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Biographie

Nesseria

Depuis 2004, Nesseria met toute sa passion en oeuvre pour créer sa musique offensive, sans compromis d'étiquette, dont l'énergie et l'intensité sont les seules priorités. Débutant sur un Metalcore classique mais efficace, le combo s'oriente aujourd'hui vers un Hardcore Chaotique nerveux. Dès ses débuts, Nesseria se concentre sur le live, pour compter aujourd'hui plus de 100 concerts à son actif en France, Allemagne, Suéde, Finlande,Pologne, Republique Tchéque, Danemark et Japon. Trois Split cd et un split Vinyl 10 pouces avec des groupes comme Venosa, MuNeujhon ou Grizzly Twister sur différents labels indés permettent au groupe de se faire connaître.

Fraîchement signé chez Trendkill Recordings (Comity, Celeste), Nesseria sort son premier LP courant décembre 2009. Après une série de dates, Nesseria s'enferme en studio pour enregistrer des titres pour un split avec Clinging To The Trees Of A Forest Fire qui sort mi-2011 chez Throatruiner Records. Trois ans plus tard, toujours sur le label français, Fractures est annoncé. Second LP du combo, il est produit et mixé au Drudenhaus Studio par Neb Xort (Aluk Todolo, Anorexia Nervosa...) et masterisé au New Alliance East (Converge, Gaza...). Cette Erosion De Nous-Mêmes dévoile également une nouvelle facette du groupe en 2017.

Cette Erosion De Nous-Mêmes ( 2017 )

Pour faire suite à la violence de FracturesCette Erosion de Nous-Mêmes amène un vent presque doux dans l’océan de tourments qu’est Nesseria. Ici, la ville pleine d’ombres prends de la hauteur, délaissant les ruelles pour une silhouette tout aussi funeste. La musique semble, si l’on en croit l’artwork, prête à élimer l’être, le réduire à néant.

Mais c’est « Pris à la gorge » que l’on est finalement, lorsque résonne Nesseria. Le combo s’efforce de diluer son extrémisme Blackisé dans un rendu plus Hardcore (proche de leurs collègues de Direwolves), tout en gardant cette même modulation vocale. Le chant n’a pas perdu en force mais a su se moduler pour suivre l’évolution instrumentale. Oubliez « Des rues ordinaires » et « Civitas », les Orléanais prennent un peu plus de hauteur sur « Les Ruines ». Malgré tout, le riffing noir n’a pas disparu (« Forteresse ») mais s’est retrouvé absorbé dans une globalité Hardcore moins jusqu’au-boutiste que précédemment ; le combo a mué en quelque chose de moins abrasif, offrant des sonorités dont la virulence s’est peu à peu atténuée jusqu’au dernier titre. Il suffit de prendre le temps d’écouter « On prendra l’habitude » pour capter la nappe sonore plus mélodique qu’à l’accoutumée.

Mais Nesseria s’essaie aussi à de nouveaux horizons, s’éloignant de The Phantom Carriage : en se prêtant au jeu de l’acoustique sur « A l’Usure », les Français arrivent à adoucir l’ensemble, rappelant le Hysteron Proteron de Nostromo sur le principe (portant des émotions moins fortes). Il en est de même sur le morceau-titre, qui s’accommode d’influences PostCore presque trop courtes ou « Dans L’ombre et Sans Visage » qui s’oriente sur un Post-Black très actuel. Ce sont d’ailleurs ces titres que l’on retient au fil des écoutes, de part la rupture qu’ils creusent avec Fractures, même si l’assimilation de cet album semble plus délicate : moins rentre-dedans, les multi-facettes pourront déstabiliser dans un premier temps. On reconnaîtra et saluera l’effort fait et la volonté d’évoluer encore, mais il est difficile d’en faire un parallèle qualitatif avec le reste de la discographie.

Ainsi, Cette Erosion de Nous-Mêmes s’inscrit dans cette continuité des albums actuels, orientant ses sonorités vers des tonalités plus riches, s’essayant à de nouveaux apparats avec plus ou moins de réussite. Il est aisé de pointer les dissonances de Nesseria ici, mais il est plus délicat de reconnaitre qu’un combo a su évoluer sans impact qualitatif. J’aurais personnellement plus d’affinités avec l’opus précédent, mais je ne peux que reconnaître les mérites sur ce nouveau disque.

A écouter :  Les Ruines - Forteresse - Dans L’ombre et Sans Visage

Cette Erosion De Nous-Mêmes ( 2017 )

Si j'ai toujours apprécié Nesseria, je dois avouer que je ne m'attendais pas à être autant scotché par ce nouvel album. 

