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Biographie

Klone

A Poitiers en 1995, David (Chant), Guillaume (Guitare), Julien (Basse) et Laurent (Batterie) se regroupent dans l'idée de fonder un groupe de Metal qui mélangerait leurs influences telles qu'Opeth, Tool, Porcupine Tree ou Meshuggah. Mais ce n'est qu'avec l'arrivée de Matthieu (Claviers / Programmation) et Mika (Guitare) en 1999 que Klone prend réellement forme. Avançant lentement mais surement, un premier album est sur les rails en 2003 nommé Duplicate, suivit par High Blood Pressure en 2004, ce qui permet au combo de partager des dates avec Gojira, Aborted, Psykup, Comity ou Eyeless.


Pourtant, Julien, Laurent et David quittent le groupe en 2004 par manque de temps ou d'investissement, mais sont remplacés respectivement à leur poste par Hugues, Florent et Yann (Scarr / Mistaken Element). Fort de ce nouveau line-up, Klone monte en puissance, All Seeing Eye sort en 2008 distribué par Season Of Mist et commence à faire largement parler des français. Black Days enfonce le clou en 2010 toujours sur le même label et confirme le succès du groupe. Suivront un mini album en 2 parties (The Eye Of Needle) en 2011, comme pour introduire le dernier long format sorti un an plus tard, The Dreamer's Hideaway. Les poitevins reviennent en 2015 avec des intentions progressives encore plus élaborées sur Here Comes The Sun, s'octroyant au passage les services d'un nouveau guitariste, Aldrick Guadagnino (Step In Fluid), en lieu et place de Mika Moreau.

Klone est par ailleurs membre de la Klonosphère, une association regroupant des groupes de Metal français comme Hacride, Mistaken Element ou encore Trepalium.

Florent Marcadet : Batterie
Guillaume Bernard : Guitare
Matthieu Metzger : Claviers, Saxophone
Yann Ligner : Chant
Jean-Etienne Maillard : Basse
Aldrick Guadagnino : Guitare

16 / 20
1 commentaire (10/20).

Unplugged ( 2017 )

Les poitevins avaient amorcé un virage sans distorsion et aérien sur Here Comes The Sun. Le résultat s'est soldé par une réussite complète, avec des guitares tantôt percussives, tantôt mélodiques, laissant l'espace nécessaire à Yann Ligner pour déployer sa voix à la fois poignante et pleine de coffre. De là, compte tenu de la nature de Here Comes The Sun, le choix d'embrayer sur un album acoustique semblait on ne peut plus naturel. Et tout sauf évident à amorcer.

Vous connaissez l'une des ouvertures classiques d'un album de metal : une intro' rentre dedans et agressive pour prendre l'auditeur à la gorge, façon "Strength Beyond Strength" de Pantera. Ici, c'est le chant de Yann Ligner qui s'affirme et prend aux tripes sur la bien nommée "Immersion". Les arrangements de guitare acoustique sont minimalistes, réduits à leur plus simple appareil par rapport aux versions studio, ce qui donne une deuxième naissance à ces compositions, qu'on redécouvre avec plaisir et étonnement.

Mais minimalisme ne rime pas avec  simplisme chez Klone. Ils rajoutent avec intelligence une guitare douze cordes sur "Gone Up in Flames", en plus de faire appel à une accordéoniste qui fait des apparitions sporadiques tout au long de l'album. Son utilisation est particulièrement inventive sur "Fog", venant remplacer le son fantomatique de l'e-bow sur la version studio. Cette apparition de l'accordéon, à laquelle le rock est encore peu habitué, renvoie directement à Björk, dont Klone sont de grands admirateurs.

Certes, nous parlons bien d'un live sans public, mais c'est bien d'un concert enregistré dont il s'agit. La production naturelle et nue semble avoir été pensée de manière à ce que vous ayez l'impression d'être dans la même pièce que le groupe. Enfin, l'essentiel de l'album été enregistré sans overdubs, les quatre musiciens ensemble et pas séparément, ce qui confirme le ressenti très "vivant" que véhicule le LP. Le lecteur suspicieux pourra vérifier ces dires en écoutant les extraits live de leur concert à la Maroquinerie.

