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Biographie

Mutilator

Mutilator est un groupe de Thrash Metal à tendance Black Metal né en 1985 à Belo Horizonte, Brésil. Si la carrière de la formation n'est pas très étendue, les Sud-Américains sont tout de même à ranger parmi les grandes influences de la première vague Black Metal, développant un son proche des premières sorties de Sodom, Kreator ou de leurs compatriotes Sepultura.
Deux démos paraissent en 1986 ainsi qu'une apparition sur un split en compagnie de Chakal, Holocausto, et Sarcofago. Sorti chez Congumelo Records, l'album est la première des trois sorties du groupe sur ce label. Les deux LP Immortal Force et Into The Strange y paraissent respectivement en 1987 et 1988. La dernière production du groupe voit un changement de line-up qui sera de courte durée, les Brésiliens ayant splitté peu de temps après sa sortie.

Chronique

Warfare Noise I ( 1986 )

Il se passait clairement quelque chose en Amérique du Sud en milieu/fin des années 80. Dans ce coin de la planète, les premiers Slayer et Venom n'étaient pas tombés dans l'oreille d'un sourd, laissant dans leur sillage quelques farouches formations débordant de cuir, de clous et de passion. La plus iconique d'entre elles ? Sepultura bien entendu, mais n'oublions pas que bien d'autres énergumènes sous l'égide de Congumelo Records ont eux aussi fait cracher leurs amplis bon marché  sur le sol Brésilien. 

MutilatorChakal, SarcofagoHolocausto. Certains de ces noms ne vous disent peut-être pas grand chose, et pourtant Dieu sait que ce split a dû tourner et faire parler de lui dans les milieux autorisés en son temps. Paru en 1986, soit la même année que (au hasard) Reign In Blood, Master Of Puppets, Pleasure To Kill, Warfare Noise I n'a pas encore ou digère tout juste l'influence d'un paquet d'albums qui feront date dans le Thrash. 
Mais les classiques sus-cités font presque figure de productions trop proprettes comparés à la collaboration de nos quatre hordes sauvages. Causons Thrash donc, mais de celui qui se fout de la précision chirurgicale, le Thrash bâtard sali par la première vague de Black de Bathory, le Punk et lorgnant parfois vers les premiers balbutiements du Death. Une sorte de Crossover de l'extrême où les rythmes bancals sont de la partie mais transpirent d'authenticité. Il suffit de lancer Cursed Cross pour goûter immédiatement à l'aura poisseuse qui nous attend sur ce disque avec ce son de gratte rafistolée au scotch lâché sur une batterie-casserole à la limite du contretemps. Chakal comme ses congénères laisse de côté la virtuosité et les compos à tiroir pour des rendus plus rentre-dedans, habillés par un son digne d'une démo. Côté voix on se la joue bestial, pas question de sonner comme Megadeth ou MetallicaChakal opte pour des cris arrachés pas bien loin de ceux de Quorton sur les premiers Bathory

Lorsque vient son tour, Mutilator lance plutôt des aboiements rauques évoquant le chant gras d'Autopsy avec un Believers Of Hell bête et méchant : un riff principal de quatre powerchords groovy, matraquage en règle de la caisse claire, break, solo et fin de l'histoire. Nuclear Holocaust ne fait pas preuve de plus de finesse, assimilant la vitesse du Thrash et les guitares quasi-continues du Black, de quoi donner quelques idées à Darkthrone pour leur A Blaze In The Northern Sky
Side B. Des cris d'agonie dans l'écho, charmant accueil de la part de Sarcofago qui remporte sans doute la palme de la méchanceté et de l'intransigeance avec un Satanas d'à peine deux minutes aux râles caverneux et à l'instru plus contaminée que les autres par les tropes du Black voire du War Metal. Quatrième cavalier de l'Apocalypse, Holocausto finira de nous achever avec la prestation la plus technique du split, Destruiçao Nuclear. Ici c'est un Thrash growlé qui prédomine, se payant le luxe de déballer des titres où s'enchaînent plusieurs mouvements et breaks, sans tomber dans l'étalage de technicité non plus.
30 minutes, quatre groupes, un seul mot d'ordre : l'extrême.

Warfare Noise I est rétrospectivement un split repoussant au son cradingue et aux performances parfois simplistes, et c'est justement ce qui fait tout son charme. Par leur fougue sans borne, nos quatre bandes de balladins des Enfers ont tous joué un rôle dans la fureur de Blasphemy ou Archgoat, dans le jusqu'au boutisme du Deathcrush de Mayhem ou dans le premier changement de cap de Darkthrone. L'Amérique Latine n'appartient pas qu'aux frères Cavalera, elle est aussi ce chaînon manquant entre le succès du Big Four Américain et les hymnes glacés et blasphématoires des Scandinaves. 

A écouter : Satanas, Cursed Cross, Destruçao Nuclear