Certes, le groupe a su faire la démonstration d'une évolution et d'un affinement de son style au fur et à mesure des années, mais il s'agit certainement avec ce nouvel album d'un véritable pas de géant. La comparaison avec les autres groupes de l'écurie Throatruiner Records ainsi qu'avec l'ensemble des groupes le Blackened Hardcore n'a pour le coup plus du tout lieu d'être. Car si ni la recette ni le style n'ont radicalement changé, le quintet est parvenu avec cet album à atteindre une grâce et une pureté qui lui confèrent une place toute particulière au sein de la discographie du groupe. Cette Erosion De Nous-Mêmes marque un retour à quelque chose de plus essentiel, de plus personnel aussi, ce qu'illustre par exemple très bien le morceau acoustique A L'Usure : on met de côté des larsens et le gros son, on laisse l'émotion s'exprimer d'elle-même et la magie opère. On retrouve également ce sentiment avec le magnifique morceau Les Ruines par exemple, presque lumineux et apaisant. Pourtant Nesseria continue de faire du Nesseria, avec hargne (Pris A La Gorge), et si encore une fois le style n'a pas véritablement changé, quelque chose d'indicible s'est greffé aux morceaux car chaque élément semble davantage à sa place. La lumière se diffuse d'elle même et donne une ampleur vraiment bluffante à chaque morceau. Au final, s'il paraît moins violent de prime abord, cet album s'avère beaucoup plus pénétrant et marquant que les précédentes productions du groupe.

Moins enragée, plus centrée sur les ambiances et plus subtile d'une certaine façon, la musique de Nesseria n'en a pour autant jamais été aussi impressionnante et émotionnellement prenante. Aller plus loin en revenant davantage à soi, revenir à l'essentiel pour accéder à un autre niveau. 
"A cette maladie sans fin. Parce qu'on la préfère au rien".
Une magnifique surprise !

16 / 20
3 commentaires (17/20).
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Fractures ( 2014 )

Fractures : Une fracture est définie par la rupture de continuité ou cassure d’un os du corps humain.

Jamais je n’aurais imaginé que Nesseria aille un jour aussi loin. Déjà, l’éponyme marquait un tournant face au split avec Venosa, mais Fractures continue dans cette lancée, rappelant les sonorités du récent Lowgazers de Plebeian Grandstand, enchainant les coups et cassant des côtes.
Seulement, là ou le premier crache un flot constant et ininterrompu de notes jusqu’à overdose, Nesseria repart sur quelque chose plus Hardcore, même si les relents Black sont présents dans certains titres. Tout est martelé, malmené jusqu’au dernier titre, « Omayra », accalmie (Post-Hardcore) illustrant cette agonie lente et sinistre qui emplit Armero.
Dès le lancement, on retrouve certaines sonorités proches de The Great Old Ones (quelques riffs de « Des rues ordinaires ») avant que le malstrom renverse tout au travers de « Le Malheur des Autres », porté par une voix proche d’At the Gates. Le jeu de batterie n’est d’ailleurs pas à oublier, car même s’il est légèrement mis en retrait sur certains passages, il fait front avec quelques subtilités qui n’en font pas un martèlement uniforme et sans âme. Loin du rouleau-compresseur Celeste, Nesseria a pourtant cette noirceur ancrée lorsque retentissent les effluves Hardcore de « Cent Mille Fois par Jour », aussi oppressantes et haineuses que Kickback ou Torch Runner sur Commited to the Ground (même si les passages les plus chaotiques n’atteignent pas l’urgence des Américains) ou mêlant l’aspect primaire d’un Protestant avec la rugosité de Deathrite.

« Il a perdu le sens et la surface, dans son enfer domestique où tout s’effondrait au ralenti. Jusqu’à ce qu’on le couvre enfin de terre et de regrets tardifs. »

En dehors de son aspect musical, Fractures est plus un pamphlet qu’une succession de textes. De la haine envers la Manif pour tous sur « Civitas » à la résignation mortelle sur « Omayra », en passant par la routine maladive ancrée dans la notion de métro/boulot/dodo sur « Cent Mille fois par jour », Nesseria s’en donne à coeur joie. La fougue de 2009 n’a pas perdu en poigne, tout s’accélère et le combo crache, hurle, s’extenue jusqu’à l’épuisement. Le fait d’utiliser des textes en français amplifie le poids de chaque mot, surtout lorsqu’on se retrouve sur un langage direct : « ces chrétiens fins de race battant le pavé d'un printemps français, rassemblés derrière leur salope et leur croix pour défendre l'ordre naturel et sacré… ». Que l’on adhère ou pas, on ne peut nier le fait que Nesseria prend une position tranchée sur certains thèmes, à l’instar de combos comme Alpinist ou Momentum, délaissant l’égocentrisme pour s’orienter sur des aspects plus sociaux / communautaires.

