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Biographie

Left Lane Cruiser

Left Lane Cruiser est un duo de Blues-Rock originaire de Fort Wayne dans l'état d'Indiana, mais Fredrick ''Joe'' Evans IV (Guitare, Chant) et Brenn Beck (Batterie, Harmonica, Chant) ont été aussi largement influencé par la Country du Mississippi et le Punk des années 70. Leur premier album, Gettin' Down On It en 2006 passe relativement inaperçu, puis deux ans plus tard, Left Lane Cruiser enregistre Bring Yo' Ass To The Table sur Alive Records qui suscite d'avantage d'intérêt, notamment de l'autre côté de l'Atlantique avec leur première tournée Européenne qui sera interrompue sur les premières dates à cause d'un soucis de passeport.

Leur troisième album, All You Can Eat, sort en 2009. S'en suit une nouvelle tournée en Europe et quelques dates avec Black Diamond Heavies. Toujours prolifique, Left Lane Cruiser sort en 2011 Junkyard Speed Ball, puis Painkillers en 2012 en collaboration avec James Leg de Black Diamond Heavies. Après le très réussi Rock Them Back To Hell en 2013, le groupe devient un trio en 2014 avec le départ du batteur Brenn Beck et l'arrivée de Pete Dio et Joe Bent. En 2015, Dirty Spliff Blues arrive dans les bacs, suivi deux ans plus tard de Claw Machine Wizard, après le départ de Joe Bent.

Claw Machine Wizard ( 2017 )

Nous connaissons tous régulièrement cet instant d’hésitation au moment de choisir le disque à mettre sur notre platine à un moment donné. Une indécision et une intellectualisation qui peuvent faire sourire mais qui en disent long sur l’importance que nous donnons à la musique dans notre quotidien. Left Lane Cruiser est cependant un très bon remède à ces atermoiements, tant ses disques semblent faits pout être lancés spontanément, sans se poser de question, pour simplement prendre une décharge Blues-Rock d’une quarantaine de minutes qui, systématiquement, touche au but. Ne jamais être surpris, mais ne jamais être déçu, tel est le sentiment qui prédomine à la fin de chaque opus du duo de l’Indiana (l’ère du trio avec Joe Bent n’ayant duré que deux ans), qui garde un pied dans un champ de blé du Midwest et l’autre sur une rive boueuse du Mississippi. La recette est bien connue et faisait le charme de l’excellent Dirty Spliff Blues en 2015 : des riffs crasseux, une rythmique sèche comme un coup de trique, un chant nourri à la bière, au whisky et aux roulées. 

Mais si son prédécesseur faisait preuve d’une certaine ampleur, liée notamment à une production un peu plus léchée que de coutume (même si tout est relatif), Claw Machine Wizard semble revenir vers plus de minimalisme, laissant l’énergie des deux compères lui donner des teintes Punk (le morceau éponyme, Lately). La connexion avec ZZ Top reste flagrante, mais n’empêche pas Left Lane Cruiser de sonner comme il sait le faire et de garder suffisamment de personnalité pour ne pas se laisser écraser par l’aura des barbus ou d’autres influences plus ou moins avouées, comme Ten Years After ou les Allman Brothers. Si les Black Keys n’étaient jamais sortis de leur garage, ils composeraient peut-être actuellement des morceaux comme Lay Down ou Burn Em Brew, qui prouvent que Left Lane Cruiser sait aussi manier ses instruments avec un peu plus de subtilité et de détachement. 

L’impression générale reste cependant celle d’une mise à nu perpétuelle, inhérente à ce style musical mais néanmoins toujours appréciable. Still Rollin symbolise parfaitement l’état d’esprit du duo : toujours avancer quelles que soient les circonstances et laisser les morceaux faire le boulot plutôt que de se perdre en longs discours ou en concepts fumeux. La cohésion dont font preuve les deux hommes s’avère être à la fois l’origine et la conséquence de leur façon de jouer et d’envisager leur musique. Ne pas se compliquer la vie n’est pas ici un signe de fainéantise ou de dilettantisme, mais simplement une manière de rendre hommage au Blues, qui n’est jamais aussi touchant que lorsqu’il est interprété à l’instinct. Gavé de rythmes binaires et de riffs brûlants, Claw Machine Wizard peut être l’un des disques de votre été. Lorsqu’une bière fraîche à la main, vous recommencerez à vous demander ce que vous pourriez bien écouter, Left Lane Cruiser sera là pour s’imposer, comme une évidence, comme un soulagement.

15.5 / 20
2 commentaires (16/20).
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Dirty Spliff Blues ( 2015 )

Ecouter un album de blues peut-il nous faire dépasser la limite légale tolérée par un éthylotest ? La question mérite d’être posée à la fin de Dirty Spliff Blues, dernière livraison de Left Lane Cruiser, qui nous embarque pour une virée alcoolisée et enfumée dans les rades les plus poisseux du Midwest américain, de son Indiana natal aux rives du Mississippi. Contrairement à un autre duo du coin, The Black Keys (originaires de l’Ohio), Left Lane Cruiser n’a semble-t-il aucune envie de s’éloigner des racines qui font sa musique : le blues décharné et abrasif d’Elmore JamesR.L Burnside ou T-Model Ford. Si le batteur Brenn Beck a été remplacé par Pete Dio et que Joe Bent (guitares en tous genres) est venu transformer le groupe en trio, Fredrick « Joe » Evans IV se charge de garder tout ce petit monde dans le droit chemin.

