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Biographie

Integrity

Integrity se forme à Cleveland en 1989 sur les cendres de Die Hard, combo local dans lequel officient Aaron Melnick, Chubbie Fresh et Dwid Van Hellion. Le trio est rejoint par Tom Brose (ex-Confront). Durant deux années, plusieurs modifications de line up vont s'opérer. Après avoir recruté un second guitariste en la personne de Chris Smith (ex-False Hope), Brose et Fresh sont respectivement remplacés par Lennie Melnick, frangin d'Aaron, et Dave Araca. C'est sous cette mouture qu'Integrity enregistre son premier album Those Who Fear Tomorrow en 1991.
Plusieurs tournées s'enchaînent alors où le groupe se forge une notoriété lui valant une signature sur Victory Records. La sortie de Systems Overload en 1995 le propulse au devant de la scène hardcore.
Après une période de stabilité, le turn over reprend. Chris Smith est remplacé par Franck Novinec (Terror, Hatebreed) et Araca laisse sa place à Chris Dora pour l'enregistrement des albums Humanity Is The Devil et Seasons in the Size Days qui, outre le fait qu'ils soient fortement imprégnés des proccupations religieuses de Dwid, permettent à Integrity d'élargir son cercle de fans au metal.
Le départ d'Aaron Melnick en 1999 marque un tournant. Dwid rebaptise momentanément le combo Integrity 2000 et s'associe au guitariste Dave Felton pour écrire l'album du même nom.
A partir de la sortie de To Die For, Integrity tourne en Europe, plus intensément deux ans plus tard quand la nouvelle incarnation prend vie avec les frères Jochum.
En 2008, Integrity s'engage dans une grande tournée aux côtés de Converge et Coliseum et commence à réfléchir à son nouvel album.

Howling, For The Nightmare Shall Consume ( 2017 )

Integrity signe son grand retour pour la énième fois. Ou bien ne sont-ils jamais vraiment partis ? Difficile à dire vu de l'extérieur, mais quoi qu'il en soit c'est avec Howling, For The Nightmare Shall Consume, sur lequel est apposé l'étiquette Relapse Records, qu'ils nous reviennent en cet été 2017 et c'est déjà un petit exploit. C'est qu'avec une carrière qui s'étale sur plus de 20 ans, une discographie qui compte quelques ratés et surtout des changements de line up réguliers, réussir à faire parler de soi est déjà une réussite. Alors quand, de surcroît, le groupe se permet de lâcher un disque excellent de près d'une heure, on se dit que Dwid Hellion est increvable.

Increvable mais pas immuable, loin s'en faut à vrai dire et le ton est donné dès l'entrée en matière, « Fallen To Destroy », Integrity n'est pas revenu pour nous asséner le même disque de Hardcore metallisé que par le passé : ça ils l'ont déjà fait et si vous en voulez tant, autant réécouter To Die ForThose Who Fear Tomorrow ou Seazons in the Size of Days. Le cru 2017 va chercher du côté du Black, du Thrash, du Crust et du Heavy traditionnel et le mixe avec les thèmes traditionnels du groupe, à savoir la déchéance de l'humanité, la volonté de la voir s'effondrer et bien d'autres choses réjouissantes, le tout enveloppé de la voix bestiale et hargneuse du vocaliste qui, elle non plus, n'a rien perdu de sa superbe.

Howling, For the Nightmare Shall Consume n'est donc pas un disque quelconque dans la carrière de la formation, il marque une évolution bienvenue et surtout il regorge de très bonnes idées qui fourmillent aux quatre coins des 14 (!) titres que comporte l'album, si vous tenez compte des titres bonus. Et ill va falloir vous accrocher, puisque entre le riff Heavy Metal 80's de « Die With Your Boots On », les blast beats Black Metal de « Blood Sermon », les rythmiques D-beat disséminées un peu partout et les traditionnelles boucheries Metalcore 90's, il va falloir garder les yeux grands ouverts pour ne rien rater du spectacle. Histoire de nous éblouir encore un peu plus, il y a des soli. Partout, tout le temps, mais jamais trop. Il faut dire qu'ils sont réussis, toujours en adéquation avec le morceau, alternant entre le shredding le plus intense à faire pâlir d'envie n'importe quel Thrasher et les explorations mélancoliques, comme sur le surprenant mais très réussi « Serpent of the Crossroads ». Sur ce dernier, Integrity joue une carte semblable à celle que montre Crowbar depuis le début de sa carrière, à mi-chemin entre l'ambiance triste et la franchise désabusée d'un vieux routard un peu brut de décoffrage.

Et on ne vous a pas encore parlé de « Unholy Salvation of Sabbatai Zevi », de son ambiance occulte au tempo ultra lent, pour notre plus grand plaisir c'est bien vrai, qui précède cette accélération que ne renierait pas Motörhead, de « 7 Reece Mews » et de son ambiance chamanique et désertique ou même carrément de « String Up My Teeth » et de ses chœurs féminins couplés aux hurlements de Hellion. Le mieux dans tout ça, c'est que même les titres bonus sont réussis et surtout « Viselle de Vrac » qu'on vous laisse le soin de découvrir, il faut bien que vous ayez un peu de surprise.

On pourrait en parler des heures tant il y a de choses à dire alors contentons-nous du plus important : Howling, For The Nightmare Shall Consume est une franche réussite. Il regorge d'idées qui sont très bien exploitées et s'il est long, ce n'est pas pour rien. Avec des titres de plus de sept minutes et surtout autant de nouveautés, il fallait forcément les caser quelque part. Pourtant, aucune lassitude à l'écoute, rien que du plaisir et une franche envie de se le repasser. Le pari était risqué, surtout lorsque l'on tient compte du nombre d'éléments présents, mais au final rien qui ne soit pas maîtrisé sur le bout des doigts, au contraire. 26 ans après leur premier album, Integrity nous offre une pépite qui se classe directement dans le trio de tête de sa discographie et rien que ça, c'est très fort.

