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Biographie

Muse

Trio originaire du Devon en Angleterre, Muse s’est rapidement imposé comme une des valeurs sûres du rock anglais actuel.

 C’est en janvier 1996, sur les bancs de l’école, que Matthew Bellamy (Chanteur/Guitariste/Pianiste), Dominic Howard (Batteur) et Christopher Wolstenholme (Bassiste) forment le groupe (nommé tout d’abord Rocket Baby Dolls).Ils sortent sous un petit label anglais (Dangerous Records) leur premier EP Muse en Mars 1998, suivi en Janvier 1999 de Muscle Museum EP. Le groupe attire ainsi l’attention de Dennis Smith (propriétaire des studios Sawmills  en Cornouailles), qui va s’associer avec le producteur Safta Jaffrey pour créer spécialement pour Muse une maison de production : Taste Media. Les évènements s’enchaînent alors rapidement, Muse décroche plusieurs contrats à travers le monde (Naïve en France, Motor en Allemagne, Mushroom en Angleterre, Maverick aux Etats-Unis, ...) et enregistre ce qui sera leur premier album : Showbiz (produit par John Leckie, qui a notamment travailler sur The Bends de Radiohead). Ce dernier sortira le 7 septembre 1999 en France, et le 4 octobre 1999 dans le reste du monde (ce privilège s’explique par le fait que nous, français, avons été le premier pays à les accueillir plus que chaleureusement ; ils garderont par la suite une affection toute particulière pour notre pays).

 L’engrenage est en marche, plus rien ne peut stopper le phénomène Muse. Le succès est immédiat, les critiques se jettent sur ces trois anglais âgés d’à peine 20 ans en moyenne, les comparant déjà aux grands tels que Jeff Buckley, Radiohead ou autre Nirvana. Le groupe entame alors une énorme tournée (environ 200 concerts) où ils feront la première partie des Red Hot Chili Peppers, Pavement, Skunk Anansie, Foo Fighters ou Bush.
 Ce marathon se terminera à la fin de l’été 2000, et c’est à la mi-septembre que le groupe entre en studio pour commencer l’enregistrement de leur second opus avec le producteur Dave Botrill (Tool, deUS, ...). Il n’en ressortira finalement que 4 titres : New Born, Plug In Baby, Bliss et Darkshines (ce dernier ayant du partir pour cause d’obligations avec Tool). Muse repartent donc en tournée jusqu’en fin novembre, et après une courte pause, reprennent l’enregistrement de l’album avec John Leckie en janvier 2001. Parsemé de quelques dates par-ci par-là, l’enregistrement prend fin en avril, mois à partir duquel Muse va débuter une tournée européenne qui commence par 5 dates en Angleterre avec les Cooper Temple Clause, puis l’Europe avec en première partie JJ72. Pas le temps de s’arrêter, ils commencent début mai une tournée européenne avec Feeder, et finiront leur tournée promotionnelle en Angleterre. Enfin, le 18 juin 2001 sort leur deuxième album : Origin Of Symmetry.

 Le succès est toujours au rendez-vous : la critique est unanime, les fans sont comblés. Muse concrétise son rêve.
Après les festivals d’été commence alors une nouvelle tournée pour le groupe à partir d’octobre 2001, et qui prendra fin début décembre. Durant celle-ci seront enregistrées les deux dates parisienne du 28 et 29 octobre, qui formeront plus tard le dvd/cd Hullabaloo. C’est d’ailleurs pour ce dernier que Muse se retireront en studio de mixage jusqu’en février 2002, expliquant qu’ils voulaient être directement impliqués dans la conception du dvd (son, image, différents angles de vus, ...). Le dvd sortira le 1er juillet 2002.

Le 5 avril 2002, Muse (re)commence une tournée européenne, mais cette fois-ci avec qu’une seule date par pays (Eurockéennes 2002 pour la France), qui se clôture le 24 août 2002 au Reading Festival.

