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Biographie

Iron Maiden

Alors qu'à la fin des années 1970 le hard rock commence à tourner en rond, Iron Maiden, chef de fil de la New Wave Of British Heavy Metal (NWOBHM), va relancer le mouvement en y apportant vitesse, énergie et mélodie.
Formé à Londres en 1976 par le bassiste Steve Harris, le groupe commence à écumer les clubs d'Angleterre et finit par se bâtir une solide réputation. Après quelques changements de line-up, c'est avec Harris à la basse, Dave Murray et Dennis Stratton à la guitare, Cilve Burr à la batterie et Paul Di'Anno au chant que le groupe sort son premier album éponyme. Bien qu'enregistré dans des conditions non idéales, le single Running Free fut très largement remarqué. Pour son second effort, Killers, le groupe bénéficie d'une meilleure production et voit le remplacement de Stratton par Adrian Smith.
Mais c'est véritablement avec The Number Of The Beast et l'arrivée de Bruce Dickinson (auparavant dans Samson) au chant, que le groupe franchit un palier : les titres The Number Of The Beast, Run To The Hills ou encore Hallowed Be Thy Name sont de véritables hits et la mascotte Eddie est reconnue de tous. Piece Of Mind en 1983 confirmera le nouveau statut de Maiden et se classera numéro 3 des ventes en Angleterre. Le groupe subit alors un nouveau changement de line-up puisque le batteur Clive Burr cède sa place à Nicko McBrain, qui a notamment joué avec les français de Trust. Les Anglais enchaînent les tournées puis se remettent au travail pour ce qui sera Powerslave. Celui-ci comporte évidemment son lot de singles (Aces High, Two Minutes To Midnight) et sera suivi d'une tournée mondiale spectaculaire qui sera immortalisée par le mythique Live After Death.
De retour de cette harassante tournée, le groupe se trouve coincé entre deux eaux : d'un coté ils ont réussi à conquérir le monde et sont devenus une référence indiscutable du genre mais de l'autre, des critiques de plus en plus nombreuses leur reprochent de ressortir inlassablement la même formule depuis trois albums. La Vierge De Fer répond aux critiques par deux albums plus mélodiques et  utilisant pour la première fois un synthé : Somewhere In Time en 1986 puis 2 années plus tard Seventh Son Of A Seventh Son un concept album qui offrira au groupe son second album classé numéro 1 de l'autre coté de la Manche. Comme à son habitude, le groupe tournera intensément pour promouvoir ces deux albums, ce qui le conduit à s'offrir enfin un vrai break. Les rumeurs de séparation se multiplient, d'autant plus que Dickinson s'offre une escapade en solo. Que nenni : Steve Harris, le cerveau du groupe, reprend les choses en main et annonce un album en forme de retour aux sources. Ceci n'est pas du goût d'Adrian Smith qui quitte le groupe et est remplacé par Janick Gers. No Prayer For The Dying sort en 1990 et le single Bring Your Daughter To The Slaughter apportera au combo son premier single numéro 1.
Cepedant, Dickinson commence à se lasser et aimerait se consacrer à sa carrière solo. Il enregistre néanmoins Fear Of The Dark et assure la tournée qui suivra avant de se retirer. Deux albums live sortiront simultanément : A Real Live One centré sur les singles récents du groupe et A Real Dead One comportant les morceaux plus classiques du groupe. Mais Dickinson est vénéré par les fans du groupe et le remplacer ne sera pas une mince affaire. Les auditions vont s'enchaîner et c'est finalement Blaze Bailey du groupe Wolfsbane qui sera choisi. Celui-ci enregistrera deux albums avec le groupe : X-Factor en 1995 et Virtual XI en 1998. Iron Maiden est alors dans le creux de la vague et rebondit en annonçant en 1999 le retour de Bruce Dickinson au chant et d'Adrian Smith à la guitare, le groupe comptant désormais trois guitaristes ( !!!). Le pari est réussi : les fans se pressent à nouveau dans les stades pour voir jouer le groupe dans sa formation classique. De nombreuses compilations et autres live sont alors sorties par la maison de disques, histoire de capitaliser sur le nouveau buzz entourant Maiden. C'est sous la forme d'un sextet que le groupe sort désormais ses albums studio, tous bien accueillis par la presse : Brave New World en 2000, Dance Of Death (en 2003) et A Matter Of Life And Death (en 2006). En 2008, parallèlement à la réédition DVD du Live After Death, le groupe se lance dans une nouvelle tournée mondiale nommée Somewhere Back in Time World Tour. Cette tournée reprend essentiellement les décors du célèbre World Slavery Tour de 1984 et la setlist y est largement inspirée (retour de Powerslave et The Rime of the Ancient Mariner notamment). Autre particularité, un avion, baptisé Ed Force One, qui est piloté ni plus plus moins que par Bruce Dickinson, est affrété par le groupe et la première partie de la tournée fait l'objet d'un documentaire, Flight 666. Pour la première fois ils passent au Costa Rica, en Colombie, en Équateur et au Pérou, l'Ed Force One leur permet également de retourner en Australie et en Nouvelle-Zélande. La dernière partie de la tournée s'achève en avril 2009, au total le Somewhere Back in Time World Tour aura attiré deux millions de spectateurs pour 90 représentations. En février 2009, Iron Maiden remporte le Brit Awards (équivalent britannique des Victoires de la musique) pour la meilleure prestation scénique 2008. Août 2010, le groupe sort The Final Frontier, pour la première fois l'album atteint la première position des ventes d'albums en France. Dans la veine d'A Matter of Life and Death, c'est l'album le plus progressif de leur carrière. Sur la pochette, Eddie change une nouvelle fois d'apparence. En 2012 sort un énième album live, En Vivo! (enregistré à Santiago du Chili pendant le Final Frontier World Tour). Été 2012, sur le même principe que le Somewhere Back in Time World Tour, Iron Maiden repart sur les routes avec un spectacle inspiré de la tournée Seventh Tour of a Seventh Tour. En référence à la VHS du concert de Birmingham de novembre 1988, la tournée s'appelle le Maiden England World Tour. Début 2015 alors que le groupe s’apprête à annoncer la sortie d’un nouvel album, nous apprenons que Bruce Dickinson lutte contre un cancer de la langue et qu’il est sous traitement. Plus de peur que de mal, le chanteur a été traité à temps, sans parler de guérison totale, il va bien mieux et peut de nouveau assurer les shows. Fin juin Iron Maiden annonce enfin la sortie de ce nouvel album, Books of Souls sera dans les bacs en septembre. Il devrait être épique, puisque sa durée est de 96 minutes. 

