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Biographie

Gojira

Gojira est un groupe de Metal Extrême français fondé en 1996 à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Créé sous le nom de Godzilla, il adopte son nom actuel en 2001, lequel n'est autre que sa transcription en rōmaji. Le groupe est actuellement composé de quatre membres : Joseph Duplantier (chant et guitare rythmique), Mario Duplantier (batterie), Christian Andreu (guitare solo) et Jean-Michel Labadie (basse). Depuis sa fondation, Gojira a réalisé cinq albums studio, de Terra Incognita (2001) à L'Enfant Sauvage (2012), et deux DVD live. Associé au Death Metal, au Metal Progressif voire au Groove Metal, Gojira se distingue dans la scène Metal par la sensibilité écologiste et spirituelle de leurs chansons. En outre, tous leurs textes sont écrits en anglais. Ayant connu le succès parmi les amateurs en France dès la sortie de leur premier album en 2001, le groupe connaît très rapidement la célébrité aux États-Unis, puis dans le monde entier, ce qui les conduit dans les plus grands festivals, tels que le Wacken Open Air et le Hellfest et à jouer avec des grands groupes comme Metallica, Slayer, Children of Bodom, ou encore Lamb of God. Gojira est par ailleurs le premier groupe de Metal français à avoir réalisé une tournée en Amérique et en Europe sur son seul nom, ils sont devenus un réel poids lourd de la scène Metal internationale. En 2015 Gojira annonce travailler sur un successeur à L’Enfant Sauvage paru en 2012.

Fin 2014, les Duplantier achèvent la construction de leur propre studio à New-York dans le Queens, où ils emménagent. Magma, sixième album du groupe, sera donc enregistré et produit ici, au Sliver Cord Studio, après une période de deuil suite au décès de la mère des frères Duplantier. L'album voit finalement le jour en mai 2016, toujours chez Roadrunner.

16 / 20
86 commentaires (15.6/20).

Magma ( 2016 )

Il était plus que temps de nous pencher sur le cas du dernier Gojira, plutôt décrié entre les fans de la première heure, les fans de la première heure enthousiastes malgré tout, et les nouveaux venus aux degrés d’enthousiasme variés. Actons-le tout de suite, on se place sans mal dans le deuxième sac, ambiancés par ce Magma, illustrant une forme d’accomplissement de l’évolution du groupe, alors que les Landais (ou néo New-Yorkais) semblaient tâtonner depuis From Mars To Sirius.

La signature chez Roadrunner avant la sortie de L’Enfant Sauvage en 2012 nous laissait craindre le pire à l’époque, crainte partiellement justifiée par une production plus lisse et calibrée que jamais, bien que le propos n’ait pas vraiment bougé depuis les débuts : la Terre, l’univers, la Nature, la méditation, la place et le rôle de l’Homme sur cette planète, des thèmes qui font la particularité de Gojira, en plus d’une ouverture d’esprit assez inédite dans le milieu death metal, encore aujourd’hui. Un attrait pour de nouveaux horizons qui se concrétise pleinement avec le sixième album, enregistré au studio Silver Cord du Queens (construit et acquis fin 2014 par les Duplantier), et un titre d’album on ne peut plus évident par son contenu. Là où le précédent pouvait pêcher par manque d’inspiration, le nouveau millésime ose, transgresse, va au bout de ses idées, quitte à décevoir certains puristes trop sûrs d’eux.

En effet le ton est donné dès l’inaugural The Shooting Star, exposant un chant clair aux frontières du post-punk qui évoquera Killing Joke, porté par un mur de guitares propre à Gojira, les cordes – qu’elles soient quatre ou six – sont d’ailleurs toujours là pour rappeler que l’on écoute bien un album du groupe de metal français le plus connu à l’étranger. Le groove y est insolent, et le Duplantier batteur semble avoir encore gagné en souplesse sans perdre en justesse. En fait, tout dans ce Magma est synonyme de cohérence et de maîtrise pure, à l’image des soli grisants et mesurés de Silvera, de la section rythmique en feu de The Cell, du très rock et tubesque Stranded, aux arrangements bien sentis, se bonifiant à chaque écoute, tout comme l’épique et grassouillet Magma, évidemment pétri dans la lave en fusion, les guitares distordues et cette voix doublée claire/hurlée qui chatouille le fond de l’âme. On pourrait aussi bien évoquer l’audacieux et contemplatif Low Lands, l’incantatoire et progressif Pray, aux forts relents de The Link, ou la basse massue de Only Pain, ainsi que l’ultime Liberation rappelant les trips acoustiques et percussifs de Sepultura, le constat serait identique.

Gojira continue d’explorer des territoires inconnus, mais cette fois le résultat apparaît d’autant plus structuré, compact, doté d’une ligne directrice limpide, amenant une saveur instantanée délectable, sans pour autant renier la matière à gratter en profondeur, sous une épaisse couche volcanique, au rendu tout à fait idéal, plus fin et organique qu’auparavant.

