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Biographie

Nostromo

Groupe suisse formé à Genève en 1996, Nostromo sort son premier LP, Argue en 1998 : un mélange de Metal, Hardcore, Thrash et Grind qui forge le style du groupe, un crossover ultime en quelque sorte. En 2000 sort Eyesore (EP) et Nostromo enfonce le clou ! Le groupe tournera ensuite avec, notamment, The Dillinger Escape Plan, Converge et Napalm Death, groupes de style différent mais avec lesquels Nostromo partage de nombreux point communs, ce qui se ressent à l´écoute de ce Ecce Lex, qui frôle la perfection. En 2004 le groupe sort un album acoustique, idée amusante pour un groupe aussi extrême, encore une initiative couronnée de succès.
En 2005 triste nouvelle le groupe décide de se séparer, les différents membres ne resteront par contre pas à se croiser les bras. En effet, Jéjé et Taverne forment Mumakil (avec également des Deceit et Stumpucking).
En septembre 2016, Nostromo annonce sa reformation sur sa page FB.

17 / 20
13 commentaires (18.54/20).
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Hysteron - Proteron ( 2004 )

La première fois qu’on entend un "t’as écouté l’album acoustique de Nostromo ?", on réagit par "comment t’écris Nostromo ? "N O S T R O M O", là on rigole un peu stupidement et on fait "ouais ouais c’est ça" mais on se rend vite compte qu’on ne se foutait pas de notre gueule. Oui, Nostromo, groupe de grind-metal-hardcore-rajoutezicivotrestylefavoris suisse, qui un an auparavant nous décalquait les cages à miel avec un Ecce Lex tout en puissance, a décider de reprendre ses morceaux en acoustique. Le projet, un concert unique, a marqué les esprits et le groupe à donc décider d’en faire profiter le plus grand nombre en enregistrant 6 titres (+ 2 lives cachés) + un DVD retraçant l’enregistrement de ce nouvel opus dans leur discographie.
Et là, lecteur, je te sens hagard, mais qu’est ce que ça vaut ? Comment est-ce ? Pour la première question tu n’as qu’à regarder la note juste à gauche et tu sais déjà que c’est une petite merveille. Et pour la seconde encore une fois il va être difficile de décrire un tel album, hybride et unique.
Déjà musicalement, vu que ce sont des reprises, ce sont les mêmes compos mais à la guitare sèche et on a parfois du mal à reconnaître les morceaux tellement ils sonnent mélodique et doux, on se croirait sur une fête en bord de plage avec Mariolegossbo à la gratte en train de draguer une demi douzaine de filles en même temps. Mais là, Mariolegossbo taquine sévère le manche ; sur Ecce Lex on se disait que le niveau technique Nostromo était rudement bon mais bon il faut quand même avouer que le brouhaha ne permettait pas véritablement d’apprécier toutes les finesses des compos, autant là avec une guitare sèche on ne peut qu’être ébahi devant la rapidité d’exécution des compos et leurs technicités (si vous commencez la guitare, n’achetez pas cet album sous peine de suicide). Malgré la perte de la distorsion, les compos gardent leur force et leur coté légèrement noisy, 6 titres beaux et ténébreux en quelques sortes.
Pour le chant on pouvait se demander comment l’adaptation se ferait, et bien là encore Nostromo se la joue tout en finesse et ne perd pas la teneur des compos originelles. Murmuré et sur le fil, le chant basculera dans des hurlements plus ou moins étouffés sur les passages les plus extrêmes. Pourtant, à aucun moment, on ne pourra qualifier le chant de criard, il saura rester contenu tout en gardant sa force.
Pour le DVD difficile d’en parler vu qu’il était absent de la version promo, espérant qu’il soit d’aussi bonne facture que l’album.
Inutile de le dire je pense, ce CD est fantastique, fan de Nostromo ou non il pourra plaire à beaucoup, un CD calme ou tout au long de l’écoute on sent une noirceur et une violence sous-jacente quasi malsaine, autant dire qu’on adore…

A écouter : en mode repeat all
17.5 / 20
17 commentaires (18.06/20).
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Ecce Lex ( 2002 )