 Après quelques semaines de repos, ils repartent en studio avec Rich Costey (Rage Against The Machine, Franz Ferdinand, The Mars Volta, Bloc Party, Fiona Apple, ...), cette fois-ci pour une longue période : c’est silence radio jusqu’au 14 juillet 2003, date à partir de laquelle est mis à disposition en téléchargement payant le premier extrait de leur nouvel album : Stockholm Syndrome. À partir de là, le groupe n’aura aucun répit : 6 concerts privés et gratuits à travers l’Europe pour la promotion de l’album (dont Le Trabendo en France) en septembre, sortie de leur second single Time Is Running Out qui les fera littéralement exploser dans les charts, tout ceci avant la sortie de leur troisième opus le 22 septembre 2004 : Absolution. Le groupe acquiert une notoriété énormissime, notoriété qui sera confirmée avec une tournée qui durera plus d’un an : Tournée Absolution 2003 (terminé en décembre 2003) avec Cave in ou Elbow en première partie, tournée en Australie en janvier 2004 pour le Big Day Out Festival, au Japon en février 2004, tournée européenne (on pourrait même dire française) en mars 2004 avec Future King Of Spain en première partie , tournée aux Etats-Unis en avril/mai 2004 pour la promo de l’album, début des festivals en juin 2004, le Curiosa Tour de The Cure, avec The Strokes et Thursday notamment en juillet/août 2004 (avec des dates de festivals un peu partout en Europe), réédition d’Absolution pour l’Australie, retour en Australie en septembre, puis aux Etats-Unis jusqu’en décembre (avec Secret Machines, The Evening, The Zutons ou The Exit en première partie), et enfin les deux dates ultimes de la gigantesque tournée Absolution : les 19 et 20 décembre 2004 à Earl’s Court en Angleterre (avec The Zutons, Soulwax et Secret Machines en première partie).

En 2005, nouveaux projets se profilent : Muse font une mini-tournée aux Etats-Unis dans le MTV-U Campus Invasion Tour, et participe au Live 8 à Paris. Ils commenceront à partir de l'été la conception de leur quatrième opus en compagnie une fois de plus de Rich Costey, album qui prendra forme entre le studio Miraval dans le sud de la France, New-York et Milan. Pour faire patienter les fans, un dvd, Absolution Tour, sort en décembre, et retrace l'énorme tournée qu'ils ont effectué ces deux dernières années.

2006 marque le grand retour du groupe, qui se fera d'abord par l'annonce simultanée de leur quatrième album, Black Holes And Revelations, prévu pour le 3 juillet 2006 (en France), et du premier single pour l'Europe, Supermassive Black Hole, dans les bacs le 12 juin (celui des Etats-Unis, étant Knights Of Cydonia); et enfin par leur première apparition live depuis plus d'un an, dans le cadre du Radio 1 Big Weekend Festival.

10 / 20
50 commentaires (10.42/20).
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The Resistance ( 2009 )

On avait laissé Muse à son apogée artistique, sur un Black Holes and Revelations aussi majestueux que répulsif, ayant ouvert les portes de l’ultra-gloire au trio devenu la machine à fric numéro un du rock (plus vraiment) indé anglais avec une âme offrant encore plus qu’un simple semblant. The Resistance exploite cette renommée, et débauche des moyens indécents pour plaire au plus grand nombre en pervertissant la musique de Muse en une mascarade douceâtre aussi plate que docile pour viser le maximum d’unités de millions de disques écoulés. Ce cinquième disque lisse un propos qui avait jusqu’ici sa fougue intacte en aseptisant jusqu’à ses influences les plus originales en visées populistes et compositions bien cadrées pour ne plus faire peur par leur arrogance bel et bien perdue.

