On assiste depuis quelques années à un renouveau de l'old school que se soit dans le Thrash (Evile, Bonded By Blood...) ou dans le Death (Bastard Priest, Death Breath...). Bien souvent, ce sont des passionnés qui vouent corps et âme à leur musique, peu importe les tendances et si la qualité n'est pas toujours au rendez-vous (ex des dizaines de groupes de Black Metal peu aventureux), on trouve aussi quelques très bonnes formations vouées à demeurer confinées dans l'obscur caveau de l'underground.
Il faut quand même faire la lumière sur Necrowretch. Des mecs qui sont restés bloqués dans les années 90 et qui ont très certainement usés jusqu'à l'os les vieux Obituary, Asphyx, Dismember, Grave et toute une partie de la scène suédoise où le riff se faisait déguelasse comme un cadavre pourrissant au fond d'un marais fétide. Car c'est bien là où se trouve toute la substance croupie de Necrowretch, empestant la crasse de leurs aînés. Putrefactive Infestation comme ils disent, un premier ep (après deux démos) et le refus de sonner comme ¾ de leurs voisins scandinaves. L'envie de jouer un death-metal primitif, brut, sans artifice dont le riffing tient une place prépondérante. Necrowretch n'est sans doute pas très original, mais ce qui prime, c'est la sincérité qui transpire de cet ep et surtout la qualité de composition qui s'en dégage. Les cordes sentent les vieux de relents de Doom/Death crades (Putrefactive Infestation), accélérations redoutables et jouissives qui déchiquettent tout à coup de riffs tronçonneuses et lorgnent parfois vers le Thrash (A Rancing Spree). Le chant y est possédé, lacéré, tout droit sorti d'outre tombe avec des hurlements à te glacer le sang (Sepulchral Pleading) et que dire des blasts déments qui t'enfoncent six pieds sous terre... Par ailleurs, on sent que les musiciens ont travaillé leur ambiances morbides, poisseuses et viciées. Tu lances le titre éponyme, et tout est là! Le genre de son qu'on imagine sans problème sur un vieux film de Romero. Le réveil des morts-vivants et leur lente marche attirés pas la chaire fraiche. Puis l'on bascule dans l'horreur, tout s'accélère, les blasts accompagnent notre fuite et le solo aliéné ponctue notre fin qu'on savait inévitable. Ajoutons que la production va évidemment dans ce sens, crue et graveleuse, suintant la décomposition et participant à l'intensité de l'ep, sans tomber dans les travers de l'inaudible.
Si tu aimes ce genre de death metal putréfié, aucune hésitation à avoir, il faut vraiment te jeter comme un zombie affamé sur les quatre titres de ce Putrefactive Infestation, en attendant le long format prévu pour l'année prochaine.