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Biographie

Nine Eleven

Nine Eleven prend corps en novembre 2004 près de Tours à la suite des splits de No Time To Lose et de Riot States Killers. Le groupe ne perd pas de temps et enregistre ses premiers titres un mois plus tard. Les concerts arrivent en janvier 2005 où Nine Eleven partage l'affiche avec The Promise, Sequoia, FTX, M-Sixteen, Jetsex entre autres. Des problèmes de line-up obligent les tourangeaux à faire un break de six mois avant de repartir de plus belle lors du Free Edge Fest 2005 en compagnie de Backsight, Fat Society et Aside From A Day.

Nine Eleven sort son premier EP King For A Day, Ghost For A Lifetime en janvier 2006 chez Free Edge Conspiracy, à qui l'on doit notamment la compilation hardcore DIY French Connection 3. Les critiques sont plutôt positives et le groupe enchaîne sur de nombreuses dates de concerts en France mais également en Espagne, en Italie et en Suisse. Le premier album, Use Your Disillusion, sort en avril 2007 chez STS Network et Guerilla Asso. Il est suivi d'une nouvelle tournée à travers l'hexagone. City Of Quartz débarque en 2009, tirant son titre du livre de Mike Davis, dépeignant les affres de la société occidentale moderne par le prisme de Los Angeles. En 2012 vient Le Rêve de Cassandre, équipé d'un nouveau chanteur, puis le EP 24 Years enfonce encore un peu plus le clou un an plus tard, plus sombre et moins expéditif, chez Nine Eleven Conspiracy. Le patronyme fait par ailleurs référence aux dates du 11/09/1973 marqué par l'ascension au pouvoir de Pinochet au Chili, et du 11/09/2001, marqué lui par les attentats du World Trade Center.

"11 septembre … 1973 au Chili, Pinochet épaulé par la CIA destitue Allende élu démocratiquement par le peuple. Résultat : 5000 victimes qui ne mériteront pas les larmes de l’occident versées 28 ans plus tard sur le sort de celles des attentats du World Trade Center. Les faits ne sont plus ce qu’ils sont mais prennent sens selon l’interprétation médiatique dont ils font l’objet ; les codes et les symboles (liberté, sécurité / terreur, chaos) qui construisent notre perception moderne du monde – spectacle s’alternent selon les enjeux politiques du moment. Et le Nine Eleven est l’expression la plus ostensible du monologue que le pouvoir entretient avec lui-même dans la construction sociale de son histoire."

line-up :

Julien - chant
Aurélien - batterie
Grégoire - basse
Jeff - guitare
Richard - guitare

16.5 / 20
1 commentaire (15/20).
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Sentinels ( 2016 )

Au travers de SentinelsNine Eleven reprend son combat. Engagé dans un Hardcore conscient, portant une dimension sociale dans le moindre mot, le combo avait laissé sur 24 Years un léger sentiment d’absence de surprise, plongeant dans des sonorités un peu moins percutantes qu’à l’accoutumée. Pour autant, ce disque semble prendre sous un nouvel angle le Hardcore brassé ici.

Massif. C’est le premier mot qui viendra à l’esprit : l’ensemble est gonflé à bloc, en témoigne ce titre d’ouverture « Elysium », qui amorce le premier la tournure prise par Nine Eleven. Cohérent sera le second. Sentinels gagne en dimension sonore (« Apocalypse ») tout en gardant une lisibilité parfaite. Les instruments se chevauchent mais ne s’étouffent pas, témoignant d’une écriture réfléchie et d’un subtil calage (« The Final Circle »), et ce malgré l’ajout d’instruments complémentaires (cordes et cuivres).