15 / 20
28 commentaires (14.32/20).

The Final Frontier ( 2010 )

De la première écoute de ce nouvel album d’Iron Maiden, vous ne retiendrez probablement rien (du moins c’est ce qui m’est arrivé). Parce que ce nouvel album est dense, complexe, fouillé, très long : les structures des morceaux ne jouent pas la facilité, les introductions durent parfois plus de 4 minutes (celle de The Final Frontier par exemple), etc. Il s’inscrit ainsi dans la droite lignée des dernières livraisons du combo, notamment le précédent A Matter Of Live And Death, c’est-à-dire dans une coloration très progressive. Bref, on est loin de la relative accessibilité d’un Number Of the Beast par exemple.
Mais ne paniquez pas ! Et surtout n’abdiquez pas ! Il vous faudra certes un peu de patience mais vous en arriverez à bout !
Petit à petit vous arriverez à capter certaines choses de l’album. A commencer par son concept : The Final Frontier est en effet marqué par une dimension spatiale nouvelle pour Maiden. Un concept que le groupe développe avec plus ou moins de profondeur mai qui apporte son petit lot de nouveautés, à commencer par la pochette du disque plaçant Eddie dans le cosmos ou bien et par l’intro du disque, la bien nommée Satellite 15. Puis vous capterez également certaines choses un peu plus accessibles que l’ensemble du l’album : les refrains de The Final Frontier et Mother Of Mercy, la cavalcade de El Dorado (premier single du disque), la semi ballade Coming Home, le speed The Alchemist (seul titre en dessous des 5 minutes) ou encore les morceaux fleuves particulièrement inspirés When The Wild Wind Blows (11 minutes !) et The Talisman signés respectivement Steve Harris et Janick Gers.
Et enfin, avec encore quelques écoutes supplémentaires, l’album se livrera à vous. A ce moment là, et seulement à ce moment là, vous réaliserez qu’Iron Maiden, malgré une carrière longue comme mon bras, arrive encore à faire avancer sa recette de quelques degrés, sans se reposer sur ses lauriers. Vous saisirez le boulot impressionnant qu’ont encore accompli ces 6 bonhommes sur cet opus (les solos, les lignes de chant, les harmonies de guitares, ….). Vous comprendrez que, même si ce disque n’est pas parfait (certains morceaux auraient probablement pu être raccourcis, Dickinson en fait parfois à peine trop, etc.), Maiden continue de vendre de l’énergie par palette entière. Oubliez le Red Bull, l’Actimel et tous ces trucs : si vous voulez être plus forts, écoutez Iron Maiden.

