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Biographie

Necrophagist

Necrophagist est un groupe créé en Allemagne, au début de l’année 1992. Le line up comprend alors Raphael Kempermann à la batterie, Jochen Bittmann à la basse, et Muhammed Suicmez à la guitare et au chant. Le groupe se forge un style mélangeant Grind, Death metal ultra rapide et technique, avec une démarche musicale progressive. Le frontman du groupe se démarque notamment par son utilisation des gammes néoclassiques pour ses solos, à la manière de shredders comme Yngwie Malmsteen.
Peu de temps après la création du groupe, ils entrent en studio afin d’enregistrer « Requiems Of Festered Gore, une première démo (cinq titres) qui ne servira que de promotion pour les organisateurs de concerts.
En 1995, un nouveau fait son apparition dans le groupe, Matthias Holzapfel, qui officie à la guitare. Necrophagist commence à se tailler une sévère réputation dans le milieu Death metal Underground, et fait parler de lui en dehors de l’Allemagne. Ils entrent une nouvelle fois en studio pour enregistrer Necrophagist, une deuxième démo (quatre titres) éponyme.
En 1999 sort Onset Of Putrefaction, leur premier album. Muhammed Suicmez enregistre alors seul toutes les partitions inhumainement jouables (sauf la batterie), faute de trouver assez rapidement les musiciens capables de le faire. Cet album deviendra une référence pour beaucoup de groupes exerçant dans le même style.
En 2004, le line up a changé (nouveaux arrivés à la hauteur des ambitions musicales de Muhammed). Muhammed Suicmez reste le frontman, Hannes Grossmann est à la batterie, Stefan Fimmers à la basse, et Christian Muenzner à la guitare. Necrophagist devient alors une des pointures du Brutal Death metal en Europe, et réanime ce style que beaucoup croyaient perdu. Ils tournent alors avec de grands noms comme Napalm Death, Cannibal CorpseSinister et sont invités à de grands festivals internationaux, comme le Maryland deathfest aux Etats-Unis ou le Brutal Assault en République Tchèque.

Ils ré-enregistrent Onset Of Putrefaction, car des défauts techniques présents sur l’album gachent le résultat escompté, et en rajoutant deux morceaux présents sur la deuxième démo. Le groupe signe chez Relapse records, c’est alors pour eux la reconnaissance de leur talent, et une chance pour côtoyer les plus grands.
Puis une nouvelle bombe fait parler d’elle dans le milieu du Metal extrême. En 2004 sort Epitaph, leur deuxième album, confirmant l’incroyable dextérité et rapidité de chaque membre.

16 / 20
10 commentaires (17.2/20).
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Epitaph ( 2004 )

Relapse a toujours été une terre d’accueil pour les groupes en manque de brutalité et désireux de montrer leur talent aussi bien en studio que sur scène. Des groupes comme Suffocation, Dying fetus, The dillinger escape plan, Nasum (R.I.P), l’ont prouvé. Et Necrophagist n'échape pas à cette règle.
Si « Epitaph » devait être représenté par un verbe, ce serait « Imposer ». Mené par le génie créatif et perfectionniste Muhammed Suicmez, Necrophagist nous sort un album dédié à la technique et à la vitesse d’exécution. Les 3 nouveaux musiciens sont largement à la hauteur de ce qu’a cherché Suicmez, et la composition n’en a été que plus intéressante.
Hannes Grossmann est visiblement né avec une double pédale greffée à la plante des pieds. Une frappe chirurgicale, un jeu on ne peut plus physique, une maîtrise parfaite de la double pédale, un métronome à la place du cerveau, enchaînant changements de tempo tantôt lent et aérien, tantôt ultra rapide et chaotique. Le tout nous permet de goûter à tous les éléments qui ont fait l’exception rythmique du Death metal en général, mais fortement teintés de sa touche personnelle.
La basse, est comme dans un grand nombre de groupes extrêmes, en arrière plan. On la perçoit lors de certains blancs laissés par les autres instruments. Insérés dans les morceaux afin que la basse soit de temps en temps en première ligne, pour ensuite passer radicalement à un autre rythme, une autre ambiance, autres sonorités. L’intro de Only Ash Remains le montre, et nous prépare à une grosse déferlante de notes.
Muhammed Suicmez et Christian Muenzner ont bien entendu, pour suivre une batterie déchaînée, un rythme plus que soutenu. La dissociation du son de chaque instrument est un des points forts de cet album. Les guitares sont alors bien présentes, sans prendre trop d’importance sur la batterie et la basse. Un son net, carré, saccadé, dépourvu de tout effet inutile (pas important quand on s’appelle Suicmez). La force de ces deux guitaristes est surtout comprise dans leur complémentarité. La maîtrise de la guitare est quelque chose de naturel chez eux. Les riffs sont enchaînés avec la plus pure aisance. La rythmique est entraînante, mais reste au second plan, callée entre des solos de virtuoses, et de cascades d’harmonies plus ou moins légères ou lourdes.
Le chant est la seule faiblesse de Necrophagist (enfin, si l’on peut qualifier ça de faiblesse). Disons que par rapport à l’énergie déployée et à l’efficacité des autres instruments, le chant paraît bien basique. Mélange de guttural et de phrases un peu plus teintées de Growl, très utilisé dans le Death, et Necrophagist ne se démarque donc pas par la voix.
Epitaph, bien qu'un peu plus décevant que Onset of putrefaction, restera quand même dans les annales du Death, et deviendra un album à avoir obligatoirement dans une discothèque, pour tous les amateurs du genre. Des morceaux aussi bien composés pour la chaîne hi-fi, que la scène (et ça doit pogotter sévèrement à l'écoute des transitions entre passages "calmes", et véritables moments de puissance et de rapidité). Un trésor pour les puristes du genre, et les perfectionnistes. Le talent du groupe pourrait même les mener à leur propre perte (du moins au niveau intérêt), car après 2 albums de la même veine, Necrophagist laisse une impression de groupe qui tourne en rond.