A écouter : jusqu'aux titres bonus

The Blackest Curse ( 2010 )

Ce nouvel album d'Integrity, on l'attendait sans plus l'attendre tant Dwid a pris son temps pour mettre en place ses idées noires. Huit années en gros pour le faire naître, le laisser mûrir et le peaufiner. Dans la douleur donc. Aussi on ne peut qu'être surpris de le voir sortir comme une louffe alors que, vu le passif du groupe, on peut raisonnablement le considérer comme un évènement, d'autant plus que la formation de Cleveland fait désormais partie de la salle des trophées de Deathwish Inc.

Sans être de réelles surprises, contre toute attente, The Blackest Curse apporte son lot de satisfactions. Integrity cède encore plus le flanc aux sirènes thrash metal, plus précisément celles de Slayer époque Hell Awaits ("Simulacra", "Learn to Love the Lie"). Certes c'est hyper tendance en cette période de revival intense (on se croierait revenu en 1985) et le groupe donne l'impression de prendre le train en marche, mais dans le genre ne fait pas moins que Converge et son Axe to Fall. Le fait est que le résutat est assez à la hauteur et la galette possède tout de même quelques morceaux de bravoure ("Process of Illumination") même si on pourra toujours reprocher ce côté pantouflard surgissant de temps en temps ("Spiderwoven"). On appréciera davantage l'exposition d'un profil plus obscur et écorché avec "Before the World Was Young", angoissante immersion acoustique très bien foutue, exacerbée par le chant poussé à l'extrême de Dwid, exagérément surproduit d'ailleurs, qui lui permet un peu de calmer sa mégalomanie tout en expectorant ses inhibitions, ainsi que la présence de riffs moins basiques que d'habitude comme sur l'excellent "Invocation of the Eternally Coil Serpent".

Rien de nouveau derrière le brouillard donc, mais loin d'être anecdotique, The Blackest Curse est un bon album d'Integrity qui maintiendra le statu quo entre les amateurs et les pourfendeurs du groupe.

Tracklist : 1. Process of Illumination*, 02. Through the Shadows of Forever, 3. Simulacra, 4. Learn to Love the Lie*, 5. Secret Schadenfreude, 6. Before the World Was Young, 7. The Last Great Seance, 8. Spiderwoven, 9. Invocation of the Eternally Coiling Serpent, 10. Take Hold of Forever

A écouter : Simulacra, Invocation of the Eternally Coiling Serpent

Palm Sunday ( 2006 )

Bien qu'Integrity n'ait rien sorti de nouveau depuis Closure, il ne se passe presque pas une année sans que Dwid Van Hellion y aille de sa petite réédition. Peut-être histoire d'entretenir la flamme et de laisser espérer une véritable reformation que les dernières tentatives infructueuses rendent toutefois plus qu'hypothétique.
On ne peut pourtant pas accuser Dwid de mercantilisme. Que ce soit avec In Contrast of Tomorrow ou Silver in the Hands of Time, l'accent a toujours été mis sur du matos plus ou moins rare ou inédit, vieilleries essentiellement destinées aux puristes. Palm Sunday qui sort sur Spook City Records ne s'adresse pas à d'autres qu'eux.     

Enregistré avec la formation originale lors d'un concert en 1992 au Peabody de Cleveland, le répertoire est essentiellement composé de morceaux extraits du premier album Those Who Fear Tomorrow qui posait les bases de ce hardcore holy terror dans lequel allaient s'engouffrer bon nombre de groupes tels que Ringworm ou Starkweather, un style associant la rythmique lourde et les mélodies métal - des morceaux truffés de soli, faut aimer - à la violence du hardcore. Le son y est des plus rustiques, brut de décoffrage et sans aucun effet superflu, parfois difficile à appréhender notamment celui des guitares, dont la saturation extrême peut rebuter et ferait même perdre sa vigueur à l'ensemble sans la voix caractéristique de Dwid qui domine largement les débats. Mais au delà de ces considérations techniques, Palm Sunday est surtout l'occasion de redécouvrir ce qui désormais s'apparente à des classiques tels que "Dawn of a New Apocalypse", "Rebirth" ou "Judgement Day".

Le skeud est assorti d'un dvd, transcription visuelle du concert du Peabody ce qui, étant donné le caractère assez médiocre de la prise audio, revêt un tout autre intérêt. Bien qu'assez sommaire, on assiste tout de même à une réalisation correcte, deux caméras se partageant les prises de vue dans la salle et sur la scène. Elle est en tous cas suffisante pour capter la réelle intensité d'un concert d'Integrity, déjà largement tributaire du charisme naissant de Dwid faisant oublier l'attitude statique de ses compagnons, mais également pour mesurer la notoriété précoce du combo de Cleveland, comme en témoigne la participation du public sur certains titres.

Au final, Palm Sunday apparaît surtout comme un document d'archive et ne constitue donc pas le meilleur moyen de découvrir Integrity. En revanche, il s'avèrera indispensable à certains fans qui y retrouveront avec plaisir et nostalgie un groupe mythique, et en consolera d'autres de n'avoir jamais pû assister à un de ses concerts.

Télécharger : "Rebirth"

A écouter : "Dawn of a New Apocalypse", "Those Who Fear Tomorrow", "Die hard"