A écouter : Oui.
17 / 20
109 commentaires (15.59/20).
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L'Enfant Sauvage ( 2012 )

L’enfant sauvage. Un titre français pour un nouvel album fraîchement signé sur un label international : Roadrunner Records (maison de disque de groupes comme Mastodon, Down, Korn, Opeth, Satyricon…). Si on demande au groupe pourquoi ce titre en français? Ils répondent « The wild child, (la version traduite en anglais NDLR) ça fait kitch quand même ! ». Nos bayonnais –new yorkais (puisque Joe va et vient dans ses deux villes) sont toujours aussi surprenants et plein d’humour. 

Un titre et une pochette plus qu’évocateurs, à l’image de leurs différents leitmotivs : la liberté, une connexion entre les énergies des êtres, l’ambivalence de la société et sans oublier … la nature. Dans une récente interview Joe évoquait le fait qu’il y avait plusieurs strates de lectures dans cette pochette, mais qu’il préférait que chacun interprète à sa sauce, que chacun fasse le chemin qu’il voulait faire avec … A vous de voir … Pour ma part, je suis frappée par leur capacité « inconsciente » à visuellement nous marteler des symboles récurrents (l’arbre…), un peu comme des messages subliminaux dans leurs clips, pochettes... 

Aux premières écoutes, pas de doute, c’est bien du Gojira. Il y a ces déconstructions, ces rifs, la double … Comme tous ces prédécesseurs cet album se démarque, il a sa propre ambiance, son univers, sa singularité. Pas vraiment de continuité supra évidente avec son prédécesseur, car il est tout de même différent mais pas non plus de retours aux sources. 
Des morceaux plus hétéroclites, plus denses. Certains y voient de la sérénité, … et bien moi pas du tout. Au contraire, j’y ressens une vraie rage, de la colère, voire même de la fragilité par exemple l’émotion et l’interprétation que Joe donne dans le morceau « l’enfant sauvage » me laisse à penser qu’il y a une volonté de trouver des réponses, qu’il mène un combat avec lui-même ou contre la société, qu’il est perdu, et que cette quête le rend vulnérable. Comme une envie d’exorciser ces démons que la société nous oblige à accepter dans notre quotidien. Questionnement vis-à-vis de la liberté qu’il aborde en interview «Je parle de mon souci de liberté dans cette vie (…) qu’est-ce que je suis ? J’ai un nom, j’ai un statut, (…), mais qu’est-ce que je suis au-delà de ça ? J’ai l’impression d’être un enfant sauvage qui vient de sortir de la forêt. » . 
J’ai lu sur radiometal.com le terme « chamanique », je trouvais la formule bien trouvée, il y a quelque chose de particulièrement intense dans cet album, j’imagine des incantations « vaudou », de la transe, cela passe par les mélodies, les gimmicks qui comme pour nous hypnotiser reviennent en boucle, virevoltent en tournoyant … Et cela passe aussi par ce chant qui s’exalte, se démultiplie, se métamorphose. Ce qui paradoxalement est peut être le nerf de la guerre pour les fans déçus. Cette nouvelle assurance prise dans le chant clair et mélodique, peut interpeler le fan de la première heure, comme par exemple dans le morceau « Born in Winter » qui a des sonorités proches d’un croisement entre Joy Division dans « Love will I tear Us apart », Type O negative dans « My girlfriend’s girlfriend » et Paradise Lost… 

Ce chant qui s’exalte, ses nouvelles nappes mélodiques, ses textures ... Un album particulièrement riche, alambiqué, dense… Tout ça me rapproche sans conteste de Devin Townsend. Et visiblement je ne suis pas la seule à le penser à lire les autres chroniques. D’ailleurs autant Mario que Joe le disent eux même. La récente rencontre avec Devin Townsend fût particulièrement importante et décisive pour Joe. Les prises de sons de Devin et sa façon toute particulière de mettre en place les mélodies ont beaucoup marqué Joe. Personnellement, je trouve que c’est une aubaine car Joe a gagné en maturité en interprétation vocale, et j’ose à peine imaginer par la suite ce qu’il pourra nous concocter s’il améliore encore ses techniques d’interprétations. 


L’album étant sortit il y a déjà plusieurs semaine, j’ai pu lire sur le web quelques réactions de ci de là. Ce 5eme album n’a pas fait l’unanimité. Et la signature avec le label Roadrunner serait pour beaucoup la raison... A tous ceux qui doutent encore de la relation Roadrunner - Gojira… je vous invite à écouter cette interview du mois d’avril 2012 à Montpellier, où Joseph remets les pendules à l’heure en affirmant que s’il y avait eu une pression de la part du label sur les créations, ils n’auraient jamais signé. Et qu’ils ont fait entièrement ce qu’ils ont voulu. 

