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Biographie

Head Automatica

  Head Automatica, voilà déjà quelques temps qu’on entend parler ce groupe, au début un peu sceptique, la rencontre entre Daryl Palumbo (chanteur de Glassjaw) et de Dan The Automator (Dj plus que prolifique qui a travaillé avec Gorillaz, The X-ecutioners, Lovage, Jon Spencer Blues Explosion, Prince Paul, Primal Scream, Kid Koala, INXS, … (et la liste est grandement écourtée).
  Leur premier album est petit à petit enregistré entre 2002 et 2004, Decadence sort en 2004, et mélange énormément de styles : pop, electro, rock, disco, funk, hip-hop. Une expérience nouvelle pour Daryl Palumbo qui vient ajouter une corde (vocale?) à son arc, et Dan The Automator qui signe là encore une réussite.
  Suite à la tournée destinée à promouvoir le disque, Palumbo sent que le statut de side-project devient trop étroit pour Head Automatica, et qu'il dispose de tous les éléments pour devenir un groupe à part entière. A ce titre, le combo se recentre sur Daryl Palumbo (chant), Larry Gorman (batterie), Jarvis Morgan (basse), Jessie Nelson (guitares), et Craig Bonich (claviers). Exit donc Dan The Automator, alors qu'Head Automatica planche déjà sur son deuxième album et que les tournées s'enchaînent de plus belle. Les américains font ainsi appel aux services du producteur Howard Benson (POD, My Chemical Romance) pour élaborer Popaganda, dont la sortie est fixée au début du mois de juin 2006.

Chroniques

Popaganda Decadence
7 / 20
10 commentaires (8.15/20).
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Popaganda ( 2006 )

  On ne pensait pas revoir Head Automatica de si tôt vu son statut de side-project et toute l’attention/énergie dont a besoin le perpétuel convalescent Glassjaw. Mais la donne a changée. Head Automatica s’assume désormais en tant qu’entité autonome, mais aussi en tant que sauveur de la pop, terme trop longtemps galvaudé aux yeux d’un groupe qui entend lui redonner aujourd’hui ses lettres de noblesse. Les hommes de Daryl Palumbo l’ont  crié à qui voulait l’entendre avant la sortie de Popaganda, et n’ont donc pas jugé bon de faire à nouveau appel à Dan The Automator. Bien mal leur en a prit.

  Les premières secondes abondent dans le sens du propos des Américains. Le second degré, le disco funky, et le raffinement inhérent au professionnalisme de Dan The Automator sur Decadence se sont tout bonnement envolés. Le titre d’ouverture Graduation Day se révèlera à l’image de l’album : un collège rock remuant, volontairement immature et racoleur, aux schémas ultra prévisibles, identiques, afin que la "popagande" investisse le maximum de boîtes crâniennes (Graduation Day, Curious). Outre le défaut d’effet de surprise, les lignes de chant et les guitares sont horriblement niaises (Million Dollar Decision, même si le sentiment est général), quand elles ne sont pas plates (She’s Not It), ou que les claps de mains ne sont pas appelés en renforts pour s’auto-rassurer (God). Une pop rock qui finalement ne gesticule plus qu’elle n’entraîne (Lying Through Your Teeth), en raison peut-être d’une angoissante peur du vide.

  Head Automatica ralentit tout de même le tempo par moments, mais le résultat n’est hélas pas plus probant. Le mielleux Scandalous donne dans le slow de kermesse cliché au possible, et quand le groupe cesse sa grandiloquence excessive, il délivre un Cannibal Girl semblable à la multitude de clones en "The" qui émerge chaque semaine Outre-Manche. Enfin pour la seule piste rescapée de l’ambiance Decadence, Egyptian Musk, le quintet sombre en réalité bien plus dans le r’n’b/arènebi que dans l’électro, avec un refrain vraiment déplaisant qui rappelle fortement (allez osons) Kamaro.

  Popaganda n’est toutefois pas entièrement dépourvu d’éléments positifs, à l’image du titre Nowhere Fast très inspiré par la pop 80’s de Mickael Jackson, ou du léger Shot In The Back évoquant le rock relax d’Incubus époque Morning View. Head Automatica peut également s’appuyer sur le "tubesque" Laughing At You, qui remémore la force cadencée dont disposait Beating Heart Baby sur le premier album, mais qui ne surprend donc pas outre mesure.

