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Biographie

L'Effondras

L'Effondras prend forme en 2014 autour de trois humanoïdes de la région Lyonnaise (de Bourg-en-Bresse pour être précis) : Pierre Lejeune (guitare), Pierre Josserand (guitare baryton) et Nicolas Bernollin (batteur, de Ni également). Le trio s'articule sur un Post-Rock instrumental, intense et minimaliste à la fois, et sort un premier album éponyme peu de temps après sa formation, avec Niko Wenner au piano. Instrument que l'on retrouvera sur deux EP pondus en 2015, l'ensemble étant distribué par Dur et Doux. Discret, L'Effondras foule quelques planches de caves obscures et poursuit son processus créatif avec un deuxième album en 2017, Les Flavescences, abrité conjointement par Dur et Doux et Noise Parade.

Chronique

Les Flavescences ( 2017 )

C'est l'aurore, le brouillard se dissipe, les silhouettes se dessinent. Les Flavescences envahissent le ciel, changent de forme à leur passage et s'évanouissent à l'ombre de la nuit. Elles apparaissent comme les fragments d'une étoile dorée, brillante, sereine et dangereuse par ses branches multiples, sommairement aiguisées.

Alors que nos sens captent le présent spectacle, le cerveau se rappelle du plaisir procuré par l'écoute du premier album de L'Effondras il y a un peu plus de deux ans. L'essentiel demeure, blues écorché, montée d'organes psychédélique, post rock en filigrane, nous, gisant là les yeux dans le cosmos et le sourire niais. Le format des morceaux a subi une mutation mais le fond, la sève de cette créature reptilienne se stabilise, et le trio Burgien nous gratifie d'une nouvelle itération de sa majesté instrumentale, cette fois en concluant par un titre plus long qu'un épisode des Simpsons. Sans calcul, sans boussole, L'Effondras fait avant tout parler les corps, l'instinct, à travers le prisme de quatre fragments donc, énumérés de X à XIII, ornés de guitares – dont une baryton – à la fois rugueuses et délicates, soutenues par une batterie habitée d'une grâce tribale, aussi précise qu'inventive. Là où s'exprimait un piano intervient un trombone, au milieu de la forêt peuplée d'oiseaux lors de quelques poussées d'adrénaline, comme l'ingrédient ajouté au rituel.

Les rayons de cendre permettent d'en goûter la saveur malgré la menace qui plane et martèle sa progression, les mélodies sinueuses de Lux Furiosa pénètrent l'organisme et s'installent, se muent ensuite dans la volupté harmonique. Le temps est désormais indéfini, le silence est d'or, en alerte sont les sens, Phalène tente de les berner par ce qui semble être des vocalises, tandis que les oiseaux ne cessent de converser jusqu'à donner la mesure, avant Le Serpentaire, ultime déambulation, d'où surgit le râle du trombone, l'instrumentation s'octroie une couche de vertige supplémentaire, cristallise les forces en présence afin de sublimer un blues toujours sous-jacent.

Les Flavescences doucement s'éteignent, laissent subsister le chant des volatiles, et de nombreuses traces de leur passage. Le corps et l'esprit sont une nouvelle fois marqués du sceau de L'Effondras, entité précieuse animée par trois êtres humains géniaux, mêlant sobrement leurs tripes à leur cerveau.

"La patience du feu sous la forêt et la primauté des soleils d'exil" sur Bandcamp.

A écouter : sans rien faire d'autre.