Albums du moment
Pochette Sterilize
Pochette Savage Sinusoid Pochette Burst

logo Neige Morte

Biographie

Neige Morte

Neige Morte c'est un trio de Lyon avec notamment l'ex-chanteur d'Overmars, Xavier Théret. Mais Neige Morte c'est surtout une vision particulière du Black Metal qui pousse le genre dans ses derniers retranchements et une musique expérimentale qui explore les tréfonds de l'âme humaine. Un premier effort éponyme sort chez Aurora Borealis Records en 2011.

15.5 / 20
0 commentaire
logo amazon

Bicephaale ( 2014 )

Alors que l’hiver de l’An de grâce 2014 touche à sa fin, un certain trio lyonnais persiste à se complaire dans le permafrost et la noirceur, le désordre sans retenue. Neige Morte, un nom qui sonne comme un écho aux formations venant des plus froides contrées Norvégiennes, et qui  pourtant se place aux antipodes de tous ces impies du Grand Nord. A croire qu’en France, on n’aime pas faire du Black comme les autres : Celeste, Regarde Les Hommes Tomber, Blut Aus Nord,  (et combien d’autres encore ?), nous le prouvent à chaque album. Non, d’un bout à l’autre de l’hexagone, on se plaît surtout à le malmener, à en souiller habilement l’essence et la lignée. Bâtard de Noir Metal, de Noise et d’Experimental de tout poil, Bicephaale porte bien son nom, nous poussant  à l’introspection comme au plus aveugle des carnages.

On le sait depuis leur premier méfait : Neige Morte met un point d’honneur à se montrer imprévisible. Le groupe avait bousculé les genres avec son album éponyme, et ne semble aujourd’hui pas plus décidé à rentrer dans le rang. Tout au long de ce skeud, le trio prend un malin plaisir à alterner les ambiances et les tempos ; on y retrouve des instrus très orientées Black bien entendu (« 500 Jours de Haine »), mais rien de familier ou de déjà-vu. Ici, point de lo-fi suraigu, les amplis propagent les ondes grasses et crasses d’un son inspiré Hardcore, puisé dans les racines de la formation, sans oublier cet attrait pour la Noise que l’on ressent sur la plupart des tracks (« …Et Vacuité Du Combat » plus particulièrement). Pour autant, nos alchimistes lyonnais ne versent pas dans l’excès : la violence est habilement dosée et flamboie d’autant plus qu’elle est mêlée à de nombreux intermèdes plus contenus, laissant s’effacer les cris pour quelques instants, avant une nouvelle plongée dans les abysses. Les cris ? Que dis-je, « beuglements » ou « vomissements » seraient plus appropriés, tant les paroles sont déversées crûment et sans ménagement. On pense par moments à un certain Nocturno Culto (Darkthrone) sur Too Old Too Cold, comparaison cependant réductrice, tant les vocalises infernales de Neige Morte évoluent dans un large spectre.

Derrière cet artwork occulte, six morceaux avoisinant un total d’une quarantaine de minutes, introduits par les premiers riffs de « 500 Jours de Haine », véritable descente aux Enfers ; on s’y sent comme piégé, happé par le vide, le final magistral semblant condamner toute tentative de marche arrière. Pas d’autre choix que d’avancer vers des chemins qui ne s’annoncent pas plus accueillants. « Eater Of Worlds » et ses relents de Punk/Black fait ainsi place à un break lourd à la lenteur écrasante, exacerbant la folie du chanteur, à laquelle répondent des montées de tempo de plus en plus redoutables, crescendos de démence Noisy sans souci d’esthétique. Malmenés, vous croirez parfois voir poindre la lumière au bout du tunnel, mais rassurez-vous, « Plénitude… » n’est qu’une illusion. Ces accords clairs répétitifs, cette discrète couche vrombissante de décibels oversaturés et cette voix grasse émergeant d’un gouffre lointain, murmurant à demi-voix des incantations à peine compréhensibles, tout ça n’est qu’un leurre. Reculer pour mieux sauter, avant l’épilogue « Eater Of Soul » : le combo se déchaîne, ce qu’ils veulent c’est bouffer votre âme certes, mais aussi dévorer votre cœur et vos entrailles, se délecter de votre conscience et de votre sens de la raison. Conclusion des plus réussies, soutenue par des vocaux plus clairs et par cet ultime assaut bruitiste ; nous voilà libres, de retour sur Terre, mais sans doute pas indemnes.

Pour la seconde fois Neige Morte a fait ses preuves, cet opus se révèle être un album torturé, dantesque, massif, effrayant, mais qui ne se révèlera ni au premier venu ni à la première écoute. Mais à mesure que vous y goûterez, Bicephaale pourrait bien devenir l’un de vos poisons favoris. Reste à savoir combien de temps oserez-vous passer dans les ténèbres…  

A écouter : Tout, plusieurs fois
15 / 20
2 commentaires (12.25/20).
logo amazon

Neige Morte ( 2011 )

Ce disque est une belle saloperie. Dégueulasse, boueux, infâme et nauséabond. Il n'y a rien de bon à écouter ici alors autant passer ton chemin.