En alourdissant son jeu, Nine Eleven s’est totalement détaché d’un Comeback Kid pour livrer une version condensée dont la ligne vocale ne semble jamais faiblir et la partie rythmique ne faisant preuve d’aucune retenue (« Guidecca », ou la basse semble survoltée). Crust / Hardcore s’étirant sur la longueur, Sentinels aura peut être comme défaut celui de ne jamais cesser de jouer, d’offrir comme seuls temps morts ces passages un peu plus lents mais tout aussi intenses (« Apocalypse »), sans jamais oublier une mélodie sombre pour peaufiner le tout.
La longueur de chaque titre n’aura au final que peu d’impact : ceux-ci sont cohérents, évoluent graduellement (« Elysium ») mais ne donnent jamais cette sensation de stagner. La sensation de multi-couche massive y est sans doute pour beaucoup, mais la dualité des guitares amplifie cet aspect. Alors oui, il faut aimer les montées en charge progressives et se dire que l’urgence d’un Cursed sera ici bien loin du résultat, même si on lorgne parfois vers Birds In Row (« The Final Circle ») ou No Omega.

Sentinels dévoile donc un nouvelle facette de Nine Eleven, qui semble ici plus cohérent que sur 24 Years. L’univers et les messages portés par cet album s’unissent sur un tout, en 5 actes, embarqués dans une dimension politico-sociale moins complexe, et c’est justement cet équilibre qui permet d’imposer Sentinels sur cette fin d’année.

A écouter : Les deux derniers titres
15.5 / 20
0 commentaire

24 Years ( 2013 )

Nine Eleven s’échine depuis 2006 à donner une véritable résonance au punk-hardcore hexagonal, jusqu’à un City Of Quartz inspiré, puis Le Rêve de Cassandre en 2012 qui viendra confirmer le potentiel du quintet à devenir un excellent représentant du genre dans nos sous-sols. Les tourangeaux n’ont pas faibli et affirment leur intégrité avec 24 Years, dernier EP en date, sorti sur leur propre label, Nine Eleven Conspiracy.

Si ce n’est de line-up, peu ou prou de changements, hormis une obédience nette vers le post-hardcore (le superbe Never Fear A Goodbye en exemple), mais un disque encore une fois gorgé de sens, à commencer par le visuel, tiré de "Narcisse" par le peintre de la renaissance italienne Caravage, et un contenu inspiré par le "Faust" de Goethe, adoptant une structure littéraire découpée en six actes, dans un ordre chronologique. Six morceaux, tous chargés ras-la-gueule de riffs mastoc et de mélodies outrageusement bien exécutés, dignes des meilleurs Comeback Kid ou Verse.

Comme un pamphlet musical, 24 Years crache son dégoût d’une société occidentale pétrie par le culte de l’argent, de l’image, de la réussite personnelle, au détriment du bien commun, de l'amour, de la vie. Un message résolument punk que Nine Eleven porte avec virulence et conviction. En atteste la puissante entrée en matière en deux actes : l’expéditif Fleeing From God… terminant sur une transition progressive qui amènera …Defying The Sea, côtoyant effectivement les fonds marins. On s’aperçoit alors de la densité du rendu et on constate qu’il s’agit d’Amaury Sauvé (Calvaiire, As We Draw) à la production, qui semble encore une fois avoir su capter l’essence viscérale d’un groupe. Il faut signaler également cette nouvelle voix, émotionnellement riche, pouvant évoquer celle du hurleur de Blacklisted, ce qui n’est pas rien.

24 Years reste relativement classique dans sa réalisation mais Nine Eleven s'y octroie un supplément d’âme, grâce notamment à un chanteur hyper impliqué et une efficacité instrumentale exemplaire qui propulsent aisément les tourangeaux au niveau de leurs références.

EP disponible sur bandcamp.

A écouter : littéralement.
16 / 20
4 commentaires (15.5/20).
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City of Quartz ( 2009 )

Nine Eleven entre, avec cet album, dans la cour des grands du hardcore. City of Quartz est tout simplement la plus pertinente arme de destruction massive sortie en France depuis bien longtemps. La barre est mise très haute, avec un style en constante mutation, une production qui donne sa place à chaque instrument (le loko studio demeure, quoiqu’on en dise, une référence) et un nouveau chanteur de haute volée, dont les termes du hardcore sont inscrits dans le patrimoine génétique, à l’instar de ses camarades sur scène.


