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Biographie

Jean-Sébastien Bach

Jean-Sébastien Bach, compositeur et organiste allemand, naît en 1685. Toute son oeuvre s'inscrit dans le répertoire baroque mais influencera également la musique classique en général. Rigoureuses et maîtrisées, ses nombreuses compositions sont également d'une richesse harmonique presque sans pareille. En effet, Bach est maître dans l'art de juxtaposer plusieurs lignes mélodiques (le contrepoint) et le démontre particulièrement dans certaines de ses oeuvres parmi les plus connues comme les Variations Goldberg et l'Art de la Fugue notamment. Parmi ses compositions les plus célèbres, on retiendra aussi sa fameuse toccata en ré mineur, ses "Passions" ou le clavier bien tempéré.
Bach s'éteint le 28 juillet 1750, laissant derrière lui une oeuvre immense qui appartient désormais au patrimoine de la musique occidentale.

Nombreuses sont les interprétations des morceaux de ce grand compositeur. La discographie des oeuvres (presque complète) proposée ici s'efforce de retenir les plus marquantes mais n'est bien évidemment pas exhaustive.

Chronique

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Variations Goldberg (Glenn Gould, 1981) ( 1981 )

Le répertoire pour piano de la musique classique est immense: instrument de prédilection de nombreux compositeurs, ceux-ci nous ont légué une quantité de morceaux faramineuse au sein de laquelle il est difficile et subjectif d'extirper quelques chef-d'oeuvres parmi tant d'autres. Les Variations Goldberg de Bach en font néanmoins incontestablement partie.
Selon la légende, Bach aurait composé ces variations pour distraire le Comte Keyserling durant ses nuits d'insomnie et en destinait l'interprétation à l'un de ses élèves, Johann Gottlieb Goldberg. Quelques 200 ans plus tard, si elles portent désormais le nom du jeune disciple de Bach, les Variations Goldberg sont néanmoins étroitement liées au nom d'un autre pianiste: Glenn Gould.
En effet, à 23 ans seulement, ce jeune canadien chamboule le paysage musical avec son premier enregistrement des 32 variations: la virtuosité et la technique de Gould impressionnent, mais l'originalité de son jeu déconcerte les critiques. Quoi qu'il en soit, l'interprétation de Bach au piano ne sera plus la même après cet enregistrement. En 1981, la boucle est bouclée puisque, peu avant de mourir, Gould réenregistre une nouvelle version de "ses" varaiations. Plus cohérente que la précédente selon la pianiste canadien, celle-ci retentit lors de sa cérémonie d'enterrement, comme-ci, presque malgré lui, Gould n'avait jamais réussi à se défaire de cette oeuvre qui marqua le début puis la fin de sa carrière.

 Avec les célèbres premières notes et trilles de l'Aria, tout en douceur et en retenue, Gould nous invite à accomplir avec lui ce pélerinage en quête d'absolu, de beauté, de plénitude que constituent ces 32 variations. Difficile de ne pas être du voyage, tant la subtile lascivité de ce thème nous renvoie à une perfection que l'on croyait réservée aux enfantements de la nature. Avec une délicatesse incroyable, sûr de son effet, le pianiste canadien ralentit à l'extrême son interprétation de ces premières mesures et prend le temps de nous conduire où il le désire. Aucun ornement n'est ici superflu, chaque note est une pierre sans laquelle le monument ne serait le même. Qui mieux que Glenn Gould, réputé pour sa faculté à séparer chaque note et à lui donner la clarté nécessaire, pouvait alors interpréter ces variations et faire rejaillir parfaitement leur polyphonie ? Avachi sur son piano tel un bossu, les doigts à plat, fredonnant les airs qu'il joue,  Gould, avec son jeu si clair, si précis, parvient pourtant à masquer l'énorme difficulté de cette oeuvre pour nous faire parvenir uniquement l'essentiel: la musique.
En ne construisant ces variations non par rapport à un thème mais en répétant la structure harmonique de la basse, Bach évite l'ecueil de la répétition. Et si chacune des variations recèle une telle richesse harmonique et contra-pointique qu'elle nécessiterait une chronique à elle seule, celles-ci forment pourtant indéniablement un tout: tantôt entraînantes et joyeuses, tantôt mélancoliques, elles sont toutes d'une subtilité, d'une grâce sidérante. Et si la richesse polyphonique des variations ne se dévoile progressivement qu'au fil des écoutes, on goûte pourtant dès notre première immersion dans l'oeuvre à ces mélodies qui se répondent, se superposent, se jouent d'elles mêmes, des autres, de nous.
Avec son dernier enregistrement, Glenn Gould entre définitivement dans la légende aux côtés des Horowitz, Rubinstein et autres monstres sacrés du piano. Quant aux Variations Goldberg, elles seront encore maintes et maintes fois interprétées (bien ou mal), mais elles demeurent aujourd'hui étroitement liées au nom du pianiste canadien, jusqu'à ce qu'un jour peut-être un autre interprète magnifie autant cette oeuvre phare du répertoire classique.

 

Vidéo de l'enregistrement des Variations Goldberg par Gould ici.

A écouter : en entier