Et là est tout le problème de Muse. Sans son dédain devenu au cours du temps prétentieux à en gerber, mais ayant permis les plus belles folies emphatiques, le groupe n’est plus qu’un amuseur de foules, un numéro de cirque traditionnel sans la moindre inventivité, populiste et simple, n’ayant d’une résistance que le nom. Et sur The Resistance la vérité explose totalement a la face du monde, Matthew Bellamy n’a finalement jamais que composé de manière simple, et créé des mélodies toujours faciles. Il y insufflait juste suffisamment de mégalomanie et de folie pour les sublimer et faire de la musique de muse un art palpitant et touche au coeur. Et après un sommet megalo avec Black Holes and Revelations, The Resistance n'a plus rien de tout cela, ayant perdu gros au change et encore simplifié le reste, les mélodies survitaminées allant jusqu’au metal (Unnatural Selection) écourtées pour ne pas faire peur, les lignes de chants en majeur tonal sans la moindre verve, les douceurs flatteuses et déjà vues bien plus complexes auparavant qui ne surprennent pas, et le disque entier s’en retrouve être un supplice de médiocrité, livrant un propos creux sans risque, des simulacres de facéties allant chercher vainement des influences plus ou moins lointaines et nouvelles, arabisantes ou grunges, néoclassiques ou dance, jusqu'a la fameuse symphonie, mascarade incongrue démontrant que la megalomanie de Bellamy a perdu sa verve fougueuse pour ne laisser qu' une absence de peur du ridicule. Et bien que les morceaux de cette fameuse symphonie soient les plus intéressants de the resistance, car utilisant une construction progressive, ne vous y trompez pas ils n’échappent pas à la niaiserie ambiante du propos de The Resistance et participent un peu plus à cette flagornerie populiste qui envoûtera les millions d’heureux possesseurs de l’œuvre qui se verront déjà pour la plupart en grands amateurs (indirects) de musique classique à travers des pièces pourtant seulement vaguement hollywoodiennes qui auront probablement leur place dans je ne sais quelles superproductions aux scenari recyclés pour vieux enfants et jeunes adultes en mal de subversivité lissée pour ne pas trop sortir du moule.

Bref, inutile de s’attarder sur The Resistance, Muse avait stagné avec Absolution, explosé avec son successeur, mais tout espoir semble perdu quant à un apport substantiel supplémentaire avec ce nouvel album tant il semble être allé loin dans le formatage de son art, qui bien que toujours simple, avait su trouver sa singularité et une patte unique. Le chemin, désormais, on le connait, Muse va quelques temps plus ou moins longs tenter de ne pas perdre son statut, lasser au cours du temps, se remettre en question tôt ou tard, perdre une pléïade de fans peu enclins aux changements perturbateurs, tourner en rond, se mordre la queue, vivoter artistiquement de stade en stade, accumuler du pognon, et peut-être, à la rigueur, un jour, ayant perdu ses contraintes, retrouver un propos ambitieux. Adieu.

A écouter : A la fte au village.
18 / 20
74 commentaires (14.41/20).
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Black Holes And Revelations ( 2006 )

Après trois albums qui l’ont propulsé au sommet, Muse peut s’enorgueillir d’avoir, sinon révolutionné le monde de la pop, au minimum chamboulé le vivier anglais de ces 10 dernières années avec ses apports classico lyriques uniques, capables de toucher en n’importe qui une corde sensible. Après un très médiocre Absolution, malgré le succès plus que jamais au rendez-vous, que pouvait-il advenir du trio britannique, sachant qu’il ne pouvait continuer à exploiter son filon de manière éternelle ? Et bien la réponse est dans la question. Avec Black Holes and Revelations, Muse prouve enfin qu’il est un groupe capable d’évoluer intelligemment. Avec un pareil statut et un public aussi vaste, la formation avait juste à réaliser qu’elle se trouvait dans une situation suffisamment rare pour pouvoir se permettre à peu près tout et n’importe quoi, y compris un album en forme de coup de pied dans la fourmilière, hautain, mégalo et presque insultant pour les fans de la première heure.

