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Biographie

Obscura

Obscura est un groupe fondé en 2002 par Stephen Kummerer, qui joue du Techno-Death/Progressif. Le temps de trouver des musiciens, leur premier album Retribution ne sort qu'en 2006, en auto-production. Très vite alors, le groupe gagne une popularité énorme dans la sphère metal, ce qui leur permet de tourner notamment avec Suffocation en Europe, pour ensuite tourner en tête d'affiche. En 2007, c'est ni plus ni moins qu'Hannes Grossman (ex-batteur de Necrophagist) Christian Muenzner (guitare/Necrophagist) et Jeroen Paul Thesseling (bassiste de Pestilence) qui rejoignent le groupe. Ils signent alors avec Relapse et sortent Cosmogenesis en 2009. Ils tournent aux Etats-Unis avec Cannibal Corpse ou The Black Dahlia Murder. En 2011, Kummerer annonce la sortie d'un nouvel album sur Relapse qui s'appelle Omnivium. En 2012 sort Illegimitation, puis une longue pause est prise par les Allemands. Il faut attendre 2016 pour les revoir avec la parution de Akróasis chez Relapse Records. 

Chronique

14 / 20
5 commentaires (17.8/20).
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Omnivium ( 2011 )

En seulement 2 albums, Obscura s'est taillé une réputation dans le cercle fermé des tous meilleurs groupes de Techno-Death Progressif, mélodique et tout le tatouin. Un style qui gagne un renouveau, et une nouvelle popularité gigantesque pendant les années 2000 après les précurseurs du début des années 1990 qu'ont été Death ou Atheist. Obscura fait partie de cette nouvelle vague de Deathsters intellos et complexes, et ce nouvel opus est très attendu par les mordus du genre.
Alors pour le Death metalleux plutôt classique que je suis, restant cantonné aux groupes « non techniques » comme Nile ou Cannibal Corpse (Quelle hérésie..) chroniquer un album aussi cérébral et complexe comme on dit n'est pas chose aisée. Commençons par les points positifs si vous voulez bien. Avant tout on précise que l'artwork est vraiment beau. C'est un plaisir pour les yeux et les tons sont jolis, ce qui est assez rare dans le genre pour le faire remarquer. Et puis, il illustre bien le côté « cortex cérébral cosmique intense ».

Définir la musique jouée par Obscura en quelques mots est difficile. Je décrirais ça comme du Metal extrême progressif avec de fortes influences jazz. Attention à ne pas considérer ça comme du Death Metal « pur » : la déception serait trop grande. Eh oui, point de riffs à Headbanger violemment ou de Mosh-parts dévastatrices messieurs, c'est autre chose dont on parle.
D'abord, qui dit Death Progressif dit forcément passages instrumentaux, grattes acoustiques et voix claires. Obscura s'essaie à ces trois éléments, après deux opus plutôt orientés brutal. Et l'essai est concluant. En effet, le premier morceau par exemple, Septuagint ouvre l'album de manière magistrale avec ses guitares acoustiques et une progression dramatique de la structure à la Opeth. Parfait. On note donc que ces passages sont plus nombreux est très bien foutus, ce qui n'est pas une tare quand on connait le talent mélodique et technique des mecs.

Les fans de plans jazzy, fins et puissants à la fois seront ravis : ce skeud en contient certainement de très bons comme le Break/Solo central complètement lunaire de Vortex Omnivium ou l'intro de Prismal Down. Et si Stephen Kummerer  n'a pas énormément bossé sur sa voix - c'est globalement la même que les deux précédents, entre voix Death éraillée et âpre à la David Vincent de Morbid Angel, et Grunt profond typique du Death Metal - , l'on sent que ce n'est pas vraiment l'élément central de la musique. Toutefois l'on note quelques passages en voix claire volontairement vocodée mais qui convient totalement à l'ambiance futuriste. Dommage qu'elle ne soit pas plus présente. Et finalement, les morceaux les plus réussis sont clairement ceux développant le plus d'atmosphères progressives, comme Septuagint, Celestial Spheres ou la pièce quasi-instrumentale sublime qu'est A Transcendental Serenade.

C'est à peu près tout pour les qualités selon moi. Et c'est peu. Parlons des défauts. D'abord, la production est beaucoup trop plate, clairement indigeste. La basse est toujours mise en avant comme chez beaucoup de groupes du genre, ce qui ravira les bassistes, surtout que Jeroen Paul Thesseling  assure derrière. Mais c'est bien chez les guitares et surtout chez la batterie que le bât blesse. Cette dernière a un son beaucoup trop volatile, trop enfantin. La caisse claire a un son jazz et léger, mais le problème est que cela fonctionne uniquement dans le jazz justement. Ici, ça donne des blasts au rendu franchement mauvais, où l'on entend presque que la caisse claire qui joue à une vitesse tellement folle qu'elle en devient ridicule... Et quasiment pas les cymbales. Ceux qui ont été un peu rebuté par la production un peu légère d'un Ithyphallic de Nile par exemple, vont être dégouté par le son produit ici. Sans parler du trigg beaucoup trop excessif. (Le « trigg » est la façon de modifier la batterie électroniquement afin d'obtenir un son plus propre et plus lisse surtout au niveau du Blast, utilisé couramment dans le Death moderne.)

Et puis, le son, l'accordage et les effets sur les guitares sont parfois ridicules et pas un poil crédible.. (Le solo central de A Transcendantal Serenade qui gâche vraiment le morceau.) et bien sûr les plus allergiques au techno-death vont rire à certains riffs s'assimilant presque à du Nintendo-core. Et au delà de l'aspect purement musical, certains trouveront l'idéologie et le mouvement de « Death Metal technique » risible : surenchère de technicité façon « branlette de manche » et de rapidité. Sur les premiers albums du genre (Death, Cynic) ça restait complètement pertinent et intéressant, mais là c'est trop.

Bon alors, à écouter ou pas ce nouvel Obscura ? Oui, pour ses morceaux progressifs et ses passages Jazzy, planants et passionnants (Vortex Omnivium, Transcendental Serenade), mais pas pour les mauvais passages de Death Technique comme sur Ocean Gateways ou Euclidean Elements. Une conclusion mitigée.

A écouter : Septuagint, A Transcendental Serenade, Vortex Omnivium.