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Biographie

Karma Zero

Karma Zero trouve son origine en 2005 dans le split d'un autre groupe de la région nantaise (Gotham) et la volonté de deux de ses membres Saymon (Chant, depuis membre d'Eradicate) et Zum (Guitare) de continuer d'aller de l'avant. Bien que secouée par plusieurs changements de line-up, leur persévérence finit par payer deux ans plus tard lorsque le groupe parvient à se stabiliser après avoir enregistré l'arrivée définitive de Skexis (Guitare / Chant), de Gali (Basse, aussi aperçu chez Eradicate) puis de Seb (Akoufen) derrière les fûts.
Les choses sérieuses démarrent donc réellement en 2007 pour le quintet qui s'attaque au travail de composition et commence assurer des dates à la fin de l'année suivante. Les choses s'enchainent depuis avec la sortie d'une première démo en 2009, l'enregistrement d'un ep l'année suivante, puis des concerts de plus en plus nombreux (Ultra Vomit, Gokan, Trepalium...) dont un en ouverture du Hellfest au Metal Corner en 2009. Suite à un léger retard, Karma Zero parait donc en février 2010, alors que les nantais ont entamé le travail sur leur premier album. Architecture Of A Lie parait fin 2012 via Ultimhate Records. Les Nantais font leur retour en 2017 avec Monsters qui contient notamment une jolie reprise du culte Blind de Korn

Monsters ( 2017 )

Karma Zero fait son bout de chemin sur la scène Metalcore depuis plus de dix ans. Un parcours honnête et qui forge le respect avec quelques concerts chaque année, une prochaine tournée avec Gravity et Wheelfall, un album en 2012 et des incursions d'avantage Post-Hardcore pour le chanteur Saymon chez les nantais de My Answer. Tout cela pour arriver doucement mais sûrement avec un second opus, Monsters, en 2017.

J'émettais quelques réserves sur Architecture Of A Lie, mais il faut croire que les cinq années qui séparent leur nouvelle production ont été très bénéfiques pour le groupe. Car Monsters est davantage abouti et solide que ce que le groupe a pu livrer par le passé. Le propos s'est resserré : Karma Zero n'a jamais sonné aussi sombre et sa musique ne s'est jamais faite aussi frontale et violente. Ne vous trompez pas, on n'est pas du tout sur du Metalcore à chant clair typé Emocore pour faire la fête. Les influences vont parfois même chercher du côté du Hardcore / Metal ou du Deathcore notamment dans le chant évoquant par exemple ce qu'ont pu faire les parisiens d'As They Burn en leur temps (Trapped). Un propos justifié par le thème de l'album qui narre des histoires horrifiques et traite des monstres bien connus de la pop culture. On n'est donc pas venu là pour se marrer : batterie pied au plancher avec du kick façon gant de boxe dans les côtes, guitare sous accordée avec du palm-mute à te décoller la gencive et growl monstrueux (oui, celle-là était facile). 

On trouve donc pas mal de bonnes choses à ce mettre sous la dents dans ce Monsters  comme par exemple les riffs d'Almost Human ou Swamp Things qui font penser à du Architects période Hollow Crown, les plans syncopés Metal moderne comme sur le morceau éponyme (sans doute le meilleur titre) et de nombreux breaks pour péter des genoux comme sur Buried Alive ou Modern Prometheus. On notera également les participations vocales d'Emilie de Gravity sur Horror Film et de Julien de Deep In Hate sur Swamp Things qui apportent un petit supplément growl profond chacun à leur manière sur ces deux titres. Dans l'ensemble l'album est un bon condensé de puissance et d'efficacité qui passe tout seul. Deux petits bémols sont à relever tout de même avec d'une part cette reprise du fameux Blind de Korn au ¾ du disque. Exécutée façon Metal / Hardcore, on ne pourra pas lui enlever d'être jouée de manière personnelle, mais elle sonne néanmoins assez étrange et son placement coupe avec le rythmique général de l'album. Il aurait été sans doute plus judicieux de la placer à la toute fin ou en bonus track. Le second point est que l'album s'enfile d'une traite, donc difficile d'avoir à en redire question ruade dans les brancards, hélas, chaque titre manque un peu d’identité pour se démarquer du précédent. Un peu dommage lorsqu'on connaît le concept du disque et que chaque histoire aurait mérité sa propre ambiance.

Le principal est que Karma Zero livre là un bon petit album de Metalcore qui fait du bien par là où il passe. Ca ne réinvente pas la roue, mais ça fait le boulot de manière sincère et honnête et c'est déjà un bon gage de qualité.

13 / 20
1 commentaire (17/20).
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Architecture Of A Lie ( 2012 )

Suivant le groupe depuis ses quasi-débuts, j'étais curieux de voir quelle orientation musicale allait prendre Karma Zero avec ce premier album, qui aura été plusieurs fois retardé. En fait, les thématiques écologiques de l'ep et les éléments world music qui auraient pu en faire un groupe vraiment à part sur la scène Metalcore ont complètement disparu au profit d'une musique du coup plus classique, mais aussi plus mâture, violente et sombre.