Ce que Muse a construit, Muse le détruit. Black Holes and Revelations voit l’explosion et la mort d’une identité forte, d’une personnalité hyper cohérente mais qui avec le temps (et Absolution) était devenu un carcan pénible et limitatif. Ce quatrième album est une libération absolue de l’âme bouillonnante de Bellamy, un feu d’artifice d’idées éparses et incongrues. Tout ce qu’il contient relègue les créations passées du groupe, aussi mégalo fussent-elles, au rang d’essais bridés et inachevés. Ce disque est une frasque d’un niveau accru, une odyssée grandguignolesque qui flirte avec le ridicule sans s’en cacher. Dès Take A Bow, Black Holes and Revelations s’envole dans un crescendo dantesque, construit sur des mélopées galopantes, des orgues prétentieux, et aboutissant à un vacarme électronique wagnérien. Avec Supermassive Black Hole, le single qui avant même la sortie de l’album déclencha polémique, on se rend bien compte de l’étendue de la folie qui régit la nouvelle personnalité de Muse. On nage en plein délire décomplexé, où Bellamy joue comme jamais les castrats sur fond de rythmique dancefloor kitschouille, avec chœurs équivoques. L’impression se confirme sur ce début de disque avec un Map Of The Problématique qui se paie le luxe d’une référence inattendue et sublime à la dance des 90’s dans sa manifestation la plus ringarde. Et de persévérer dans ses mélodies faciles et accrocheuses, Bellamy persiste et signe avec des lignes de chant assurées et des parties de piano très Dream House rappelant évidemment un certain Robert Miles.
Black Holes and Revelations se poursuit sans construction réelle, changeant de cheval à chaque titre, du chachacha d’A Soldier’s Poem, jusqu’à City Of Delusion, chargée d’arrangements décousus puisant dans des influences néoclassiques baroques, le folklore mexicain ou encore cette fameuse dance 90’s, en passant par la cavalcade rock’n’roll fracassante d’Assassin ou Hoodoo, ballade grandiloquente peu crédible.

Tout s’enchaîne follement avec une prétention sans pareille, et chaque titre se révèle tellement efficace, bien produit et travaillé qu’il reste, malgré l’incohérence certaine du disque, un plaisir presque immature, la simple manifestation de notre esprit à vibrer sur des mélodies et des arrangements magnifiques, peu importe le contexte d’où ils puissent sortir. C’est bien cela la force de Black Holes and Revelations, car à faire des références à tout va et des mélanges improbables, Muse trouve des émotions inattendues et ne conserve que l’essence d’une musique qui se veut efficace, en étant suffisamment hautain pour s’assurer une personnalité hors du commun. En témoigne le fabuleux dernier titre du disque, Knights Of Cydonia, qui sous sa forme d’hommage aux séries B des années 60 et au Desert Rock, sert un final rock’n’roll prodigieux, mélangeant un riff stoner charnu à une superposition magistrale de pistes de chant lyrique, et simulacre d’harmonica.

Si l’on connaissait un certain penchant de Bellamy et ses comparses pour la mégalomanie et la grandiloquence, Black Holes and Revelations va au-delà de tout ce que l’on aurait pu imaginer. Muse est fou, profite de son succès et se permet bien des choses, que l’on jugera ridicules, géniales, déraisonnées, incongrues ou astucieuses. Plus encore qu’auparavant, le groupe se positionne à l’avant-garde de la pop moderne, en lâchant une énergie qui symbolise ce qu’est la rock star moderne, celle qui est déconnectée des réalités, dans un succès étourdissant, où excès et démesures sont banalités affligeantes. Black Holes and Revelations atteint juste cette dimension comme rarement cela avait été le cas, et quel plaisir de pouvoir en profiter !

A écouter : Encore et encore.
14.5 / 20
40 commentaires (15.93/20).
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Absolution ( 2003 )

Après plus d'un an de silence, c'est en 2003 que le power trio le plus en vogue du moment sortent leur troisième opus. Un album très attendu, surtout aux vues de leur second, véritable succès et coup de génie.
Nommé Absolution, le nom de l'objet est encore une fois évocateur de la portée symbolique de leur album. Muse auraient-ils quelques pêchés à se faire pardonner ? C'est ce que nous allons tenter de comprendre.

Souvenez vous, Megalomania, chanson qui sonnait le glas d'une fin salvatrice, nous avait laissé continuer notre avancée militaire vers les portes du jugement dernier, devant l'Absolution.
C'est sur cette marche que commence notre troisième épopée, qui nous laisse tout d'abord découvrir un paysage apocalyptique, des voix de toutes parts abreuvant nos oreilles d'un message mortuaire accompagnées d'un piano tortueux et torturé.
Oui, dès la première chanson,Muse nous emmène sur la route agonisante de leur monde, laissant croître l'idée que la fin du monde est proche, et que rie, sinon un miracle, ne pourra nous sauver (Apocalypse Please).
Entre désespoir, rédemption, regrets et promesses, Muse nous délivrent des chansons qui, malgré les années, sont toujours aussi noires (Apocalypse Please, Ruled By Secrecy), explorant les côtés les plus sombres et malsains de l'humain (Stockholm Syndrome, Hysteria, Time Is Running Out), mettant à nu la fragilité pathétique de notre être. Ce qui n'empèche pas le groupe d'aborder des thèmes plus universels (quoi de mieux que la fin du monde ?) et essayant (et je dis bien "essayer") de redonner un semblant d'espoir en un monde devasté (Butterflies & Hurricanes).

