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Biographie

Gantz

Originaire de Besançon, le groupe s'est formé durant l'été '98. La suite s'enchaîne assez vite avec quelques concerts avant une première démo 9 titres intitulée Our Vision enregistrée en '99. Après quelques modifications dans le line up et pas mal de travail, le combo sort un Mini CD 318 366 .2. en 2001. Cette nouvelle sortie marque la création du label Impure Muzik créé par le groupe lui même. Après de nombreux concerts en France, Allemagne, Luxembourg... la nouvelle galette Les jours se suivent et ne se ressemblent pas est distribuée en octobre 2002. Après un split avec les japonais de Cleaner et un second avecAmen Ra, Gameness et Vuur (chronique) en 2004, le groupe sort en 2006 La Chambre des Morts, leur premier véritable album.

15.5 / 20
10 commentaires (16.8/20).
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La Chambre Des Morts ( 2006 )

S'il y a une chose que l'on retiendra de Gantz, mis à part la qualité de leurs morceaux, c'est sans aucun doute leur désir d'évoluer, de se renouveler et de perdurer au sein de la scène hardcore européenne. Après 8 années d'existence ponctuées d'une poignée d'excellentes (mais courtes) productions, de changements de line up, d'investissements personnels (Impuremuzik), Gantz trouve aujourd'hui le temps avec La Chambre des Morts de nous offrir un "vrai grand" disque pleinement consacré à leur musique.

Comme toujours, on a droit à un joli packaging façon digipack très classe avec un livret dont les paroles de chaque composition sont enrichies de quelques explications verbales sur le contexte de leur écriture. Musicalement parlant, La Chambre des morts confirme le tournant musical entrevu sur les productions précédentes. Si on ressent encore et toujours l'aspect écorché, désespéré et poétique des notes, Gantz l'exprime aujourd'hui différemment qu'a l'époque du poignant Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Le groupe est parvenu avec aisance à ne pas s'enliser dans un cadre "screamo" aux contours clairement définis mais étend ses membres vers des sentiers plus obscurs et métalliques. Côtoyant la lourdeur du noise-core ("Mes Architectes") et la noirceur du sludge ("Vieillir sans compter, vieillir sans trembler"), les morceaux prennent du plomb via des parties bien heavy et cette voix malade et écorchée qui maltraite les syllabes en longueur dans des tons majoritairement graves.

Bien sur, on a toujours droit à ces parties de guitare cristallines et alambiquées ("Les prémices du bétons", "Noircir la porte de sa maison") qui font aujourd'hui toute la personnalité du groupe au même titre que les paroles (toujours en français) jamais anodines, toujours pesées et réfléchies ("Rance") sur les sentiments et aspirations de l'homme au sein de sa société. Gantz a également travaillé les ambiances et atmosphères (intro / outro) qui, avec du recul, confèrent une cohérence certaine à ce disque plutôt long pour le genre (45 minutes) et qui pourtant passe à une vitesse grand V à nos oreilles tant sa capacité à nous captiver est grande.

La Chambre des Morts est disponible en version CD (Krawa Rds, Heart on fire, Radar Swarm, Impure Muzik) et vinyle (Maldoror, Sm-Musik) à laquelle, par manque de temps, l'excellent titre "Noircir la porte de sa maison" n'a pu être intégré. Gantz est sur la route d'avril à juin avec son nouveau line-up, ne manquez pas l'occasion de voir une des formations les plus sincères et sympathiques de l'hexagone.

Téléchargez : Les prémices du béton.

A écouter : Les prémices du béton - Noircir la porte de sa maison - J'aurais préféré toi que moi
15.5 / 20
2 commentaires (17/20).

Split avec Cleaner ( 2004 )

Avec Les jours se suivent et ne se ressemblent plus Gantz nous avait gratifié d'une des surprises hardcore les plus agréables de l'année 2002. Poétiques, lyriques mais aussi écorchées et puissantes, leurs compositions orientées screamo entre Envy et Saetia témoignaient d'un groupe encore bercé par les influences mais possédant une grande sincérité. 2 ans plus tard, le groupe accueille un nouveau chanteur et un nouveau guitariste, c'est donc un Gantz remodelé qui apparaît sur ce split avec les étonnants japonais de Cleaner.

