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Biographie

Noein

Noein se forme en 2007 du côté de Rouen avec Jenni (Chant), Nico (Guitare), Adrien (Guitare), Cindy (Basse) et Sylvestre (Batterie). Le groupe compose rapidement dans un registre Death Metal / Cyber Metal, se produit sur scène et débute l'enregistrement de l'ep The Initial Tale qui sort en 2010. Trois ans plus tard et fort d'expériences live, Noein revient signé chez Klonosphere pour la sortie de Infection - Erasure - Replacement.

11 / 20
2 commentaires (14.25/20).
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Infection-Erasure-Replacement ( 2013 )

Noein c'est d'abord un premier ep sorti en autoproduction comme dix mille autres groupes souhaitant se faire connaître. Son contenu était plutôt valorisant, mais laissait déjà entrevoir les limites inhérents au genre musical. Puis le nom est parvenus à plusieurs oreilles, le groupe a grandi et s'est perfectionné pour son premier effort long format, épaulé par le label Klonosphere, peu avare en sorties de qualité dans nos contrées hexagonales. Hélas, les défauts que je pointais du doigts dans l'ep font également surface dans ce Infection-Erasure-Replacement.

Avec cet album, Noein affine son propos, tape encore plus fort du poing sur la table dans un style que l'on rapprochera d'un croisement entre du Death Metal et de l'Indus / Cyber pour le côté martial, froid et déshumanisé. Pour vous donner un aperçu, Noein est le trait d'union entre Arch Enemy pour les growls de Jenni qui rappellent ceux d'Angela Gossow, Meshuggah pour le riffing syncopé et les rythmiques pilon et Fear Factory pour les ambiances futuristes. Sauf que, si sur le papier ça vous donne grave envie, dans son application, c'est une autre paire de manche. Alors oui, il faut au moins leur reconnaître que c'est super carré, techniquement les musiciens ont progressé de plusieurs crans par rapport à l'ep et on sent que Noein a voulu pousser le concept dans ses derniers retranchements.

Le gros soucis, c'est que Infection-Erasure-Replacement est un pavé de violence un peu vain. On concédera que ça fonctionne plutôt bien sur les deux / trois premiers titres, à la puissance de feu indéniable, mais au bout d'un moment, le tout retombe comme un soufflet et a tendance à lasser. Après plus d'une dizaine d'écoute, j'en suis toujours à me demander ce que j'ai retenu de l'album. Ce n'est pourtant pas faute de persévérer sur un album en espérant y déceler certaines choses appréciables. Mais ici, ce n'est pas le cas. Les phases brutales sont des coups d'épée dans l'eau et Noein peine à atteindre sa cible, la faute à des riffs peu marquants et beaucoup de blasts / growls qui se succèdent pratiquement sans discontinuer. La production compacte, acérée, renforce également cet aspect d'où rien ne semble pouvoir s'extraire, malgré quelques interludes et une introduction qui essayent d'aérer l'album. Jouer la carte de la brutalité n'est pas un mal en soit et certains groupes y arrivent très bien que se soit dans un registre Brutal Death groovy (Benighted), plus technique (Gorod), ou cyber (Strapping Young Lad), mais ici, se sont la linéarité et la répétitivité (en dehors de quelques rares éléments) qui font défaut. A partir de là, difficile de vous citer un titre, si ce n'est le début (I.E.R / Liars Dream) qui font leur effet, Will Live et ses passages en chant clair et The End avec sa fin presque atmosphérique rappelant Hord.

Des idées, Noein n'en manque pas, mais ils ont encore du mal à les transmettre. Je vous rassure tout de même, Infection-Erasure-Replacement, est loin d'être vilain et procurera peut-être des sensations fortes à ceux qui veulent de l'agression permanente. Difficile d'aller au delà de ce simple constat, mais l'on reste curieux de voir ce que Noein pourra proposer par la suite.

A écouter : Liars Dream, Will Live, The End

The Initial Tale ( 2010 )

Noein c'est une série d'animation de science-fiction traitant des univers parallèles plutôt pas mal foutue qui se déroule notamment dans un monde futuriste cyber-punk. Pourquoi l'évocation de cette série? C'est parce que c'est là qu'intervient le concept de Noein, le groupe, cette-fois-ci. The Initial Tale traite en effet de la Noein Corporation, un organisme futuriste fabriquant des humains à la chaine.

Musicalement, le groupe tient donc ce concept comme fiche de route en évoluant dans un registre Death-Metal fortement empreint d'un touche d'Indus. Pensez par exemple à Fear Factory, Mnemic dernière mouture ou Hord pour le rapprochement français. Ainsi décrit, vous pouvez facilement imaginer que les compositions de Noein vont bastonner sévèrement dans la cours de récrée. Les riffs sont mécaniques, précis et à défaut d'être clairement identifiables sont là pour envoyer la sauce. La précision clinique est justement de mise surtout dans les rythmiques cybernétiques et les quelques samples futuristes hypnotiques viennent nous rappeler que l'on est dans un monde déshumanisé dès le départ (Decreation). L'ensemble est quand même nettement solide, avec ses synthés qui ne s'épanchent pas trop sur les cordes, la construction des morceaux se laisser parfois aller dans des plans mélodiques agréables et tout cela est justement mixé par Thibault Chaumon (Trepalium). Il demeure tout de même le défaut de ce type de productions. Le côté lisse, froid et sans âme de ce genre de Death-Metal Indus peut laisser de marbre surtout parce que ces cinq titres ne laisseront pas forcément une trace indélébile dans votre cerveau, la faute à des compositions certes puissantes, mais manquant de feeling. En outre, la voix claire de Jenni ne colle pas vraiment au ton général de The Initial Tale en plus d'atterrir parfois comme un cheveux sur la soupe. Autant dans les growls elle se démerde aussi bien qu'une Angela Gossow (Arch Enemy) en puissance, autant le chant lyrique rappelant Eths, n'est sans doute pas la meilleure idée que le groupe ait eu (Chrysalis).

Sans être trop sévère, ce genre de Metal aussi froid, lisse et tranchant qu'une lame de rasoir possède ses amateurs et The Initial Tale, fidèle à son concept, devrait probablement trouver son public. Il reste quand même quelques progrès à faire pour Noein comme composer des choses un peu plus marquantes ainsi qu'éviter le chant lyrique qui ne sied pas vraiment à ce type de productions et peut agacer certains auditeurs.

Le clip de Chrysalis est visible ici.

A écouter :