A écouter : Stabwound, Diminished to be, Only ash remains
15 / 20
2 commentaires (20/20).
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Onset Of Putrefaction ( 1999 )

Quand on dit « Death Metal », le raccourci facile serait de penser à des brutes épaisses, cantonnées à shredder  toute leur carrière durant sur des guitares accordées en A, des artistes qui de toute façon ne changeront jamais leur recette puisque leurs fans seront au moins aussi remplis de bière que leurs idoles quand ils écouteront l’album. Cependant, puisque nous ne sommes ni stupides et bornés, ni journalistes de M6, nous conviendrons que le Metal, s’il s’est construit sur des archétypes et des standards, vit et perdure par la nouveauté, la recherche, l’innovation musicale. Necrophagist fait en effet partie de ces groupes qui tordent le cou aux clichés, et ne délaissent pas la mélodie, bien au contraire : la force de cette formation allemande c’est bel et bien la musicalité et la brutalité réunies. En témoigne ce premier opus, « Onset of Putrefaction», un titre plein de promesses, trônant fièrement sur une pochette qui annonce elle aussi la couleur : un corps en décomposition dans les tons ocre/marron/crasse, un artwork brut qui finit de chasser les quelques âmes sensibles égarées qui avaient encore l’album entre les mains. Car une fois la galette lancée, Necrophagist vous ouvre le cerveau sans anesthésie et le manipule de ses scalpels rouillés.
En effet c’est une entrée en matière des plus franches que « Foul Body Autopsy », un titre d’à peine deux minutes, balançant des blasts beats dès les quinze premières secondes, beuglant dans nos oreilles alors que nous ne sommes pas encore installés sur le billard, et affichant déjà clairement l’attrait pour la mélodie. Le groupe, rappelons-le, se veut technique, et pour cela, les musiciens n’hésitent pas à user de leurs talents : on ne compte plus les harmoniques, les solos, les passages tantôt groovy, tantôt brutaux. On retiendra particulièrement « Fermented Offal Discharge », et son solo impressionnant, tant dans la précision qu’il implique que dans la composition, « Extreme Unction » qui laisse à l’auditeur le soin d’apprécier la voix grasse et profonde de Muhammed Suiçmez. Enfin il serait dommage de passer à côté de «Mutilate The Stillborn », et de ses nombreux changements de rythme, qui rendent la track très efficace.

Ce sont d’ailleurs ces variantes, ces moments de cassure dans le continuum d’un morceau qui contribuent grandement à l’identité du groupe. On nous balance vingt secondes de rentre-dedans, puis un autre schéma rythmique, et encore un troisième, etc… Au-delà de la prouesse musicale, (coordination, originalité), Necrophagist fonctionne sur la surprise, et l’auditeur s’en retrouve balancé de tous les côtés, à l’écoute de « Intestinal Incubation » par exemple. Et c’est là où cette « technique », tant adulée par certains, peut aussi en rebuter d’autres, peut-être moins aguerris face à cette déferlante musicale irrégulière, mais novatrice. L’album n’est pas très accessible, et une partie des néophytes se verra sans doute rebrousser chemin (j’en ai fait partie), sentant qu’ils ont mis les pieds en des lieux peu familiers, voire chaotiques, qui ont tendance à les déstabiliser. Il ne faudrait cependant pas prendre cette complexité pour une tare, car à force d’écoutes, l’auditeur s’approprie peu à peu chaque morceau, et apprécie davantage l’œuvre et toute la richesse qui en découle.Eh oui, Necrophagist c’est aussi la poésie du gore, un lyrisme sauce Death Metal à toute épreuve : les paroles sont crues et évoquent mort violente, bouillies d’organes et autres dissections. Accompagnant la musique, on imagine facilement un fou furieux dans son bloc s’adonnant à diverses expériences, frénétiques et riches en pus et en hémoglobine. On ne fait pas dans la dentelle vous l’aurez compris.

« Onset of Putrefaction » est donc un travail d’orfèvre, ou de…chirurgien. Necrophagist manipule les boyaux, joue avec nos tripes, et fait de son (Brutal ?) Death Technique un travail de précision et de minutie, donnant corps à une œuvre peut être peu accessible et déroutante au premier abord, mais terriblement carrée et  de plus en plus jouissive au fur et à mesure des écoutes.

A écouter : Fermented Offal Discharge, Mutilate The Stillborn