Premier constat, un effort a été fait du coté de la production. Le mixage permet à la musique de s'exprimer pleinement et des restitue toute la personnalité du combo. Personnalité affirmée par un nouveau chanteur qui change clairement la donne, sa voix se veut beaucoup moins écorchée mais compense par une puissance de feu mémorable. Certains regretteront sans doute le chant screamo et chargé d'émotion de l'ancien vocaliste qui officie désormais avec Daïtro, mais ce changement est en accord avec l'évolution de Gantz. En ce sens, le groupe laisse un peu de coté son aspect emo hardcore et alourdi sa musique qui devient plus torturée et encore plus sombre que sur les précédents efforts.
Les longs plans mélodiques enveloppés par une guitare cristalline que l'on appréciait énormément sur Les jours se suivent... produisent toujours autant d'effet. Les compositions, lyriques et poétiques, engendrent des émotions vives, mélancoliques et nostalgiques. Les passages chaotiques et violents possèdent un tempo plus lent qu'auparavant mais expriment toujours autant de rage via une lourdeur et une atmosphère qui peuvent rappeler le son de Pelican ou d'Isis.
Chantés/hurlés exclusivement en français, les textes n'ont rien à envier à la noirceur de la musique. Traitant de l'avenir de l'homme et du travail inexorable et destructeur du temps, ces derniers ne sont qu'une preuve supplémentaire de l'investissement du groupe. C'est indéniable, Gantz ne fait désormais qu'effleurer les influences entrevues sur leurs premiers disques et produit un son personnel et toujours aussi sincère. Mention spéciale à "Une lueur" qui, en presque 10 minutes, dévoile toute l'étendue de leur talent.

Cleaner, ou comment nettoyer et balayer tous vos repères musicaux en quelques minutes. Ce groupe japonais n'est sûrement pas inconnu des amateurs des labels Waiting for an angel ou My own Salvation qui possèdent un certain talent pour nous rapporter du pays du soleil levant des disques toujours plus surprenants. Pour les autres, ce sera le choc ! Impossible de cloisonner la musique de Cleaner avec des mots tant celle ci implose, explose, converge et diverge de partout et de nulle part. Cleaner produit un hardcore épileptique, écorché et déjanté au possible alternant passages minimalistes et très denses.
Les 6 déroutants morceaux que propose le groupe sont de plus très différents. "Murasaki" est sans doute le moins accessible avec sa guitare sautillante et totalement folle, son chant essoufflé et sa trompette très inattendu. Bref, un titre très noisy qui respire l'improvisation. "Ao", orienté screamo hardcore façon Nitro Mega Prayer est sans doute la composition la plus "conventionnelle". "Soshite wakakusa..." et son tempo très dansant vire brusquement en hardcore chaotique à son terme. Les 2 compositions suivantes poursuivent dans cette direction en proposant un chaos sonore très "noise" et très court pour l'ultime "Ki" (12 secondes !).
Cleaner nous balance 6 morceaux totalement déstructurés au son très noise et strident qui plaira aux amateurs de musique écorchée et non conventionnelle, les autres n'auront qu'a se boucher les oreilles.

Impuremuzik prouve une fois de plus qu'ils ont tout compris au principe du split CD en proposant 2 groupes aux styles très différents qui se complètent fort bien. Un petit mot sur le packaging qui se révèle toujours très classe (chose de rigueur chez Impuremuzik). Un petit livret rassemble les paroles des 2 groupes dans leurs langues et traduites en anglais. A acquérir sans une once d'hésitation.

Télécharger : Une lueur (Gantz) et Ao (Cleaner).

Rendez-vous sur la page de Cleaner pour la biographie et la discographie du groupe. 

A écouter : Une lueur, Ao
14.5 / 20
5 commentaires (16.3/20).
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Les jours se suivent et ne se ressemblent plus ( 2002 )

Dès l'intro parlée de 42 secondes de ce 8 titres (de 33 minutes), Gantz nous fait rentrer dans son univers. Un univers noir, mélancolique, lyrique, empreint d'émotion coléreuse et intense. Bref, ce n'est certainement pas la joie qui ressort de ce disque, ni dans la musique, ni dans les paroles.
Même si la noirceur prévaut sur tout le reste, au milieu des cris déchirés d'Aurélien, la finesse de la musique du combo est immense, quasi lyrique. Tel un recueil de poésies sombres principalement tournées vers un passé empli de désespoir, de mal-être.
Pour créer son ambiance, Gantz enveloppe parfois sa musique d'un piano ou d'un violoncelle; des effets de voix lointaines et autres réverb sur les guitares se jouent des tours. Les parties saturées s'égosillent jusqu'à la rupture et les passages acoustiques, planants et somptueux, jusqu'aux monologues dramatiques. De l'instrumentale calme "Telliah" au brûlot oppressant "Le Prince du Danemark", Gantz laisse ressortir ses tourments. Au terme de son élégie, "Au coeur des Ténèbres" dont les paroles du monologue sont morbides et le fond sonore torturé.

Evidémment, la production n'en est pas une à 10 000 dollars, et pourtant, Gantz réussit à imposer des chansons enregistrées avec soin. Quelques imperfections sonores au niveau de la guitare bien saturée sont audibles mais restent dans l'esprit. Cette guitare justement, appuie les cris authentiques et sans retenue d'Aurélien, ajoutant ainsi à l'intensité des émotions abondement déversées. Sincères.

A écouter : La complainte de Ruteboeuf ; Le Prince du Danemark ; Les jours passent et ne se ressemblent plus