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Biographie
Gorod est un groupe de death metal technique Bordelais créé sous le nom de Gorgasm en 1997. C’est en 2006 que Gorgasm devient Gorod pour éviter la confusion avec le groupe Américain de brutal death du même nom. Le premier album, Neurotripsicks sort en 2004 et sera réédité en 2005 par le label pennsylvanien Willowtip Records. Gorod fait alors courir son nom en outre Atlantique mais reste quasiment inconnu de notre côté du globe. En 2006 débarque Leading Vision qui sortira en Europe sous le label Earache Records. C’est en 2009 que la formation signe avec Listenable Records et remet le couvert avec Process Of A New Decline, album qui mettra un peu plus le groupe sur le devant de la scène. Pendant l'automne 2010, Guillaume et Arnaud quittent le groupe. Ils sont respectivement remplacés par Julien Deyres (Zubrowska) et Nicolas Alberny (Arcania). Transcendence est un nouvel ep qui sort en 2011, pendant que Gorod tourne aux côtés de The Faceless, Born Of Osiris et Veil Of Maya.
Après le buzz qu’a créé Process of a New Decline et les prestations live d’excellente qualité qu’ont fournis les Gorod ces dernières années, on imagine sans peine la pression qu’ont du se taper les Bordelais lors de la composition de leur nouvel album. Et encore plus quand on voit leur nom sur des affiches de plus en plus prestigieuses comme Benighted, Decapitated ou récemment Obscura. La recette du succès ? Un death metal qui sait allier technique, mélodie, groove imparable et surtout, cette « French touch » qui nous fait sentir que les zikos se font avant tout plaisir en composant. Ce côté convivial et zéro prise de tête, on le retrouve notamment dans des soirées comme le Unleash The Hostile Tour avec Benighted en tête d’affiche.
Enfin bref, trois ans se sont écoulés depuis l’explosion Process of a New Decline, l’utra-tube de la mort "Disavow your God" a été jouée des centaines de fois et Gorod profite d’une accalmie pour composer un nouvel album quelques mois après son EP Transcendance aux relents prog, voire expérimentaux. Il n’en fallut pas plus aux fans pour spéculer sur la tournure du nouvel album : virage à 180° ? Ou cet EP était-il juste un moyen de s’échapper de la routine ? Eh bien j’en connais qui vont être surpris ; et d’autres déçus. A Perfect Absolution n’est pas un un Process of a New Decline bis. Ne serait-ce que dans le visuel et la thématique, le changement est clairement visible. Le groupe est passé du concept futur / machinesque / Matrix / SF au passé historique d’une impératrice russe qui se venge de la mort de son époux. Un mot d'ailleurs sur le superbe artwork entre réalité et fantasy, aux couleurs chaudes et qui représente ladite impératrice, les yeux enflammés par la haine.
Première constatation et certainement celle qui fera la plus polémique : la technique n’est plus aussi “étalée” qu’avant. Au grand damn des adorateurs des longues fresques colorées et des riffs alambiqués typiques du groupe s’étirant à n’en plus finir, Gorod a levé le pied sur ce qui a fait sa renommée. Attention hein, on est toujours en présence d’une musique complexe qui demandera une bonne dizaine d’écoutes avant d’être totalement digérée. Mais malgré les soli toujours bien construits des morceaux ("Sailing to the Earth", Varangian Paradise" etc) et plusieurs passages rappelant ce qu’on aimait sur les opus antérieurs du groupe, dur dur pour les fans hardcore de technique de trouver leur compte. Même le pont en tapping de "Carved in the Wind" ne parvient pas à nous faire décoller tant il nous manque cette touche de folie, de “Gorod” en fin de compte. Aucun passage ne nous fout réellement la trique et c'est franchement dommage. On aura beau donner dix fois sa chance au CD, ça ne vient pas. Technique, mais convenu comparé aux dernières bombes du genre qu'ont par exemple lâché Obscura ou Spawn of Possession.
