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Biographie

Mizmor

Originaire de Salem dans l'Oregon, Mizmor ("psaume" en hébreu) est un one-man band crée en 2012 par A.L.N. (Urzeit, HELL, ex-Sorceress). Bercé d'illusions par des croyances religieuses, ce dernier voit en Mizmor le moyen de pallier à une vive rancœur. C'est donc à travers un Blackened-Doom sombre et torturé qu' A.L.N. nous fait part d'un désenchantement existentiel. En 2012, cet "homme-orchestre" nous balance un premier album éponyme puis sort un EP (Untitled Winter) en 2013, tous deux auto-produits. Suit une série de trois split avec HELL et Mania en 2014 puis Dross en 2015. Un an plus tard parait Yodh, dernière création en date signée chez Gilead Media.

Chronique

16.5 / 20
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Yodh ( 2016 )

Depuis quelques années l'Oregon est devenu un vivier incontournable en matière de Black Metal. Parmi les nombreux groupes talentueux, Mizmor est le masque derrière lequel A.L.N. a décidé d'extérioriser ses tourments. Après seulement 4 ans d'activité, ce one-man band signe son deuxième opus chez Gilead Media ; un pavé que l'on n'est pas près d'oublier.

Issue d'une œuvre de l'artiste Polonais Zdzisław Beksiński, cette splendide pochette donne déjà un avant-goût quant à l'atmosphère générale de l'album. À l'image de ces deux figures fantasmagoriques la musique de Mizmor semble transie par l'angoisse. Avec une grande force expressive A.L.N. nous fait plonger dans son univers et précipite notre imagination au cœur de paysages sonores envoûtants. Dans un élan vertigineux, l'auditeur est progressivement acculé puis pris au piège dans ce déluge d'énergie. Même si les genres empruntés sont identifiables ils sont habilement fusionnés, si bien que l'on n'a plus affaire à des enchaînements de structures codifiées et distinctes mais à une sorte de narration en constante évolution. Entre un Black Metal impétueux et un Doom abyssal s'opère une alchimie où tout se suit dans une grande fluidité. Chaque morceau cherche un équilibre, s'engage dans une direction puis se perd, nous tenant en haleine jusqu'au prochain mouvement. Telles des variations affectives, les alternances rythmiques viennent nuancer le discours, produisant un réel dynamisme. Si les trémolos des guitares accentuent la détresse, les passages Doom temporisent l'écoute et donnent une dimension plus tragique au propos. Ponctuées par des hurlements de damnés, les harmonies se succèdent lentement apportant une profonde violence à cette élégie.

À la fois effrayant et fascinant, ce monolithe fait indéniablement partie de ces œuvres musicales qui marquent les esprits au fer rouge ou, du moins, dont on ne ressort pas indemne. Sans verser dans le sentimentalisme ou la mièvrerie, A.L.N. nous emporte avec ardeur dans ses afflictions, mêlant airs majestueux et lamentations déchirantes, théâtralité et abandon retenu.

A écouter : II. A Semblance Waning, V. Bask In The Lingering