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Biographie

Obsidian Kingdom

Obsidian Kingdom est un groupe de post black metal formé en 2005 à Barcelone, qui se définissent eux mêmes comme une formation jouant très fort des sonorités très contrastés. Un premier master en 2007 (Matter), salué par le public, la critique quant à elle sera plus nuancée en raison d'une production un peu faible, ce qui ne les empêchera pas de tourner en Espagne, au Portugal ou au Brésil, avec Amon Amarth entre autres. L'année 2009 est pour eux une année charnière, qui leur permet d'affiner leur style, sorte de black métal fusionné à du métal progressif avec des relents de death et de fusion. Ils sortent alors en 2010 un EP (3:11) cette fois ci unanimement salué
par la critique comme par le public qui mettent en avant ce style particulier vraiment frais et original. Moonspell leur propose alors de faire leurs premières parties lors de leurs passages en Espagne et au Portugal.
En novembre 2012, le groupe accueille un nouveau bassiste et un nouveau claviériste et sort Mantiis, album concept de plus de 45 minutes constitué d'une seule piste découpée en 14 titres, véritable receuil d'émotions et de styles très différents, confirmant l'émergeance de leur style bien à eux, et se font proposer la première partie de Cult Of Luna pour leur tournée de Vertikal à Madrid et Barcelone.

Line up actuel :

Rider G Omega : guitars, vocals
Prozoid Zeta JSI : guitars
Ojete Mordaza II : drums
Zer0 Æmeour Íggdrasil : keyboards, vocals
Fleast Race O'Uden : bass guitar

15.5 / 20
3 commentaires (16/20).
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A Year With No Summer ( 2016 )

Hé bien ça pour une surprise... 

Voici A Year with No Summer, le petit frère de Mantiis qui, pour re situer, est avant tout une belle histoire : premier album, pas de label, une auto production totale, la possibilité de pouvoir acheter l'album et d'en fixer arbitrairement le prix, et des critiques dithyrambiques un peu partout à sa sortie. Ajouté à cela quantité de repressages du dit album et des premières parties remarquées (Solstafir et Cult of Luna entre autres), il n'aura pas fallu longtemps pour que ce combo originaire de Barcelone n'intéresse moult labels et écuries plus ou moins prestigieuses. Ce sera finalement Season of Mist qui se chargera du nouveau bébé...
Afin de mieux savourer la surprenante métamorphose adoptée par le combo et de comprendre le chemin parcouru jusqu'ici, nous vous invitons à (re)découvrir ce premier album, à cette adresse - une petite écoute juste avant de se plonger dans ce nouvel album suffira amplement.

Les premières écoutes d'A Year With No Summer sont déstabilisantes à plus d'un titre : exit le blast frénétique, exit la double pédale, les changements de tempo et la fusion des atmosphères black, post et prog, exit également le chant typé "gros méchant maquillé". On aura beau chercher des réminiscences de Mantiis tout au long de cette quarantaine de minutes, rien ne sera aussi frontal, aussi travaillé, dense et riche que leur première mouture. 
Pourquoi un tel engouement alors, si tout ce qui faisait la fraîcheur et la pertinence du groupe n'est plus au programme ? Et bien tout simplement parce que ce nouvel album est également et sans conteste une bien belle réussite ; préparez vous juste à prendre votre pied... autrement. 

Ce tout nouveau Obsidian Kingdom fraîchement sorti du studio, plutôt que de persévérer sur un chemin tout tracé, prend le parti de radicalement transformer sa musique, ses influences, et ses constructions. Plus personnel, plus introspectif, A Year with no Summer étonne par son réalisme ambiant, sa teneur très "progressive", ses textures aériennes élégantes, et par la présence continue d'une mélancolie sinueuse et lascive, presque poignante. 
Techniquement parlant, c'est évidemment beaucoup moins osé qu'auparavant, il n'y a pratiquement plus que des mid-tempos, et les mélodies et structures ont été largement simplifiées, au profit d'une (souvent plusieurs) couche de guitares, claviers, et effets de basse tous plus intéressants les uns que les autres (A year with no summer, Darkness, The Kandinsky Group). Avec du recul et suffisamment d'écoutes dans les oreilles, ce sera le côté cinématographique de l'ensemble qui prendra tout son sens (10th april, avec Garm d'Ulver, The Polyarnik ou encore Black Swan), la bande son parfaite pour une succession d'images sombres et cyniques que l'album développe au fur et à mesure des titres. Et si ces nouvelles compositions auraient été vides de sens sur l'album précédent - autant sur le fond que sur la forme - l'impression finale est que, sur un album gravitant essentiellement autour de cette mélancolie étouffante, presque palpable, tout cela fonctionne parfaitement car la cohérence est de mise, et l'ensemble nous révèle plus une nouvelle facette de la musique du groupe, qu'une volonté de faciliter l'accès à sa musique. 