Mais alors, que reste-t-il à Gorod si on lui enlève sa technique ? Pas de réponse ? … Personne ? Oui, le monsieur là ? “Bah eeeuh l’ANPE ?” Eh bien non, la bonne réponse était “son groove” ! Et soyez avertis, le groupe n’y est pas allé de main morte sur les rythmes qui refilent le virus du “headbang”. De l’ouverture "Birds of Sulphur" aux riffs de "Elements and Spirit", "Carved in the Wind" et "Varangian Paradise", on en prend pour notre grade et on n’attend qu’une chose : voir ces titres en live. Car oui il faut bien le dire, A Perfect Absolution est taillé pour la scène, encore plus que les premiers albums. Et quand les rythmes ne sont pas faits pour headbanger, c’est que c’est l’heure du pogo ! Comprendre que les blast beat et autres gros passages à la double pédale bien balaises répondent “ Présent ! “, mais pouvait-il en être autrement ? Gorod fait du death metal, et nous le rappelle volontiers. C’est donc avec plaisir qu’on se reçoit dans la tête les violentes "The Axe of God" et son refrain que ne manquera pas de scander la foule, le final "Tribute of Blood"... Final qui d'ailleurs nous laisse un peu sur notre faim quand on repense à "Almightys Murderer" présent sur le précédent album. Ici ça s'arrête sec et il n'y pas de rappel. En parlant de death metal, les vocaux du nouveau chanteur, Julien, ne sont pas death metal. Le vocaliste propose en effet un chant moins typé death au profit d’une polyvalence somme toute bénéfique au groupe. Les critiques reprochaient à Gorod la monotonie de son chant et le groupe a su être à leur écoute. Julien pioche allègrement dans ses influences, ici Gojira, là Death, là encore death growl ou criard plus classique comme on a pu en entendre sur le dernier Outcast par exemple. Il se fait également plaisir avec quelques passages en chant “parlé” qui dynamisent l’ensemble (“There is only one... GOOOD!”). Il lui manque toutefois une profondeur pour réellement nous happer et achever de nous convaincre que la relève de Guillaume est assurée. Dommage car en live, le bonhomme se démène comme un diable. De manière générale, les compositions ne sont pas tout à fait à la hauteur de nos espérances et bien que la production en béton armé fasse son petit effet à chaque écoute, on sent et on sait que le potentiel du groupe n'est pas exploité à fond. La deuxième partie du CD nous embarque dans des pistes qui dévoilent de nouvelles facettes du groupe, notamment l'ensoleillé "Varangian Paradise" et son break funky à la fois "wtf" et "woah génial" qui lorgnerait presque vers un Diablo Swing Orchestra.
La note peut sembler sévère mais elle reflète le sentiment mitigé qui ressort des écoutes de ce nouvel opus. Étrange sentiment : on insère volontiers le CD dans le lecteur, mais on ne prend pas autant son pied qu'on le souhaiterait. Une bonne surprise autant qu’une déception quelque peu amère qu'on ne souhaite pas vraiment regarder dans les yeux.
A écouter : Birds of Sulphur, Elements and Spirits, The Axe of God, Carved in the Wind, Varangian Paradise
Les retours acclamés de Cynic et Atheist, l'ascension de groupes tels que The Faceless, Obscura et autre Origin laisse entrevoir un engouement exponentiel pour tout ce qui touche au gros qui tâche requérant un Bac +12 en technicien metal. La France possède un étalon dans la course! Gorod, nos tricoteurs de l’extrême qui, après un « Leading Vision » déjà très abouti dans le genre, décident de nous relancer un gros pavé dans la face, juste histoire d’en coucher plus d’un.
Une fois n’est pas coutume, dès que le carré infernal est lancé, on ne peut que rester bouche bée. Ça file à toute vitesse et vous avez à peine le temps de vous remettre d'un plan que le suivant vous colle directement le derrière sur la moquette. Avec en chefs de file deux virtuoses de la six-cordes, dont la dextérité n’a d’égale que leur sens de la mélodie, rarement le death metal n’aura atteint strate aussi ample. Les riffs sont riches, colorés et s’étalent sur des kilomètres de manches. Au menu, bien entendu, sweeping et tapping en veux-tu en voilà.
On retrouve quelques échos de Jazz voir de Funk, des breaks groovy plus que bienvenue, montrant la capacité qu'ont les membres du groupe à intégrer différentes influences dans leur écriture. La basse est d’ailleurs bien présente au mixage et possède même ses petits moments de gloire. Si la musique est technique au possible, les zikos fait tout de même preuve d'un feeling exemplaire et rend chaque composition méchamment efficace. Cerise sur le gâteau, on a droit à quelques samples atmosphériques, bien dans le contexte, glissés ici et là.
Malgré une montagne de bonnes attentions et une escalade vers une sorte de perfection musicale, « Process of a new Decline » possède son hic. Il s’agit là d’un disque chargé, presque étouffant sur la fin. En plus d'être difficile à assimiler d'une traite l'atmosphère globale ne varie pas des masses et il est facile de se retrouver noyé sous cette avalanche de notes. Finalement, une étincelle d'émotion manque à l’appel et mise à part halluciner sur une mise en place colossale ou un riff tarabiscoté on n'a plus grand chose où se raccrocher. Mais à n'en pas douter, les fans du genre adoreront ça.
La voix n’y est pas pour rien dans cette pseudo linéarité. En effet Gorod n’échappe pas à ce défaut si récurant dans les groupes à prouesses instrumentales. Anodin, voir négligeable lorsqu’on aimerait se laisser submerger par le flot harmonique, le chant stagne là, un peu comme un bourdonnement agaçant. Un chant death metal rauque, plat, pas franchement à la hauteur du cortège. Gorod instrumentale ? Certains ne diront pas non ! On notera tout de même un gimmick très récidiviste dans le genre, je parle en fait des lignes de chant sous vocodeur robotique venu de l'espace sur « The Path » et « Watershed » (tiens donc, ça parle encore de méchants extraterrestres…). Ça fait toujours son petit effet !
On ne peut qu’être à genoux face à ce que nous propose Gorod cette année. Une diversité mélodique et ryhthmique servie par un savoir-faire et une élégance irréprochable avec, au final, pour seuls « défauts », ceux du genre lui-même…L’album death metal de l’année ?
A écouter : attentivement!
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