Cette overdose d'angoisse est servi par une orchestration hors pair : un piano ubiquiste, un orchestre symphonique (Butterflies & Hurricanes, Blackout), une basse plus puissante que jamais (Time Is Running Out, Hysteria), des guitares heavy like (Stockholm Syndrome, Thoughts Of A Dying Atheist, The Small Print) et un batteur au meilleur de sa forme, le tout enveloppé de nappes électroniques qui prennent du galons comparé à leurs timides apparitions dans Origin Of Symmetry.
Plus largement, le groupe semble douer ses chansons d'une envie d'exploser en leur fin, de pousser à leur paroxysme le fond de leur composition et d'exposer insolamment le contenu de leur âme.
Muse n'hésite plus à aller au confin de leurs idées musicales, étudiant les capacités sonores de tout ce qui les entoure, d'un claquement de doigts (Time Is Running Out) au sample inversé d'un tambourin (Endlessly), en passant par l'amplification de la batterie en enregistrant dans une piscine; tout y passe, tout est décortiqué et réassemblé pour former le puzzle le plus parfait possible (ndlr : toutes ces démarches sont visibles sur le dvd présent dans la première édition du cd).

Et c'est peut-être là que le bas blesse. A trop vouloir être parfait et contenter tout le monde (ou leurs propres envies), Muse se perdent un peu entre exploration de nouveaux horizons (dont Falling Away With You en est la plus représentative), vestiges passé (The Small Print, Thoughts Of A Dying Atheist), envies classico-pompeuses (Butterflies & Hurricanes, Blackout), et finalement simplicité et ... sincérité (Endlessly, Ruled By Secrecy).

Pourtant, même en étant moins harmonique que son grand frère Origin Of Symmetry, Absolution réussit à être d'une cohérence déconcertante. À la fois calme et énervé, l'album est finalement le reflet de ce qui fait l'humain dans sa globalité.
Et c'est là que je me permets de revenir sur le titre de cet opus. Muse ne demandent pardon à personne, non. Cet album représente juste l'universalité de la rédemption de chacun, l'absolu de ce que renferme notre coeur, et finalement l'Absolution auprès de nous-même.

Résolument plus classique que ses prédécesseurs, Absolution, sans marquer un grand tournant dans carrière de Muse (ou sinon la reconnaissance internationale, Etats-Unis compris), affirme enfin la personnalité du groupe et ce qui fait son identité musicale dans son entièreté. Muse sont enfin devenus adultes, c'est l'album de la maturité.

A écouter : Apocalypse Please, Falling Away With you, Stockholm Syndrome, Hysteria, Butterflies & Hurricanes, Ruled By Secrecy
17 / 20
53 commentaires (17.6/20).
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Origin Of Symmetry ( 2001 )

Deux ans après leur premier opus, qui en a marqué plus d’un, les trois ptits gars du Devon (devenus grands entre temps) nous reviennent avec Origin Of Symmetry.
Fruit des heures interminables passées sur les routes pendant les tournées, l’opus aborde une nouvelle facette du groupe dont nous avions eu les prémices avec Showbiz. Un album dans la continuité donc ? Pas vraiment, car même si la fougue est toujours là, elle n’est plus candide : elle provoque, et/ou exaspère. L’heure de l’innocence est révolue, les Muse ont pris conscience de leur talent et compte bien en exploiter les moindres parcelles.