Depuis 1996, le groupe a su évoluer, surprendre et se renouveler, en 15 ans de carrière, difficile de plaire à tout le monde surtout quand on veut avant tout se faire plaisir. Une carrière étonnante d’autant pour un groupe français, étant donné la suprématie anglo saxonne dans la culture métal. 
En conclusion, je dirais que cet album est une réussite, L’enfant sauvage propose des morceaux aux horizons diversifiés, il est divinement « émotionnel », « brut » « percutant », effrontément « sensible », et audacieusement « cinématographique », … Je suis conquise. 

BONUS
J’ai la version avec un bonus DVD où on a droit au live de Gojira aux Eurockèennes de belfort de 2009. Bonus plutôt sympa ! 11 morceaux pour une heure environ de show ! Un son live tout à fait correct. La réalisation du montage est quelque fois un peu too much à mon gout mais pro. A trop vouloir donner de la dynamique au montage, on voit trop de caméra « speed » (une caméra sur un bras pivotant qui surplombe la foule et une camera sur un rail qui bougent sans cesse). Un concert en plein jour, qui minimise un peu les effets de lights. Mais sans conteste un bon concert. Puissant, bouillonnant, et dans l’échange. Quasi à la fin Joe dit au public … « ça fait super plaisir de voir du métal sur la grande scène des Eurockénnes » (NDLR je plussoie !) 

A écouter : A écouter - l’enfant sauvage, un titre audacieux - liquid fire percutant - le final de « my last creation » très cinématographique, en western post industriel. - la mélodie de mouth of kala totalement enivrante
15 / 20
129 commentaires (17.49/20).
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The Way Of All Flesh ( 2008 )

Des albums qui m’ont donné du fil à retordre pour faire une chronique, j’en ai connu (merci Mike Patton). Mais alors là, c’est la cerise sur le gâteau ! Du coup c’est une chronique bien après la bataille, … peu importe.

The way of all flesh ou de la tripaille … en veux-tu ? En voilà !
Même si le son Gojira est bel et bien là, le côté brut de décoffrage mis en avant m’a vraiment interpellé aux premières écoutes. Ils nous délivrent un son metal brutal américanisé, efficace, moins alambiqué et imaginatif qu’à l’accoutumée. En toute honnêteté, depuis le départ Gojira reste à mes yeux, un groupe qui au fur et à mesure de leurs pérégrinations a toujours agréablement surpris par son ingéniosité, sa façon de surprendre avec ses expérimentations, que ce soit musicalement, visuellement, et même humainement. Après une vingtaine d’écoutes, puis la lecture d’un tas de chroniques deci delà, toutes plus poétiques et métaphoriques les unes que les autres, je restais quand même un peu sur ma faim, un peu dans l’incompréhension à vrai dire. J’ai donc attendu la venue du groupe dans notre contrée du sud, pour discuter avec eux et surtout voir concrètement ce que rendait l’album sur scène.
Et là, forcément tout s’est déroulé sous mes yeux. Un peu comme si j’avais vu la construction d’un magnifique origami géant à une vitesse record. Ahurissant !

Alors oui, l’album est moins singulier, plus percutant, plus évident, mais c’est une orientation voulue, assumée et naturellement amenée. Cet album est le fruit d’une expérience faite sur de longues tournées dans ces contrées lointaines. Le groupe avait envie de jouer sur scène des morceaux plus percutants pour privilégier les échanges avec le public. Cette démarche implique donc indéniablement cette orientation plus brute. A mes yeux, elle connaît son apogée dans l’album avec la présence du chanteur Randy Blythe de Lamb of God sur Adoration for None, un morceau un peu caricatural estampillé metal brutal mais loin d’être une boucherie. Nos landais gardent quoiqu’il advienne une finesse singulière. Et même si d’autres morceaux permettent de contrecarrer cette tendance comme The silver cord ou le final de l’album avec The way of all flesh qui nous délivre une mélodie vaporeuse, j’ai comme la sensation que je préfère quand même Gojira quand ils ont du temps pour composer … car il y a aussi les délais qui ont été très courts pour cet album. Donc moins de retouches, de réflexions après composition. Ceci explique peut-être aussi cela.

Côté paroles et univers, cet album reflète un moment marquant pour le groupe. Et si la thématique abordée est la mort, ce n’est pas pour rien. Attention, la mort pas dans une optique morbide, mais plutôt dans une configuration de cycles, d’étapes, de continuité. D’ailleurs, même si ce n’est pas voulu, on est surpris de revoir un corps humain sur un fond noir, petit clin d’œil inconscient apparemment au premier album Terra Incognita. Ma curiosité me pique et je me demande vers quelle nouvelle ère le groupe va-t-il nous amener alors, la prochaine fois ? Oui toujours aussi spirituels nos petits landais ! D’ailleurs petite anecdote, Joe évoquait sa déception quant à la conception de l’album qui n’a pu cette fois-ci se faire avec du papier recyclé. La notoriété grandissante du groupe n’entache pas leurs engagements, c’est tellement rare, que j’avais envie de le mentionner.

