logo God Forbid

Biographie

God Forbid

Fer de lance de la mouvance Metalcore aux côtés de Chimaira, Lamb Of God ou bien Killswitch Engage, God Forbid se forme dans le New-Jersey en 1996 sous l'impulsion du guitariste Dallas Coyle (ex-Faint 13) et du batteur Corey Pierce. Ils sont très vite rejoints par Byron Davis au chant, John Outcalt à la basse, et finalement par Doc Coyle à la guitare, frère de Dallas.
Le combo sort un premier album en 1999, Reject The Sickness, et entame les sempiternelles tournées qui, en plus de les faire connaître, leur permettront d'obtenir une certaine réputation en live. Trois ans plus tard le quintet sort Determination et l'ep Out Of Misery qui conforteront sa position de groupe incontournable de la nouvelle scène américaine.
Il faut attendre 2004 et la sortie de Gone Forerver pour voir le groupe sortir des frontières américaines. Encensé par les critiques, le groupe part en Europe avec Slipknot, Chimaira et Fear Factory pour faire connaître son troisième album. A peine un an plus tard sort IV : Constitution of Treason, disque plus sombre, plus fort, mais aussi plus mélodique. God Forbid qui multiplie les tournées, revient en 2009 avec Earthsblood.

14 / 20
4 commentaires (15.25/20).
logo amazon

Earthsblood ( 2009 )

Il y a déjà quatre ans de cela God Forbid s'était fait fortement remarqué sur la scène Metalcore avec son très bon Constitution of Treason. Il faut dire que l'effort était très inspiré avec ses riffs et mélodies chiadés au possible, le tout imbriqué dans une ambiance post-apocalyptique digne des plus grands récits cyberpunk. Aujourd'hui le groupe est de retour avec Earthsblood, un cinquième album logiquement très attendu.

God Forbid a la réputation d'évoluer à chaque nouvel opus, déboussolant par la même occasion ses fans. A l'entame d'Earthsblood on a pourtant l'impression que le groupe est resté dans l'optique de Constitution of Treason tant les éléments qui ont fait ce disque sont présents. Serait-on donc face à une copie de celui-ci ? Pas si évident...
Bien sûr on retrouve le même type de riffs efficaces portés par le même son lourd et surtout l'alternance Davis/Coyle au chant. Cependant le chant clair des frères Coyle est plus présent, occultant du coup celui plus hurlé de Davis, ce qui n'est pas forcément très désappointant, mais tout de même un peu dans la mesure où le groupe rentre plus dans la vague Metalcore actuelle avec des refrains clairs désormais systématiques. God Forbid reste néanmoins un cran aussi des autres avec un riffing toujours aussi travaillé. Le quintet enrichi d'ailleurs sa musique avec des influences Death empruntées à Morbid Angel sur des titres comme The Rain ou War of Attrition. Surprenant, et très bon !

Si l'entrée en matière est très bonne les choses se gâtent un peu par la suite avec un Walk Alone particulièrement indigeste de par son côté simpliste et son chant « Hard FM », et ce malgré un final appréciable. Même constat avec un Empire of the Gun trop faible pour sortir du lot.
Fort heureusement God Forbid corrige vite le tir grâce à la très mélancolique The New Clear chantée par les frères Coyle et où Davis n'apparaît qu'en chœur ou lorsque la musique explose. Le groupe enchaine ensuite avec de bons morceaux pêchus ou tout simplement bien pensés. Malgré quelques passages un peu faiblards, des morceaux comme Bat the Angels et Earthsblood rappellent même la noirceur d'un Constitution of Treason.
La longueur des chansons aurait pu laisser présager une évolution plus progressive déjà entamée par le passé, mais il n'en est rien. God Forbid continue de faire dans le simple et l'efficace, en dépit de quelques ambiances posées ici et là, notamment sur le titre éponyme Earthsblood.

Bien que non exempt de défauts Earthsblood est un disque s'écoutant sans problème. Il faut dire que les Jerseyites de God Forbid sont toujours aussi bons, que ce soit en matière de rythmique ou de solo. Seul le chant clair pêche par moment, naviguant entre le bon et le moins bon. Rien de dramatique cependant, la qualité des compositions étant une nouvelle fois au rendez-vous.

