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Biographie

Melechesh

Melechesh, formé des deux mots hébreux מלך (melech = roi) et אש (esh = feu) à prononcer Melerhesh ou Melekesh) est un groupe de Black Metal aux influences folkloriques moyen-orientales. Fondé en 1993 à Jérusalem par le charismatique leader Melechesh Ashmedi (Chant, Guitare, Sitar, Claviers, Percussions), le groupe développe un univers atypique axé sur des thématiques mésopotamiennes, sumériennes et occultes que se soit au niveau des paroles ou de la musique. Le musicien s'entoure de Moloch (Guitare, Saz, Bouzouki, Percussions, Chant) de Lord Curse (Batterie, Percussions), de Thamuz (Basse) et de Cimeries (Claviers) qui sortent une première démo en 1995 nommée As Jerusalem Burns ainsi que l'ep The Siege Of Lachish l'année suivante avec Uusur en remplacement de Thamuz alors que Ashmedi reprend les claviers suite au départ de Cimeries. Les autorités de Jérusalem commencent à s'intéresser au groupe et l'accusent d'activités occultes, notamment après un article d'un journal déformant certains faits, mais les poursuites finissent par être abandonnées. Melechesh poursuit son chemin et sort ainsi en trio l'album As Jerusalem Burns... Al'Intisar en 1996, mais des raisons personnelles et professionnelles obligent les membres du groupe à s'expatrier d'Israël.

Moloch arrive en France pour des études de philosophie politique, Ashmedi déménage aux Pays-Bas et Lord Curse reste un temps à Jérusalem pour finalement continuer des études d'Art aux Etats-Unis poussant le groupe à recruter un nouveau batteur, Proscriptor McGovern (Absu) ainsi que le bassiste Al Hazred. La formation a du mal à se remettre sur pied, mais finit par sortir deux albums en 2001 et 2003 chez Osmose Productions, Djinn et Sphynx, traitant de la mythologie mésopotamienne et sumérienne avec plus de profondeur que par le passé. En 2005 Xul remplace Proscriptor derrière les fûts. Sous ce nouveau line-up Melechesh sort Emissaries, chef d’œuvre du groupe, salué par la presse et les fans. Avec quatre albums à son actif, le groupe commence enfin à émerger et se fait de plus en plus remarquer du public grâce avec de chaleureuses prestations scéniques et une musique riche en couleurs. C'est ainsi que la formation signe chez Nuclear Blast Records pour la sortie de The Epigenies en 2010 qui reçoit également un bon accueil. 2013 est une année charnière pour Melechesh puisque le Xul et surtout Moloch présent depuis le début, quittent le groupe. Lord Curse revient pourtant derrière les fûts et Scorpios (AcherontasCrimson Moon) occupe le poste de bassiste. Néanmoins, Moloch, de plus en plus occupé par son travail de professeur d'université à Jérusalem, revient pour la composition d'un nouvel album, Enki, qui paraît en 2015, toujours chez Nuclear Blast Records.

Chroniques

Enki Emissaries
15 / 20
9 commentaires (15.83/20).
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Enki ( 2015 )

« Blessed watcher, orthodox father, Suzerain king of fates, maker of man
Prime of archetype, Living matter and form, Sage of the gods, Ea, Enki
 »

Le roi du feu, ou Melechesh en hébreu, reprend sa place sur le trône du Black/Thrash orientalisant cette année et y impose sa théocratie venue des légendes Sumériennes et Mésopotamiennes. L'artwork annonçait le retour flamboyant et grandiloquent d'Ashmedi et Moloch (désormais seuls survivants du line-up originel) et de leurs disciples.

Enki ne déroge pas à la règle des albums du groupe jusqu'alors : toujours versé dans une ambiance exotique et diablement prenante, ce méfait ne renouvelle pas drastiquement le style de la formation. Climat antique et occulte, où renaît un folklore des terres asséchées par un soleil de plomb, Melechesh se tient à la recette théâtrale et imagée qui lui est si chère. Prolongement de l’approche entamée avec les derniers efforts du groupe, ce nouveau cru prend la tangente par rapport à Sphynx par exemple, plus porté que jamais sur la musicalité et la couleur de ses notes. Celles-ci portent désormais l’essentiel des compos à l’instar des batteries destructrices d’antan ; alors que les relents de Black s’amenuisent, c’est un Thrash relativement mélodique et groovy qui prend le dessus. Pas de panique, le chanteur ne se risque pas à une voix claire hasardeuse et conserve une aura maléfique et puissante, secondé notamment par un certain Max Cavalera sur « Lost Tribes ». Mais Enki se vit au travers de riffs en tourbillons et tempêtes de sable, où les sonorités mineures et les slides sur le manche mènent la danse dans une optique, certes, plus lumineuse et calme que par le passé. Et la prod’ n’y est pas étrangère, car taillée dans la lourdeur, les basses pesantes et les coups fracassants. Un son assez typé « grosse machine » (besoin de vous rappeler que le groupe sort de l’écurie Nuclear Blast ?) mais qui sert plutôt bien ces nouveaux morceaux.

