Mass Hysteria, c’est avant tout un des groupes pionniers du métal français. Fort d’une image et d’une notoriété plutôt intéressantes, acquises lors de nombreux concerts en France, Mass Hysteria représente avant tout l’éclectisme. En effet, quand certains groupes s’enferment dans un immobilisme musical, Mass nous offre pour chaque album une véritable petite révolution. Il n’y a qu’à jeter un œil aux trois albums pour constater la relative évolution à laquelle se sont pliés les cinq. Du premier album aux fortes connotations électro et du deuxième aux guitares saturées, il ne reste, sur ce troisième et dernier album, que très peu de choses. Le groupe a donc décidé une fois de plus d’innover, et de sortir des sentiers battus du métal français.
Ainsi, ce dernier opus peut paraître relativement déroutant pour une première écoute. Pour ceux qui connaissaient Mass avant, le changement peut paraître brutal… mais toujours aussi habile. Effectivement, si à la première écoute, on a du mal à se dire que cet album est le fruit de la production du quintet parisien, quelques éléments viennent pourtant corroborer cette thèse. Le premier indice : les paroles, toujours dans la lignée des anciens albums avec des envolées philosophiques qu’on a parfois du mal à suivre. L’idée principale que l’on retire des textes de Mouss est étroitement liée à l’homme et son comportement.Le deuxième élément qui nous permet d’affilier cet album au reste de la discothèque des Mass Hysteria est en rapport avec la musique. En effet, si dans les deux précédents albums, un (plus ou moins) mince filet d’électro était présent, le fil rouge est ici également maintenu. A cela, viennent bien entendu s’ajouter les cordes, qui avec les guitares, peuvent s’avérer relativement puissantes sur certains morceaux.
Mais si tout à l’heure, je parlais d’éclectisme musical, cette notion prend toute son envergure sur ce CD. Je m’explique, déjà au niveau du chant de Mouss, celui-ci peut aussi bien chanter de manière posée, que partir dans des envolées rageuses et parfois même, au contraire, plutôt « lyriques ». Mais ce n’est pas tout, sur quelques chansons Mouss se met dans la peau d’un rappeur, bien aidé par exemple par La brigade dans « Immixtion », ou même dans « Coup2mass ».
Vous l’aurez compris, Mass Hysteria prend tout le monde à contre-pied avec ce troisième opus. Passant de chansons plus calmes et très réussies (« Remède », « Ya-Vyemma »…), à des chansons aux fortes connotations rap (« Immixtion », « Coup2mass »), avec au passage une flopée de titres aux fortes influences rock (« La Canopée », « L’harmonie invisible », « Montherlant » ou « L’importance du sort »). On en vient au principal souci de cet album justement. Les quatre chansons que je viens de citer sont toutes issues de la deuxième partie du disque. Ce qui veut dire que même si elles sont toutes d’assez bonne facture, la seconde partie semble plus homogène, sans grand relief en quelque sorte. Mais le début est tellement prometteur qu’on zappe les défauts de la fin.
En conclusion, si vous avez envie de dépasser les clivages musicaux actuels, cet album est fait pour vous.
A écouter : Rem