Le Chaos est proche et Nostromo est venu nous l´annoncer à grand coup de décibels desquelles il émane une odeur de fin du monde, depuis les stridulations d´un verre en cristal (il me semble, je me trompe peut-être) en intro de Rude Awakening jusqu´au riff final, en crescendo apocalyptique de Unwillingly And Slow. Et entre les deux, le chaos, rien que le chaos.
Chaos sonore avec une guitare au son incroyable servant des riffs assourdissants (Unwillingly and Slow ou Rude Awakening en sont encore les parfaits exemples), un chant d´écorché vif (tout droit sorti d'une scène de torture du film Hellraiser) et une base rythmique blindée (il n´y a qu´à écouter Unwillingly and Slow pour s´en rendre compte, la batterie y est ahurissante), la production est de très bonne qualité et les musiciens excellents. La qualité se retrouve aussi au niveau des compos, Nostromo livrant une sorte de crossover ultime : ça passe d´un gros Hardcore basique à des passages Grind (Rude Awakening) ou thrash (Feed the Living) puis à des passages technique à la The Dillinger Escape Plan (Still Born Prophet) et même parfois à des plans pouvant rappeler Glassjaw (sur le titre Sunset Motel, morceau certainement le plus accessible de tous). A la manière d'un Psykup, les chansons n'ont pas de structure particulière et constituent un patchwork de plans assemblés les uns aux autres, et Nostromo se paie même le luxe d´intégrer des passages calmes, à la guitare acoustique ou son clair, dans les interludes et intros de certaines chansons, accalmies qui annoncent une tempête encore plus rageuse : cela donne une certaine originalité à l´ensemble, qui reste malgré tout bien homogène. Les douze titres s´enchaînent et vous violentent le cerveau sans que l´on puisse réagir tellement ce supplice est bon.
On pourra ainsi peut être seulement regretter la voix qui aurait méritée d'être mise un peu plus en avant lors du mixage (on l'entend parfois à peine à travers ce déluge sonore) et la durée de l´album : 33 minutes dont deux interludes instrumentaux (enfin, il y a quand même le chanteur qui pousse quelques cris dessus) et une piste de 16 secondes. Mais le disque y gagne sûrement en cohérence et en puissance : point trop n´en faut, et c´est déjà si lourd à digérer de se prendre autant de décibel dans la face. Ce choix se révèle judicieux.
Une chose est sûre : celui qui osera venir se moquer des Suisses après avoir écouté ce disque n´est pas né !

A écouter : Rude Awakening, Sunset Motel, Still Born Prophet,
14 / 20
4 commentaires (18.5/20).
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Eyesore ( 2000 )

Deux ans après la sortie de Argue, Nostromo nous revient avec ce maxi 5 titres sorti en 2000 chez Overcome records (sûrement la meilleure boîte française de distribution en ce qui concerne le Hardcore et ses dérivés). 4 morceaux enregistrés en studio, un 5ème en live et une piste cachée à la fin de ce dernier (qui n'est autre qu'un trip entre les musiciens, une version orale de leur morceau Twist the knife, en attendant l'arrivée de leur batteur au studio). A peine ai-je le temps d'avoir compris que je venais d'appuyer sur le bouton "Play" de la télécommande, que Javier me crache déjà dessus.

Le morceau Epitomize déclare ouvertes les festivités : presque 2 minutes de déchaînement pour tous les instruments. La couleur de ce maxi nous est projetée à la tronche, et elle est loin d’être claire. Javier taquine sévèrement ses cordes vocales (les graisse-t-ils pour ne pas qu'elles pètent?), et nous montre que le groupe n'est pas là pour plaisanter.
Au niveau de la guitare, le jeu est similaire à celui d’Argue mais on ne s'en lasse pas. Jérôme arrive à nourrir l'ambiance de non répit, engendrée par la batterie, rien qu'en jouant sur les mouvements saccadés plus ou moins longs.
Lad à la basse accompagne comme d'habitude la guitare avec brio, médiateur parfait entre cette dernière et la batterie. Dommage que nos oreilles ne nous permettent pas d'entendre aussi bien les fréquences graves de la basse, que celles des guitares. On remarque quand même (lorsque la guitare se tait un peu) un fond sonore très intéressant.
Les parties de batterie de Maik ne se contentent pas seulement de la tradition Grind et c'est là une des richesses du groupe ; le rythme est soutenu, mais on ne ressent aucune lassitude quant à la façon de le garder. Les plans changent régulièrement tout en gardant une bonne cohérence. La technique est parfaite pour un groupe de ce style. Elle ne nous laisse pas la moindre perte d'intérêt, aucune sensation de vide ou de trop forte densité des frappes.