City of Quartz, titre de l’album et de la chanson introductive, fait référence à un essai sociologique écrit en 1990 par Mike Davis, et traduit en Français en 2003. Sans en faire une fiche de lecture, il est important de comprendre ce que raconte le sociologue américain afin de mieux saisir la portée des 10 titres des Tourangeaux au-delà de leur aspect musical. La mégapole de Los Angeles y est décrite comme le prisme grossissant permettant de saisir certaines tendances lourdes de la société américaine: privatisation grandissante des espaces publics, séparatisme fiscal et résidentiel des possédants, polarisation sociale et économie de la drogue (les gangs), développement des dispositifs de sécurité (société de contrôle maximum) et de surveillance (contrôler l’espace, pour contrôler les foules). Ajoutez à cela le fait que la Cité des Anges est incapable de produire sa propre intelligentsia, embourbée dans un racisme exacerbé, noyée dans des croyances extrêmes (l’Eglise de la scientologie), avec pour cerise pourrie sur un gâteau à la crème gerbant, les accointances entre les politiques et les magnats de la finance qui font de cette cité la ville dessinée dès 1982 par Ridley Scott dans Blade Runner.


Pour la pochette, (dont l'édition vinyle est une variante, mais tout aussi sublime) on retrouve le portrait de Frances Farmer, star hollywoodienne déchue et accusée de fricoter avec les Russes dans la première moitié du 20ème siècle. Elle a fini par être jugée "folle" et subit pas mal de maltraitance dans un asile. Kurt Cobain lui rend hommage dans la chanson "Frances Farmer will have her revenge on Seattle" et Mylène Farmer aurait choisit  son nom de scène en hommage au personnage également.

Le décor est planté. Et ce n’est pas vraiment du théâtre de boulevard.


Après cette longue introduction, revenons à la musique, le combo pond un 10 titres de 36 minutes mêlant de rares plans old school ("In Bed With Madonna") avec des hymnes aux ambiances sombres et jouissives comme seul sait le faire ce qu’on appelle communément aujourd’hui le Modern Hardcore. "City of Quartz" (la chanson) s’enchaîne avec "The New Shame of Punk To Come" gorgée de références et qu’on pourrait résumer en un majeur tendu vers les starlettes du hardcore (“all those who talks about squatts without even knowing the smell of them"). Les titres s’enchaînent, tous plus percutants et corrosifs, réussissant à composer des morceaux "longs" tout en conservant l’énergie et l’urgence inhérente au genre. On voit déjà d’ici les afficionados du old school hardcore kiffer leur two step et autres floorpunch, manches de chemises à carreaux retroussées. La voix est particulièrement bien travaillée, et assure un combat de titan avec les guitares. Quant aux "lyrics", pas mal d’emprunt à Lunatic, Nirvana, Mulholland Drive, Phantom of The Paradise mais aussi à Tiqqun (revue philosophique française, fondée en 1999 avec pour but de "recréer les conditions d'une autre communauté" et dont on ne saurait vous recommander la lecture).

L’album s’enchaîne en un rien de temps, on est comme sonné après un match de boxe. Il y a des valeurs sur lesquelles le combo n’est pas prêt de s’asseoir, et cela nous plaît !

A écouter : The New Shame Of Punk To Come, Sen
14.5 / 20
0 commentaire
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Use Your Disillusion ( 2007 )

Après les sorties d'un split (2005) puis d'un ep (King For a Day...Ghost For a Lifetime, 2006), et après avoir effectué maints concerts, Nine Eleven est devenu l'un des groupes les plus en vue de la scène hardcore modern/old school hexagonale. 2007 marque une nouvelle étape dans le parcours des tourangeaux avec la sortie de leur premier album, Use Your Disillusion (STS Network, Guerilla Asso).

