Il y a parfois des découvertes rafraîchissantes, avec quelques titres glanés ça et la. Gatherer est de ceux la, sous couvert de 4 titres de hardcore mélodique aux airs de Defeater ou Modern Life is war. Car jouer sur ce terrain peut s'avérer un jeu dangereux : trop d'émotions, des explosions surfaites ou un chant qui tente maladroitement de faire passer des sentiments mais sans grande motivation.
Avec Postcards, Gatherer relève le défi haut la main. En à peine plus de 7 minutes, les 4 morceaux s'enchainent et les riffs défilent avec une sincérité poignante proche de leurs confrères de Defeater ("Jones Beach", "Brittle Bones"). Certes, il ne s'agit que d'un nombre restreint de compos, mais chacune transpire la fougue au travers de la voix du frontman (qui officie dans un registre assez proche de Jeffrey Eaton de Modern Life Is War) tout en gardant une certaine fragilité à la manière de Touché Amoré.
Postcards forme un ensemble homogène, ou les titres se succèdent sans véritable rupture : démarrages au quart de tour ("Jones Beach", "Brittle Bones"), refrains marquants ("Wedding Bells" qui marquera sans doute quelques esprits) et passion débordante ("Postcards" et son chant qui prend aux tripes) sont les éléments essentiels présentés par Gatherer. Les Américains semblent d'ailleurs réaliser un sans faute : pas de temps mort ou d'effluves trop présentes d'une source d'inspiration.
Gatherer est poignant, captivant. En 4 titres, le combo a su démontrer son talent et l'avenir s'annonce radieux pour le quintet si la qualité reste au rendez-vous. Postcards les inscrit dans la liste des groupes à suivre de 2012.
A écouter : Brittle Bones