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Biographie

Oxbow

Oxbow est un groupe de musique avant-gardiste originaire de San Francisco en Californie. Leur musique est un mélange de Noise-Rock, de Jazz expérimental et de Blues. Formé en 1988, Oxbow est composé de Dan Adams (Basse, Claviers), Greg Davis (Batterie), Niko Wenner (Guitare, Claviers) et du charismatique chanteur, Eugene Robinson. Leur premier album, Fuckfest, sort en 1989 et montre déjà un Oxbow mélangeant les styles musicaux. Dès lors le succès du groupe se fait croissant jusqu'à aujourd'hui. King Of The Jews sort deux ans plus tard et après 1995, le célèbre producteur Steve Albini (Shellac) les remarque et produit Let Be A Woman. Oxbow signe deux ans plus tard chez STT Records pour la parution de Serenade In Red où Marianne Faithfull est notamment invitée pour les vocalises. Après un split avec le groupe de Noise-Rock White Tornado en 1999, Oxbow sort An Evil Heat chez Neurot Recordings en 2002, puis The Narcotic Story en 2007 qui demeure le plus grand succès du combo. Etant depuis sur le label Hydra Head Records, celui-ci réédite les deux premiers albums du groupe ainsi qu'un ep : Songs For The French en 2009.

Chronique

18 / 20
6 commentaires (18.33/20).
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The Narcotic Story ( 2007 )

Oxbow est à part, Oxbow vient d’ailleurs... Bon, Eugène et ses musiciens désaxés sont de San Francisco, mais bien que ce bled ait souvent fait preuve d’originalité ou d’exubérance culturellement, peu importe le fief d'origine. Depuis ses débuts, le quartet développe et peaufine minutieusement son labeur, de telle manière qu’il parvient à toucher viscéralement l’auditeur attentif, usant d’une approche littéraire, dramatique. De ce fait, la démarche créative présentée ici n'a pas d'équivalent.

The Narcotic Story raconte l’expérience trouble et injectée de sang d’un certain Frank, visiblement en totale perdition, entre le poids de la société, le sexe, la violence, la drogue, et tous ces éléments qui reviennent régulièrement dans toute forme d’expression artistique… Les plusieurs niveaux d’écoute de cet album se calquent sur les différents degrés de réalité vécus par Frank. La voix qu’on entend, c’est la sienne, mettant à nu toutes ses personnalités, triturant ses cordes vocales dans toutes les directions, le plus souvent vers le spleen, l’obscurité, voire la folie autodestructrice. Frank est malade, les notes de piano incertaines et la guitare régulièrement dépressive sont là pour soutenir ce propos et le rappeler constamment aux oreilles distraites. Mr. Johnson était très clair, c'est du sérieux. Frank va souffrir. Une souffrance nécessaire pour se libérer d’une paranoïa rampante. On l’enferme dans une sombre pièce, petite et insonorisée, souillée par les déjections des précédents locataires, de sorte qu’il n’adresse la parole qu’à lui-même, qu’il trouve le moyen désespéré de s’extirper du gouffre psychologique dans lequel il s’est volontairement noyé.

Il faudra probablement tenter de franchir une étape symbolique. Soutenu par un martèlement clinique constant mais aérien (Down A Stair Backward), Frank se met à léviter et pense à elle (She’s A Find), toujours dans la douleur malgré un sentiment d’apaisement passager. Puis il se renferme, éructe et vomit le dégoût de sa personne sur fond de blues cradingue (Frankly Frank). Éreinté, usé, vidé, Frank subit profondément la torture permanente qu’il s’inflige, mais réagit soudainement de manière physique, gagné par la tentation de faire se percuter sa boîte crânienne avec les murs qui l’entourent, encouragé par un bruit insidieux et persistant. Mais il se reprendra plusieurs fois, esquivant et repoussant ainsi l’issue fatale, calmé par de subtiles mélodies faussement lumineuses (A Winner Every Time). Frank entrevoit le jour un instant et affiche un succinct rictus de joie béate sur son visage creusé. Comme un ultime orgasme avant de rendre une âme qui ne demandait qu’à se libérer d'un corps meurtri et gangréné, désormais cadavérique.

The Narcotic Story est certainement le disque qui a récolté le plus de succès parmi la collection d’objets pondue par l'entité Oxbow, mais il reste surtout une œuvre majeure, unique, signée sur un label dont on regrettera définitivement la récente disparition, Hydra Head.

En écoute introspective sur deezer.

A écouter : bien sûr.