Alors même si le tout est beaucoup moins impressionnant que ce que nous avait mis Mantiis dans la tronche, même si certains titres sont un peu simplistes, cette nouvelle facette poétique du groupe est tellement naturelle et bien faite qu'on aurait tort de prendre ça pour une régression. Peu importe s'il est moins bon que le précédent, peu importe s'il va décevoir bon nombre de fans, car ce nouvel opus ne marque ni un tournant ni un affront dans la carrière du groupe, mais simplement une façon différente d'exprimer des émotions, avec intelligence, savoir faire et une bonne dose de courage pour oser prendre tout le monde à contre pied avec un tel changement de style.

A écouter : A Year with No Summer, Darkness, The Kandinsky Group
16.5 / 20
4 commentaires (16.13/20).

Mantiis ( 2012 )

Comment peut on décemment, en toute simplicité, et avec beaucoup d'humilité, sortir un album à la fois violent, calme, brutal, hypnotique et original, en étant complètement inconnus du grand public, prenant à contre pied tout le monde, et de surcroît en le faisant excessivement bien.
Non pour le coup ce ne sera pas de la fusion, genre qui aurait pu coller à la description ci dessus, bien que les ressemblances lorsqu'on n'écoute que d'une seule oreille peuvent paraître évidentes, deux oreilles vous suffiront pour remarquer le caractère bien trempé de ce groupe qui n'a pas froid aux yeux.

Sans trop savoir dans quoi je m'embarque, je me laisse endormir par une introduction planante, qui brouille d'entrée toutes les pistes et me met à l'aise sans trop m'en rendre compte (5 minutes tout de même). Débute alors une première composition magnifique à la guitare acoustique (Oncoming Dark, titre évocateur, vous comprendrez plus tard) qui me fait tout de suite penser à Damnation d'Opeth, la voix de Rider G Omega est vraiment superbe et cette première composition me donne des frissons, les accords sont sombres, l'ambiance de l'album se dévoile et Obsidian Kingdom s'installe petit à petit dans mon esprit, Oncoming Dark enclenche la deuxième vitesse et je suis pris à contre pied par une double pédale qui vient chatouiller mes oreilles. De l'atmosphérique on passe au progressif, et on est déjà au black métal que je ne m'en suis pas rendu compte (Through the glass / Cinnamon Balls), tout s'enchaîne parfaitement, et ce Mantiis me fait déjà rudement plaisir. Puis viennent ces lyrics gutturaux d'outre tombe qui vous frappent le visage de plein fouet, le frontman nous a bien caché son jeu, il nous susurre désormais du black brûlant dans les oreilles et j'exulte, puis encore contre toute attente c'est le guitariste qui vient nous mettre une fulguro baffe avec son riff djent qui aura alors raison de mon esprit plus que conquis. La première partie de l'album est terminée, après cette montée de plus de 10 minutes, le prog' fait son retour (The Nurse) et me permettra de souffler un peu, parce que ce qui vient de m'arriver est tout simplement un des meilleurs débuts d'albums qu'il ne m'ait été donné d'entendre depuis fort longtemps.

Tout sur cet album est surprenant : les arrangements de folie, les petites idées en pagaille qui ont toutes leur utilité (du djent, du black en majorité, du prog' bien léché, des voix d'outre tombe, parfois magnifiques, des cuivres qui viendront appuyer des guitares littéralement somptueuses, du dub step aussi bien introduit que sur un Vertikal de Cult Of Luna, etc).
Il faut en avoir des couilles pour proposer ça, et bien le faire qui plus est. On ne s'ennuie pas sur ce premier opus des espagnols, et même si la tension se relâche un peu passé les premières vingt minutes d'écoute, les moments de bravoure sont légions. Un voyage extrême au sein d'un univers particulier où longues envolées mélancoliques et désespérées croisent le fer avec d'ultimes passages de violence absolument jouissifs.

And when the music's over, turn off the light...

Une petite référence aux Doors en guise de dernière piste, et c'est déjà fini. Un concept album de plus dans le monde du progressif, avec sa palette d'émotions et d'ambiances très différentes, et sa piste unique (découpée en 14 titres pour plus de maniabilité), un effort qu'on ne saurait que trop vous conseiller si vous êtes friands de progressif et appréciez la créativité dans toute sa splendeur.

Album sur bandcamp.

A écouter : Plusieurs fois...