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Biographie

Oyster's Reluctance

Trio basse/batterie/voix, Oyster's Reluctance voit le jour à Mâcon en 2013, après s'être nommé O.R.A.N.G.E.B.U.D. et avoir sorti un EP sous ce patronyme en 2011. Le groupe propose un Noise-Rock désenchanté aux influences diverses, de la Fusion des années 90 au Blues, en passant par le Stoner, et publie un (nouveau) premier EP autoproduit en 2013, Sick Sad World, globalement salué par la critique. Les membres définissent alors leur musique comme du "rock anaphylactique".

Ce n'est que quatre ans plus tard que Oyster's Reluctance refait surface, par le biais de la sortie d'un nouveau format court, Insignificant.

Chronique

14.5 / 20
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Insignificant ( 2017 )

Il fallait bien ça, un patronyme qui tapera forcément dans l’œil des réfractaires aux mollusques marins bivalves qu’on affectionne particulièrement vers nos côtes françoises, ces morceaux de glaviot dégueulasses, en vie, au fond de leur coquille. Une tradition culinaire incompréhensible pour nombre d’entre nous, et au final un génocide de bestioles avalées de la manière la plus sordide qui soit. C’est scandaleux, mais heureusement que la traduction musicale de cette répugnance n’est pas aussi tragique. Les Mâconnais n’en sont pas à leur coup d’essai avec Insignificant, puisqu'un premier EP est sorti en 2013, balisant le terrain d’un Noise-Rock terreux, étrangement teinté de psychédélisme.

Sick Sad World n’empruntait en effet pas les voies de l’optimisme mais dégageait un je-m’en-foutisme assez frais et même planant, tel un punk nihiliste défoncé à l’O.R.A.N.G.E.B.U.D. (ex-nom du groupe). Insignificant prolonge la visite, explore quelques nouveaux lieux sans modifier le parcours initial, suffisamment bien pensé. La basse demeure évidemment centrale, étalant ses gammes, à la fois épaisses, rondes et subtiles, à tel point qu’on peut se demander si une guitare n’intervient pas ici ou là. Mais non, le trio est clairement monté d’un cran dans ses intentions, gagnant en souplesse et cohérence. L’aspect étrange ou psychédélique prend du galon au passage, à travers un Degraded d’ouverture progressif, porté par une voix plus maîtrisée, située quelque part entre Tom WaitsLes Claypool et Mike Patton, toutes proportions gardées.

L’instrumentation apparaît également plus complexe, anguleuse, impulsée par une batterie plus aérienne, sublimée par une production puissante et organique. Une certaine langueur s’exprime sur Disillusion, investi d’un feeling blues plutôt savoureux, coupé en son sein de paroles en provenance de nos chers (très chers) dirigeants, tandis qu’Insignificant ne demande pas son reste via des parties directement extraites des 90’s, par un chant caractéristique et des riffs qu’un Alice In Chains ou Soundgarden n’auraient pas renié. Sans oublier un Greed massif clôturant l’objet par la sensation d’entendre du David Bowie en version Noise-Rock, ce qui n’empêche pas la bête d’éructer ponctuellement.

Après un Sick Sad World prometteur nous étions un peu laissés en plan durant quatre ans, espérant pourquoi pas une extension en long format d’un Rock assez atypique. Mais c’est un nouveau EP qui se présente, et ne déçoit pas dans le sens où Oyster’s Reluctance resurgit plus fringuant qu’en 2013, par une identité mêlée de bruit et d’hallucinations musicales plus affirmée, ainsi qu’un chant plus sûr et débarrassé d’accent. Insignificant est un très bon EP, maintenant on aimerait pouvoir goûter à de plus longues et profondes expériences.

Insignificant Bandcamp.

A écouter : Degraded, Disillusion, Greed.
Oyster's Reluctance

Style : Noise-Rock / Psychédélique / Fusion
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Origine : France
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