A écouter : The Rain, War of Attrition, The New Clear
16 / 20
8 commentaires (17.81/20).
logo amazon

IV : Constitution of Treason ( 2005 )

Le Metalcore a la cote en ce moment, porté par des groupes comme Chimaira ou Killswitch Engage qui conjuguent habilement toute l'agressivité et la technicité des années 80 avec un chant emprunté au Hardcore ou au Death. God Forbid apporte une pierre de plus à l'édifice avec IV : Constitution of Treason, concept album glauque énoncé en trois articles : Twilight of Civilization, In The Darkest Hour et Devolution. Le thème central de l'album repose sur la déchéance du monde qui est représentée sur la pochette du disque par l'allégorie de la Statue de la Liberté tombant en ruines dans une ambiance des plus apocalyptiques.

Ce Constitution of Treason impressionne de par la qualité de ses compositions, fort bien agencées, et construites de façon incisive autour de rythmiques et de riffs Thrash à la The Haunted (Divinity, Under This Flag, Crycify Your Beliefs), Power à la Machine Head (The Lonely Dead, Into the Wasteland, To The Fallen Hero), ou bien Hardcore avec des coups de double pédale hachés, mais mesurés (Divinity, The End of the World). God Forbid a qui plus est mit un point d'honneur à introduire des mélodies particulièrement accrocheuses, que ce soit dans les soli que dans les passages purement instrumentaux comme sur la très bonne The Lonely Dead. Le quintet n'hésite pas à casser régulièrement le rythme avec des passages plus posés, voire acoustiques sur pas mal de morceaux, et ce que ce soit en plein milieu, qu'en début ou qu'en fin de chanson. Le rendu de ces passages à part est dans l'ensemble plutôt réussi grâce à un son clair très lourd, lent, définitivement sombre et pesant. Les transitions sont bien elles aussi foutues, entre ruptures nettes et changements de tons progressifs.
Bref, tout ça pour dire que les musiques se suivent et ne se ressemblent pas, et le tout avec une certaine cohérence. Les riffs biens gras sont là, et même si les soli sont loin d'un Rob Anorld (Chimaira), ils ont pour la plupart un sens, une place dans la musique, n'étant ainsi pas que figuratifs sous prétexte qu'une chanson doit comporter un solo. Les frères Coil ont signé là des parties de guitare intéressantes sur de nombreux points, même si elles rappelent forcément d'autres riffs, ce genre là ayant tendance à tourner en rond par moment...

Quoiqu'il en soit, leurs efforts sont soutenus par un Corey Pierce sachant modérer la double grosse caisse, utiliser les contre-temps et autres roulements quand il faut. Autre fait appréciable, la batterie n'a pas été mise par dessus tout le reste, n'écrasant ainsi pas guitares et basse. Cette dernière est d'ailleurs elle aussi bien efficace, et audible hors des parties acoustiques pour une fois, chose ô combien rare et appréciable pour un disque de cet acabit. Elle ne croule pas sous la déferlante de guitares et s'impose en tant qu'élément essentiel de la rythmique. Jason Suecof (Trivium) et Eric Rachel (Dillinger Escape Plan) ont produit ce disque de façon intelligente, n'en déplaise aux amateurs de martelage de grosse caisse.

Côté chant, aucune surprise, Byron Davis chante d'une façon caverneuse pleine de hargne, mais ce n'est pour autant que les amateurs de finesse devront passer leur chemin puisqu'on retrouve en parfait contraste avec Davis les frères Coil en choeurs, et ce sur plus d'un titre. Ces derniers chantent de façon claire, souvent mélancolique et en parfaite harmonie avec les passages languissants. Welcome to the Apocalypse en est certainement le meilleur exemple tant il ressort de cette chanson un profond désarroi, une douce torpeur mélancolique qui ne peut qu'émouvoir.
L'alternance entre ces deux types de chant sur des titres comme Divinity permet à l'auditeur de jongler avec les genres et les émotions. Attention tout de même, les puristes seront certainement déçus par la présence « excessive » de chant clair, car plus encore que sur Gone ForeverGod Forbid ne fait plus du Metalcore bête et méchant et module désormais sa musique.

Avec ce nouvel album, God Forbid évolue et s'impose comme une valeur incontournable de la « New Wave of American Heavy Metal ». IV : Constitution of Treason est un disque d'une richesse et d'une complexité rare qui touchera un large public, amateurs de hurlements roques ou non, tant les musiques méritent qu'on y prête une oreille. God Forbid introduit de nouvelles sonorités avec efficience, même si elles pourront en dérouter plus d'un de par leur côté lénifiant.

A écouter sur leur espace MySpace.

A écouter : Chains of Humanity, Into the Wasteland, The Lonely Dead, Divinity, et To The Fallen Hero