Découverte
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Biographie

Mass Hysteria

Mass Hysteria, voilà un nom qui résonne encore dans la tête de tous ceux les ayant vu live. Groupe fusionnant les styles, Mass Hysteria a d’abord débuté en faisant du hardcore qui avec l’apport de sample s’est petit à petit transformé en une machine à faire trembler les salles obscures de France. Electro, Metal, Hardcore difficile à dire, d’autant plus qu’avec De Cercle en Cercle Mass a quelque peu brouillé les pistes en sortant un album tout en douceur après trois albums (dont un live) énergiques à souhait. S’il ne fallait que deux mots pour qualifier Mass Hysteria « énergie positive » serait certainement le bienvenue. Proche de son public le groupe tourne énormément et voit son line-up peu évoluer, en 2007 sort Une Somme de Détails, en 2009 Failles puis un 2012 L’armée des Ombres. L’accueil réservé à ces opus est à la hauteur des ambitions du combo qui plus que jamais puise son énergie sur les planches où ils défendent leurs albums. En 2015 Fred Duquesne rejoint les rangs de Mass Hysteria. L’aventure continue avec la sortie de Matière Noire chez Verycords, et évidemment une tournée dans la foulée. 

16 / 20
34 commentaires (16.35/20).
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Matière Noire ( 2015 )

Infatigable et inusable. Plus de 20 ans que Mass Hysteria distille son énergie et sa positivité aux travers de ses albums et de ses nombreuses tournées. Alors que Matière Noire débarque on ne peut s’empêcher de repenser à leur dernière sortie, L’Armée Des Ombres, qui avait laissé un sentiment mitigé, certains regrettant un album sans risque, un peu moins incisif qu’à l’accoutumée. Qu’en est-il trois ans plus tard ? Voici quelques éléments de réponses.

Matière Noire c’est du Mass Hysteria dans la musique et évidemment dans le texte, ce petit supplément d’âme perdu que l’on reprochait à L’Armée des Ombres est de retour et cela s’entend ! Sans bouleverser ses habitudes Mass Hysteria propose toujours une musique à la croisé de sons moderne avec des samples proche de l’Indus et des grosses guitares bien lourdes pour marteler un rythme très soutenu. L’énergie positive est de nouveau sublimée par des compositions ultra accrocheuses, et ce dès l’entame du disque, Chien de la Casse est brutal, rapide velléitaire, Vector Equilibrium bien que plus down-tempo dans son ensemble est tout aussi efficace avec un beau duel entre les samples et les guitares qui provoquent un headbang instantané et frénétique.   
La différence et l’intérêt de Matière Noire se fait clairement dans l’intensité que met Mass Hysteria dans ses titres, le rendu général est extrêmement brut de décoffrage et agressif. C’est un peu comme si Mass voulait faire passer son message avec bon gros coup de pied au cul, histoire de faire comprendre à l’auditeur que son destin il le tient entre ses mains. C’est en substance le message qui se dégage de morceaux comme Vae Soli qui a pour refrain « Je pense donc je suis, j’ai choisi, la joie comme vengeance vae soli » ou le superbe L’Espérance et le Refus qui lui nous dit « nous avons reçu pour arme l’espérance et le refus ». À n’en pas douter sur scène ces titres prendront une dimension encore plus importante. Matière Noire ne pourra que réjouir les fans de Mass Hysteria et convaincre les récents déçus qu’ils sont toujours là, prêts à en découdre.

Lucide, positif, furieux, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire ce nouveau brûlot d’un groupe n’aura eu de cesse durant sa carrière de lutter contre l’ordre établi et d’amener de l’espoir au public avec sa musique. Mass est chaud bouillant en 2015, qu’on se le dise.  

A écouter : Tout et très fort
12 / 20
24 commentaires (15.98/20).
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L'Armée Des Ombres ( 2012 )