Côté live, c’est indéniable, les tournées les ont encore métamorphosés, mais jusqu’où iront-ils ? Le concert est spectaculaire, et cet album sur scène est une bombe. Pas de doute. J’aurais beau user de verve, et autres jolies formulations poétiques pour expliquer leur show, jamais vous ne saurez tant que vous ne les aurez pas vus « en vrai ».
Vous l’aurez compris, dans cette discographie, ce dernier opus n’est donc pas mon préféré. Ceci dit, n’allez pas me faire dire ce que je n’ai pas dit ! Cet album est bon, même très bon, par ailleurs je sens déjà les critiques se dénouer et je vais passer pour la mauvaise langue de service, car ils ont tout de même osé des orientations pas faciles d’accès, comme des effets sur la voix (chant vocodé) sur A sight to behold qui est de loin mon morceau préféré ! Ca ne plait pas à tous, mais c’est exactement ce que j’aime dans ce combo quand ils s’éclatent comme ça, et qu’ils osent.

Si je reste sur ma faim c’est que j’en aurais aimé un petit peu plus. Oui je sais j’en demande trop peut-être. J’avais simplement oublié que Gojira était un groupe de metal brutal peut-être ? Mea culpa ! Alors quoi ? Vous ne l’avez toujours pas acheté cet album ? Mais que diable attendez-vous donc ?

A écouter : A sight to behold, Esoteric surgery
18.5 / 20
219 commentaires (18.37/20).
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From Mars To Sirius ( 2005 )

Après deux moutures hors du commun « Terra Incognita » et « The Link », incontestables mastodontes de caractères, qu’est ce que le groupe peut nous réserver encore ? Soyons honnête… Est ce réellement possible de créer la surprise pareillement cette fois ci? La barre est haute, très haute… Qu’en est-il alors de ce tant attendu « From Mars to Sirius » ?

Déjà, un artwork sublime, loin des archétypes de métal brutal, mais à vrai dire, nous étions habitué … De l’homme nu recroquevillé sur lui même, méditant, et plongé dans l’ébène dans « Terra Incognita », nous étions passés à un arbre de vie, bordé d’écarlate vif sur « The Link » et là, c’est le tour à l’infini univers aux tons écrus ou navigue cette baleine, … Est-ce qu’un album aux coloris plus doux serait le signe d’un apaisement vis-à-vis du précédent album? Où peut être quelque chose plus proche de l’onirisme? A la recherche d’un voyage dans les profondeurs de la vie, ou bien tout simplement un certain besoin d’évasion? Nous voilà face à un univers, encore une fois qui leur est propre, épuré, graphique, efficace, et doté de dogmes probablement très symboliques. Cette baleine, pourrait nous faire nous questionner dans un premier temps, sur un éventuel rapport avec le titre de cet album. Après une recherche concernant ce titre et la baleine, j’ai trouvé un tas de sujets tous aussi passionnant les uns que les autres. J’ai trouvé des correspondances avec la mythologie grecque, des combats écologiques éprouvants, des histoires sur des illustrateurs de cartes célestes anciennes qui nous ont laissé des images de monstres marins (cf. la baleine ?). Le plus étonnant reste sans doute, les Dogons, peuple vivant sur le plateau desséché de Bandiagara au Mali, qui prétendent connaître deux étoiles compagnes de Sirius qui est l'étoile la plus brillante du ciel. Mais à l'œil nu, on ne peut apercevoir qu'une seule étoile. Ce n'est qu'en 1862 que, l'astronome A. Clarke a découvert, grâce à un télescope, la deuxième étoile qui fut nommée alors: Sirius B .

Ceci dit, Gojira semble être un groupe qui s’est affranchit de pas mal de croyances religieuses entre autres… Alors … tous ces symboles, cette imagerie ? Y a-t-il un rapport avec toutes ces histoires ? Ou pas du tout ? Encore des hypothèses, des questions. Il semblerait que les membres de Gojira aime à jouer, animer un instant nos petites neurones, qu’on ait cette démarche de réfléchir (démarche de plus en plus oublié dans notre chère et tendre culture, qui a plutôt tendance à se gaver sans question aucune) … Tout en prenant le partit de ne jamais se mettre en avant en tant que musicien, … Mais plutôt en tant qu’entité, ils véhiculent toujours leurs concepts, leurs façon de penser, le tout en finesse, sans proclamer détenir une vérité. Ce qui nous délivre une musique pour le coup très personnelle, et très loin des dictats du milieu « Métal ». Ce qui n’est vraiment pas, à vrai dire pour me déplaire !

