Chroniques
Pochette /ʃɛn/
Pochette Now that I know I am Responsible
Pochette Arcturian
Pochette Songs Of Love And Death
Pochette Emperor of Sand
Pochette Dead Doll Pochette I
Découverte
Pochette First Crime

logo Helmet

Biographie

Helmet

Jeremy Chatelain - basse
Mike Jost - batterie
Page Hamilton - chant/guitare
Chris Traynor - guitare

Page Hamilton débarque de son Oregon natal dans les années 80 afin de poursuivre à New-York des études de guitare jazz à la Manhattan School of Music. Alors qu'il joue dans un groupe nommé Band Of Susans, il découvre Big Black, Killing Joke, Wire et Sonic Youth.
En 1989, il forme Helmet avec Henri Bogdan à la basse, l'australien Peter Mengede à la guitare et le batteur John Stanier, connu sur la scène hardcore de Floride. Le groupe est très vite repéré par Tom Hazelmeyer, patron d'Amphetamine Reptile Records (The Melvins, Cows, Unsane, Chokebore, Today Is The Day, The Thrown Ups), qui le fait signer sur son label. Après avoir enregistré quelques chansons pour des compils, Helmet sort un ep intitulé Born Annoying. Le premier album, Strap It On, produit par Warthon Tiers, voit le jour en 1990. Le groupe acquiert rapidement une notoriété importante car la musique qu'il propose est très originale : nerveuse et lourde, répétitive et syncopée. Helmet est également atypique de par son look : les musiciens sont très cleans et ne correspondent pas aux canons du metal de cette période.
L'impact d'Helmet est suffisament notoire pour que de gros labels s'y intéressent. En 1991, Page Hamilton négocie un gros contrat avec Interscope (The Hives, No Doubt, Trail Of Dead, Queens Of The Stone Age, U2), tout en gardant un contrôle total au plan artistique. L'album Strap It On est réenregistré en novembre puis le groupe entre en studio à New-York, de décembre à février. Le deuxième album, intitulé Meantime, sort en juin 1992. Il est entièrement produit par Helmet et mixé par Andy Wallace (Nirvana, Rage Against The Machine, Slayer, Sonic Youth, The Strokes, System Of A Down, Sepultura, Rise Against). A noter que le morceau "In The Meantime" a été travaillé avec Steve Albini (Nirvana, Nine Inch Nails, TortoiseFlogging Molly, Gogol Bordello, Pixies, Neurosis). Cet album projette Helmet au premier plan : il sera disque d'or aux U.S.A. et le morceau "Unsung" va devenir un véritable hit. Trois vidéos sont réalisées pour "Give It", "In The Meantime" et "Unsung". Le groupe part ensuite en tournée avec Ministry, Sepultura, Quicksand et The Melvins.
A la suite de tensions internes, Peter Mengede quitte Helmet au début de l'année 1993 et va fonder Handsome avec le guitariste Tom Capone de Quicksand et Pete Hines, ex-batteur de Murphy's Law et des Cro-Mags. Il est remplacé par Rob Echeverria de Rest In Pieces. Helmet, reconnu par toutes les tendances musicales, poursuit son travail et collabore avec House Of Pain sur le morceau "Just Another Victim" pour la compil rock-rap Judgement Night.
Le troisième album, Betty, sort en 1994. Il est produit par Helmet et T-Ray et mixé par Andy Wallace. Il est salué par la critique comme l'album le plus accompli et le plus expérimental du groupe, qui produit effectivement une musique très riche où l'on sent des influences jazz, blues et funk. Trois vidéos sont réalisées pour "Biscuits for Smut", "Wilma's Rainbow" et "Milquetoast". La tournée qui s'ensuit, en compagnie de Rage Against The Machine et Rollins Band, est un énorme succès pour Helmet, mais à la fin de celle-ci, Rob Echeverria quitte la formation et rejoint Biohazard.
En 1995, le groupe réenregistre Born Annoying en y ajoutant des morceaux inédits ou remixés. Il compose également des chansons pour des films, telles "Complete" pour Johnny Mnemonic, "Disagreeble" pour Feeling Minesota ou "Symptom of the Universe" (reprise de Black Sabbath) pour The Jerky Boys.
Il faudra patienter jusqu'en mars 1997 pour écouter Aftertaste. L'album sort en effet avec six mois de retard car Helmet n'était pas satisfait de sa première réalisation. Enregistré par P. Hamilton, H. Bogdan et J. Stanier, l'album est produit par le groupe et Dave Sardy (Red Hot Chili Peppers, Nine Inch Nails, System Of A Down, Slayer, Marilyn Manson, Vision Of Disorder), mixé par Terry Date (Prong, White Zombie, Pantera). Malgré sa qualité, l'intérêt d'Interscope pour le groupe diminue. Le guitariste Chris Traynor d'Orange 9mm est recruté pour effectuer la tournée.
La mauvaise entente et les tensions permanentes générées au sein du groupe entraînent sa séparation en 1999. Henri Bogdan part jouer dans Midnight Serenaders. John Stanier, après l'abandon de la batterie pendant un an, reprend dans Tomahawk puis joue dans The Mark Of Caïn et Battles. Page Hamilton, figure centrale d'Helmet, travaille sur un projet solo et apporte sa contribution auprès de divers artistes tels David Bowie ou Nine Inch Nails. Il compose des morceaux pour des films et forme un groupe du nom de Gandhi.
Une compilation retraçant la carrière d'Helmet, nommée Unsung : The Best Of Helmet 1991-1997 sort en 2001 et semble entériner définitivement la dissolution du groupe.
Après s'être installé à Los Angeles, Page Hamilton travaille avec le batteur John Tempesta (Testament, White Zombie) puis cherche un label et un nom pour ce nouveau projet. Poussé par Interscope et après maintes hésitations, il opte pour la reformation d'Helmet. Mais il n'est rejoint que par C. Traynor avec lequel il est resté en bons termes. Le groupe enregistre son cinquième album de mars à juin 2004 aux Cello Studios d'Hollywood (Californie) et Size Matters sort en octobre chez Interscope. Enregistré par P. Hamilton, J. Tempesta, C. Traynor et l'adjonction de F. Bello pour la basse live, l'album est produit par P. Hamilton, Charlie Clouser (Nine Inch Nails, Marilyn Manson, A Perfect Circle) et Jay Baumgardner (New Found Glory, Papa Roach, Ugly Kid Joe, Hoobastank). Helmet part ensuite en tournée mais Frank Bello rejoint son ancienne formation, Anthrax, avant sa conclusion. Il est remplacé par Jeremy Chatelain, ex-vocaliste de Handsome et bassiste de Jetz To Brazil.
Fin 2005, Interscope lache Helmet et John Tempesta quitte le groupe pour The Cult début 2006.
En mars, Helmet signe chez Warcon Records (Bleed The Dream) et sort son sixième album, Monochrome, en juillet. Le line-up comprend l'incontournable Page Hamilton au chant et à la guitare, Chris Traynor à la guitare, Mike Jost (Seven) à la batterie et Jeremy Chatelain à la basse. Monochrome, produit par P. Hamilton et Warthon Tiers, se veut un retour aux racines.
En septembre, peu après la fin du Warped Tour, C. Traynor, M. Jost et J. Chatelain quittent le groupe. Le batteur Kyle Stevenson et le bassiste John Fuller rejoignent Helmet en octobre, suivis en novembre du guitariste australien Jimmy Thompson. Ces changements de line-up ont beaucoup perturbé la tournée du groupe qui termine l'année en compagnie de Guns N'Roses.