Dans la vie, tout est relatif. Il est très difficile, voire impossible de faire part de son ressenti de façon absolue  et donc de faire abstraction d’un contexte général. Difficile de parler des nouveaux films de Scorcese en oubliant qu’avant il y a eu Taxi Driver ou encore Les Affranchis. En musique, c’est encore plus vrai. Difficile d’évoquer la qualité d’un disque de façon purement intrinsèque sans omettre le contexte, l’histoire. 
Mass Hysteria n’échappe évidemment pas à cette règle. Cette implacable règle qui ramène chacune des chroniques du groupe à la référence qu’est l’album Contraddiction
C’est d’autant plus le cas avec ce nouvel album des Français, nommé L’armée des Ombres, que celui-ci se rapproche du style de Contraddiction. Parce que lorsque Mass Hysteria avait tenté d'explorer de nouvelles voies sur la période 2001-2005, la comparaison était devenue de fait moins pertinente. Si le groupe avait ouvertement regretté ces choix artistiques, j'avais pourtant toujours trouvé cette volonté d’évoluer plutôt courageuse et particulièrement réussie sur l’album De Cercle en Cercle.  Mais depuis que le groupe est revenu à un son plus traditionnel, notamment depuis Une Somme de Détails, l’ombre de Contraddiction réapparaît logiquement. Implacablement. 
Pourtant, ce nouvel opus propose quelques évolutions… mais celles-ci sont difficiles à appréhender. Par exemple, la place des samples dans cet album est très contradictoire : d’un côté, ils sont objectivement plus présents mais d'un autre côté ils restent discrets et ne marquent pas l'auditeur. On les écoute sans rejet mais sans se retrouver pleinement emballé à l’instar de L’Homme s’Entête.
Globalement, ce qui a fait la marque Mass Hysteria, les éléments caractéristiques de leur son,  sont présents et l’écoute de L'Armée des Ombres se fait sans déplaisir. On retrouve ainsi les lyrics à la fois abstraites et très ancrés dans le présent de Mouss, quelques bons riffs signés par la paire Nicolas/Yann ou encore des breaks inspirés (« Il y a un temps pour tout, Mais jamais pour la guerre, A cet instant plus que tout, j'aime la vie et vocifère » hurle Mouss sur très bon Positif à Bloc). On ne doute également pas que certains morceaux, notamment Positif à Bloc ou Même Si J’explose, se feront une place de choix dans les set-lists du groupe, là où il excelle indéniablement. Mais si l'on compare avec les deux dernières livraisons du groupe (Une Somme de Détails en 2007 et Failles en 2009) ou plus encore avec Contraddiction, la comparaison n’est pas à l’avantage de ce nouvel effort. Est-ce dû au départ de Stephan alias Titou ? L’avenir le dira…Toujours est-il que ce L'Armée des Ombres est un peu moins incisif, un poil moins punchy, un soupçon moins marquant. 
Putain de relativité.

A écouter : Positif à Bloc, Même Si j’Explose
15 / 20
39 commentaires (16.58/20).
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Une Somme De Détails ( 2007 )

La biographie fournie avec le CD promo nous l'annonçait en grande pompe : " le Mass Hysteria de Contraddiction est de retour sur ce nouvel opus Une Somme De Détails ". Bien que titillé par cet effet d'annonce, votre serviteur reste de marbre. D'une part parce qu'il faut toujours se méfier de ce genre de publicité, At(h)ome cherche à vendre ses poulains et c'est bien normal. Et d'autre part parce que j'avais suivi avec intérêt et plaisir l'évolution prise par le groupe (ce n'est pas parce qu'on ne fait plus du metal qu'on fait de la merde).


La première chose qui frappe à l'écoute de ce nouveau Mass, c'est le son. Enorme, tout simplement. Ça masse de bout en bout. Du coup, les titres, déjà bien carrés à la base, en ressortent gorgés d'énergie.
Et de l'énergie, l'album en est rempli. L'envie d'headbanguer et de sauter partout nous traverse tout au long de ce disque, notamment sur les ultra groovy Killing The Hype, Nous Sommes Bien et Des Nouvelles Du Ciel.


Donc oui il y a bien un retour aux sources, un comeback vers l'album phare du groupe, Contraddiction. Pour autant, le groupe a gardé la maturité, l'attention donnée aux arrangements qu'il acquis plus récemment. Le combo n'a également pas remis en cause son soin du refrain au chant clair (Babylone, L'espoir Fou). Au final, cela illustre parfaitement ce qu'est Mass Hysteria : un groupe de furieux matures !
Outre, ce retour à un son plus metal, Mass Hysteria parvient de manière plus anecdotiques à nous surprendre, comme par exemple avec les saccades à la double pédale sur le break de Babylone (qui arrivent d'ailleurs un peu comme un cheveu sur la soupe...) ou encore avec ses choeurs d'enfants sur la fin de Nous Sommes Bien.
Les boucles et autres samples sont toujours très présents mais peut-être à peine moins pertinents que précédemment. Ceci est probablement dû au départ d'Olivier, désormais dans Aaron, qui occupait le poste de guitariste et qui se chargeait de tout ce qui était programmation.


