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Biographie

He Is Legend

Comme bien souvent, il faut remonter aux années lycée pour trouver les origines du groupe. Mais dans le cas présent, beaucoup de changements de noms, de membres, d’exploration de styles différents auront été nécessaires pour arriver à la formation actuelle. C’est en 2004, que He Is Legend va finalement se fixer. Les cinq natifs de la Caroline du Nord enregistrent alors un premier ep 90125 chez Tribunal Records (Atreyu, From Autumn To Ashes). Accueilli très positivement, la formation se voit proposer dans la foulée l’enregistrement d’un album par Solid State Records (The Chariot, Underoath) avec Adam Dutkiewicz (Killswitch Engage, Every Time I Die) aux manettes. 

Le nom du combo et le titre de la première galette ne sont pas des artifices sans valeur. Le quintet se veut une satire du monde Hollywoodien, de son faste et son glamour factice. Derrière cette attaque, He Is Legend vise aussi la critique de son propre univers musical qu’ils qualifient de stéréotypé et en manque cruel de personnalité. On comprend ainsi aisément la difficulté rencontrée pour qualifier leur style tant leur volonté est faite de créer une musique affranchie des barrières.

Chronique

13 / 20
4 commentaires (17/20).
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I Am Hollywood ( 2004 )

“Where did she go I do not know, And which direction was it snowing? I'll turn around again?
Entrée fracassante; déhanchée, déjantée, les guitares saturent, He is Legend débarque, l’auditeur embarque. Passage en voix gutturale, break, batterie qui vient frapper aux tympans.
La machine repart. Où souffler ? Où trouver l’oxygène ? Premier morceau ahurissant (« the Seduction »). Si dix suivent comme ça, c’est la mort assurée.
I am Hollywood est inclassable. Intro rock, break planant, épilogue émocore. Un répertoire puisé aussi bien chez The Bronx que chez Deftones ou Serafin. HiL percute, cogne et remplit l’espace qui lui est imparti.
L’album est conçu comme une caricature du chemin emprunté par ceux qui partent chercher la gloire dans la Mecque du cinéma (de la séduction à Hollywood…). Il comprend 4 actes et un final, le tout divisé en «scènes». Les paroles et le livret servent ce message dirigé contre la futilité du monde des stars et des paillettes. Il y est fait mention de ses états d’âme, ses questionnements et son mal de vivre.
Le manque de créativité et d’authenticité fustigé, HiL se voyait dans l’obligation d’offrir une production aux antipodes des disques formatés et calibrés succès grand public. I am Hollywood se pose dès lors comme une révolte aux multiples facettes, une exhortation au renouveau tant individuel que collectif. Le ton est donc très souvent énervé, le rythme percutant. La voix de Schuylar Croom explore toutes les tonalités, du doux phrasé jusqu’au déchirant screamo, en passant par le chant rock trafiqué. Les pistes sont variés, refusant le conventionnalisme, et les structures laissent place à de multiples solos, ponts ou changements complets de rythmique. Le dynamisme comme leitmotiv, HiL s’accorde cependant quelques moments de relatifs ralentissements qui donne un bon relief à l’ensemble (« The Creature Walks »).

Malheureusement, la fougue entraperçue dans les premières minutes d’écoute atteint assez rapidement ses limites. La galette s’essouffle quelque peu en avançant, ne parvenant à reproduire les premières impressions, comme si la recherche constante de variation et d’originalité avait réfréné les émotions les plus brutes. Cette complexité, aussi louable soit elle dans l’idée, finit en outre par empêcher l’adhésion complète, à force de brouiller les pistes et de chasser les repaires.

Il manque en conclusion à I am Hollywood un soupçon d’efficacité pour en faire un album absolument génial, mais la débauche d’énergie et l’effort musical déployé devrait à coup sûr lui valoir, sinon des éloges, un vif intérêt de la part des amateurs du genre.

Titres en écoute sur le site officiel, la page myspace ou la page purevolume.
Clip de « The Seduction » disponible sur le site du label.

A écouter : Pendant la lecture de la chronique..."The Seduction", "The Greatest Actor Alive", "Do you think I'm Pretty?"