Très loin des standards et des grosses productions US, des débauches techniques et du remplissage à outrance dont semblent désormais faire office chaque production du genre, même pour des groupes débutants, Karma Zero fait le truc dans son coin en privilégiant une écriture solide et une efficacité de tous les instants. Faire les choses simple et bien avec ce soupçon du « petit truc en plus », c'est la ligne de conduite que semble s'être fixé le groupe. Comme souvent dans le genre, n'attendez pas un renouveau ou une découverte extraordinaire, pour autant ça fonctionne plutôt bien. Des premières pulsions énervées d'Architecture Of A Lie, des riffs affutés comme des rasoirs d'inspiration Parkway Drive (Death Inside), des morceaux qui atomisent tout sur leur passage par leurs rythmes frénétiques (Hidden Law) en passant par quelques mélodies disséminées ici et là (No Answers, Frozen), Karma Zero fait preuve de maîtrise et nous apporte ce qu'il faut de violence dans les règles de l'art. 

Sans dynamiter les fondations qu'ont bâtis leurs illustres prédécesseurs et tout en gardant une distance avec leurs influences, les nantais ont suffisamment de bonnes trouvailles dans leur besace. Le refrain de Next Time à la As I Lay Dying, l'ouverture inquiétante de Snake, quelques éléments électroniques assez discrets et bien incorporés pour certains passages aériens avant d'être brutalement collé face contre le sol par d'impétueux uppercuts (Death Inside, Ghosts), sont autant de moments qui rendront l'écoute de l'album variée et agréable. Signée d'une production costaude par Stephane Buriez (Loudblast), on sent que Karma Zero a bossé son sujet que se soit sur le plan instrumental, mais aussi vocal où Simon se démène pour alterner le plus possible growls, cris et chant clair parfois, souvent avec réussite. Quelques rares défauts sont à signaler sur ce Architecture Of A Lie avec des lignes mélodiques pas forcément très justes (le refrain de No Answers), une tentative pas très fructueuse de faire du Post-Hardcore sur Mirage et quelques moments moins marquants comme sur Modern Slavery

Sans être ébouriffant, Architecture Of A Lie se classe dans la moyenne haute des disques estampillés Metalcore parce que Karma Zero fait les choses à sa manière, sans prétention aucune ou surenchère technique et sonore. Quelques moments en dessous, mais rien de bien grave car l'on retient surtout une constante qualité, une poignée de titres qui font leur effet et un disque qui décuple toute sa puissance joué en live.

14.5 / 20
2 commentaires (16.5/20).

Karma Zero ( 2010 )

Parlons Metalcore. Parlons de celui qui n'a pas deux millions de lectures sur sa page last.fm et presque autant d'amis myspace / facebook. Pourquoi? Parce que Karma Zero ne pose pas, ne joue pas avec des clips tapageurs ni ne ressassent les clichés bien connus affiliés au genre.

Ne pensez pas pour autant tomber sur un groupe qui redéfinis complètement le genre, mais rien que le fait de la jouer sobre, et d'envoyer du bon (gros) son c'est déjà un gage de qualité. Violent World, Violent Music comme ils disent. Pas besoin d'un bac + 5 pour comprendre la direction qu'a choisit Karma Zero sur ce premier six titres. Ca lacère et ça envoie du lourd avec des compositions sur-énergique, du riff béton et une batterie qui alterne mach 3 et break coup de poing. Tout simplement. Solenopsis est par exemple le premier éclat de fureur à exploser dans nos tympans avec ses guitares aussi lourdes que le plomb. Terre Affamée, puis Le Goût Du Lotos, Karma Zero enchaine les titres énergiques et accrocheur avec un groove imparable, les rythmiques tribales Soulflyienne y étant surement pour quelque chose. On note des influences qui passent de Black Bomb A au Metalcore américain à la Parkway Drive d'où le sens des compositions violentes et sans fioritures. De plus, quelques accents Deathcore sont présents chez Karma Zero lorsqu'ils se font plus virulent (Déjà Mort) même si ce n'est pas vraiment la ligne directrice des nantais.
En ce qui concerne le chant, qui vous fera certainement penser à The Arrs ou Black Bomb A, c'est manifestement un point fort du groupe si l'on excepte les passages en clair pas très juste sur Une Étrange Erreur, mais rien de bien grave. La rage de Simon percute de plein fouet l'auditeur se veut communicatrice avec des paroles, a choisit l'option anglais / français qui permet de saisir de temps à autre les propos qui s'en dégagent, surtout que les thèmes traités sont sur l'écologie, la nature et les problèmes actuels qui y sont liés. Plutôt original pour une groupe de Metalcore, il faut avouer.

L'épreuve de l'ep étant validée, les nantais possèdent tous les atouts dans leur manche pour sortir un très bon premier opus. A voir s'ils souhaitent intégrer plus en profondeur les éléments orientaux dans leurs compositions comme ont pu le faire Human Fate avec Part 1, ce qui promettrait des choses encore plus intéressantes. Mais ça, seul l'avenir nous le dira.