Comme sur tous ces disques Mass Hysteria se propose de poser un regard réaliste et positif sur notre société. Si certains trouveront les paroles de Mouss abstraites par moment, elles ont le mérite d'être originales, sincères et positives (" motiver les hommes, motiver les passions " ... " délaver les couleurs de tolérance " ... " Je préfère avoir tort avec l'amour que raison avec la haine " ... " " corriger mes erreurs plus que j'en sème " ...).
Le disque se termine par l'émouvant Briller Pour Toi avec Manu de Dolly, titre dédié à la mémoire de Mickaël Chamberlain (alias Mika), bassiste de Dolly, et décédé dans un accident de voiture en 2005.


Ce Mass Hysteria 2007 est un excellent cru, réussissant à réconcilier un metal énergique et profondément positif et une maturité très en phase avec son temps.
Quand on connaît la puissance de feu du groupe sur scène, on peut sans mal imaginer les gros dégâts que peuvent causer toute cette somme de détails en live...

A écouter : Killing The Hype, Nous Sommes Bien, Des Nouvelles Du Ciel
15 / 20
24 commentaires (14.4/20).
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De Cercle En Cercle ( 2001 )

Mass Hysteria, c’est avant tout un des groupes pionniers du métal français. Fort d’une image et d’une notoriété plutôt intéressantes, acquises lors de nombreux concerts en France, Mass Hysteria représente avant tout l’éclectisme. En effet, quand certains groupes s’enferment dans un immobilisme musical, Mass nous offre pour chaque album une véritable petite révolution. Il n’y a qu’à jeter un œil aux trois albums pour constater la relative évolution à laquelle se sont pliés les cinq. Du premier album aux fortes connotations électro et du deuxième aux guitares saturées, il ne reste, sur ce troisième et dernier album, que très peu de choses. Le groupe a donc décidé une fois de plus d’innover, et de sortir des sentiers battus du métal français.

Ainsi, ce dernier opus peut paraître relativement déroutant pour une première écoute. Pour ceux qui connaissaient Mass avant, le changement peut paraître brutal… mais toujours aussi habile. Effectivement, si à la première écoute, on a du mal à se dire que cet album est le fruit de la production du quintet parisien, quelques éléments viennent pourtant corroborer cette thèse. Le premier indice : les paroles, toujours dans la lignée des anciens albums avec des envolées philosophiques qu’on a parfois du mal à suivre. L’idée principale que l’on retire des textes de Mouss est étroitement liée à l’homme et son comportement.Le deuxième élément qui nous permet d’affilier cet album au reste de la discothèque des Mass Hysteria est en rapport avec la musique. En effet, si dans les deux précédents albums, un (plus ou moins) mince filet d’électro était présent, le fil rouge est ici également maintenu. A cela, viennent bien entendu s’ajouter les cordes, qui avec les guitares, peuvent s’avérer relativement puissantes sur certains morceaux.

Mais si tout à l’heure, je parlais d’éclectisme musical, cette notion prend toute son envergure sur ce CD. Je m’explique, déjà au niveau du chant de Mouss, celui-ci peut aussi bien chanter de manière posée, que partir dans des envolées rageuses et parfois même, au contraire, plutôt « lyriques ». Mais ce n’est pas tout, sur quelques chansons Mouss se met dans la peau d’un rappeur, bien aidé par exemple par La brigade dans « Immixtion », ou même dans « Coup2mass ».


Vous l’aurez compris, Mass Hysteria prend tout le monde à contre-pied avec ce troisième opus. Passant de chansons plus calmes et très réussies (« Remède », « Ya-Vyemma »…), à des chansons aux fortes connotations rap (« Immixtion », « Coup2mass »), avec au passage une flopée de titres aux fortes influences rock (« La Canopée », « L’harmonie invisible », « Montherlant » ou « L’importance du sort »). On en vient au principal souci de cet album justement. Les quatre chansons que je viens de citer sont toutes issues de la deuxième partie du disque. Ce qui veut dire que même si elles sont toutes d’assez bonne facture, la seconde partie semble plus homogène, sans grand relief en quelque sorte. Mais le début est tellement prometteur qu’on zappe les défauts de la fin.

En conclusion, si vous avez envie de dépasser les clivages musicaux actuels, cet album est fait pour vous.

A écouter : Rem