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Biographie

Pain Of Salvation

Pain Of Salvation est crée en 1991 par Daniel Gildenlöw sur les cendres du groupe Reality. Le premier album, Entropia, sort en 1997, suivi de One Hour By The Concrete Lake sur le label progressif majeur Inside Out Music. La musique pratiquée par le groupe est à la fois technique et pleine d'émotions, influencée autant par le groove rock progressif des années 70 que par Dream Theater, formant un ensemble atypique, complexe et cohérent.
En 2000, The Perfect Element Part I ; Il s'agit comme toutes les sorties du groupe d'un concept-album, bâti ici autour de l'existence et de la relation entre deux adolescents fragiles et touchants. Il est suivi par Remedy Lane, album plus personnel de Monsieur Gildenglow (qui compose quasiment toute la musique et écrit les paroles) autour de la souffrance amoureuse, et BE, album orchestral et plus expérimental, sur la relation de l'Homme vis à vis de Dieu. Ces trois albums sont considerés comme chefs d'oeuvre intemporels par le public et la critique.
La sortie de Scarsick en 2007 signe la fin d'une époque et une période de trouble; Kristopher Gildenglow le frère de Daniel, quitte la basse et est remplacé par Simon Andersson. Johan Langell quitte lui la batterie après la tournée, remplacé par le français Léo Margarit. Le DVD live Ending Themes et suivi par l'ep Linoleum et le Road Salt Part 1, qui marquent un tournant vers une musique plus influencée par le Blues Rock des années 70.

16.5 / 20
6 commentaires (18.5/20).
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In The Passing Light Of Day ( 2017 )

Mettons-nous d'accord sur l'historique récent de Pain Of Salvation. D'abord, un line-up historique, stable pendant dix ans, qui a finalement craqué de partout pour ne laisser que Daniel Gildenlöw aux commandes, induisant un renouveau de quatre membres sur cinq depuis 2007, et un poste de guitariste toujours instable.

En termes d'albums, Falling Home (2014) ne compte pas, puisqu'il s'agit de réinterprétations acoustiques de vieux titres du groupe. Quant à Road Salt One et Road Salt Two, respectivement sortis en 2010 et 2011, ils ont clairement une dimension Rock nostalgique issu de jams plus que Metal réfléchi et très écrit. Encore avant, ça nous ramène au décevant Scarsick. Alors certes, des goûts et des couleurs, comme on dit. Mais n'empêche, certains soutiendront avec aplomb que Pain Of Salvation n’a plus trop brillé après la décennie 1995-2005, et que la dernière production digne d'intérêt de la part des Suédois est BE (2004).

Eh bien c'est simple : avec In The Passing Light Of Day, les progueux accouchent d'un album grandiose auquel on ne croyait plus. Sur tous les plans, la cuvée 2017 se compare aux débuts de la discographie de PoS, au point que tous les aspects du disque peuvent être évalués avec la phrase "Pain Of Salvation n'avait pas fait aussi bien en terme de [critère au choix] depuis The Perfect Element / Remedy Lane / BE".

Tout d'abord, ce nouvel album est enfin un retour au Metal. Exit les acoustiques et le Rock mièvre, et ce dès les premières secondes de On A Tuesday qui pose les bases de ce que va être In The Passing Light Of Day : du gros son couplé avec des riffs ingénieux, de l'émotion tantôt sur des ambiances intimistes tantôt avec des passages puissamment poignants, des constructions progressives travaillées (le morceau d'ouverture fait en effet 10 minutes et ce n'est pas le plus long, le disque dure presque une heure et quart et contient trois pavés de 9 à 15 minutes)... Tout est délicieusement bien écrit, magistralement interprété, mais ce qu'on retient le plus est la facilité avec laquelle le groupe transmet des sentiments de façon intense. Les couplets de Reasons, les refrains de On A Tuesday ou de Meaningless, la fin de The Passing Light Of Day, et tellement d'autres moments fondamentaux et précieux ressortent pour leur touchante sincérité, pour les émotions diverses qu'ils véhiculent. Du pont aérien posé (Full Throttle Tribe par exemple) au refrain catchy mais hypnotiquement habité (On A Tuesday entre autres), tout n'est qu'émotions, principalement grâce à la voix toujours à fleur de peau de Daniel Gildenlöw. Le thème de l'album (orienté sur la peur de mourir, l'anticipation de l'absence d'un proche, la gestion du deuil, etc, le tout sans être un concept-album mais plutôt une thématique générale) est un terrain de jeu idéal pour laisser s'exprimer autant d'angoisse, de hargne, de douleur et de beauté.