« Aux fins de mois succèdent les fins de droits, aux heures gâchées, l'absence totale de choix. Le soleil se lève quoi qu'il arrive, et plus rien n'arrêtera ta dérive. »

Fractures ne sera pas l’album d’une génération, marquant un tournant musical dans ce que l’on pouvait connaitre. Il n’en a pas non plus la prétention, même s’il ne surprend pas dans la suite de sorties dont nous abreuve Throatruiner ces derniers temps. Entre Plebeian Grandstand, As We Draw, The Rodeo Idiot Engine, Protestant, Calvaiire, le label sait trouver sa voie et ce nouvel opus ne dénote en rien avec le reste du catalogue. Il est dans Fractures une continuité avec l’éponyme, même si à l’instar de The Rodeo Idiot Engine ou l’énorme Plebeian Grandstand, le ton s’est durci. Même si ces derniers sont passés un cran au-dessus - en terme de puissance - de Nesseria, le combo n’en démérite pas et propose toujours un « agréable » cocktail explosif de Hardcore / Black / …

A écouter : Civitas - Omayra - Cent Mille fois par jour

Split avec Clinging To The Trees Of A Forest Fire ( 2011 )

Encore une réunion au sommet chez Throatruiner Records qui semble bien décidé à nous noyer sous les sorties. Après The Rodeo Idiot Engine, le split Plebeian GrandstandBone Dance / Divider, voici la confrontation Clinging To The Trees Of A Forest Fire (CTTTOAFF) vs Nesseria. Grondement caverneux vs déferlement de riffs. Torture Mentale vs Chaos Explosif. Un chouette programme, encore une fois.

Outre-Atlantique, CTTTOAFF a énormément ralentit le tempo : exit le grindcore qui déboule à 100 km/h pour ravager ton intérieur, les américains intègrent de gros passages down-tempo à la manière de Cthulhu Youth (Wrinkled Claws ou l'intro de Lower Than Life, High As Sky), ce qui n'empêche pas le frontman de hurler avec la même fougue et la même énergie qu'un Today Is The Day qui se serait pris de passion pour le grindcore ou d'un Gaza couillu. Pourtant, sur ce split, CTTTOAFF manque d'un peu de spontanéité, ce qui faisait le charme de Visceral (qui foutait une rouste générale sur Garbage et Special Education) et de son premier album. Pris hors discographie du combo, c'est du bon. Remis dans son contexte, la déception est malheureusement légèrement présente.

Côté Nesseria, le son a bien changé. Alors que le S/t avait déconcerté certaines personnes de par son extrémisme musical et son absence de temps mort, ce split est l'occasion pour les Orléanais de dévoiler une facette plus mélodique et métallisée de sa musique. Mercure, bref hommage à Amen Ra écourté ou le musclé Les Fils du Fin de Siècle et ses changements de rythme incessants, autant de compos que Nesseria use jusqu'à la corde sans autant replonger dans l'agressivité du premier LP. Les morceaux s'écoutent et se réécoutent sans perte de qualité ou de surprise, tout en montrant que Nesseria a su suffisamment évoluer pour éviter la redite. 

2 groupes qui semblent avoir mis de l'eau dans leur vin, sans pour autant perdre en intensité. Throatruiner a encore eu le nez fin en dénichant CTTTOAFF et Nesseria pour 8 titres prêt à faire tomber les murs.

A écouter : Plutôt la partie Nesseria
15 / 20
2 commentaires (11.5/20).
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Nesseria ( 2009 )

Rien qu'à jeter un œil sur l'artwork, on devine les Orléanais remontés à bloc. Contre tout : la religion, la politique, le libéralisme ou encore l'égoïsme. En 10 compos saignées à vif, Nesseria nous livre ce qu'ils avaient annoncé en quelques mots : une sorte de nausée permanente, héritières des premiers Converge. Même son incisif, même hardcore chaotique frappant tel un déluge et même impression d’agoniser au fil des écoutes. 