Fidèle à lui-même, le groupe délivre un hardcore dans la droite lignée de Comeback Kid et Verse, alliant énergie,rapidité, puissance et mélodie. Le tout est agrémenté de bons back vocals ("Over the Bridge", "All Ages", "From Hell"), saupoudré, comme à l'accoutumée, de belles harmonies sonnant agréablement à l'oreille ("Dead Already", "On Riot, States Killers!") et ponctué de breaks bien sentis.
Néanmoins, avec cet album, Nine Eleven infléchit la trajectoire, car, à l'instar de Comeback Kid avec Broadcasting, ou Raised Fist, les tourangeaux n'hésitent pas à insérer des riffs metal rageurs dans leurs titres. Les morceaux acquièrent également des structures plus complexes, alternant passages solides, brutes et lourds avec des parties rapides, plus mélodiques et enlevées ("Let Sleeping Dogs Lie", "Play the Life Slowly", "Enter the Dragon").
La production, réalisée par Sébastien Langle et Guillaume André au Loko Studio, bien meilleure que sur le précédent EP, met en avant la puissance du hardcore de Nine Eleven et fait nettement ressortir les parties mélodiques, donnant à cet album beaucoup de relief, le rendant plus efficace et dynamique.
On notera également une légère amélioration concernant la voix, bien qu'encore un peu trop linéaire et manquant d'une expressivité qui donnerait sans doute encore plus de volume aux morceaux.

Avec Use Your Disillusion, Nine Eleven réalise un album ambitieux, au travers duquel il a cherché à évoluer. Tendant vers le metalcore sans pour autant délaisser les mélodies, l'opus offre des titres d'un très bon niveau, accrocheurs et variés. Oeuvre d'un groupe en pleine progression, gageons que ce premier album n'est que le début d'un parcours prometteur.

A écouter sur myspace : Dead Already, Over The Bridge.

A écouter : "Dead Already", "Over the Bridge", "From Hell"
13.5 / 20
1 commentaire (18/20).

King For A Day, Ghost For A Lifetime ( 2006 )

Le hardcore a ceci de particulier qu'il apparaît souvent comme une seconde nature et qu'on n'en reste jamais éloigné trop longtemps. A ce titre, l'exemple de feu No Time To Lose est significatif. La séparation à peine digérée, les survivants repartent à l'aventure sous le nom de Nine Eleven et signent une première production intitulée King For A Day, Ghost For A Lifetime.

Les pensionnaires de Free Edge Conspiracy n'entendent pas révolutionner le genre. Avec ce premier ep de six titres - dont quatre étaient déjà présents sur le split sorti en 2005 aux côtés d'Intruder et de Burning Fight - l'accent est mis sur un hardcore simple mais efficace, fortement ancré dans la vague des Nineties. Par le biais de morceaux rapides et énergiques, aux guitares incisives pouvant parfois rappeler Raised Fist ou Champion, Nine Eleven met à contribution une certaine énergie exacerbée par la voix monocorde, au ton désabusé mais revendicatif de Simon.

Aussi simple que soit leur musique, elle n'en est pas pour le moins ambitieuse. Ainsi, même si la tentation d'aller droit au but sans faire de détour est grande ("The Wall"), Nine Eleven ne se résout jamais à un enchaînement sans vie de morceaux exécutés sur le même tempo, privilégiant l'alternance sans toutefois la rendre systématique ("Sell Your Soul").
Mais le point fort sur lequel s'appuie le groupe est sans conteste cette volonté d'habiller le plus possible les morceaux de mélodies très riches et inspirées, un peu à la manière de Miles Away mais surtout de Comeback Kid, au risque parfois de provoquer une certaine surcharge pouvant nuire à la solidité et au dynamisme de l'ensemble ("The Red Anger").

Profitant au maximum de l'opportunité qui lui est donné, Nine Eleven agrémente le skeud d'une interface cd-rom compilant des extraits du concert effectué en 2005 au Free Edge Fest du Mans. Au total, les tourangeaux ne nous offrent pas moins de six morceaux dont une reprise de No Time To Lose ("Before I Go"). Signée Julien Fagot, la réalisation énergique - de fort bonne facture - retranscrit assez bien l'enthousiasme des protagonistes qui détonne cependant face à l'attitude plus ou moins passive d'un public pourtant assez nombreux.

Bref une petite production bien sympathique comportant, certes, quelques défauts bien légitimes mais démontrant, aux côtés de celles de Backsight et autres Pointing Finger, la bonne santé de la scène old school européenne. Et s'il persistait encore quelques sceptiques, je ne saurais trop leur conseiller de jeter une oreille sur ce King for a Day, Ghost for a Lifetime.

Télécharger : "Sell Your Soul"
"The Red Anger" "The Wall"

A écouter : "Sell Your Soul", "The Wall", "05/18/04