Sur un plan plus musical, on note aussi avec plaisir l'énorme travail rythmique, apportant encore à la composante Progressive de ITPLOD. L'intro et les couplets de Full Throttle Tribe dans lesquels la caisse claire se décale à chaque fois d'un demi-temps de plus, ou encore les multiples syncopes dans Reasons montrent à quel point PoS transpire la maitrise rythmique. Quant à la virtuosité pure, Pain Of Salvation n'est pas en reste et le prouve avec un très long solo de guitare sur la fin de Angels Of Broken Things. Certes, c'est le seul véritable lead de l'album, mais y a-t-il besoin de plus ? Les solos ne manquent pas, et les prouesses rythmiques couplées aux structures alambiquées montrent déjà toute l'expertise des Suédois. Et réussir à rendre l'ensemble accessible, compréhensible, intense et honnête à la fois, malgré cette dimension progressive, prouve leur génie.

Enfin, on s'attarde un instant sur The Taming Of A Beast car ce titre fait selon moi le lien avec les deux Road Salt. Son côté sombre mais direct et simple semble être la transition entre la désinvolture du Rock sentimental des précédents disques et le Metal retrouvé sur cet opus.

Le point noir de l'objet est au conditionnel : il pourrait s'agir de certaines accalmies. Autant les ponts de On A Tuesday et de Full Throttle Tribe sont bien amenés et même importants pour ces titres ; mais Tongue Of God qui peine à démarrer à cause d'une minute d'interlude minimaliste est un choix bizarre. Idem pour Silent Gold, un morceau doux qu'on aurait préféré retrouver sur un des Road Salt, par soucis de cohérence. Là encore, une passerelle est possible, et cette faiblesse n'en sera donc même pas une pour qui a aimé à la fois le début de la discographie de Pain Of Salvation et leurs derniers efforts.

 

En somme, l'équipe de Gildenlöw offre un album aussi grandiose qu'il est inattendu, ce qui le rend d'autant plus impactant. Pain Of Salvation signe d'ores et déjà LE retour gagnant de 2017 avec un disque qui va, à coup sûr, façonner la vision du Metal Prog de cette année.

A écouter : On A Tuesday, Full Throttle Tribe, Reasons, The Passing Light Of Day, Meaningless...
17 / 20
3 commentaires (16/20).

The Perfect Element, Part I ( 2000 )

C'est en 2000 qu'est sortie cette perle de Rock Progressif. Passée plutôt inaperçue à l'époque, sans doute à cause des excellents Six Degrees of Inner Turbulence ou Metropolis p.2 de Dream Theater, il fait partie des essentiels du Metal/prog rock au même titre que ces derniers.

The Perfect Element est un concept-album faisant le récit d'une histoire d'amour entre deux personnes blessés par la vie ; elles trouveront la félicité dans leur union, une union qui les entraine vers le haut - ou vers le bas, cela dépend de la manière dont vous verrez les choses ; les paroles traitent tout à tout d'amour, de relations humaines, et de la manière dont deux personnes peuvent s'entre-détruire par passion mutuelle.
Stylistiquement détrompez-vous, on est finalement loin du style des américains de DT. Pain of Salvation se caractérise avant tout par un feeling plus Rock à la sauce métalisée, des chansons globalement plus courtes (de 3 à dix minutes, 6 minutes par chanson en moyenne), et un éventail de styles plus élargi ; on passe allégrement d'un plan rap au phrasé viril (Used) à un refrain mélodique et très très lyrique : cela sonnera un peu étrange aux oreilles lors des premières écoutes, c'est indéniable. Pain of Salvation donne en effet dans des mélodies émotionnelles et personnelles (Ashes, Morning of Earth), épiques (Idioglossia, Song for the Innocent), progressives, et presque Jazz (King of Loss, Her voices). Mais The Perfect Element est un album difficile à assimiler malgré son aspect kitsch et pop : son intensité ne se révèle vraiment qu'au bout de la quatrième ou la cinquième piste, et son potentiel se révèle au fil du temps et des écoutes, un peu comme le bon vin.. Et c'est bien le petit génie de la musique qu'est Daniel Gildenglow, frontman, guitariste, chanteur, multi-instrumentaliste qui donne définitivement tout son charme à cet album. Sa voix est claire, pure et lyrique ; techniquement c'est de très haute volée, Gildenglow est un vrai chanteur qui couvre plusieurs octaves jusqu'à des notes très aîgues (Idioglossia), graves, ou hurlées, si bien que l'on se demande si c'est bien lui qui chante parfois.
Je pourrais aussi vous parler de la manière qu'ont ces musiciens de faire un ensemble parfaitement homogène et conceptuel, malgré les diverses influences et le côté « kaléidoscope » de leur musique, par exemple et reprenant le même thème, le même motif ou la même mélodie sur deux morceaux différents en modifiant les arragements ou le tempo (je ne vous donnerai pas d'exemple, à vous de découvrir les nombreuses subtilités dont regorge cet album).. Je peux également vous parler d'Idioglossia, l'un des tous meilleurs morceaux jamais composés dans le genre... Mais je m'arrêterai ici pour ne pas trop en dire.

Bref, The Perfect Element est un album unique en son genre, difficile à aborder et à apprécier mais qui restera indubitablement gravé dans les mémoires. A découvrir pour tout fan du style.