  Même si Head Automatica a joué franc-jeu avant sa sortie, ce deuxième album déçoit considérablement. Avec Popaganda, c’est un peu comme si le groupe mettait un entonnoir dans les bouches pour y déverser un flot continu de fraises tagada jusqu’à l’indigestion. En somme une manière grossière et contraignante de "donner du fun" qui fait que les amateurs de Decadence auront du mal à s’y retrouver, et qui ne convaincra pas davantage ses détracteurs. Un disque qui s’écoute en fin de compte comme on regarde un teen movie.

Ecouter : Graduation Day, Scandalous, et Nowhere Fast sur la page MySpace du groupe.

A écouter : Nowhere Fast, Laughing At You
17 / 20
5 commentaires (18.7/20).
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Decadence ( 2004 )

Voilà un album des plus attendus de cette année 2004.Ceci s'explique en partie par la présence de deux personnages qu'a priori tout sépare, le premier en la personne de Dan Nakamura "The Automator" initiateur de Gorillaz / producteur de renom, ainsi que Daryl Palumbo le charismatique chanteur du groupe emo-métal new-yorkais Glassjaw.
Le projet est donc très intéressant sur le papier,il reste maintenant à découvrir le contenu après que le groupe nous ait aguiché via son site web de quelques extraits des plus alléchants.
C'est "At the speed of a yellow bullet" qui ouvre le bal (au sens propre et figuré en l'occurence) et là le ton est donné : rythme soutenu, basse qui slappe, guitares saturées, Daryl débite façon soul / funk / rock tout son savoir faire. Ce premier titre rassure terriblement sur la qualité d' Head Automatica qui est loin d'être un side-project bâclé de plus, mais passons vite à la suite. S'enchaînent par la suite trois titres dont le duo nous abreuvait sur son site web ,dont la véritable perle pop "Beating Heart Baby" dans laquelle les instrus et la voix du sieur Palumbo au sommet de son art se marient à merveille.On retrouve ici ce que le chanteur décrivait dans une interview à savoir la "white boy soul" qu'il voulait transmettre.
Viens un "King Caesar" que ne renierait pas Gorillaz notamment par ce groove qui nous ait proposé, mais c'est au morceau suivant que la magie opère. "The Razor" se pose en 3'30 de génie pop avec ce refrain tout simplement énorme où le rythme nous pilonne accompagné des guitares quasi-tranchantes et du sens mélodique unique de Palumbo.
"Dance party plus" vient ensuite avec ce couplet rappelant le meilleur des clash et le refrain des plus aérien. Ici le chant est épaulé par un invité de choix en la personne de Tim Armstrong de Rancid, sûrement pas dépaysé en raison de son side-project Transplants dans une vibe proche de celle de HA.
Nous voila plongés dans les 70's grâce à "Disco Hades II" très tarantinesque ainsi que "solid gold telephone" et ses nappes de synthé kitsch/branchouille soutenues par une très bonne rythmique encore une fois.
Puis c'est jamaïca airlines qui sonne à nos portes avec "Head Automatica soundsystem" sans toutefois tomber dans les clichés fashion ragga du moment. Tout cela est fait avec délicatesse et raffinement. Palumbo "rappe" même par intermittences sur ce morceau qui nous emmène au coeur des soirées tropicales arrosées des plages jamaicaines..
"I shot William H Macy" viens clôturer cet album magistral avec un riff rappelant le "main offender" du groupe The Hives, autant dire rock'n'roll/punk à souhait.Le morceau se termine dans un déluge sonore qui nous rend déjà nostalgique : on en redemande..

Cet album est donc un véritable coup de maitre de la part de nos deux compères,mélangeant les genres et les époques de manière magistrale.Les instruments ne sont pas en reste,avec une rythmique dont l'importance est déterminante et des guitares qui restent saturées la plupart du temps ce qui n'est pas pour nous déplaire.Il faudra maintenant patienter jusqu'au prochain album de Glassjaw pour entendre à nouveau Daryl Palumbo qui pourra se targuer de cette enrichissante expérience...Allez au boulot les gars!

A écouter : At The Speed Of A Yellow Bullet - Beating Heart Baby - The Razor...et puis tout en somme il n'y a rien jeter.