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Biographie

Mute

Étienne Picard: Chant/Batterie
Jean-Philippe Picard: Chant/Basse
Alex Picard: Guitare
Marc-Anthony Picard: Guitare

"A fast, melodic and technical punk rock". C’est la description que fait Mute de sa propre musique et c’est bien celle qui convient. Formé à Québec City il y a de cela dix ans, sous l’influence des Craig’s Brother, Satanic Surfers et autre Lagwagon, le groupe joue d’abord des "covers" avant de se lancer dans son propre travail de composition, ce qui débouche sur une démo (2000) et un Ep (2001). Mais le véritable bond dans la carrière du quatuor se passe en 2003 avec l’enregistrement de son premier album Sleepers. Le combo partage alors la scène avec Ten Foot Pole, Much The Same, Rise Against, Belvedere et se fait un nom. Une fois la réédition du premier Ep Blueprints achevé, Mute entame alors sa révolution avec l’enregistrement de The Raven en 2008 qui le consacre comme un des groupes canadiens actuels les plus en vue.
La France aura bientôt la possibilité de le constater puisque l’hexagone a la chance de les accueillir pour plusieurs dates en avril.

Chroniques

Thunderblast The Raven
14 / 20
5 commentaires (17.1/20).
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Thunderblast ( 2011 )

En 2008, Mute avait fait une rentrée fracassante dans le pavillon Metalorgie et Raven avait remporté une belle majorité de suffrages. 3 ans plus tard et Effervescence Records en soutien, les canadiens réinvestissent les lieux.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne font pas les timides. L’artwork, l’intitulé ; tout dans ce nouvel opus reprend l’énergie foudroyante de Raven. L’électricité punk est à nouveau consacrée ; avec ses fourmis au bout des doigts, sa tension dans la frappe des baguettes et ses voltes dans la voix d’Etienne. "Bates Motel", "Wolf’s Den", "Nevermore", "Strangers Back Again", "Fastlane". Le temps n’est pas au doute. Les étoiles skatecore clignotent de partout : tempo ultra fast, chœurs vifs, technicité. Encore et toujours entre Belvedere et Craig’s Brother. Encore et toujours dans une architecture calibrée pour la scène et pour le transport d’émotions raw.

Contrairement à son titre, Thunderblast n’est pourtant pas un coup de foudre. Il faut dire que les canadiens avancent sur un champ très rabattu, sur une terre qui en a vu d’autres, et le vieil amateur de punk qui a plus de dix ans d’écoute dans les tympans ne manquera pas de pointer une certaine convenance dans le propos. C’est assez vrai au premier abord. Ca l’est moins si l’on s’attarde sur le travail de chaque composition. Par leurs durées ("Shadow of a doubt"), leurs agencements ou leurs arrangements, ces 11 tracks font preuve d’un désir créatif qui dépasse le simple "on envoie du bois". En atteste, les ajouts des solis un peu partout ("Bates Motel", "Wolf’s Den", "Nevermore"), le featuring d’Amélie No sur "Homesick&Tired", les embardées métalissantes à la Strung Out ("Nevermore") et mille autres détails qui méritent d'être souligner. Au final, Thunderblast est donc moins tubesque et immédiat que Raven, mais c’est probablement du fait qu’il marque une volonté de ne jamais être trop léger. L’époque est sombre. Et le punk est là pour le rappeler. "We are born and raised victims of the machine age. We live a life of comfortable lies".

En écoute ici et en achat sur le site d'Effervescence Records.
A noter également qu'un titre - "Auto Slf-Dstrct" - est un bonus track exclusivement réservé pour l'Europe et qu'une autre surprise attend ceux qui achèteront le disque.

A écouter : "Strangers back again", "Fastlane"
16 / 20
1 commentaire (17/20).
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The Raven ( 2008 )

Bien sûr, il y a du Belvedere chez Mute, dans ces torsions de cordes si singulières, dans cette voix au grain ardent et ces fins de phrases tenues par un chant prolongé. Bien sûr, il y a dans ces poings levés qu’accompagnent les chœurs scandés aux refrains quelque chose d’aussi traditionnel que la question de la survie du punk. Whatever. The Raven repositionne le "canadian sound" dans l’arène, à son meilleur - De Montréal à Vancouver –, sur un up-tempo à la traçabilité punk indubitable. Pas besoin de recherche ADN, Mute affiche sa famille et ses racines dès sa prise de micro ("Apocalypse Soon"), dans un entremêlement de genres talentueux qui balaye un panorama musico-photographique allant de Satanic Surfers à Craig’s Brother.

La force de The Raven, c’est de ne jamais faiblir, de ne jamais s’appesantir, de toujours trouver le changement rythmique ou l’apport audacieux qui marque et convainc. Grâce à une technique impressionnante – soli, tapping, arpèges –  mais qui ne verse jamais dans la démonstration ("Coming Back", "The Edge", "Gass Bones"), Mute déploie ainsi ses morceaux sous la bienveillance d’une basse chaude et d’un couple de guitares loquace, dans une exécution rapide, habile qui trouve quelque chose de différent à dire à chaque renouvellement de pistes. Le creuset fondu, le quatuor n’a plus qu’à y répandre ses traînés de tubes semblables à Much The Same - "Lost and Found", "Burning wreck", "Fading out" -. Mute fait tomber la foudre sur les fûts. It’s punk rock, it's electric.

Dans la lignée des dernières sorties de Asado ou This Is A Standoff, Mute accroche le peloton de tête des formations du genre, en mêlant punk rock mélo et accents skatecore. Comme quelque chose qui relève de l’envie, de la vie. Un album à ne pas manquer.
There’s no more compromise.

En écoute sur MS.

A écouter : comme on coute la foudre tomber