Voici la chronique d'un monstre de la musique émotionnelle...un album d'une sincérité incroyable, qui ne se limite ni à l'emo ni même au néo, proposant une palette incroyable de style que l’on pourrait tout simplement qualifié du « style glassjaw » ...
Glassjaw c'est en premier lieu Daryl palumbo...un chanteur renversant au vu de ses capacités vocales. Il marie le chant emo "conventionnel" avec des hurlements proches du hoquet complètement barré, ou avec des intonations bien plus punk rock. La transition entre la plus sauvage des colères et la douceur s’opère en quelques secondes, ce n'est peut être pas le premier à le faire, mais il le fait avec brio. Le reste du groupe est lui aussi loin d'être manchot, les riffs sont incisifs et originaux, soutenu par une basse efficace, particulièrement dans les chansons les plus calmes (telles que Her middle name was boom) où elles transportent l'auditeur et remue sérieusement son estomac; enfin la batterie donne un rythme effréné aux morceaux les plus brut.....
Pretty Lush démarre l’album, et c’est sans doute le morceau le plus accessible de la galette : il est l’avant goût parfait pour un tel album, il n'est pas excessivement violent (parfait pour se faire une idée du son Glassjaw). En revanche question violence, on est surpris par le début du terrible Siberian kiss, ou le presque extrême Babe, une claque épuisante par sa rapidité, ses cris stridents, ses riffs punk hardcore. Heureusement que cette tornade ne dure que 1 minutes 43, car on se demande si le chanteur pourra tenir ce rythme effréné ; tout comme Babe, Hurting And Shoving assomme, bien que moins rapide, avec toujours un coté punk hardcore bien prononcé...et sa fin incorporant du hip hop de façon inattendue et surprenante...
Dans un registre plus doux Majour débute comme un morceau d’emo plus classique (pour par la suite finir sur des vocalises à fleur de peau) ; Ry ry’s song est également plus calme faisant penser à du punk rock. L‘incontournable de l‘album est certainement le fantastique morceau éponyme de l'album, progressant dans l'émotion pour laisser éclater une émotion ravageuse, oppressante ; Daryl met vraiment tout son coeur dans cette chanson, causant a coup sur des dommages chez les personnes un peu trop sensibles.
Pour ce qui est des défauts, a la première écoute de l’album difficile de s’accaparer les 12 titres; mis à part Pretty Lush ou Ry Ry's Song, les morceaux sont peu accessibles et peuvent facilement rebuter. Les qualités des musiciens peuvent aussi se changer en défauts, à savoir que le chant peut être très irritant pour les tympans (sur Babe notamment), ou que les guitares ont parfois un jeu étrange et inhabituel. Mis à part ces détails, l'album contient son lot de violence et d’émotions, et comblera amateurs d’emo comme de métal.
Voilà donc un album pour le moins hors norme, qui calme la colère, apaise la tristesse, n'est jamais lassant, mais qui agresse un peu les tympans (mais on en redemande) ; Everything est un album assez spécial mais dès qu’on a accroché difficile de le laisser quitter sa platine.
A écouter : Pretty Lush, Siberian Kiss, Everything you ever wanted to know about silence