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Biographie

Mclusky

Mclusky est un trio originaire de Cardiff au Pays de Galles. C’est à l’origine la rencontre en 1998 entre Andy Falkous (guitare et chant) et Mat Harding (batterie) qui va donner naissance à Best dont l’existence sera très courte. Avec l’addition du troisième membre à la basse (John Chapple) en 1999, le désormais trio prend le nom de Mclusky. Leur but avoué est de tordre les idéaux originaux du punk. Rappelant à ses débuts des formations comme les Pixies ou Shellac, Mclusky va, en 6 ans d’existence et en trois albums, arriver à une composition très personnelle, remarquable par sa richesse sans cesse renouvelée. Le premier album du combo gallois "Mypainandsadnessismoresadandpainfulthanyours? sortira en 2000 sur le label Fuzzbox et les fera tout de suite remarquer au Royaume-Uni avec deux singles déjà ("Rice is nice"). Les trois musiciens enchaîneront avec le second opus "Mclusky do Dallas" en 2002 sur le label Too Pure, avec un nouveau batteur (Jack Egglestone remplaçant Mat Harding) et quelques singles supplémentaires en renfort ("Whoyouknow") puis, passent à la vitesse supérieure pour le troisième et magnifique recueil "The difference between me and you is that I’m not on fire", en rejoignant Steve Albini à Chicago pour l’enregistrement.

Malheureusement, ce troisième album restera le dernier effort du combo puisque John Chapple a décidé en ce tout début d’année 2005 de quitter le groupe, provoquant la séparation d’un groupe unique et qui n’aura sans doute pas eu le temps de tout dire…

Chronique

17 / 20
1 commentaire (17/20).
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The difference between me and you is that I'm not on fire ( 2004 )

Un trio enregistré par Steve Albini… Cela ne vous rappelle rien? Si ! Sauf que là nous nous situons pour l’occasion à Cardiff et que nous sommes en 2004. Et que le(s) responsable(s) de ce vent de fraîcheur s’appelle(nt) Mclusky, un personnage presque à lui tout seul donc. Avec un nouvel album au titre plein de recul : "The difference between me and you is that I’m not on fire". Et rempli de perles…

Les trios semblent toujours fourmiller d’idées. Ou alors peut-être est-ce qu’ils se concentrent sur l’essentiel? Toujours est-il que ce nouvel opus des écossais de Mclusky est bien plus que la confirmation d’un talent d’écriture déjà entrevu sur leurs deux premiers enregistrements ; Mclusky ou la mise en orbite d’un groupe littéralement affranchi de ses influences passées, ce style « Pixies » que l’on pouvait encore entendre sur "Mclusky Do Dallas". Tout en gardant la même fraîcheur. Chaque chanson est unique. Tellement que le singulier est trop réducteur pour conjuguer le style « Mclusky » et qu’il faut utiliser le pluriel pour être précis et pouvoir donc évoquer les styles "Mclusky". Chaque chanson apporte sa propre histoire. Mais les responsables restent les mêmes.
Les mélodies distillent des ambiances chaque fois différentes: humeur guillerette sur "Without msg I am nothing" avec la guitare portée par une basse vrombissante et la batterie décalée de Jack Egglestone ; easy-listening sur "She will only bring you happiness" ; destructuration sur tapis roulant de batterie, orchestrée par la basse et la guitare dans "Kkkitchens, what were you thinking?" ; chanson au coin du feu pour "Your children are waiting for you to die" ; et surtout la pièce majeure de l’album, "Slay!", avec cette petite partie musicale et chantante récurrente mais qui s’éteint à chaque fois tout doucement avant un réveil chaotique au maximum…
Tous les riffs composant cet album respirent par eux-mêmes. John Chapple sature sa basse quand la guitare se fait plus calme ("That man will not hang") et renforce ainsi l’assise de la rythmique. Le chant assuré par le guitariste Andrews Falkous se renouvelle à chaque changement de piste en passant par tous les états d’âme ("Falco vs. the young canoeist") et supporté par des chœurs au millimètre. Ici un synonyme de liberté. Les quelques arrangements gonflent la portée de la chanson (trompettes sur "Forget about him I’m mint") et portent donc leur nom pour le mieux. Les capacités des instruments semblent utilisées au maximum, ce qui améne le groupe à titiller avec brio les contrées de la noise ("1956 and all that" tout en retenue violente, "You should be ashamed, Seamus" à la profondeur blessante, "Support systems", magnifique d’intensité).

Alors quid de Mclusky? Tout simplement un des groupes les plus novateurs en Europe, avec une musique personnelle et à l’originalité paraissant inépuisable. Un rock, certes pour connaisseurs, mais qui mérite une bien plus grande écoute. Un album splendide à écouter en boucle. Le renouveau du rock noise, aussi. La perte de 2005, enfin…

A écouter : tr