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Biographie
Karma Zero trouve son origine en 2005 dans le split d'un autre groupe de la région nantaise (Gotham) et la volonté de deux de ses membres Saymon (Chant, depuis membre d'Eradicate) et Zum (Guitare) de continuer d'aller de l'avant. Bien que secouée par plusieurs changements de line-up, leur persévérence finit par payer deux ans plus tard lorsque le groupe parvient à se stabiliser après avoir enregistré l'arrivée définitive de Skexis (Guitare / Chant), de Gali (Basse, aussi aperçu chez Eradicate) puis de Seb (Akoufen) derrière les fûts. Les choses sérieuses démarrent donc réellement en 2007 pour le quintet qui s'attaque au travail de composition et commence assurer des dates à la fin de l'année suivante. Les choses s'enchainent depuis avec la sortie d'une première démo en 2009, l'enregistrement d'un ep l'année suivante, puis des concerts de plus en plus nombreux (Ultra Vomit, Gokan, Trepalium...) dont un en ouverture du Hellfest au Metal Corner en 2009. Suite à un léger retard, Karma Zero parait donc en février 2010, alors que les nantais ont entamé le travail sur leur premier album. Architecture Of A Lie parait fin 2012 via Ultimhate Records.
Suivant le groupe depuis ses quasi-débuts, j'étais curieux de voir quelle orientation musicale allait prendre Karma Zero avec ce premier album, qui aura été plusieurs fois retardé. En fait, les thématiques écologiques de l'ep et les éléments world music qui auraient pu en faire un groupe vraiment à part sur la scène Metalcore ont complètement disparu au profit d'une musique du coup plus classique, mais aussi plus mâture, violente et sombre.
Très loin des standards et des grosses productions US, des débauches techniques et du remplissage à outrance dont semblent désormais faire office chaque production du genre, même pour des groupes débutants, Karma Zero fait le truc dans son coin en privilégiant une écriture solide et une efficacité de tous les instants. Faire les choses simple et bien avec ce soupçon du « petit truc en plus », c'est la ligne de conduite que semble s'être fixé le groupe. Comme souvent dans le genre, n'attendez pas un renouveau ou une découverte extraordinaire, pour autant ça fonctionne plutôt bien. Des premières pulsions énervées d'Architecture Of A Lie, des riffs affutés comme des rasoirs d'inspiration Parkway Drive (Death Inside), des morceaux qui atomisent tout sur leur passage par leurs rythmes frénétiques (Hidden Law) en passant par quelques mélodies disséminées ici et là (No Answers, Frozen), Karma Zero fait preuve de maîtrise et nous apporte ce qu'il faut de violence dans les règles de l'art.
Sans dynamiter les fondations qu'ont bâtis leurs illustres prédécesseurs et tout en gardant une distance avec leurs influences, les nantais ont suffisamment de bonnes trouvailles dans leur besace. Le refrain de Next Time à la As I Lay Dying, l'ouverture inquiétante de Snake, quelques éléments électroniques assez discrets et bien incorporés pour certains passages aériens avant d'être brutalement collé face contre le sol par d'impétueux uppercuts (Death Inside, Ghosts), sont autant de moments qui rendront l'écoute de l'album variée et agréable. Signée d'une production costaude par Stephane Buriez (Loudblast), on sent que Karma Zero a bossé son sujet que se soit sur le plan instrumental, mais aussi vocal où Simon se démène pour alterner le plus possible growls, cris et chant clair parfois, souvent avec réussite. Quelques rares défauts sont à signaler sur ce Architecture Of A Lie avec des lignes mélodiques pas forcément très justes (le refrain de No Answers), une tentative pas très fructueuse de faire du Post-Hardcore sur Mirage et quelques moments moins marquants comme sur Modern Slavery.
Sans être ébouriffant, Architecture Of A Lie se classe dans la moyenne haute des disques estampillés Metalcore parce que Karma Zero fait les choses à sa manière, sans prétention aucune ou surenchère technique et sonore. Quelques moments en dessous, mais rien de bien grave car l'on retient surtout une constante qualité, une poignée de titres qui font leur effet et un disque qui décuple toute sa puissance joué en live.
Parlons Metalcore. Parlons de celui qui n'a pas deux millions de lectures sur sa page last.fm et presque autant d'amis myspace / facebook. Pourquoi? Parce que Karma Zero ne pose pas, ne joue pas avec des clips tapageurs ni ne ressassent les clichés bien connus affiliés au genre.
Ne pensez pas pour autant tomber sur un groupe qui redéfinis complètement le genre, mais rien que le fait de la jouer sobre, et d'envoyer du bon (gros) son c'est déjà un gage de qualité. Violent World, Violent Music comme ils disent. Pas besoin d'un bac + 5 pour comprendre la direction qu'a choisit Karma Zero sur ce premier six titres. Ca lacère et ça envoie du lourd avec des compositions sur-énergique, du riff béton et une batterie qui alterne mach 3 et break coup de poing. Tout simplement. Solenopsis est par exemple le premier éclat de fureur à exploser dans nos tympans avec ses guitares aussi lourdes que le plomb. Terre Affamée, puis Le Goût Du Lotos, Karma Zero enchaine les titres énergiques et accrocheur avec un groove imparable, les rythmiques tribales Soulflyienne y étant surement pour quelque chose. On note des influences qui passent de Black Bomb A au Metalcore américain à la Parkway Drive d'où le sens des compositions violentes et sans fioritures. De plus, quelques accents Deathcore sont présents chez Karma Zero lorsqu'ils se font plus virulent (Déjà Mort) même si ce n'est pas vraiment la ligne directrice des nantais. En ce qui concerne le chant, qui vous fera certainement penser à The Arrs ou Black Bomb A, c'est manifestement un point fort du groupe si l'on excepte les passages en clair pas très juste sur Une Étrange Erreur, mais rien de bien grave. La rage de Simon percute de plein fouet l'auditeur se veut communicatrice avec des paroles, a choisit l'option anglais / français qui permet de saisir de temps à autre les propos qui s'en dégagent, surtout que les thèmes traités sont sur l'écologie, la nature et les problèmes actuels qui y sont liés. Plutôt original pour une groupe de Metalcore, il faut avouer.
L'épreuve de l'ep étant validée, les nantais possèdent tous les atouts dans leur manche pour sortir un très bon premier opus. A voir s'ils souhaitent intégrer plus en profondeur les éléments orientaux dans leurs compositions comme ont pu le faire Human Fate avec Part 1, ce qui promettrait des choses encore plus intéressantes. Mais ça, seul l'avenir nous le dira.
A écouter : Solenopsis, Déjà Mort
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