Ce Unplugged a aussi son lot de surprises, comme la reprise acoustique de "People Are People" de Depeche Mode, qui se retrouve ici complètement "Klonée", faisant qu'on ne reconnaît l'originale que par les paroles. Et, encore une fois, il y a la voix de Yann Ligner. Pour décrire une telle performance, les mots deviennent vains, mais on les cherche faute de mieux. Ce chanteur a tout, et donne tout sur cet album : l'intensité, la justesse et le grain, cette petite touche qui rend son chant unique et immédiatement reconnaissable. Yann a quelque chose de Jeff Buckley et de Layne Staley, mais surtout il a sa propre touche, qui fait de lui un grand chanteur, sans aucun doute parmi les plus remarquables de la scène rock/metal actuellement. [NDLR : Les anciens albums de Klone dévoilent aussi sa capacité à growler sans sourciller] La référence à Jeff Buckley n'est pas innocente, car le chant et la guitare de "Come Undone" rappellent vivement l'oeuvre du songwriter américain.

Mais reprenons nos esprits. Il convient de saluer la performance collective du groupe qui ajoute une nouvelle réussite à un très beau parcours, jalonné d'albums de qualité et de concerts mortels par leur force de frappe.  Une question demeure : que vont-ils faire la prochaine fois ?

Remerciements : L'humble rédacteur de ces lignes a découvert Klone grâce à Mathieu Pascal, le sympathique (et très talentueux) guitariste de Gorod. Mathieu avait eu des propos élogieux sur ce groupe, et particulièrement leur chanteur. Cette chronique lui est dédié, ainsi qu'à toute notre belle scène française qui, décidément, regorge de perles rares.

A écouter : Immersion, People are People, Gone up in Flames, Come Undone
17 / 20
29 commentaires (15.19/20).
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Here Comes The Sun ( 2015 )

Klone est sans doute l’un des groupes les plus audacieux dans le paysage metal français actuel. Au travers de leurs désormais six albums, les poitevins ont su exprimer leur évolution de manière créative et sincère, quoi qu’en disent les fans hardcore de la première heure. L’aspect progressif de leurs compositions a fait son bout de chemin, clairement entamé sur l’excellent quatrième disque Black Days, accentué sur le finalement très bon The Dreamer’s Hideaway à force d’écoutes, et totalement assumé sur le fraîchement débarqué Here Comes The Sun.

On connaît le goût de Klone pour les jolis artworks, et bien le visuel de ce judicieusement nommé nouvel album – en plus d’être sympa à regarder – place idéalement le contexte : l’immensité, les grandes étendues plus ou moins désertiques, la nature dans ce qu’elle a de plus minimaliste, mais source de richesses et d’énergies infinie, imposante et implacable. Telle est la sensation procurée dès l’entame du fantastique Immersion ; où la voix de Yann ne tarde pas à se faire entendre, plus maîtrisée que jamais et se dépatouillant cette fois-ci complètement de papa Maynard ; où le saxophone au grain envoûtant prend place de manière bien plus affirmée ; où les arrangements brillent de mille feux. Une orientation résolument contemplative et atmosphérique, vaporeuse, presque shoegaze par moments (Fog, Nebulous).

Là où The Dreamer’s Hideaway pouvait sembler un peu brouillon et démonstratif (voire lassant) malgré son contenu grassouillet, Here Comes The Sun affiche une construction plus aérée, qui permet aux compositions d’être sublimées. Comme s’il en avait besoin, le batteur Florent Marcadet (Hacride, Step In Fluid) semble encore avoir gagné en souplesse, puissance et finesse. En fait l’alchimie entre les musiciens, déjà remarquable par le passé, touche ici au domaine de l’incroyable, du magique, l’apport du nouveau second guitariste Aldrick Guadagnino (Step In Fluid) n’y est sûrement pas étranger. L’alternance ou l’assemblage entre ambiance éthérée, arpèges savoureux et parties lourdes est dosée au poil de cul, tous les mouvements sont exécutés avec une fluidité extrême, comme sur le monumental Grim Dance ou le faussement moribond The Last Experience, terminant sa course vers de sombres desseins bruitistes. Un souffle épique et mélancolique traverse chaque titre, tel un vent continu entre brise légère et rafales, bourrasques voire grosse tempête aux moments opportuns. Une tornade d'émotions susceptible de faire monter quelques larmes aux plus sensibles d'entre nous. Soulignons enfin la production, scintillante, profonde, exceptionnelle.

