Biographie

Grails

Les débuts de Grails se font en 1999, formé par Alex Hall, Paul Spitz (guitares), Emil Amos (batterie, guitare, et également dans Holy Sons), Timothy Horner (violon) et William Slater (basse et clavier), le groupe sort alors deux EP (sous le nom de Laurel Canyon). Le groupe signe alors chez Neurot Recordings et prend comme nom Grails ; Paul Spitz quitte le groupe et se voit remplacé par Zak Riles.
Ils sortent alors deux disques sur Neurot Recordings : Burden Of Hope en 2003 suivi un an plus tard de Redlight ; le groupe y développe un post rock instrumental agrémenté de touches celtiques.
Au fil des albums le groupe va durcir le ton et va remplacer les tonalités celtiques par des influences psyché / experimental voir dub suite au départ de leur violoniste.
Le groupe enregistre alors des reprises psyché et sort deux EP (dont un avec Red Sparowes), ceux-ci seront regroupés sur Black Tar Prophecies, Vols. 1, 2, & 3 (le 3 étant en fait des titres composés pour le recueil lui même) en 2006 et marque un nouveau départ pour le groupe.
Signé sur Temporary Residence le groupe confirme le virage stylistique en 2007 avec Burning Off Impurities.

16 / 20
2 commentaires (17.5/20).
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Doomsdayer's Holiday ( 2008 )

Depuis les trois interprétations psychédéliques de 2005, Grails n'a cessé de développer un son aux confins de l'imaginaire, toujours auréolé d'une aura mystérieuse, souvent mystique, qui rappelle aux bons souvenirs des atmosphères enfumées des années 60 et 70.

2008 est, en ce sens, une année faste pour le groupe avec la sortie, coup sur coup, de deux albums qui plongent et s'élèvent dans des ambiances tour à tour troubles ou lumineuses, avec pour seul repère la volonté de se fondre dans les dédales d'un esprit insaisissable et embrumé.
Doomsdayer's Holiday débute sur un cri horrifié, les guitares crissent, se mélangent dans le brouillard sur fond de lourdes percussions et d'une cavalcade folle. Fait d'hallucinations, tant visuelles (voir l'artwork de séries B) que sonores (plages fantômatiques, The Natural Man ou Immediate Mate), l'album accompagne ce voyage vers le plus sombre au coeur d'un temple perdu où semblent résonner les délires embrumés d'anciens rituels oubliés. Les instrumentations denses, faites de guitares aux multiples effets, violons, orgues, sitar laissent planer un réel parfum psychédélique qui n'émane pas tant des éclairs instrumentaux qui parsèment le disque que d'une impression globale d'avoir affaire à un ensemble homogène et parfaitement maîtrisé dans sa composition.

En se constituant un son toujours plus ancré dans les décennies passées (Acid Rain n'est-il pas le morceau que Pink Floyd jouerait à notre époque?) mais chaque fois renouvelé et poussé dans ses retranchements, Grails accentue le côté orientalisant de sa musique mais prend ici le contrepied de l'ascension que constituait Take Refuge in Clean Living qui venait à culminer sur l'orgue religieusement serein de Take Refuge. Doomsdayer's Holiday est fait d'angoisses (Predestination Blues) et baigne dans un climat obscur, presque torturé, renforcé tout du long par les percussions d'Emil Amos (maintenant également batteur de OM) et les effets inquiétants dont s'ornent les guitares, jusqu'à déboucher sur les deux majestueuses pièces finales: X-Contaminators et Acid Rain, apogées d'un son, d'une personnalité (re)constituée.

Même s'il reste difficile de parler de Doomsdayer's Holiday sans le mettre en écho avec son prédécesseur par sa visée, son déroulement et ses ambiances, ces deux travaux représentent ce que le groupe, stakhanoviste de la guitare, fait de plus efficace, de plus inspiré et réussi. Et aussi, disons-le, de mieux dans le genre.

Doomsdayer's Holiday est sorti le 6 octobre 2008 sur Temporary Residence.

A écouter : ... psych
14 / 20
2 commentaires (17/20).
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Burning Off Impurities ( 2007 )

Brûlez de l’encens, ouvrez vos chakras et préparez-vous pour Burning Off Impurities,  4ème album de Grails. En effet, depuis la série d’EP Black Tar Prophecies Grails a fait dévier son post rock instrumental vers des sons psyché, des consonnances worlds qui ne sont pas sans rappeler quelques grands noms du krautrock (style de rock psyché apparu en Allemagne vers fin 60’s / début 70’s).

Niveau production on retrouve d’ailleurs Steven Wray Lobdell (guitariste de Faust, un des groupes influents du mouvement Krautrock). Depuis le départ de Timothy Horner et les expériences psychés le groupe semble avoir trouvé une nouvelle voie ; toujours grâce à une multitude d’instruments le groupe créé une atmosphère généralement assez pesante d’où éclos des mélodies légères. Mais là où le violon menait auparavant la dance, sur The Burden of Hope et Redlight, le point central de cet album sera les influences indiennes et les ambiances psyché. Néanmoins le groupe reste dans le post rock, on aura donc droit aux classiques montées / acmés / descentes caractéristiques du style.
Grâce aux éléments « world » le groupe arrive à s’extirper de la masse de groupes évoluant dans ce style et affirme sa personnalité en rendant hommage à bon nombre de formations (Amon Düül II par exemple) et l’apport de certains instruments, comme la cithare, permet au groupe d’affiner ses ambiances.
On pourra néanmoins nuancer ces propos en reprochant à certains titres de manquer de personnalité et d’être donc trop prévisible (Outer Banks) ou tout simplement « bon mais sans plus ». Dommage car des titres comme Silk Rd, Origin-ing ou le titre éponyme sont de petites merveilles.

Burning Off Impurities confirme le chemin pris par le groupe, et aussi celle d’une tendance actuelle (cf OM, Mammatus) pour un retour du psyché et des mélodies indiennes. On regrettera quelques titres pas assez percutants mais dans l’ensemble Grails nous sert un bon album et manque de peu le « très bon ». Peut être à la prochaine étape, en attendant cet album permet de passer du bon temps, entouré d’une fumée acre, ou pas.

A écouter : Silk Rd, Origin-ing, Burning Off Impurities