Eyesore est donc un tournant pour Nostromo. Le groupe est devenu en l'espace de 2 ans (après la sortie de leur premier album) une pointure du Grindcore, et est depuis respecté pour ses prestations scéniques. Ce maxi donne l’impression de n’être sorti que pour faire attendre un public de plus en plus consistant, en vue d'un prochain album. D'ailleurs Eyesore est sorti dans les bacs pendant une période d'intenses tournées, en France avec Ananda (R.I.P), des premières parties pour The Dillinger Escape Plan, Napalm Death […] auxquels s’ajoutent des dates en Espagne, Allemagne, Belgique.... . Les 4 petits suisses commençaient déjà à devenir une influence pour des tas de nouveaux groupes européens.

A écouter : Epitomize, Collapse
14 / 20
7 commentaires (18/20).
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Argue ( 1998 )

Pour tous les producteurs, il y a des jours avec, et des jours sans. Le jour où David Weber reçut une démo que lui avait envoyé un groupe (répondant au doux nom de Nostromo), ce fut pour lui un jour avec. L'enregistrement débute durant l'hiver 1997, au désormais célèbre Studio des forces motrices, à Genève. Un mélange détonant de Hardcore, de Grind, et de Mathcore qui, en 1998 lors de sa sortie, fit l'effet d'un coup de masse d'arme dans le milieu Grindcore. Nostromo avait débarqué, et avec un premier album explicitement appelé Argue, le groupe montrait sa détermination à percer dans le style. On envoi le shuriken à 7 lames dans le lecteur CD, et on écoute.
Maik nous offre un jeu de double pédale parfait pour leur style, complétant à merveille les lignes de basse. La caisse claire claque, souvent et fort, ce qui est "normal" pour un groupe aux influences Hardcore, en effet, dans les morceaux de musique extrême, la caisse claire devient le métronome du groupe, facilement discernable du reste de la batterie ; la double pédale y fait alors office "d'apparat" (mais quel apparat!).
Comme dans une bonne part des groupes de Hardcore et musiques extrêmes, Lad à la basse calque avec aisance ses riffs sur ceux de la guitare. Tandis que Jéjé à la guitare assène des riffs graves, lourds et insistants. C'est d'ailleurs sa guitare (et à égale mesure le chant), qui instaure cette sensation de chaos et d'oppression. Outre cet aspect lourd une bonne partie de la durée des morceaux est remplie de riffs secs et saccadés, maîtrise parfaite de l'instrument. Tous les titres sont imprégnés de ce jeu rapide et efficace, au grand bonheur des Headbangers et autres Violent dancers.
Jaja a un timbre de voix particulier (imaginez par exemple la voix du chanteur de Meshuggah, dans le morceau "Perpetual black second", sur "Nothing", mais plus franche, et plus aigue). Le chant est parfois torturé, laissant une impression de souffrance, de désespoir. Comme si crier était une chose qui pouvait sauver un être en perdition.
Argue marqua le début d'une nouvelle période pour le Grindcore, une nouvelle école. Nostromo, lors de la sortie de cet album, prouva qu'il faisait partie de la clique des groupes éminents de la scène Alpine Franco-suisse (Nostromo, Blockheads, Knut, et maintenant Deceit, Mumakil, ....). Un album qui fut le premier signal d'un groupe au talent naturellement non négligeable, talent qui se vérifiera quelques années plus tard avec le reste de la discographie du groupe. La meilleure manière de couper court aux préjugés sur le pays des vaches mauves et des barres chocolatées explosives…

A écouter : Lost inside, Slefish blues, Xenomorphic