Parlons maintenant de « From mars to sirius » musicalement parlant. A l’écoute, première impression à froid, le chant file. Dans « The Link », il se stabilisait plutôt dans un brut de décoffrage, quasi « mono ambiance ». Ici, il se révèle, se distingue, et nous invite à déguster un assortiment saisissant de transmutations. Comme un voyage, vers des destinations rares, extrêmes, sensibles, brûlantes, oppressantes, le tout actionné à la vitesse de la lumière. On navigue en compagnie de climats à la Devin Townsend (SYL), Pink Floyd (The wall), Grip Inc (Nemesis), (…) des univers en somme à des kilomètres, les uns des autres. C’est vraiment surprenant, d’autant plus que Joe nous étonne dans cette faculté à être autant efficace dans tout ce qu’il arbore. Les chœurs (nouveauté pour Gojira), poussent les extrêmes, comme une symbiose quasi schizophrénique de plusieurs entités des fois contradictoires. … C’est probablement la plus grosse surprise de l’album! Le chant se magnifie, c’est un délice. Par exemple dans « From Mars », on imagine une comptine, une berceuse, une utopie onirique, qui se réveille dans « To sirius », et là la réalité claque. Encore une fois Gojira nous donne là, un album très imagé, à fleur de peau, bigarré, les ambiances sont peaufinées, et rappellent tout comme dans les précédents albums, des atmosphères qui pourraient être tirées de longs métrages. Il y a de la vie, des émotions qui restent immuables dans la musique de ces bougres.

Ensuite, c’est vrai, on reconnaît la patte Gojira, c’est indéniable, certains riffs reviennent, et peuvent faire penser aux deux albums précédents. Ceci dit, la couleur de cet album n’est pas aussi évidente que les deux précédents. Il semblerait ici, que les paradoxes soient plus marqués, plus poussés aux extrêmes. Certains amateurs du groupe qui attendaient après l’évolution entre « Terra Incognita » et « The Link » une monté de brutalité, risqueraient d’être déçu. Ceci dit, cet album n’est pas pour autant moins brutal, non. Il est juste plus paradoxal. Dans le morceau « Backbone » nous avons faire à un death saccadé lourd, et brutal. L’ambiance du morceau est pesante, limite claustrophobe. En revanche, les mélodies peuvent être beaucoup plus lancinantes, comme dans la fin de Global Warming, ou tout simplement aérienne et simple dans « Unicorn ». Les genres se mêlent, s’emmêlent ne se ressemblent jamais. Les univers qui m’ont vraiment étonnés sont ceux de « World To Come », qui rappellerait dans le riff un Metallica stoner version « Load », ou l’incroyable « From mars » absolument prestigieux, où tout rappelle l’album « Wall » des Pink Floyd. Il y a des influences très diverses dans cet album, on ressent des univers rock, quelques fois plus new wave, ou grunge. Le tout pourtant allégrement brutal. Cela peut paraître assez contradictoires et pourtant. Le tout admirablement mélangé. Je noterais aussi, une symbiose plus frappante entre tous les membres, les positions de chacun vis-à-vis des compositions, la basse, par exemple, se dénotent plus, elle s’apprécie du coup mieux, comme dans « World to come » ou « Flying Whales ». C’est de même pour chacun des musiciens, batteur, guitariste, et chant.

Alors Gojira a-t-il réussi le paris de nous étonner, tout en gardant cette teinte bien à eux. Cet album est d’une puissance incroyable. Je ne parlerais pas de la production qui est absolument succulente, ni des compétences des musiciens qui ne sont plus du tout à justifier. Gojira se confirme comme un groupe techniquement très au point, compétent, talentueux, inventif, qui sait se recycler, toujours innovant, entier, et loin des clichés laborieux du métal. Voilà un groupe qui sait surprendre. Il est incontestable que ce groupe est à mes yeux LE groupe français incontournable de métal. En espérant qu’ils puissent s’exporter. Car c’est tout le mal que je leur souhaite. Merci à eux pour être aussi étonnant, unique, et entiers. Gojira aux limites de la perfection. C’est jouissif d’arrogance. Cet album est une pure merveille.


A savoir :

Sirius ou la Canicule, la Vierge et le Bouvier (mythologie grecque):
La constellation du Chien ou de la Canicule se trouve à l'occident de l'Hémisphère boréal, prés d'Orion. La plus lumineuse étoile de cette constellation s’appelle Sirius. Les anciens en redoutaient si fort les influences, qu'ils lui offraient des sacrifices pour en conjurer les effets. Selon les uns, Sirius n'était que le chien d'Orion, le fidèle et ardent compagnon du chasseur ; selon d'autres, c'était le chien donné par Jupiter pour être le gardien d'Europe, ou encore celui que Minos donna à Procris, fille d'Erechtée, roi d'Athènes, lorsqu'elle épousa le fils d'Éole, Céphale. Enfin on raconte qu'Icarius d'Athènes, ami de Bacchus, ayant été tué par des bergers de l'Attique, auxquels il avait fait boire du vin, sa fille Érigone ne pouvait se consoler. Accompagnée de Mœra, sa chienne, elle découvrit l'endroit où son père était enterré, et se pendit de désespoir. Jupiter, ému de sa piété filiale, la plaça dans le ciel, où elle est devenue la constellation de la Vierge. Quant à Mœra, sa chienne sagace et fidèle, Jupiter la plaça dans la constellation de la Canicule. Icarius ne fut pas non plus oublié par Jupiter : il eut sa place au ciel. Le maître des dieux fit de lui la constellation du Bouvier (Bootès), près de la Grande Ourse, et qui paraît suivre le Chariot. On l'appelle aussi Arcturus.
 