A écouter : When The Wild Wind Blows, The Talisman
15 / 20
4 commentaires (17.5/20).

Flight 666 ( 2009 )

Question records et grandes prouesses, Iron Maiden n'en est plus à son coup d'essai. Déjà entre 1984 et 1985 le Slavery World Tour les avait entraîné sur les routes durant 331 jours, pour presque 200 concerts. C'est un peu de cette magie là que le groupe anglais a voulu retrouver en 2008. Flight 666 immortalise le parcours de Maiden sur presque tous les continents avec des vieilleries remisées dans le grenier depuis 20 ans. Des titres de The Number of the Beast à Powerslave, de Piece of Mind à Somewhere in Time, et deux-trois ritournelles extraites de Fear of the Dark, 7th Son of the 7th Son ou Iron Maiden. Somewhere Back in Time Tour, c'est surtout un formidable pari auquel s'est attaqué le groupe : parcourir 50 000 km en avion sur le Ed Force One commandé par Bruce Dickinson himself, avec 12 tonnes de matos à trimbaler sur 23 dates. Pas mal de chiffres donc mais pas seulement. Certes le groupe s'offre une tournée de darons, golf, jacousi et compagnie, et déroule son show sans trop se fouler non plus. Mais quand on peut se payer un Boeing 757, on part pas sur les routes du globe uniquement pour le pognon.

Iron Maiden n'a jamais eu l'habitude de se dévoiler dans ses interviews et ce Flight 666 ne nous en apprendra pas davantage que ce que l'on sait déjà, à savoir que ses membres ne se la pètent pas vraiment (pas d'avalanche de stars aux concerts exceptés à New Jersey où l'on aperçoit Lars Ulrich, Dio, Tom Morello et Lita Ford dont les posters ont émoustillé toute une génération de hardos dans les années 80), que ses membres sont issus de la classe ouvrière, que Mac Brain en plus de son rôle de public relation est un véritable clown, que le timide Harris en plus d'être supporter d'une équipe de coupe-jambes a un accent cockney à couper au couteau et qu'il ne déparerait pas dans un film de Loach. Pas de révélation donc et pour cause, ce dvd a surtout été fait pour les fans du groupe qui habitent au bout du monde et qui n'ont pas l'habitude de les voir. On nous a bassiné avec l'universalité de Mickael Jackson. Excepté l'Afrique, Iron Maiden est sur toutes les lèvres, dans toutes les oreilles, et ce sont des masses de fans qui se précipitent dans les stades ou dans les parcs pour assister aux shows. Certes l'Europe ou les States le lui ont bien rendu mais pas comme l'Amérique du Sud où depuis belle lurette les anglais font partie du panthéon local. La ferveur qui accueille les anglais au cours de ce périple de 11 dates peut toujours en témoigner.
 
Bien que tout soit réglé au poil de cul, il est quand même réconfortant de voir des gugusses de cinquante balais se trémousser comme des gosses de quinze ans. Réconfortante aussi cette longévité qui permet à Iron Maiden de quasiment faire la jonction entre deux générations, démontrant que la musique est un virus incurable de jouvence, permettant un prolongement substantiel de l'adolescence. On reste admiratif devant l'énergie déployée et l'envie de jouer, et on n'est pas étonné qu'aucun membre du groupe ne parle de retraite. Comme ACDC et Motörhead, Iron Maiden a accédé au statut de mythe. Désormais il est vain de vouloir disserter sur sa musique.

A écouter : A voir, plutt.
15 / 20
76 commentaires (15.36/20).
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A Matter Of Life And Death ( 2006 )

Iron Maiden est une institution. Une putain d’institution. Ni plus ni moins. Et à ce titre, chaque nouvel album de la Vierge de Fer est un événement. Chaque nouvel album studio devrait-on préciser, les énièmes best-of, live et autres coffrets collector étant eux d’un intérêt parfois limité, prenant réellement les fans du groupe pour des pompes à fric. Face aux déclarations tapageuses des membres du groupe («blablabla, ceci est notre meilleur disque depuis longtemps, blablabla ») et aux prétendus chamboulements apportés par ce A Matter Of Life And Death (un retour marqué au prog’), un track by track s’imposait donc.

