Albums du moment
Pochette Burst
Pochette Thin Black Duke
Pochette Life Pochette Two Parts Viper
Chroniques
Pochette Sugartown Cabaret
Pochette Les Irreals Visions
Pochette Sumerlands
Pochette Monuments
Pochette Interstices Pochette Anticult

logo Napalm Death

Biographie

Napalm Death

Icône incontournable de la scène Grindcore internationale, Napalm Death fait ses débuts en 1981 à Meriden près de Birmingham suite à l'impulsion de Nick Bullen (basse), Miles Ratledge (batterie) et Simon Oppenheimer (guitare). Quelques mois plus tard, le trio est rejoint par un quatrième membre, Graham Robertson (basse). Inspiré par la vague punk et anarcho punk des CrassRudimentari Peni, The Ex, Napalm Death effectue son premier concert le 25 juillet avec Bible Of Sins, Corrupt Youth, Hiroshima et Society's Victims.

Sujet à une instabilité chronique, Napalm Death ne prend même pas le temps d'user ses musiciens. Simon Oppenheimer est le premier à faire ses valises en août 1982, remplacé par Darryl Fedeski jusqu'en octobre. Ce départ oblige Robertson à glisser à la guitare et le recrutement d'un nouveau bassiste, Finbarr Quinn (ex-Curfew). Entre 1982 et 1983, cette formation effectue plusieurs concerts en compagnie de Amebix, Antisect ou The Apostles et enregistre quatre démos dont une apparaîtra sur la compilation Bullshit Detector en 1984.
L'année 1983 est une période de hiatus. Napalm Death n'effectue qu'un seul concert, Bullen butinant à droite à gauche, notamment avec Justin Broadrick et son projet Final. A l'issue d'un show, Ratledge et Bullen demandent à ce dernier d'intégrer Napalm Death qui repart en trio avant de redevenir quatuor avec l'arrivée de Peter Shaw (ex-Autism). Après l'enregistrement de Hatred Surge, surgissent quelques dissensions entre Bullen et Broadrick, qui souhaitent tendre vers un style plus extrême, et Ratledge. Ce dernier est remplacé par Mick Harris en décembre 1985. Entre cette date et 1986, Napalm Death écume toute la zone de Birmingham avec Amebix, Antisect ou Chaos UK et enregistre sa sixième démo, From Enslavement To Obliteration suivi de ce qui deviendra la première face de Scum.
Les tensions prennent une autre dimension peu après. Bullen commence à être blasé et, suite au départ de Broadrick chez Head Of David, lache totalement l'affaire pour se consacrer à la littérature et à la philosophie. Le départ de Bullen marque la fin du Napalm Death originel. Les rescapés partent en quête de nouveaux membres et recrutent Bill Steer, guitariste de Carcass, ainsi que Lee Dorrian, promoteur de concerts, pour enregistrer la face B de Scum aux Rich Bitch Studios en mai 1987. Après une courte tournée, Jim Whiteley est remplacé par Shane Embury (ex-Unseen Terror) à la basse. Napalm Death apparaît alors sur deux compilations, deux Peel Sessions, ainsi qu'un split avec S.O.B.. La formation repart en studio pour l'enregistrement du second album, From Enslavement To Obliteration et participe dans la foulée au BBC Arena Heavy Metal Special, avant d'enchaîner sur une tournée qui les mène au Japon. De retour, Steer annonce son intention de se consacrer uniquement à Carcass et Dorrian part fonder Cathedral.
Les chaises musicales se calment quelque peu avec l'arrivée de Jesse Pintado (ex-Terrorizer) et Mark Greenway (ex-Benediction). Napalm Death démarre alors le Grindcrusher Tour avec Carcass, Bolt Thrower et Morbid Angel et recrute un second guitariste, Mitch Harris (ex-Righteous Pigs). Le groupe s'embarque pour la Floride travailler avec Scott Burns pour la réalisation du troisième album, Harmony Corruption, qui marque une césure par son style plus death metal. Après la tournée qui s'en suit, Mick Harris créé son projet Scorn dans lequel on retrouvera Bullen.
Le nouvel album Utopia Banished est enregistré avec Danny Herrera, un viel ami de Jesse Pintado. Dès lors, Napalm Death n'arrête pas de tourner, enchaînant le Campaign for Musical Destruction Tour aux côtés de Dismember, Obituary, Carcass et Brutal Truth et participant à la compilation Alternatives Tentacles de covers des Dead Kennedys avec "Nazi Punks Fuck Off". Après l'enregistrement de Diatribes, l'atmosphère s'obscurcit. Suite à des tensions avec Mike Greenway, ce dernier est échangé avec Phil Vane (Extreme Noise Terror), avant de revenir au sein de Napalm Death.
Jusqu'en 2004, le groupe de Birmingham enregistre quatre albums supplémentaires mais doit faire face cette année-là au départ de Jesse Pintado à cause de problèmes personnels (il décèdera en 2006). Napalm Death devient quatuor et sort The Code is Red...Long Live the Code sur lequel apparaissent Jello Biafra, James Jasta ou Jeff Walker. Le treizième album, Smear Campaign, voit le jour en 2006 auquel fait suite une avalanche de dates à travers le monde. Le Smear Campaign Tour qui s'ensuit est l'occasion pour le groupe de rendre hommage à Pintado, décédé pendant l'enregistrement de l'album. Le World Domination Tour qui s'ensuit en 2007 et 2008 annonce la sortie imminente d'un nouvel album studio. C'est chose faite en 2009 avec Time Waits for No Slaves, qui, vingt-deux ans après Scum, confirme la vitalité de ce groupe. Impression plus que renouvelée trois ans plus tard avec Utilitarian à la sauvagerie toujours assumée. Son quinzième album studio, Apex Predator - Easy Meat, paru en 2015, témoigne que Napalm Death ne perd rien de ses qualités avec le temps.