Helmet est un groupe phare des années 90 avec un son et surtout une rythmique reconnaissables entre mille. Marqué par la forte personnalité et le talent créatif de sa figure emblématique, Page Hamiltion, il a réussi avec succès à fusionner le metal, le punk, l'indie-rock et le jazz, permettant la connexion entre le metal et le rock indé.

Chronique

14 / 20
1 commentaire (15/20).
logo amazon

Monochrome ( 2006 )

A l'image de Ministry, Nine Inch Nails ou Godflesh on aurait pu croire, il y a quelques années, que Helmet était le groupe d'un seul homme. Force est de constater que, depuis la rupture de son association avec Bogdan et Stanier, le sieur Hamilton pédale quelque peu dans la semoule comme en témoigne le fiasco Gandhi qui l'a, plus ou moins, obligé à reprendre l'histoire Helmet là où elle s'était arrêtée. Même lorsqu'on s'appelle Hamilton, il est toujours plus facile de repartir sous une enseigne qui a fait ses preuves. C'est déjà çà de gagné mais ce n'est pas toujours suffisant comme en témoigne Size Matters, premier album depuis la reformation, pas mauvais, mais loin d'être concluant.

Autant dire qu'au moment de poser la première oreille sur Monochrome, le sentiment est double. Partagé entre l'enthousiasme de retrouver une formation qui aura marqué de son empreinte le metal des années 90 avec deux albums d'anthologie et l'irrépressible sensation de ne pas en attendre grand chose. A contre-courant de tous nos pressentiments, les premières notes de "Swallowing Everything" résonnent pourtant agréablement à nos oreilles. A défaut d'être très inspiré, on y retrouve un Helmet assez fringant, évoluant dans les méandres de la fusion rock, noisy et metal qui a fait sa richesse. Rythmiques syncopées, contre-temps fréquents, grosse parties de guitare se succèdent le plus simplement du monde, un peu comme si Hamilton éprouvait l'absolue nécessité de retrouver une authenticité en même temps qu'une crédibilité. Surfant sur les vagues Meantime, Betty et Aftertaste, le moins que l'on puisse dire est que Helmet maîtrise toujours aussi bien la recette du morceau qui bouscule sans en avoir l'air, nous envoyant proprement bouler au rythme de titres mid tempos de qualité ("Brand New", "Gone"), et nous démontrant que son sens de la mélodie acide n'appartient pas à une période révolue. Cette détermination devient presque tangible sur les délires épileptiques de "Howl", mais également dans le timbre de voix adopté par Hamilton, curieusement nasillard, mais qui concentre toute une rage dont Helmet n'avait pas fait preuve depuis bien longtemps.

On aurait pu croire le pari gagné. Toutefois, l'embellie ne dure pas et aux côtés de morceaux à la qualité incontestable, Helmet se laisse bien trop souvent emporter par un classicisme absolu tant sur le plan de la construction des morceaux que des mélodies, trop prévisibles et sans saveur ("On Your Way Down", "Money Shot", "Almost Out of Sight"), certaines tendant même vers le sirupeux ("Monochrome"). Cette baisse de régime a pour effet de projeter provisoirement Monochrome dans un ventre mou duquel Hamilton parvient cependant à s'extraire tant bien que mal ("410", "Goodbye").

Bref, bien que pétri de qualités, Monochrome n'est pas encore l'oeuvre ultime que les fans de Helmet attendent depuis 1995. Néanmoins, il semblerait, avec cette dernière production, que le groupe new yorkais ait retrouvé une partie de la rage qui l'habitait à cette période. Les amateurs de Meantime et de Betty devront encore patienter, mais il semblerait que Page Hamilton soit enfin sur la bonne voie pour retrouver le lustre d'antan.

"Gone" et "Money Shot" en téléchargement sur MS

A écouter : Goodbye, Bury Me, Brand New