Sept ans, c’est le temps qu’il aura fallu à Monochrome pour parvenir à consolider son line-up, et ainsi sortir son second effort. Paru le 10 février dans l’Hexagone, Eclat aligne ainsi 12 titres dont l’écoute valait largement la peine d’attendre.
Trois titres sont d'ailleurs issus du MCD Tréma (2005), et reflètent à eux seuls un sens de la mélodie indéniable, et cette capacité qu'à Monochrome d'associer les genres; "Gegenstück" dévoile une pop-rock racée, disposant d'infimes interludes country, le tout faisant la part belle à l'alternance de chant masculin/féminin. Notons que sur cet album, Kathrin Hahner et Liza Von Billerbeck disposent toutes deux d'une demi-douzaine de titres où elles interviennent. Figurant parmi les trois morceaux en question, "Prim" témoigne également d'un talent de composition indéniable: piste instrumentale aux orchestrations trip-hop/post-rock/noise se fondant à merveille, et la batterie ne sachant plus où donner de la tête arrivée à terme. Les nouvelles compositions ne sont pas en reste, notamment "Souvenir of a Sentimental Non-Event", les deux lignes de guitares y embrassant arpèges électriques et rythmiques acoustiques, disposant ensuite des riffs efficaces à la manière d'Interpol. Un chant, en allemand s'il vous plait, y fait son apparition, et ne dénature en rien cette ritournelle. Le reste est du même acabit, que ce soit "Ecart (Les murs ont la Parole"), "Amuse Bouche", ou ce hit en puissance qu'est "Zweibruch", façon rock anglo-saxon.
Le seul point venant obscurcir ce tableau résulte de l'identité même du groupe, qui passe par cette alternance de chant féminin/masculin. En effet, ce procédé, lorsque trop équilibré, au même titre qu'une structure couplet/refrain/couplet/refrain, finit par en devenir bien trop prévisible. En revanche lorsque l'une des demoiselles prend le pouvoir ("Souvenir of a Sentimental Non-Event"), ou que les deux voix s’entrelacent ("Kosmodrom"), l'intérêt de l'auditeur s'en trouve relancé.
Enfin , de façon individuelle, le grain de Miss Kenichi (aka Kathrin), similaire à celui de Dido, marque davantage les pistes de son empreinte, contrairement à sa compatriote; quant à l'interprétation de Marc Calmbach, elle peut s'avérer un peu linéaire par moment, surtout lors de ces intonations proches d'un Franz Ferdinand que l’on rencotre sur le titre d'ouverture d'Eclat, alors que ses performances sur "Gegenstück" sont réellement poignantes.
Ne reste plus qu’à apprécier l’œuvre de Monochrome, en live pour certains (rappel des dates), et patienter jusqu’à une prochaine sortie. Une attente un peu moins longue cette fois serait appréciable, sauf si ces Allemands règlent leurs pas sur ceux du réalisateur Terrence Malick, en privilégiant la qualité à la quantité.
A écouter : Gegenstück; Souvenir of a Sentimental Non-Event; Amuse Bouche; Zweibruch