Des compos généralement directes, douloureuses comme de l'alcool versé sur une blessure ouverte et des textes qui ne mâchent pas leurs mots, aussi francs que sur le split avec Venosa ("Que votre médiocrité de dégénérés vous étouffe. Et que la haine nous rende enfin lucides." sur "A ceux qui nous ont lâchés" ou "Plus qu'hier mais moins que demain. Ils nous ont baisés en guise de représailles, en nous envoyant droit dans le mur" sur "Hacixbecker Straβe"). Les riffs s’enchainent dans un fatras sonore sans temps mort autour d’une batterie furieuse même si un poil linéaire. Le rendu final s’approche d’un Petitioning The Empty Sky tant au niveau des instruments que du chant éraillé mais si l’on creuse bien, on retrouve quelques plans plus proches des sorties précédentes, notamment sur "53%" ou "Les Alternatives". Nesseria ne prend pas le temps de respirer et enchaîne coup sur coup : l’important est de faire mouche le plus rapidement possible ("Pyramides"). La qualité des compos n’est pas un point noir, loin de là. L'ensemble s'annonce honnête, avec quelques pointes de frénésie ("Le Quatrième Age") et passages à vide ("Ministère de la Concurrence Culturelle"), contaminés par la folie des défunts Harlots. Pas de doute face aux précédentes productions, Nesseria n’a pas fléchi et semble avoir puisé dans ses forces pour asséner une série d’uppercuts bien placés ("Par pertes et profits") jusqu’au KO final ("Les Filles de Dieu").

« Un passé assez lourd, un avenir incertain. Nous n’avons rien à perdre, et surtout rien à foutre. »

Mais à trop vouloir en faire, Nesseria s’étouffe avec sa propre bile. Cet opus est crade, malsain, noir, pourrait servir à la bande sonore d’un Palahniuk mais se cache derrière une carapace difficile à pénétrer. Insoutenable sur les premières écoutes, difficilement assimilable en une seule fois, ce disque s'enroule sur lui même et se mord la queue. Tout n'est que colère, à un tel point que Nesseria peut finir par devenir assourdissant, martelant sans cesse les instruments jusqu’à épuisement.

Nesseria est un disque agressif à souhait, éclatant l’auditeur à coup de barre à mine jusqu’à avoir les tympans au sol. Sur ce nouvel opus, Nesseria joue avec du Metalcore Nauséeux et un Hardcore Chaotique féroce marqué au fer rouge par Converge. Entre deux riffs, j'ai vomi ma haine en chœur…

A écouter : Le Quatrième Age - Hacixbecker StraBe - 53%
11.5 / 20
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Démo 3 titres ( 2004 )

3 titres pour un peu moins d'un quart d'heure d'une musique d'une violence viscérale, voilà le programme de cette démo autoproduite. Des Arrangements et riffs "sales" voir glauques, une batterie qui martèle sans interruption, une voix écorchée en provenance directe des tripes du chanteur...bref, Nesseria produit un metal-core brutal et spontané qui fait mal aux oreilles. Mis à part la seconde moitié du morceau "Echymoses" gratifiée de sonorités obscures et atmosphériques rythmées par une horloge lancinante, le groupe ne laisse aucun moment de répis. Nesseria semble d'ailleurs "obsédé" par la notion du temps, en témoignent les titres des 2 morceaux suivants : "Patience", "Des jours et des heures". Les textes reflètent également cet aspect en traitant d'une vision pessimiste de l'avenir.

Si Nesseria produit avant tout un metal-core dur et violent, on ressent encore leurs antécédents nu-metal, notamment sur quelques riffs et phrasés caractéristiques ou encore via le double chant superposé. Le chant hurlé presque "vomi" et les rythmiques empruntées aux branches extrêmes du metal rapprochent Nesseria des Montpelliérains de Eyeless ou d'un Inside Conflict assagi.
A ce stade, tout est réuni pour contenter les amateurs de gros son, si ce n'était la fâcheuse tendance du groupe à se répéter tout au long des 3 morceaux. Nesseria utilise a peut de chose près la même recette, alternant envolées brutales et passages plus calmes avec une grande rapidité. Bref, on a parfois l'impression de tomber dans une violence "gratuite" en contradiction avec la relative profondeur des paroles.

On ne va pas faire la fine bouche pour une première démo, qui malgré une production assez pauvre, témoigne d'un certains potentiel. On attendra sur leur prochaine production des compositions à la hauteur de la puissance que le groupe est capable d'exprimer en live.

A écouter : Les 3 titres...