Bien qu'Integrity n'ait rien sorti de nouveau depuis Closure, il ne se passe presque pas une année sans que Dwid Van Hellion y aille de sa petite réédition. Peut-être histoire d'entretenir la flamme et de laisser espérer une véritable reformation que les dernières tentatives infructueuses rendent toutefois plus qu'hypothétique.
On ne peut pourtant pas accuser Dwid de mercantilisme. Que ce soit avec In Contrast of Tomorrow ou Silver in the Hands of Time, l'accent a toujours été mis sur du matos plus ou moins rare ou inédit, vieilleries essentiellement destinées aux puristes. Palm Sunday qui sort sur Spook City Records ne s'adresse pas à d'autres qu'eux.
Enregistré avec la formation originale lors d'un concert en 1992 au Peabody de Cleveland, le répertoire est essentiellement composé de morceaux extraits du premier album Those Who Fear Tomorrow qui posait les bases de ce hardcore holy terror dans lequel allaient s'engouffrer bon nombre de groupes tels que Ringworm ou Starkweather, un style associant la rythmique lourde et les mélodies métal - des morceaux truffés de soli, faut aimer - à la violence du hardcore. Le son y est des plus rustiques, brut de décoffrage et sans aucun effet superflu, parfois difficile à appréhender notamment celui des guitares, dont la saturation extrême peut rebuter et ferait même perdre sa vigueur à l'ensemble sans la voix caractéristique de Dwid qui domine largement les débats. Mais au delà de ces considérations techniques, Palm Sunday est surtout l'occasion de redécouvrir ce qui désormais s'apparente à des classiques tels que "Dawn of a New Apocalypse", "Rebirth" ou "Judgement Day".
Le skeud est assorti d'un dvd, transcription visuelle du concert du Peabody ce qui, étant donné le caractère assez médiocre de la prise audio, revêt un tout autre intérêt. Bien qu'assez sommaire, on assiste tout de même à une réalisation correcte, deux caméras se partageant les prises de vue dans la salle et sur la scène. Elle est en tous cas suffisante pour capter la réelle intensité d'un concert d'Integrity, déjà largement tributaire du charisme naissant de Dwid faisant oublier l'attitude statique de ses compagnons, mais également pour mesurer la notoriété précoce du combo de Cleveland, comme en témoigne la participation du public sur certains titres.
Au final, Palm Sunday apparaît surtout comme un document d'archive et ne constitue donc pas le meilleur moyen de découvrir Integrity. En revanche, il s'avèrera indispensable à certains fans qui y retrouveront avec plaisir et nostalgie un groupe mythique, et en consolera d'autres de n'avoir jamais pû assister à un de ses concerts.
A écouter : "Dawn of a New Apocalypse", "Those Who Fear Tomorrow", "Die hard"