Si tu persistes néanmoins à en savoir plus, Neige Morte est un groupe de Black-Metal. Ca c'est pour la version courte, car il faudra oublier l'idée de mecs en corpse paint revêtus de leur attirail à déclencher à coup sûr un détecteur de métaux d'aéroport. Ici on va plutôt aller voir du côté de Liturgy et de cette frange du Black-Metal expérimental. Le genre de types un brin intello qui font tout pour ne pas faire sonner leur musique comme leurs compatriotes d'Europe du nord. On retrouve donc ici un Metal extrême qui flirte avec Noise, Drone et Crust, bref, tout ce qui est bon à prendre en matière de crasse musicale. Quand on connait le background des gars (Overmars12XUSheik Anorak) on ne s'en étonne même pas.

L'entrée se fait presque en douceur sur Réflexe Post-Mortem. Le souffle du vent, quelques râles agonisants, des bruits inquiétants et oppressants, de l'Ambient macabre qui se mue progressivement en Drone sourd, puis les premières décharges fulgurantes. On y est. Neige Morte déverse sa rage, le chant est littéralement dégueulé, la batterie primaire, maltraitée avec la même violence qu'un père alcoolique qui frapperait son gosse de cinq ans après une journée de merde. La guitare ultra saturée, stridente, noise à mort. Puis la descente en enfer se prolonge, les guitares se font lourdes, les dissonances apparaissent et t'enveloppent d'un air profondément vicié et infecte. Tout Sonne Faux, donne envie de gerber et ce dialogue en milieu de morceau renforce encore d'avantage le malaise de ce titre. Le pire c'est qu'il n'y a pas d'issue. Rien, que dalle. Juste les ténèbres pour une chute qui parait sans fin dans ces spirales hallucinogènes carrément flippantes.
Neige Morte c'est de la cruauté sans nom, une agression purement gratuite, une putain de saleté qui te colle à la peau et qui ne veut pas te lâcher. Il suffit d'écouter le carnassier Need Some Air, d'une sauvagerie rare, qui en l'espace d'à peine 2min30 te cloue définitivement sur place. Et si tu tenais encore debout, le glauque et dérangeant Fausses-Victimes&Faux Bourreaux, sous ses airs Neurosisiens t'achèverais pour que tu finisses définitivement enseveli par le terrible BourbierNeige Morte c'est finalement le condensé de tout ce qui se fait de plus malsain et de furieux dans les musiques extrêmes le tout servi d'une production repoussante, logique.

De cette écoute l'on ressort terrifié, vidé, souillé. Il faut du cran pour s'atteler à ce disque, mais qui sait, si t'es à moitié fêlé, tu pourrais bien aimer ça.

A écouter : averti

Split avec The Austrasian Goat ( 2011 )

Deux groupes pour deux visions complémentaires du Black-Metal. J'emploie ici ce terme à défaut d'avoir mieux sous la main, mais leur approche est tellement particulière que cette étiquette s'efface derrière des qualificatifs plus importants.

L'objet est disponible chez Music Fear Satan, un vinyl maculé de blanc, dans sa pochette noire et grise, gravée de psaumes et symboles cabalistiques. Jouer avec les codes, pour mieux tromper. Ou si peu, car ça serait mal connaître The Austrasian Goat qui fait tout pour brouiller les pistes depuis 2007. Neige Morte aussi remarque, même si le groupe est plus récent.
Le rituel commence avec la face The Austrasian Goat. The Gracious Fall Of The Morning : le souffle du vent, une guitare comme seule guide dans cette épaisse forêt où la brume froide du soir ne tarde pas à tomber. On se sentirait presque en sécurité à errer comme cela en suivant ces arpèges rassurant. Une voix vient à nous parler : peut-être est-ce nos pensées, ou bien les habitants de ces bois? Difficile à dire. Voilà que l'on a perdu le guide à présent. L'obscurité tombe sur nous comme un rapace sur sa proie. Les éléments se déchaînent, on est au cœur de la tourmente. Cela ne dure qu'un instant, mais suffisamment de quoi être terrifié. Le tumulte disparaît presque aussi rapidement qu'il est apparu, nous laissant dans une stupeur bienfaisante. L'on a retrouvé notre guide, les incantations reprennent de plus belles dans un final hypnotique et captivant.
Du côté de Neige Morte, We Who Are The Worm débute par une introduction inquiétante, débordante de bidouilles bruitistes et diaboliques, d'un son exécrable et de hurlements inhumains. Rien ne semble cohérent, comme un jam d'allumés par les fils de Satan. Les coups portés sur la batterie se font à l'aveuglette, les râles haineux donnent dans la sauvagerie pure et les guitares sont accordées en dessous terre, avant que tout cela se mette en branle dans une cacophonie jouissive. Cette violence ne pouvait plus être contenue très longtemps, l'accélération est salutaire. Décharnée et mortifère, chaotique au possible, ce final n'a qu'un but, tout réduire en charpie.

The Austrasian Goat et Neige Morte se rejoignent sur une thématique semblable, mais avec un rendu complètement différent où le Dark-Folk mystique de l'un rencontre l'ultra-violence Crust de l'autre.

A écouter : les deux faces
Neige Morte

Style : Black Metal / Noise / Drone
Tags : - - -
Origine : France
Site Officiel : neigemorte.com
Myspace :
Amateurs : 12 amateurs Facebook :