Avant de parler de la musique en tant que telle, il convient de dire deux mots de la pochette de l’objet : une pochette à la fois sécurisante et rebutante. Sécurisante parce qu’elle place d’entrée le fan de Maiden en terrain balisé, avec la tête d’Eddie, gardienne de la tradition. En ce sens, le groupe caresse ses fans dans le sens du poil et ceux-ci le lui rendent bien. Mais rebutante pour les novices parce que cette tête de mort, à travers les clichés qu’elle traîne derrière elle, est susceptible d’entraîner un jugement hâtif sur les paroles du disque. Ecrites autour d’un thème central qui est la guerre (un thème toujours autant d’actualité…), elles traitent le sujet sous des angles variés et sont particulièrement soignées. 

Different World : le morceau le plus court du disque. Un des plus classiques aussi, idéal pour ouvrir un album et rassurer les fans. Un titre entraînant, énergique avec des partis de guitares mélodiques comme Maiden sait le faire. On le croirait tout droit sorti des sessions d’enregistrement de Brave New World. On sent en tout cas pleinement le place de plus en plus importante prise par Adrian Smith dans la composition.
These Colours Don’t Run : on rentre petit à petit dans le vif du sujet, les morceaux commencent à s’allonger. Le break est particulièrement marquant par son atmosphère et apporte son lot de « oh oh oh oh oh oh » taillé pour la scène et qu’on imagine déjà repris en chœur par la foule.
Brighter Than A Thousand Suns : ça y est, on est en plein dedans ! Un titre aux relents progressifs de presque 9 minutes, le synthé apporte du relief aux mélodies de guitares et rend le titre entêtant.
The Pilgrim : chanson un peu plus classique pour les Anglais mais tout aussi intéressant. Le morceau comporte notamment un excellent passage oriental juste après chaque refrain qui dynamise et renforce l'impact générale du titre.
The Longest Day : encore un morceau qui tue. Le pré-refrain et le refrain sont somptueux, la voix de Dickinson fait mouche. Toute résistance est vaine et il est inutile de lutter : Maiden a toujours eu et a encore aujourd'hui un sens aiguisé de la composition. 
Out Of The Shadows : une ballade vraiment très (qui a dit trop ?) proche de Waisting Love qui apparaissait sur l’album Fear Of The Dark. La ressemblance est vraiment frappante sur certains passages (les couplets notamment) qu’on serait presque tenter d’accuser le groupe de plagiat s’il ne s’était pas copier lui-même.
The Reincarnation Of Benjamin Breeg : le single qui a précédé la sortie disque. Assez inhabituel pour Iron Maiden car basé sur un rythme mid-tempo très efficace et doté d’un gros riff bien lourd immédiatement mémorisable. On est très loin des cavalcades à l’ancienne, typiques du groupe, mais le résultat 'rocke' et c’est bien le principal. Un futur classique?
For The Greater Good Of God : un autre morceau très prog’ dans l’âme. Le morceau se développe autour d’un complet saccadé suivi d’un refrain grandiloquent de Dickinson accompagné par des samples organiques du plus bel effet, avant d’enchaîner sur break très progressif entrecoupé de solos de guitares impériaux.
Lord Of Light : probablement le moins bon titre de l’opus. Sans grande cohésion, sans passage vraiment saillant : il ne se retient pas comme les autres titres. Pire, il s’oublie vite.
The Legacy : le titre le plus déroutant de l’album avec ses guitares sèches très LedZeppelinienne, son refrain décalé, … une ouverture sur le futur ?
 
Dire que ce nouveau Maiden est le meilleur album de groupe serait non seulement exagéré à la vue de la discographie du groupe (The Number Of The Beast, Iron Maiden, Powerslave, etc.  quand même, merde !) et d’autre part prématuré. On reconnaît la qualité d’un disque sur la durée. Ce qu’on peut néanmoins affirmer, c’est que les Anglais nous livre là un très bon disque apportant de-ci de-là des petites nouveautés (un petit virage vers la musique progressive) à son heavy-metal traditionnel, que le groupe propage sans relâche depuis des millénaires (comment ça j’exagère ?). Et c’est quand même méchamment rassurant de voir qu’un groupe de cette envergure (en terme d’années d’activité, de [bons] disques sortis, d’exemplaires vendus, …) continue à essayer d’évoluer. Attention, on parle d’évolution, pas de révolution : les nouveautés sont distillées par petites touches mais elles sont judicieuses.

Quelques secondes de chaque titre sont écoutables sur le site du groupe, .

A écouter : The Reincarnation Of Benjamin Breeg, The Longest Day, Brighter Than A Thousand Suns, The Pilgrim, For The Greater Good Of God