16 / 20
17 commentaires (16.68/20).
logo album du moment logo amazon

Apex Predator-Easy Meat ( 2015 )

Un paquet de viscères sous cellophane comme teaser et trois ans de battement depuis les derniers rugissements de Napalm Death, voilà qui a de quoi attiser la curiosité quant à la dernière sortie en date des Anglais. Identité visuelle chamboulée (où sont passés ces collages en noir et blanc si familiers ?), mais même volonté d’en découdre si l’on en croit les déclarations de Mark « Barney » Greenway chez Blabbermouth il y a quelques mois. L’esclavage moderne comme thème central et la violence du Grind-Death comme arsenal, Apex Predator-Easy Meat était alors annoncé comme prometteur par le chanteur : « This album will make your eyes burn with the harsh sonics and harsh visions of the dumping ground of globalisation. »

Soit. Des musiciens qui expliquent à chaque sortie imminente qu’ils viennent de parachever le paroxysme de la Violence dans leur discographie, on en trouve à la pelle, et ce genre de formule lâchée dans l’euphorie sent parfois la fâcheuse redite. Mais la publicité de mauvais goût et les faux espoirs n’ont pas leur place avec ces quarante minutes frontales et sans retenue. Utilitarian bénéficiait d’une prod’ bien calibrée et de titres ravageurs (« The Wolf I Feed », « Errors In The Signal ») ; Apex Predator-Easy Meat présente des morceaux tout aussi accrocheurs (« Hierarchies », « How The Years Condemn ») mais double la mise question lourdeur et puissance des instrus. Le titre éponyme achevé, exit les temps morts. Fidèle à ses convictions, Napalm Death aboie sa colère et nous jette à la figure l’asservissement des hommes, leur marchandisation et leur annihilation ; même la voix semble avoir sombré un peu plus dans les graves et dans les gras. On pourrait penser à une influence Death Metal plus significative (« One Eyed ») qui sert sacrément bien des compos au Groove dévastateur comme « Timeless Flogging » ou « Cesspits ».