Baleine - Cetus – Cet :
La fantaisie des illustrateurs de cartes célestes anciennes nous a laissé des images de monstres marins à queue de poisson bien éloigné de la Baleine. Cetus était le monstre des mers envoyé par Poséidon pour punir l'arrogance de Cassiopée, mère d'Andromède. Elle devait dévorer Andromède. Mais, elle fut tuée au dernier moment par Persée qui épousa ensuite Andromède. En latin, toutefois, Cetus signifie Baleine, et selon une légende plus récente, celle-ci est supposée être le "gros poisson" ayant avalé Jonas dans l'Ancien Testament. Le monde des mythes et des légendes ne se soucie guère à l'évidence que la Baleine ne soit pas un poisson mais un mammifère. Cette constellation est formée par un grand nombre d'étoiles toutes assez lumineuses. Elles ne sont visibles, sous nos latitudes, qu'en automne. 

A écouter : Global Warming, The Heaviest Matter Of the Universe, From Mars ...
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30 commentaires (17.93/20).
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The Link Alive ( 2004 )

Que nous cache le monstre Gojira (ex Godzilla) avec ce DVD ?
Sobriété, altruisme, modestie, perfection, décalage, et exception… (Et oui tout ça à la fois!)
 

Rapidement voici l’arborescence de The link alive [2003] :
Les principales parties sont :
~ Un live où l’on y retrouve un concert enregistré à bordeaux le 8 novembre 2003 au théâtre Barbey. (15 morceaux en tout).
~ Des bonus avec 2 documentaires « gojira sur la route » & « gojistory » ainsi que 2 clips Deliverance (pour les nostalgiques de Godzilla) et Love (réalisé par le fameux photographe Alain Duplantier).
~ Il y a aussi une galerie de diverses photos en diaporama où l’on retrouve des clichés de live, ainsi que du tournage du clip de Love. Diaporama qui finit par des images d’arbres (sublimes!).
~ Et enfin, en dernier lieu les crédits. 
 
«Quand le dernier arbre aura été coupé, Quand le dernier fleuve aura été empoisonné, Quand le dernier poisson aura été attrapé, Alors seulement vous verrez que l’argent ne peut être mangé.
Citation d’un chef amérindien» (Petite pensée vue dans la partie Bonus où il y a le documentaire ‘sur la route’.)
 
Il semblerait queGojira, possède certaines valeurs amplement visibles dans ce DVD. C’est sans doute pour cela qu’ils ont choisi de sortir ce petit joyau en indépendant, et qu’ils aient pris le parti de favoriser une distribution moins académique. C’est un choix plutôt difficile à gérer et surtout à double tranchant, connaissant l’empire des grosses distributions. Ceci dit, cela reste un choix sans non sens, et c’est encore une fois tout à leur honneur. Après soyons honnêtes, jamais les membres du groupe, ne diront de leur propre bouche quoi que ce soit qui pourrait être interprété comme une ‘leçon de savoir vivre’ ou quelque chose de cet acabit. Au contraire, tout est dans la subtilité, ces petites « réflexions d’esprit » sont de ci de là, apposées sobrement au fil de la narration « la nature vous regarde », (…) Toutes ces pensées/images sont là, mais le plus naturellement possible, un peu comme des éléments qui pourraient faire réfléchir (ou pas), sans être pour autant des sentences que l’ont doit prendre au pied de la lettre, … J’avoue, c’est quelque chose que je respecte profusément, autant sur le contenant que le contenu.
 
Gojira, c’est incontestablement un univers, une famille d’artistes pluridisciplinaires bien ‘à part’. Peut être, tout simplement, car on découvre un groupe loin des stéréotypes du métal brutal. Ni sexe, ni drogue, et pourtant foutre de Zeus, sacrément rock ‘n’ roll. Rien à voir avec des orgiaques délires de vielles brutes métaleuses. On distingue plutôt des amateurs circonspects d’humour de vaudeville, dont la culture s’apparente à un melting pot assez cocasse.
Imaginez, deux génies agitateurs starsky et hutch (limite clownesques) qui interprèteraient une bonne vieille série Z faites que de bagarres orales et/ou physiques, avec des bruitages, des effets spéciaux et doublages ultra mal réalisés –mais très sérieux au demeurant-, entrecoupés de mangas dont les dialogues ne serait que des onomatopées stridentes, et entrecoupés aussi de clips en mauvais play back de Metallica, ou même No One Is Innocent. Bon, ok dis comme ça, je l’avoue c’est pas le moins du monde amusant, et pourtant! Tout le long de du documentaire « Gojira sur la route » dans la partie bonus, ces sacripants nous font voguer de mises en scènes en jeux divers toujours bien décalés. Le rendu est comment dire… inimitable et à mourir de rire! On comprendra mieux alors le concept du side project Empalot, d’ailleurs pour ne pas les nommer, les deux principaux agitateurs ne sont autres que le chanteur (aussi ingé aux lumières de Gojira) et le batteur d’Empalot !
 