Le risque pour des groupes comme Melechesh, aux univers bien dessinés et presque sclérosants dans le processus de création, est bien évidemment de tourner en rond et de se cantonner à du vulgaire fan-service (imaginez Alestorm innover…difficile n’est-ce pas ?). Bien heureusement, Ashmedi et ses compères semblent encore en avoir sous le pied, décidés à coucher les sceptiques dès les monstrueuses premières secondes de « Tempest Temper Enlil Enraged », qui assène sans doute l’un des meilleurs riffs de l’album. « Metatron And Man » en est un concurrent direct, paré de ses tambourinages primitifs et ininterrompus, solide base derrière les fûts pour l’un des titres les plus hachés, tranchants, Thrash en somme. « The Pendulum Speaks » ou encore « The Palm, The Eye And Lapis Lazuli » se concentrent quant à eux essentiellement sur des tempos moins échevelés où l’on se surprendra plus à fermer les yeux et fantasmer notre vision de l’Orient si romancée. Par ailleurs, le groupe s’offre en dehors des approches frontales susmentionnées quelques ouvertures plus progressives : parmi elles ce « Enki-Divine Nature Awoken », moins accrocheur mais plus aéré que ses prédécesseurs, ou bien « The Outsiders » et sa lente ascension jusqu’au chaos final.

Hormis un intermède plus traditionnel mais sans grand intérêt (« Doorways To Irkala »), Melechesh propose une œuvre qui assoit cette nouvelle mue déjà entamée il y a quelques années, sans doute causée par de fréquents départs et arrivées dans le groupe. Efficace et exploitant plusieurs schémas possibles après plus de vingt ans, le porte-drapeau du Mesopotamian Metal semble encore avoir de beaux jours devant lui.

16 / 20
1 commentaire (18/20).
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Emissaries ( 2006 )

Si il y a bien un groupe qui se sera bougé le derrière pour agrandir le champs de vision du metal extrême ces dernières années, c’est bien Melechesh. Qui aurait cru que la mixture « musique traditionnelle moyen-orientale / black metal » aurait fait si bon ménage ? Une alchimie si savamment réussie ne pouvait sortir que des mains de maîtres, et pour cause, les trois essais proposés précédemment effleuraient à tel point le génie (de la lampe?) qu'on ne pouvait que saliver en attendant ce « Emissaries » !

Ça commence par un course poursuite dans le désert, pas de surprise quand à notre situation historique et géographique, le groupe nous plonge rapidement dans sa fameuse ambiance antique sumérienne/assyrienne en n’hésitant pas à exploiter des gammes arabisantes et des rythmes au pas rappelant le groove des percussions orientales. Le rendu peut aller jusqu'à se faire dansant, sans pour autant obscurcir le côté Metal des compos, car, il faut le dire, Melechesh reste résolument heavy et salvateur.
Xul reprenant vaillamment le flambeau de Poscriptor (fameux chanteur/cogneur chez Absu) nous fait valdinguer jusque dans la stratosphère à grands coups de baguettes. La moindre cassure, le moindre contre temps, le moindre blast beat, la moindre descente de toms et le moindre tempo genre « je te fais faire la danse du ventre sans que tu le veuilles » est senti et transpirant de technique, et l'aspect tribal maîtrisé est carrément jouissif. Une armada rythmique impitoyable donc, où la moindre frappe prend une place stratégique dans l’efficacité des compos.

Toujours dans l’optique de peaufiner son mesopotamian metal, le groupe a tenu à ajouter quelques épices afin de satisfaire un peu plus le fan d’ethno metal toujours à la découverte d’ambiances exotiques, sans pour autant délaisser le chevelu en mal de bourrasques thrashies. Le côté mélodique a donc été revu à la hausse, mais là encore, Melechesh reste complètement intègre en ne débordant jamais du côté pompeux ou synthétique, ça dégouline d’intelligence et d’imagination du début à la fin et le song writting ne lasse que très rarement malgré un registre qui, on ne peut pas le nier, tourne en rond.

L’expédition au soleil est ponctuée par des événements frissonnants comme l'apparition de choeurs prophétiques grandioses, grondant là où ça fait mal, amenant une grandeur certaine aux titres (ceux du tube qui ouvre l'album, « Rebirth of the Nemesis », sont monumentaux). On peut également signaler l’accalmie instrumentale au milieu de l'album, « The Scribes of Kur », hypnotisante et se posant là comme un doux siroco sur votre visage, thème qui serait très bien passé dans l'OST d'un Tomb Raider (mon passé geek me suivra toujours)!

Un bien joli tableau tout ça, mais sûrement perfectible encore, pas besoin de chercher la petite bête trop longtemps. Mentionnons tout d’abord la voix de notre prophète à l'oeil de sphinx, sonnant terriblement black metal, et ne brillant pas, hélas, d'une grande variation de timbres. A vrai dire, il n'a pas l'air de vouloir faire autre chose que du gargarisme de gargouille en rute, mais heureusement pour nous, ça colle vraiment bien!
Elément pouvant également lasser, on exploite un maximum la gamme mineure harmonique (une gamme qui sonne orientale quoi!), ce qui donne une vilaine impression de mélodies qui se répètent, mais bon, une fois encore, c'est le style qui veut ça. Attention aux coups de soleil quand même !

Après avoir exploré le désert et ses oasis, des structures templesques pharaoniques et la tour de Babel, on prend vite goût à tout ce mysticisme et cette grandeur que nous fait découvrir Ashmedi au fur et à mesure que son oeuvre avance. Compromis parfait entre orientalisme et metal, Melechesh nous prouve de nouveau qu’il est sûrement l’un des combos les plus crédibles, originaux et charismatiques du paysage metalistique actuel. Voyons voir maintenant si le récent deal avec Nuclear Blast les emmènera au sommet de la pyramide.

Le groupe sera sous la HardRock Tent du Hellfest 2009 le Vendredi 19 Juin. Ne loupez surtout pas ce voyage pour ces splendides contrées mésopotamiennes! Melechesh est un groupe en pleine ascension ayant encore beaucoup à prouver sur scène et croyez-en une expérience personnelle, vous ne risquez pas d’être déçu !

A écouter : dos de chameau