Klone confirme ses obédiences progressives avec une classe intransigeante, tout en restant lui-même, doté d'une sincérité sans faille, et se permet au passage une reprise en acoustique somptueuse du mythique Summertime, qui ne jure pas du tout avec le reste, loin s’en faut. Here Comes The Sun est un aboutissement total, et on ne peut qu’encourager les poitevins à continuer dans cette voie. Album essentiel pour un groupe définitivement indispensable.

En écoute dans nos pages.

A écouter : les yeux fermés.
14 / 20
8 commentaires (15.38/20).
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The Dreamer's Hideaway ( 2012 )

Les connaisseurs du quintet poitevin savent que la composante death metal des débuts s’est fortement atténuée, ce depuis 2008 avec un certain All Seeing Eye, suivi de Black Days concrétisant la chose en 2010. Cela n’a pas empêché les bonhommes de faire fonctionner leur créativité, bien qu’une forte inspiration du côté de Tool saute aux oreilles, sur le chant notamment, ainsi que quelques structures. Mais ce qui caractérise l’évolution musicale de Klone, c’est avant tout un gros boulot sur les ambiances, le groupe est passé maître dans cet art avec Black Days. L’apport plus prononcé du saxophone de Matthieu Metzger  n’y est d’ailleurs pas étranger. Deux mots sur le maxi The Eye Of Needle, sorte de transition entre Black Days et The Dreamer’s Hideaway, composé de deux longues pistes complémentaires, l’une faisant la part belle aux atmosphères, l’autre alourdissant le propos. Un objet de qualité qui n’augurait à priori que du bon pour la suite.

« Le refuge du rêveur » est un titre explicite, la maîtrise de l’ambient étant ici poussée encore plus loin. Annoncé plus metal, ce nouveau disque l’est, incontestablement, faisant apparaître quelques réminiscences meshuggiennes (Rising), mais il est aussi plus aérien dans la progression de chaque morceau. Malgré une lourdeur métallisée encore présente, le rendu semblera plus accessible, sans être dénué d’intérêt. La patte en velours de Klone est toujours là, d’autant plus bossée et affirmée. L’univers des poitevins est désormais mûr et reconnaissable à la première note. Les compositions n’ont jamais été aussi réfléchies, à commencer par le tube Rocket Smoke, sa basse claire et grasse à la fois, et son riff mutant, remarquable. Ou bien le saxo virevoltant sur le titre éponyme, déroulant un feeling proche d’un Radiohead. Le chant lumineux encourage l’accroche instantanée pour un éventuel non initié, en opposition à l’instrumentation effectivement plus imposante que sur Black Days, augmentée d’éléments électroniques subtils. Yann s’efforce à donner plus de relief à son chant, et c’est objectivement réussi. D’un point de vue purement rythmique, on constate que la récréation jazzy du frappeur Florent Marcadet (Step In Fluid) apporte énormément à l’ensemble des onze morceaux, développant une science du groove imparable.

Le point noir de cet album serait sans doute de trop vouloir en faire, de trop se la jouer en essayant de rendre la copie parfaite, sans un pet de travers. L’ensemble apparaît finalement bien trop lisse, trop retenu, trop calculé, presque soporifique, manquant cruellement de sommets vraiment marquants, comme pouvaient en contenir les précédents travaux des poitevins. The Dreamer’s Hideaway reste un excellent disque de metal alternatif à ambiance, qu’il faut surtout écouter pour sa richesse instrumentale, sans attendre de réelle surprise. Une suite logique dans le parcours d'un Klone, qu'on espérait un peu plus couillu.

