteric, les rejoignent  pour l'enregistrement de Amartia, sorti en 2005. Il s'agit d'un album concept, sur le thème des 7 péchés capitaux. Nicholas quitte malheureusement le groupe pour raisons familiales cette même année, et c'est Ilia Rodriguez qui le remplace. Un nouvel EP enrichi de la demo remasterisée 1000 Years, est sorti chez Serpent's Lair. On y trouve notamment une reprise du For Funerals To Come de Katatonia.

17 / 20
2 commentaires (15.5/20).
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Amartia ( 2005 )

Après un premier album remarqué, quoique de forme relativement classique, Pantheist passe l'épreuve du second effort avec un album conceptuel, dans la droite lignée de la métaphysique appliquée par le groupe, ce panthéisme qui plonge l'homme dans l'insupportable pesanteur du silence divin.

Mélange de mélancolie et de désespoir dans la pure tradition doom et d'emballements coléreux, le doom pestiféré de Pantheist sait se faire incendiaire sur cet album. Kostas y défie un dieu absent en commettant les  7 péchés capitaux, il l'envie, l'incarne, se désole du poids de sa propre existence, conspue l'humanité, dans le seul dessein d'éprouver la vie et la force de Dieu. Ce discours à Dieu, présence muette et sourde, comme impotente, débute par Apologeia, l'excuse latine, résonnant de blast beats tandis que le chanteur invoque avec force la haine et le dépit qu'il lui inspire.  Si proche et si lointain,  il le réclame, s'insurge, quémande l'attention (First Prayer) tout au long de dix pistes comme autant de plaies portées au flanc du seigneur qu'il réfute. Dans une ambiance mortuaire, d'orgues, de nappes de claviers funèbres et de chants d'hommes surgis des tréfonds de l'oubli, entre agonie et rites ancestraux, Amartia file cette trame. Les guitares grondantes et assourdies tendent les toiles de chute d'un doom pénitent fait de clameurs cryptiques et d'incantations déchirées de mélodies aériennes comme sur Greed. Les ambiances atmosphériques se succèdent comme sur Lust faite de claviers agiles et de guitares grondantes puis aériennes. Pantheist relève le défi de rendre le funeral doom plus mélodieux, habité de nuances et de beautées délicates. La pesanteur du fardeau que l'on supporte sans se laisser abattre, la conscience du tragique de la vie magnifiée, ainsi se présente cette âme en mouvement qui sous-tend chaque titre. S'attarder sur les textes vous laissera découvrir leur teneur mystique et polémique, une des grandes réussites de ce disque toute entier imprégné des interrogations du fondateur de Pantheist, Kostas. Avec Wrath, on ressent la violence comme jamais, chant, batterie et guitare au diapason, en une sorte de point culminant du voyage, qui tend vers des sonorités black metal sans perdre de sa qualité mélodique. C'est avec Metanoia, "l'esprit au dessus de", que vient la conclusion à la quête du chanteur prieur, emplie de désenchantement et d'abandon .

Pareil à un Icare en chute libre, un Prométhée soumis à la torture, Kostas livre dans Amartia les pensées d'un condamné en terre hostile, cherchant Dieu in absentia pour ne trouver que la pesanteur existentielle au confins de prières puissantes aussi bien par le fond que la forme. Une belle réussite.

 

A écouter : Tout et s'imprgner

The Pains Of Sleep ( 2005 )

En deux albums, Pantheist s'est imposé comme l'un des groupes les plus intéressants et les plus novateurs de la scène doom metal actuelle. Après un superbe concept album intitulé Amartia en 2005, le groupe propose avec The Pains Of Sleep une compilation présentant un intérêt certain. En effet, on y trouve non seulement les deux inédits que sont le morceau éponyme ainsi que Pavor Nocturnus (25 minutes de pur funeral doom à elles deux), mais aussi une reprise de For Funerals To Come de Katatonia à la grande époque doom death du groupe. Enfin, la formation basée à Londres a eu la bonne idée de rééditer pour l'occasion sa démo 1000 Years.

The Pains Of Sleep est ainsi un long morceau plaintif dans la veine de O'Solitude, lent, douloureux et qui adapte le très beau poème plein de désespoir de Samuel Taylor Coleridge (à lire ici ). Pavor Nocturnus s'apparente quant à elle au son des cauchemars nocturnes en s'étirant toute en langueur et lourdeur funèbres conservant cette grandiloquence propre au Funeral Doom et revendiquée par la musique du groupe. For Funerals to Come la reprise de Katatonia s'oriente elle vers l'orchestral, l'un des meilleurs atouts de Pantheist. Cette reprise, avec une voix claire plutôt que distordue, s'avère mélancolique et intime, et constitue une belle réussite. La demo remasterisée prend une allure bien plus lourde et pesante, et on y retrouve des pistes apparues sur les deux albums notamment Time, Envy Us (une video live est d'ailleurs également au programme) et Lust.  Toute les originalités de Pantheist sont là, comme la rapidité de certains passages, en particulier sur la très enlevée Time avec son solo de guitare et ses envolées de l'orgue. A signaler aussi que l'une des chansons les plus personnelles de Kostas, Liefde Voor Niemand (Love For Noone) trouve ici un écrin de choix, jouant d'une atmosphère religieuse, assez minimaliste et mystérieuse avec le traditionnel orgue et des paroles en néerlandais. Elle est en fait une de ces chansons riche d'une thématique profonde, comme les affectionne l'artiste, sur la valeur de l'amour universel,  qu'on pourra dire divin : peut-on aimer tout le monde sans aimer quelqu'un en particulier?

Cette collection de chansons conserve une cohérence assez remarquable, perpétuant une atmosphère mystique, une forme de "church doom" où la peine et la douleur sont magnifiées, amplifiées, jusqu'à l'hyperbole, et continue d'imposer le groupe comme l'un des plus talentueux de la scène. En attendant le projet neo-classique de Kostas, Ereipia  (page myspace ici ), et sa collaboration à venir sur le projet post-rock/metal Crippled Black Phoenix (page myspace là), on se flagellera avec un plaisir non-feint à l'écoute de The Pains Of Sleep.

A écouter : The Pains Of Sleep, For Funerals To Come, Time