Et cela commence par le titre de l’album. Donné par Matthew Bellamy, il révèle, par delà son apparente complexité, la clé de compréhension de l’album : Monsieur Bellamy voulait pousser encore plus dans la conception de ses morceaux, et avait volonté de retranscrire musicalement des sentiments, et en particulier des émotions. L’origine de la symétrie quant à elle est une théorie scientifique selon laquelle la stabilité et l’ordre de l’univers seraient gouvernés par la précitée.
Le rapport entre les deux me direz vous ? Il arrive : en étendant cette théorie à la conception d’Origin Of Symmetry, on pourrait dire que la stabilité et l’ordre de l’album dépendent de la symétrie parfaite de la musique et des émotions.

Une nouvelle question s’impose alors : avons-nous droit à un « concept album » ? Et bien là non plus je ne serai pas aussi catégorique ; OOS est tout d’abord un album où nos sentiments les plus noirs et profonds sont décortiqués, disséqués et enfin exacerbés, à grand renfort d’effets (autant sur la voix que sur les instruments, notamment avec la nouvelle pédale (joujou) de Bellamy : la Fuzz Factory) et de samples, dans le but de reproduire un son live des plus convainquant (la prise de son ayant même été simultanée, et non individuelle comme sur Showbiz). Les guitares saturées, inspiration Rage Against The Machine, se partagent la star avec synthé (Bliss), piano époque Rachmaninov (Space Dementia) et orgue (Megalomania), le tout dirigé par une voix atteignant le paroxysme showbizien (Microcuts).

Cette assurance nouvellement gagnée rend le groupe audacieux : OOS n’est pas seulement un album rock, mais arbore différentes tenues à influence latine (Darkshines), teinté de bossa nova (Screenager) et même des touches jazzy avec une reprise de Nina Simone, Feeling Good.

Sans se perdre dans tout cet armadas de sons, OOS distille subtilement des concentrés d’émotions qui atteignent la perfection au cœur de l’album : Citizen Erased. Toute la grandiloquence de la folie, de la rage et du désespoir côtoie subtilement la caresse d’une infime espérance.

Mais ne nous méprenons pas, Origin Of Symmetry est un album résolument noir et apocalyptique, que ça soit par ses textes, dont certains sont assez déstabilisant (Space Dementia), ou sa musique, qui peut être aussi noire et lente que frénétique et rapide, à la limite de la folie (Plug In Baby, New Born, Bliss, Hyper Music), et ce malgré Feeling Good, volonté du groupe de donner un aspect plus « gaie » à l’album (c’est raté). Et ce n’est pas la touche finale de l’album, qui démontrera la chose : avec son rythme martial et sa magnifique orgue (et surtout son titre assez significatif), Megalomania nous fait entrevoir les portes célestes vers une certaine Absolution.

Ainsi, avant d’être le linceul des tortures psychiques de son principal créateur, Origin Of Symmetry est avant tout un recueil de sentiments, brutaux et brutalisés, retranscrit dans un bordel organisé des plus parfait.

A écouter : Tout du dbut la fin
15.5 / 20
24 commentaires (16.79/20).
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Showbiz ( 1999 )

C’est en 1999 que sort le premier album de trois inconnus venus tout droit d’un trou perdu de l’Angleterre. Ils s’appellent Muse, nom qui va de pair avec de la pochette de cet album, Showbiz, qui évoque un autre monde, hors du temps. Mais suivez plutôt la Muse, elle vous guidera tout au long de votre voyage showbizien.

Commençons tout d’abord par la présentation de notre destination. Showbiz. Quand on voit ce titre, on pense tout de suite au Show-business évidement, ce monde fait uniquement de producteurs et de gros sous. Il n’en est rien, l’album va au-delà de cette simple définition : Matthew Bellamy le décrit ainsi : « Le titre Showbiz fait référence au numéro qu’il faut jouer tous les jours, ce n’est pas tant le show-business en lui-même, c’est plutôt à propos de la vie courante, du fait qu’on se cache derrière la personnalité qu’on crée pour les autres. ». Alors, Showbiz, un album de faux-semblant ? Là aussi nous faisons fausse route, car cet album est un concentré d’émotion brut, mais tout en finesse. C’est le récit de la jeunesse, des expériences qui font mal, des expériences qui font du bien, de la nouveauté, de la notoriété ... bref, c’est l’entrée dans le monde adulte pour nos trois compères à peine sortis de l’adolescence. Mais je n’en dis pas plus, prenez place dans votre siège, nous allons partir.