Mais le documentaire « Gojira sur la route », n’est pas que drôle, on y découvre aussi, des petits instants d’émotions que le groupe a voulu nous faire partager, avec des images par exemple au festival de Dour, avec Mike Patton, ou les balances des incroyables Nashville Pussy . Ou même plus humblement ces moments privilégiés où l’on nous permet de pencher la tête vers ce qui les entoure, leurs voyages en Suisse, France, …
 
En ce qui concerne le documentaire « gojistory » c’est un peu différent, quoi que… Encore une fois, ici le sérieux n’est pas le mot d’ordre, on découvre l’histoire du groupe d’une façon assez plaisante avec encore une fois beaucoup beaucoup beaucoup d’humour. Où d’ailleurs Richard Gamba (le manager) se prête plutôt bien au jeu.
 
Bon, ok ces bougres jouent la carte déconnade dans le tour bus, en revanche, quand il s’agit de scène, ça rigole plus ! Le live enregistré à bordeaux, nous le démontre amplement. Indéniablement les monteurs, cadreurs, réalisateurs, ainsi que les ingé son, et ingé aux lumières ont fait un boulot titanesque et sans conteste sensationnel ! C’est sublime à regarder, et en plus le son reste vraiment appréciable. Le montage est énergique, efficace, chiadé, ultra fluide, …  Un chef d’œuvre ! Après est-il vraiment la peine de vanter les mérites archi reconnus de Gojira sur scène ?
 
Et puis pour finir, un petit mot sur le clip de Love, qui est absolument fabuleux. Alain Duplantier qui en est le réalisateur, est une mouture incontournable dans le monde de la photo, il a à son actif réalisés de nombreux portraits merveilleux de personnalités comme Bjork, Sting, j’en passe et des meilleures (D’ailleurs, je vous encourage vivement à aller voir son site alainduplantier.com ). Bref, tout ça pour dire que le travail esthétique réalisé sur ce clip est remarquable, autant le grain choisi, que l’incroyable richesse dans les nuances des gris (clip en noir et blanc), sans parler du montage quasi épileptique, ... Bref … Comment dire … C’est surprenant, prodigieux et incomparable. A ne rater sous aucun prétexte !
 
En conclusion je dirais qu’une couleur prédomine dans ce DVD, le rouge. A la fois chaud, voire brûlant, ahurissant, lumineux, quelque fois violent, quelque fois symbole d’amour. Un rouge symbole de vie dans tous ses paradoxes, et ses diversités. Ce DVD est en quelques sortes un lien entre l’animal et l’humain. Comme quoi tout ne rentre pas forcément dans une case, et quelque fois il ne faut pas oublier les autres dimensions aux choses. Gojira est un groupe scénique bestial, brutal, mais ils ne se sont pas pour autant écervelés, ni violents, au contraire…  On découvre des personnes bourrées d’humour et sensibles à des choses simples comme l’environnement. Le rouge mais je n’oublierais pas non plus de parler de cet arbre, véritable emblème du groupe, signe de vie et de sagesse, de force et de richesses (Pour l’anecdote l’artwork est réalisé par Joe (chant)). Gojira c’est tout ça à la fois, et mieux encore …
Un grand Merci à eux, pour ces 180 minutes de purs bonheurs, et on leur souhaite que du bons pour la suite, car ce DVD est un vrai petit bijou autant sur la forme que sur le fond.

Gojira

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53 commentaires (17.43/20).
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The Link ( 2003 )

Ca y est Gojira, le monstre revient, encore plus puissant, encore plus malintentionné. Avec cette fois ci ‘the link’ (le lien). On pourrait se poser la question à l’écoute de ce nouvel opus du lien entre le précèdent album. Il est vrai que pour le 1er album, les bougres avaient mis beaucoup de temps, plus apparemment que pour celui ci. Ce qui avait donné au précèdent une palette très variée et riche de tons, et d’ambiances distinctes. Et là aux premières écoutes, on sent nettement le revirement du groupe. Beaucoup plus brut, plus explosif, plus courbaturé, on est là sur le fil du rasoir de toutes nos émotions les plus extrêmes. Cette fois ci les bougres n’ont pas fait dans la dentelle ! Comme si cette fois ci, il fallait se réveiller, accoucher de cette vie fœtale, couper le cordon ombilical une bonne fois pour toute, et toutes les nouvelles sensations nous pétent à la face. Ca va du pire au meilleur, dans un ascenseur aliéné. Imaginez un fil élastique qui s’amuse avec insolence à vous faire tournoyer autour de lui, un coup aux limites de l’enfer, un autre coup aux portes du paradis, un fil qui vous balance de l’un a l’autre sans transition ! C’est un peu ça the link. On ne fait plus dans la demie mesure ! Comme si quelque part on naviguait à travers plusieurs strates de vies psychiques. Et la musique serait ce lien. Gojira ouvre d’autres portes, d’autres strates, ça va là où ça fait mal. A croire qu’ils jouissent à triturer nos entrailles, nos délicates névroses. Musicalement, les ‘empreintes’ du groupe sont là, atmosphères, ambiances, sons divers piochés de ci de là, qui forment admirablement un conte, à vous de voir si l’histoire parle de fées ou de monstres ? A vous de voir si l’histoire fini bien ou pas ? Disons qu’ici, le film serait plutôt tiré d’une science fiction assourdissante, psychologiquement agressive. Après est il judicieux de parler de leur technique irréprochable, son énorme ? Un death, proche d’un grind des fois, très mélodique des fois, mais toujours aussi efficace … Bref Gojira, ne s’est pas reposé sur ses lauriers, et ont réussi en allant dans d’autres contrées musicales, à faire de belles découvertes. Certains pensent que cet album est simplement plus brut, mais écoute après écoute, en palpant les moindres notes, on découvre là aussi des minuscules petites choses, ces petites choses qui font que une nouvelle porte s’ouvre devant vos yeux écarquillés. Attention, Gojira joue avec votre esprit. Cet album est plus spirituel, plus vers l’au-delà, mais foutrement bon encore.

