Découverte
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Biographie

Kiss

Kiss se forme à New York en 1973, alors que le bassiste Gene Simmons et le guitariste Paul Stanley quittent leur groupe (Wicked Lester) pour se concentrer sur la formation d'un nouveau groupe, avec dans l'idée de pousser le son et l'aspect visuel encore plus loin que les groupes glam en vogue à l'époque, New York Dolls, Brats, Alice Cooper...

Ils recrutent alors Peter Criss, batteur ayant l'avantage d'être déjà passé en studio avec son précédent groupe Chelsea. Un autre guitariste du Bronx se joindra à eux, il s'agit de Ace Frehley, lunatique personnage qui se présente aux auditions avec une tennis rouge et l'autre orange. Son jeu de guitare met rapidement tout le monde d'accord et le groupe commence à se constituer un solide répertoire, qu'ils présentent dans leurs premiers concerts dans des clubs de New York. Ils se distinguent des autres groupes de la scène new yorkaise grâce à leurs costumes outranciers et leur maquillage noir et blanc, qui permet à chacun de faire vivre un personnage sur scène (le démoniaque Gene Simmons, le stellaire Paul Stanley, le félin Peter Criss et le spatial Ace Frehley)... Jusqu'à enregistrer une démo de 5 titres avec l'aide d'un ingénieur ayant travaillé avec Hendrix et bien d'autres, Eddie Kramer.

Leur première démo se transforme en premier album de 10 titres lorsqu'ils sont signés sur le label Casablanca par Neil Bogart. Suivra une grande tournée en première partie d'artistes comme Johnny Winter, Ted Nugent,... Mais pas le succès escompté. Deux autres albums suivront, Hotter Than Hell (1974) et Dressed To Kill (1975), magnifiques albums de hard rock qui peineront cependant à se vendre. Malgré tout, Kiss, qui tourne désormais en tête d'affiche, remplit les salles et reçoit partout où il passe un accueil formidable, d'où l'idée de sortir un album live. Alive! sort donc en 1975, album de la dernière chance pour le groupe et sa maison de disque. Tout va très bien puisqu'il rencontre un succès fou, un album de platine leur est décerné lors d'un concert à Detroit qui constitue le bastion des fans du groupe. Cet album contient un premier hit, la version live de leur chanson phare Rock'n'roll all night.

Le succès n'ira alors que grandissant jusqu'à la fin des années 1970. Destroyer (1976), produit par Bob Ezrin (Pink Floyd), est double-platine dès sa sortie, la plupart des fans du groupe le considèrent comme leur meilleur album. Il contient notamment le hit Beth, et d'autres chansons toujours jouées live aujourd'hui, Shout it out loud, God of thunder, Detroit rock city... Un classique, mais pour le meilleur reste à venir. En 1976 voit le jour Rock’N’Roll Over, véritable retour aux sources puisque produit par Eddie Kramer, ami de longue date. Une production résolument plus rock, un son plus crunch, des rythmes plus rapides, Kiss peaufine sa formule qui lui permetttra de sortir, en 1977, son chef d'oeuvre : Lova Gun. Que du tout bon dans cet album, qui voit également Ace Frehley chanter pour la première fois (alors que tous les membres du groupe chantent) avec Shock Me. C'est l'album à posséder absolument pour pouvoir connaître et comprendre Kiss.

Cependant, de petites tensions commencent à naître au sein du groupe, et les membres du groupe décident de prendre un peu de repos, en se concentrant chacun sur un album solo. Ils sortent tous le même jour, en septembre 1978. Leur qualité est cependant très inégale, ça va du très bon avec les albums de Ace et Peter au très mauvais avec l'album de Gene, en passant par le sans surprise de Paul. Cette tentative solo finira de dissoudre le groupe en interne, les tensions sont évidentes, et malgré le succès de l'album de 1979 Dynasty qui contient le hit disco-rock I was made for lovin'you (phénoménal succès à l'époque) rien ne va plus au sein du groupe. Ace et Peter menacent de quitter le navire.

Finalement, Peter met ses menaces à exécution en 1980, juste après la sortie de l'album Unmasked, auquel il n'a d'ailleurs pas participé. Il est immédiatement remplacé par Eric Carr, un batteur au style lourd et puissant.

Les problèmes ne s'arrêtent pas là puisque Ace Frehley, alcoolique et toujours bourré, a un accident de voiture peu après l'enregistrement de l'album le moins vendu de toute la carrière du groupe, Music From The Elder (1981) . Il quitte le groupe après la parution d'un nouvel album, auquel il ne participe que sur la pochette, Creatures Of The Night (1982), qui marque le retour à un gros son de rock'n'roll.

Le coeur n'y est plus et les deux membres originels restants, Paul et Gene, accompagnés par Eric Carr et Vinnie Vincent, décident d'abandonner leur célèbre maquillage. C'est quitte ou double, et finalement c'est un gros coup de pub qui tombe à pic pour rebooster les ventes d'albums, avec Lick It Up en 1983 qui remporte un gros succès. C'est reparti pour des tournées des stades.

Mais les années 1980 sont un cap bien difficile pour le groupe, qui file un mauvais coton avec l'aspect "hair metal" et hard rock FM qu'il se donne : après le départ du guitariste Vinnie Vincent au profit du jeune Bruce Kulick, les albums se suivent et son tous plus mauvais les uns que les autres, de Animalize en 1984 à Crazy Nights en 1987. Il faut attendre 1989 pour qu'un nouvel album, Hot In The Shade en 1989, pour retrouver le groupe à un niveau potable. Ils obtiennent un nouveau tube avec leur belle ballade Forever.

