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Biographie

Mudbath

Mudbath s'est formé miraculeusement à Avignon en 2011 autour de membres d'une association étudiante, dans le but clair de faire du gros son bien heavy. Mika et Flo aux guitares, Felix au chant, Marco à la basse, Ronnie (Angellore) puis Luke à la batterie donnent quelques concerts, notamment en compagnie de Verdun et Birds In Row. Ils enregistrent en 2012 une démo, Red Desert Orgy avant de partir sur les routes pour une quinzaine de dates. En janvier, 2013, Felix quitte le groupe pour poursuivre ses études à l'étranger.
Rapidement, Mudbath se remet sur les rails et enregistre son premier album, Corrado Zeller, qu'il sort en 2015 chez Lost Pilgrims Records.

Corrado Zeller ( 2015 )

Les combos de Doom / Sludge s’épanouissent en ce moment, des récents Rorcal à Thou, en passant par les multiples sorties de The Body. Dans nos contrées, Mudbath s’essaie aussi après un Red Desert Orgy des plus prometteurs : 37 minutes pour trois titres, nul doute que le groupe continue dans sa lancée de marathon sonore aux cordes grasses et enfumées.
Après quelques secondes d’introduction légèrement bruitistes, il est aisé de reconnaitre que Mudbath n’a pas changé sa manière d’aborder la musique. Riffs lourds, notes tenues sur la longueur (sans aller dans l’extrémisme du Drone) et une batterie avançant péniblement, annonçant le chant criard et malmené. L’assemblage donne un mix entre Doom, Sludge et quelques relents de Postcore qui martèlent et piétinent avec la voracité de The Body. « Thus I saw the destructive voracity of an obsessive ritual » lâche en onze minutes les prémices de « Salmonella », véritable hymne mêlant Electric Wizard ou Neurosis, parsemé de relents malsains aux environs de onze minutes.

Loin d’être un fourre-tout, Corralo Zeller mêle avec justesse les ambiances et sonorités, s’efforçant à faire durer les nappes sonores sans aller jusqu’à ne devenir qu’une vague trop peu nuancée. Pour autant, les envolées un brin mystiques qui viennent s’incorporer sur l’ensemble mais manquent toutefois d’un peu d’enfumage pour en augmenter l’effet (même si le rapprochement avec Electric Wizard aurait été encore plus audible).
Soyons honnêtes, les trois compos sont de très bonne facture et les points sur lesquels il sera possible de lever un sourcil seront des détails mineurs (certains enchainements, le rendu des quelques envolées de cordes, …) et n’entacheront pas le rendu général de l’album.
Compromis intéressant entre plusieurs styles sans forcément faire preuve d’une témérité ou d’une arrogance déconcertante, Corralo Zeller remplit la checklist de ce qui fait mouche.

Corrado Zeller tient en haleine jusqu’à la dernière seconde, rappelant les aspects sonores sombres et malsains glanés çà et là, enrobant le tout avec quelques notes plus enfumées. Les fans d’Electric Wizard, Rorcal, Neurosis ou de tout autre groupe du même acabit seront ravis d’avoir de la nouveauté à se mettre dans l’oreille.

A écouter : Salmonella

Red Desert Orgy ( 2012 )

Curiosité stylistique : généralement, le chef d’œuvre d'un groupe de grind comporte une trentaine de chansons et dure 20 minutes. Là, nous avons la première démo d'un petit groupe de Sludge Doom qui comporte trois chansons pour la même durée. Deux façons différentes d'envoyer le bois, mais qui peuvent être aussi jouissives. Ce Red Desert Orgy ravira les amateurs de lenteur exacerbée et de lourdeur sans scrupule. Rien en dessous de six minutes dans cette démonstration d’un amour exhibé sans honte du trainage de riff dans la boue. Basse lourde et crasseuse, batterie qui claque avec hargne des roulements très typique du sludge comme on les aime. Mudbath a beau venir d’une petite ville du sud de la France, leur musique évoque tantôt des dédales urbains glauques et répugnants ou des marais sombres et poisseux, le chant de Félix, sec et criard, ne faisant absolument rien pour apporter un rayon de lumière, au contraire. Répétée comme un mantra, la mélodie vous endort sous son écrasant psychédélisme pour mieux vous laisser surprendre par des solis heavy et rock’n’roll as fuck qui sentent bon le Electric Wizard. Tout le long de ces trois titres, on oscille entre Doom enfumé et Sludge qui vous veut du mal. Mudbath est l'exemple vivant de l'exceptionnelle capacité et vivacité des artisans du heavy, répétant inlassablement les mêmes formules avec le même amour et la même passion pour produire des joyaux sonores. Si Red Desert Orgy ne mérite pas encore ce qualificatif, il a malgré tout déjà parcouru une bonne partie du chemin qui y mène. On vous conseille donc d'user et d'abuser de cette démo au lieu de faire tourner derechef vos disques de Bongzilla, et même d'aller les voir en live, le spectacle vaut largement les maigres euros versés.

A écouter : sans modération
Mudbath

Style : Sludge / Doom
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Origine : France
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