A écouter : embrace the world, indians...
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73 commentaires (18.42/20).
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Terra Incognita ( 2001 )

3 ans voire même plus, que Terra Incognita est sorti (2001). 3 années d’écoutes intensives et acharnées, et jamais cette ahurissante perfection n’a osé s’altérer sous le regard interloqué des mes tympans, ou si peu, tellement peu. Mais comment ont-ils réussi ? Quelle admirable insolence ! C’est d’une évidence accablante, Terra incognita reste un album de perfections, autant de brutalités que de raffinements, où se mêle souffrances, joies, bestialité, douceur, primitivisme, et spiritualité. Cet album dénote avec tout ce que j’ai eu l’habitude de voir ou d’entendre auparavant. Ca ne ressemble à rien d’autre, indéniablement. Et j’appuie bien sur le fait de ‘voir’, car encore une fois, Gojira semble comprendre que la musique ne se limite pas à quelques notes chiadées, mais qu’elle peut aussi faire référence à des images, des ambiances, des atmosphères, qu’elle peut jouer avec nos sens, et nos émotions. Comme si en somme, la musique prenait une autre dimension, qu’elle remplissait le vide. Les teintes choisies dans ce digipack  bien que classique à la noirceur chérie du métal brutal, reste travaillées. Artwork sobre, mais empli de sens. Cet homme replié sur lui-même peut évoquer tout un tas de délires fantasmés, tous les élément de cet album pourraient être des indices, des réponses, et nous emmener vers quelle chose de secret, à nous de déchiffrer les sens/ l’essence même. Je ne suis même pas hébétée quand j’apprends que Joe (chant) est de la famille du formidable photographe Alain Duplantier. (Y aurait il un lien avec ce talent visuel ? Possible puisque le clip de l’album a été réalisé par Duplantier lui-même !) L’esthétisme de cet album est pour moi quasi parfait. Loin des clivages récurrents d’un métal brutal, Gojira exprime simplement une ambivalence d’émotions avec une esthétique sobre mais efficace.
Mais là où le bas blesse, c’est que musicalement ils atteignent aussi une autre dimension. Ils transgressent, pénètrent ailleurs. Le rendu global de l’album reste un death lourd, techniquement incroyablement irréprochable, et  mélodiquement orgasmique, … Oui… je l’avoue cet album est sans doute un des meilleurs albums que je n’ai jamais entendu dans le style métal brutal. Et le pire dans tous ça, c’est que même si je n’ai pas l’envie d’écouter du brutal, cet album s’impose, et se glisse avec insolence, il est bon, et gracieux, à n’importe quel moment, il reste unique. C’est que terra incognita est différent, brutal oui, mais aussi humain, palpable, sensible, étonnant, torturé, paradoxal, et très complexe, c’est sans doute pour cela que je n’arrive pas encore en être lassée. Prenons par exemple ‘ Satan is a lawyer’  le 3eme morceaux de l’album : un mélange aéré, subtil, fusionnant lourdeur de riffs, et double pédale déchaînée, ce qui donne une architecture musicale novatrice, et bien vue. De plus les morceaux s’enchaînent comme les prises de vues dans un long métrage. Il n’y a pas d’accrochage, c’est exquis. Tout le long de l’écoute, on est plongé ailleurs, là où les images  accordées nous guident. Il suffit de fermer les yeux pour entrer dans une salle de cinéma, ou même d’être le héros de son propre long métrage. Cet album respire la vie dans toutes ses complexités, tantôt arrangements lyriques, tantôt ultra brutal. Et tout ça avec une habileté arrogante.
Je dirais … simplement que c’est odieusement orgasmique.

A écouter : clone, satan is a lawyer ...