N’en déplaise aux puristes du Delta blues acoustique, le rock parvient à se faire une place sur une grande partie des morceaux de cet album, qui démarre d’ailleurs par ce qui ne peut être qu’un clin d’oeil à ZZ Top, le riff de Tres Borrachos ayant une barbe aussi longue et pointue que celle des géniteurs du mythique Tres Hombres. Si les ingrédients semblent être quasiment les mêmes sur chaque titre, les plats servis se dégustent avec suffisamment de plaisir et d’intérêt pour ne pas voir passer les 38 minutes d’un disque convoquant aussi bien les fantômes de Howlin' Wolf et de Son House (Elephant Stomp) que ceux de Stevie Ray Vaughan et de Jimi Hendrix (Tangled Up in Bush). La slide guitar est à l’honneur, plus sale et écorchée que jamais et le chant d’Evans nous parvient poussiéreux, mais vibrant d’une énergie contagieuse. Je vous mets au défi de ne pas beugler « Yeaaah Yeaaaah » sur l’entraînant Heavy Honey et de ne pas ouvrir une autre bière au son de All Damn Day. Sur Cutting Trees, c’est à mains nues que le groupe semble vouloir abattre les arbres se trouvant sur son passage. Les mélodies parviennent à percer sous l’épaisse couche de rouille et les soli touchent au but. Quand le tempo se ralentit, c’est un riff quasi « sabbathien » qui donne vie au diabolique morceau éponyme, nous rappelant une autre sortie marquante de cette année, le Black Age Blues de Goatsnake. Skateboard Blues, qui tient son nom de l’usage fréquent par Joe Bent d’une guitare fabriquée à partir d’une planche à roulettes, sonne comme si Buddy Guy s’était pointé dans l'Indiana pour une jam en ayant trempé sa Stratocaster dans la graisse de moteur…

Sans rien réinventer (ils n’en ont d’ailleurs aucunement l’intention), les gars de Left Lane Cruiser jouent sur leurs points forts et confirment que le blues, sous toutes ses déclinaisons, est décidément une musique increvable. Ils ont également la gentillesse de nous offrir l’une des pochettes les plus réussies de l’année 2015. Un disque à ranger à côté du Sonic Soul Surfer de leur aîné Seasick Steve, arrivé dans les bacs quelques mois plus tôt.

A écouter : Une bière à la main
15 / 20
1 commentaire (15/20).
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All You Can Eat!! ( 2009 )

Left Lane Cruiser est de retour pour foutre le boxon avec son Blues de pilier de comptoir. Picoler des bières, péter des tables et se mettre sur la tronche, voici le programme que nous concocte le duo originaire de l'Indiana avec son deuxième disque, All You Can Eat!!.

Tout cela se fait sur fond de Blues imbibé au whisky, de Rock 'n roll à l'ancienne et d'une énergie Punk primitive et sauvage. Un panel musical large qui se décline sous plusieurs formes avec dix titres attrayants et variés qui comptent bien foutrent un bon coup de pied au cul de tous ces papy bluesman chiants et grabataires. Sur cette nouvelle galette on a toujours le droit à au jeu de guitare slide absolument génial de Freddy J IV ("Crackalacka"), mais le duo a poussé le propos parfois plus loin, là où on ne les attendait pas forcément. Pied au planché, fracassage de toms, saturation des amplis à bloc, les titres font références au Hard-Rock old school façon Led Zeppelin, de manière étonnante. Sur des lignes Bluesy persuasives, Left Lane Cruiser s'amuse aussi avec la Country (l'excellente cavalcade de "Ol' Fashioned"), deviens carrément Punk sur "Waynedale" ou fait plier les amplis d'une lourdeur Heavy ("Black Lung"), plus gras qu'une entrecôte texanne.

All You Can Eat!! est moins à l'arrache que Bring Yo' Ass To The Table (ça vient surement de la production signée Jim Diamond qui a notamment bossé avec The White Stripes), mais ça n'empêche pas le groupe de jouer toujours dans l'esprit garage et l'énergie est telle qu'on a du mal à se faire à l'idée que c'est un duo. Voix rocailleuse et coléreuse, guitares grasses et batterie énervée, presque instinctive, on pense à Jon Spencer Blues Explosion ou à Black Diamond Heavies pour livrer un Blues plus rythmé que la moyenne, mais l'important c'est qu'ils déploient leur propre recette. Le phrasé se fait de temps en temps saccadé ("Hard Luck") et les sonorités curieusement écrasantes sur le plombant "Poopdeflex". Certains titres, plus rares, sont posés et réduise la cadence ("Putain!") mais l'important c'est ce groove Rock n' Roll qui ne lâche jamais leurs chemises à carreau, aussi tenace qui forte odeur de tabac froid et qui donne envie de remuer les fesses au rythme des morceaux.

All You Can Eat!! est un excellent disque pour toutes les facettes du Blues qu'il aborde et surtout pour pour l'énergie qu'il dégage. Ressenti décuplé si l'on a déjà vu les deux bonhommes en live puisqu'on le répète, mais Left Lane Cruiser est avant tout un groupe de bar.

A écouter : hiiiiiii haaaaa