Et c’est parce que le groupe s’autorise à puiser à droite à gauche dans les genres qui lui plaisent que le résultat est à la fois diversifié et cohérent, les écoutes répétées ne lassent pas et chaque piste a mérité sa place dans la tracklist finale. On pourra peut-être reprocher à « Dear Slum Landlords » sa lenteur et son riffing légèrement poussif, mais il n’y a pas véritablement d’autre ombre au tableau. Le quatuor dévoile bon nombre de lignes de guitares agressives, percutantes, que l’on retiendra sans peine. On pense à « Hierarchies » qui fera hocher les têtes paré de ses rythmes surmenés teintés de Hardcore, le genre de piste catchy (oui catchy, pas de raison que la Pop ait le monopole de cette formule) qui met tout le monde d’accord. Les racines purement Grind ont aussi leur place, « Stunt Your Growth » concentre en à peine deux minutes vitesse et force de frappe du D-beat et du blast pour un résultat à la hauteur des Scum et autres premiers efforts de la formation. Jusqu’au-boutiste, le groupe additionne à sa rage habituelle quelques passages dissonants (coïncidence avec ce split enregistré avec Converge ?) et alimente « Smash A Single Digit » ou « Stubborn Stains » de six-cordes distordues et chaotiques. Toujours plus loin dans l’extrême.

Napalm Death a cette tenace facilité à bien réagir à l’épreuve du temps, les années passent mais le quatuor s’adapte, évolue, un exemple à suivre en terme de longévité et d’intégrité. Apex Predator-Easy Meat  contentera sans peine les fans et prolonge le chemin emprunté avec Utilitarian en 2012, des titres servis par une production de gros label mais toujours composés avec autant de talent et de hargne.  Scum a beau fêter ses 28 ans en 2015, ses géniteurs peuvent toujours se targuer de compter parmi les Papas du Grindcore.

A écouter : Tout car l'album est assez varié
15.5 / 20
9 commentaires (15.56/20).
logo amazon

Time Waits For No Slave ( 2009 )

A la question peut-on survivre pendant plus de trente ans au sommet de la barbarie musicale ? Napalm Death pourrait rétorquer : la preuve. Les cannes sont toujours là. Si la tornade Smear Campaign ne vous a pas encore emporté, il y a de bonnes chances que Time Waits For No Slave le fasse.

A quoi bon changer la recette ? Apparemment le filon n'est pas encore épuisé. Time Waits for no Slave est une entreprise de désossage comme le quatuor anglais nous en fournit depuis des lustres. Abrasif, incendiaire une révolte permanente au service d'un message toujours direct. Ces épithètes sont les grandes lignes de la cuvée 2009. Un grindcore supersonique qui fait mouche là où pas mal de formations se contentent de réciter les gammes, confiantes parfois à tort en leurs capacités de pilonnage. Napalm Death fignole ses compos, ne se reposant pas sur des riffs sucés jusqu'à la moelle, intégrant bribes mélodiques, des tournures acides aux forts accents industriel/post punk générant un magma tourmenté où règnent l'indécision, le mal-être, le doute, l'agressivité, le tout agrégé à un ensemble réactif et détonnant ("On the Brink of Extinction", "Life and Limb", "Fallacy Dominion", "Procrastination On The Empty Vessel").
Pas si paradoxal que çà pour une formation qui pratique ces unions depuis toujours, surboostées par un dynamisme punk qui n'aura quitté le groupe que durant peu de temps. Une urgence mêlée à une colère bien palpable ne serait-ce que dans le traitement onfire du chant de Barney qui attise les flammes, met les chairs à vif et repousse tout désir de consensus ("Strongarm", "Diktat", "Work to Rule"). 
 
Rien de nouveau sous la grisaille de Birmingham, finalement. Et c'est tant mieux. Si le soleil ne devait percer qu'un seule fois, il serait peut-être temps pour Napalm Death de raccrocher. Que demeure la tourmente donc...

Tracklist : 1. Strong Arm*; 2. Diktat*; 3. Work To Rule; 4. On The Brink Of Extinction*; 5. Time Waits For No Slave*; 6. Life And Limb; 7. Downbeat Clique; 8. Fallacy Dominion; 9. Passive Tense; 10. Larceny Of The Heart; 11. Procrastination On The Empty Vessel; 12. Feeling Redundant; 13. A No-Sided Argument; 14. De-Evolution Ad Nauseum

A écouter : Life and Limb, On the Brink of Extinction, Procrastination On The Empty Vessel