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Biographie

Nocturnus

Nocturnus est un groupe américain de Death Old School formé en 1987. Connu pour son amour des claviers et de la science-fiction à travers ses artworks et ses paroles, le combo sort l'excellent The Key en 1990 sous l'égide de Earache Records. Condensé de groove et de sonorités synthétiques, ce premier effort pose bon nombre de jalons pour les groupes de Death mélodique qui suivront. Thresholds sort deux ans plus tard chez Earache à nouveau, et c'est en 1992 que le fondateur de Nocturnus Mike Browning se voit chassé de son propre groupe. Il fondera par la suite After Death avec d'autres membres du line-up originel. Un dernier album des Américains paraîtra en 1999 sous le nom de Ethereal Tombs

Chronique

The Key ( 1990 )

Alors que l'on tourne à peine la page des 80's marquée par un Thrash tout puissant et pendant que Possessed commence à muscler le game, de nombreux p'tits jeunes pointent de plus en plus le bout de leurs tignasses. Certains seront les héros de demain et pour les siècles des siècles, d'autres tomberont plus vite faute de line-up solide et soudé, sans savourer pleinement les fruits de leur labeur. Ils s'appellent DemilichInfester, ou encore, Nocturnus

1990. En bon oracle de la vague Death-Prog qui se prépare, Nocturnus voit dans l'avenir. Ou plutôt, l'écrit lui-même. Un an avant le tournant Human de Death, trois ans avant Focus de Cynic, The Key n'est devancé que d'une courte tête par le premier album d'Atheist sorti quelques mois plus tôt. Adeptes de voyages dans le temps (Before Christ/After Death), les Américains n'en oublient pas leur passé Thrash (technique) qui resurgit dans la vitesse d'exécution et la course à la virtuosité, empruntant carrément des lignes de grattes que n'auraient pas refusées leurs aînés en vestes à patch (Andromeda Strain). L'ossature du vaisseau Nocturnus est bien sûr Death Old School, parée d'un chant mi-growlé mi-hurlé, tout en arborant des guitares bourrées ras-la-gueule de mélodies. Un pari tout de même risqué dans une Amérique où sévissent à la même époque des Obituary et autres Deicide bien plus sombres et putrides. A la noirceur des caveaux et des ateliers dissection, le quintet préfère en foutre plein la vue avec ses soli quasi épileptiques mais toujours efficaces, placés là comme de véritables turbos prêts à propulser le voyageur au beau milieu des étoiles. Le décor, planté par des synthés aujourd'hui rétro-futuristes et nombre de bidouillages robotiques, défile à pleines turbines. 

Nocturnus se fout éperdument de votre mal de l'espace-temps de toute façon. Lake Of Fire avec son départ typé Angel Of Death-réplicant laisse à contempler un au-delà infernal avant de plonger des millénaires en arrière dans un Neolithic étrangement sci-fi avec ses claviers enchanteurs. Before Christ/After Death se chargera d'aller mettre un petit taquet à Jésus à coups d'accélérations-lessiveuses et de batterie sentencieuse, pour embrayer sur une fin du monde technologique Thrash-Death de toute violence avec Andromeda Strain
Imagée, bardée de fluo et de diodes, la musique des mecs de Tampa emplit l'esprit de chevauchées galactiques et de cliquetis de droïdes. Chose trop rare aujourd'hui, parmi d'autres pères fondateurs Nocturnus compose un Death Metal qui restitue une vraie ambiance. Oui The Key est futuriste par sa cover et ses paroles, mais aussi dans ses morceaux à tiroir franchement visionnaires (Destroying The Manger), ses sonorités et un sens du rythme qui auront au bas mot inspiré Vektor, si ce n'est pas Obscura, Beyond Creation et tous les pépères qui ont suivi. 

Etant donné son statut de premier album et compte-tenu de son contexte, The Key est un vrai tour de force, malheureusement trop peu souvent cité parmi les perles du genre. Certes un peu moins dans l'air du temps après les légions de Deathcore Technique d'il y a quelques années, cet opus a les charmes de la vieille SF : témoin immuable d'une vision de futur, et peut-être sans même le vouloir, prophète des prochaines décennies. 

A écouter : Neolithic, Destroying The Manger