A écouter : Rocket Smoke, The Dreamer's Hideaway, Rising, The Worst Is Over.
16.5 / 20
17 commentaires (14.88/20).
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Black Days ( 2010 )

C'est en 2008 que Klone commence à faire parler d'eux avec la sortie d'All Seeing Eye, soit quasiment dix ans après la formation du groupe. Deux ans plus tard on retrouve les poitevins avec un nouvel album sous le bras qui devrait les amener un cran au dessus dans la reconnaissance car quand on voit la qualité de Black Days cela semble tout à fait justifié.

Black Days se pose comme la continuité d'All Seeing Eye et n'a absolument pas à rougir par rapport à leur précédent album. En fait, Klone a réussi le tour de force d'aller plus loin, de faire mieux, d'approfondir leur Metal Progressif tout en gardant leur patte si spéciale. Quelques influences se décèlent tout même, celles de Tool et de Porcupine Tree qui sont à la base ce pourquoi Klone existe, se ressentent de suite, mais depuis le temps, ces inspirations se sont largement assimilées et digérées pour que cela ne se ressente que légèrement et n'altèrent en rien l'empreinte musicale particulière du groupe. Les poitevins sont donc passés au niveau supérieur ici, car les morceaux sont plus aboutis, plus complexes aussi. Il faudra surement quelques écoutes avant de se familiariser avec l'univers développé sur ce Black Days, mais une fois ce palier franchis, on ressent tout le potentiel de ce nouvel opus qui demeure d'une grande richesse que se soit d'un point de vue purement technique, mais surtout de l'atmosphère qui s'en dégage. Les ambiances, c'est d'ailleurs le gros point fort de Klone qui arrive à insuffler des passages remarquables comme sur l'instrumentale Closed Season. Klone montre par conséquent un visage plus progressif, moins décapant et rugueux que sur All Seeing Eye. Certains auditeurs seront donc un peu désorientés sur les premières écoutes de cet opus, mais il faut bien avouer que le léger virage pris par les français à de la gueule et leur sied à ravir.

Moins immédiat ou moins rentre dedans c'est sans doute vrai, par contre une chose qui ne bouge pas d'un iota c'est la capacité du groupe à mettre du groove sur chaque morceau (The Spell Is Cast). Black Days c'est également des moments mémorables à la pelle. Difficile de sortir un titre en particulier, mais des envolées de Rite Of Passage à l'efficacité d'un Rain Bird, cette galette est remplies de morceaux qui restent en tête sans jamais tomber dans la facilité. Klone dévoile une facette plus sombre également sur Danse Macabre par exemple. Et puis il y a cette reprise d'Army Of Me de Björk véritablement somptueuse, marquée par la forte personnalité de Klone.
Il me semble impensable d'écrire cette chronique sans souligner l'énorme boulot de Yann Ligner d'une maitrise incroyable derrière son micro. Il possède un timbre vocal, un phrasé qui en font une signature vocale reconnaissable dès les premiers couplets. Ainsi, même s'il s'attarde moins sur le chant growlé, le frontman officie toujours entre les voix hargneuses et le registre mélodique et aérien d'excellente facture, prouvant qu'il fait partie des plus belles voix du Metal hexagonal. Il convient également de parler de la production d'avantage travaillée et subtile sur cet opus, mettant en valeur l'instrumentation de Matthieu Metzger et d'une façon générale la qualité de composition du groupe.

Black Days est une œuvre inspirée et intelligente à placer sans mal dans les meilleures sorties de Metal français 2010. On espère qu'elle aura autant de succès que celle de leurs collègues poitevins, Hacride, l'année dernière. Et qui sait, ils marcheront peut-être sur les traces du géant français à la baleine. Ca serait amplement mérité.

Note : Un dvd live de 53min est également présent. Le concert a été enregistré le 07 février 2008 au Confort Moderne de Poitiers et comporte des treize morceaux issus de High Blood Pressure et d'All Seeing Eye. Filmé de manière professionnelle et d'une très bonne qualité sonore, il permet de découvrir la richesse et la puissance musicale de Klone sur scène.

A écouter : Rite Of Passage, Give Up The Rest, Army Of Me et le reste