Ça y est, le cd est lancé, nous commençons à décoller. Les chansons s’écoulent, toutes commençant doucement, presque timidement, et finissent par exploser à leur fin. Chacune d’elle nous fait ressentir un sentiment particulier, quelque chose qui nous prend aux tripes. Sunburn et son solo piano lancinant, son solo guitare, tel un cri qui essaie de déchirer le silence et la honte. Muscle Museum, avec sa voix torturée au possible. Fillip, chanson qui respire la fraîcheur, l’innocence du premier amour, la déception, puis le réveil, le passage à autre chose. Puis Falling Down. Sur des rythmes blues (on peut citer comme influence Ray Charles, Ry Cooder ou Rob Johnson), la voix de Matthew Bellamy se mèle à sa guitare, transpirant la sensibilité, la souffrance, et la révolte contre celle-ci.

Plus on avance dans notre voyage, plus le ciel s’obscurcit, notre cœur se serre, mais tout ceci dans une étrange cohésion, une logique déconcertante. Arrive Cave, un rejet total de l’amour, du contact humain, une musique de plus en plus torturée, mais n’est que l’introduction à l’apogée de l’album, la chanson éponyme : Showbiz. On entre enfin dans la zone de turbulence. Elle est sans nul doute la chanson la plus noire de cet opus. Douleur. L’envie de ne plus subir, voilà ce qui ressort de la chanson far de l’album qui va en crescendo, qui frappe par l’état brut de ses ressentiments. Des tambours qui sonnent le glas de la fin (ou peut-être du renouveau ?), une basse qui se marie parfaitement à ce compte à rebours, et une voix. Une guitare. Un tout. Un tout qui impressionne : Matthew Bellamy et sa guitare se donnent tour à tour parole, tout en évoluant ensemble vers l’apothéose de cette fresque apocalyptique : une guitare qui crie à l’aide et au désespoir, et une voix qui exprime sa souffrance et qui cherche à tout prix à contrer son mal-être. 

Et puis on sort enfin de la zone de turbulence, on attaque la deuxième partie du voyage. Unintended. La chanson idéale pour séduire son prochain ... ou pour pleurer son amour. Au choix. Une chanson mélancolique au possible, qui a fait pleurer maintes fois les plus sensibles. Elle laissera rapidement place à la guitare saturée d’Uno, chanson au rythme tango dans la veine de Cave puisque évoquant un thème similaire. Vient ensuite Sober, sûrement une des chansons les plus « gaie » de l’album, mais qui tourne toujours autour des mêmes thèmes que les autres chansons. Elle est suivie d’Escape, une chanson qui traduit la dualité, autant par les paroles que par la musique. On finit par Overdue, le petit point noir de cette album, sympathique en somme, mais qui a tendance à lasser.

Notre voyage est bientôt terminé, on entame la descente avec Hate This And I’ll Love You, chanson qui pourrait résumer à elle seule l’album. Un début timide, une voix murmurée, qui effleure votre oreille. Et puis le reste des instruments entre peu à peu en scène, une ascension, encore une ... " ‘cause I was born to destroy you ... but I am gowing by the hour ... "des paroles portées par une musique toujours plus forte, une voix qui gagne en intensité … "And I’m getting strong in every way" ... voilà la conclusion de l’album ... après avoir souffert, s’être demander pourquoi, s’être révolter, on décide d’être fort, tout simplement ... .

Oh, vous entendez ces grillons ? Nous sommes déjà arrivés. Le voyage aura duré du lever de soleil à la nuit paisible ... en temps Showbizien s’il vous plait. Ah, au fait, bienvenu sur la planète Muse.

Non, vous n’avez pas assisté à un revival de Jeff Buckley. Non, Muse n’est pas un ersatz de Radiohead. Muse, c’est tout simplement Muse, avec certes des influences indéniables (après tout, on ne peut pas en vouloir à Matthew Bellamy d’avoir des cordes vocales similaires à Jeff Buckley), mais avec une touche qui leur est propre, une sensibilité à fleur de peau qui émeut même les plus tenaces.

A écouter : Sunburn, Muscle Museum, Cave, Showbiz, Uno, Hate This And I