En 1991, Eric Carr décède d'un cancer. Le groupe est abattu, mais décide de reprendre la route après un nouvel album enregistré avec un nouveau batteur, Eric Singer, en 1992, Revenge. C'est l'album le plus heavy de toute l'histoire du groupe, qui scinde la vague grunge et doom metal du moment. C'est un demi succès, le groupe n'attire plus autant le public que dans son âge d'or des années 1970.

En 1995 se produit l'impossible : les quatres membres originaux acceptent de rejouer ensemble, lors de la célèbre émission de MTV'unplugged'. Pendant 4 chansons historiques, Ace, Peter, Paul et Gene jouent devant un public enthousiaste... Il ne faudra pas longtemps pour que démarre une méga-tournée de reformation ! En 1996, le groupe triomphe avec une tournée des stades américains donnée à guichets fermés, et ne tarde pas à prendre l'Europe d'assaut, ainsi que le Japon et l'Australie, des pays qui lui sont fidèles depuis toujours.

Après près de deux ans sur la route, le groupe revient avec un nouvel album studio en 1998, Psycho Circus. Ce n'est pas la magie des albums des années 1970, mais cela permet au groupe de refaire une grande tournée jusqu'en 2000. Le groupe, fatigué, décide donc d'annoncer sa retraite, oui mais pas avant une dernière tournée, "The Farewell Tour" démarre donc en mars 2000 aux Etats Unis, et affiche des records qui lui valent d'être la tournée US n°1 en 2000. Les trois dernières tournées se classent de toute façon parmi les tournées les plus rentables de ces dernières années, aux côtés de celles des Rolling Stones.

Après une apparition aux Jeux Olympiques de Seattle en 2002, la tournée n'est toujours pas officiellement arrêtée, et tout le monde se pose des questions. Finalement, Ace Frehley décide qu'il en a marre et abandonne le groupe, qui en profite pour annoncer un retour avec le concert de Melbourne aux côtés d'un orchestre symphonique en février 2003. Le nouveau guitariste s'appelle Tommy Thayer, il joue dans le costume et maquillage de Frehley.

Ce concert "symphonique" est un succès. Très logiquement, puisqu'ils semblent s'être débarrassé de l'élément perturbateur, les membres du groupe décident de tourner à nouveau aux Etats Unis, avec un autre pilier du rock, Aerosmith. La tournée baptisée "World Dominion Tour", qui a commencé en août 2003, est déjà un succès spectaculaire, et figure déjà parmi les 10 premières de cette année. En 2005, le groupe français Dax Riders reprend le titre I was made for loving you et devient ainsi l'hymne de la pub pour Coca-Cola France. Le phénomène Kiss n'est donc pas à bout de souffle puisque des dates ont encore été annoncées pour cet été 2006 au pays du Soleil Levant...

Chronique

15 / 20
3 commentaires (17/20).
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Sonic Boom ( 2009 )

Il y a seulement quelques années, Paul Stanley affirmait à qui voulait l’entendre que Kiss ne ressortirait jamais de nouveau disque parce que ce que voulaient entendent les fans de Kiss, ce sont les classiques du groupe. Autant dire qu’à ce moment, personne ne pensait que Kiss ne publierait un jour un nouvel opus. Mais voilà, Sonic Boom est arrivé. Alors Paul Stanley était-il sérieux lors de ses déclarations ou était-ce un coup marketing (une spécialité chez Kiss… ) ? On ne le saura probablement jamais…
Mais de voir ce monstre sacré (100 millions d’albums vendus quand même…) se risquer à sortir un nouveau disque alors qu’un énième best of (une autre spécialité de Kiss…) aurait faire l’affaire, reste une grande satisfaction.
Et que les fans de Kiss se rassurent : Sonic Boom n’entache en rien la réputation des 4 maquillés. Et même s’il ne peut rivaliser avec les différentes pépites de la discographie du combo (grosso modo, les six premiers opus de Kiss, s’étalant de 1974 à 1977), Sonic Boom permet de nous faire revivre, par procuration, cette période sacrée (rien que la pochette ne replonge dans le disque Rock'n'roll Over de 1976).  
Car Sonic Boom est un pur disque de Kiss : un rock’n’roll couillu, entraînants, doté de riffs catchy (Danger Us) et de solos inspirés (au hasard Modern Day Delilah) (sur lesquels plane, il faut l’avouer, l’aura du grand Ace Frehley). Kiss ne réinvente pas la machine mais peut-on réellement le leur reprocher après 40 ans de carrière? La réponse est clairement non. Ce que l’on peut reprocher à Sonic  Boom par contre, ce sont ces un ou deux morceaux clairement en dessous des autres et qui cassent quelque peu la dynamique du disque : en l'occurance Hot And Cold et When Lightning Strikes par exemple.
Comme toujours, le chant est partagé entre les quatre membres du combo avec une prédominance marquée pour la voix sexy de Stanley et celle plus rauque de Gene Simmons. Mais vocalement, le point le plus remarquable de cet opus selon moi  reste incontestablement le gros travail qui a été réalisé sur les chœurs (écoutez par exemple All For the Glory, Stand ou encore Russian Roulette) et qui donne une certaine touche de modernité à Sonic Boom.
Sonic Boom est un disque très agréable, que personne n’osait espérer il n’y a de ça que quelques mois. Mais le meilleur moyen d’apprécier Kiss reste néanmoins les concerts. Espérons donc que le groupe se risquera à jouer plusieurs extraits de Sonic Boom sur scène. Et si le hardcore mathématique vous donne des maux de tête, si le metal polyrythmique vous donne la diarrhée ou si les morceaux de huit minutes vous foutent la gerbe, un show de Kiss reste le meilleur des remèdes : un vrai show de rock’n’roll sous fond de pur entertainment à l’américaine ! Say Yeah !!

A écouter : Stand, Modern Day Delilah, Say Yeah, All For the Glory