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Biographie

Funeral Diner

C'est en 1998 à Half Noon Bay que Funeral Diner voit le jour. Aujourd'hui basé à San Francisco, le groupe c'est longtemps contenté de sortir de manière très régulière de nombreux split CDs. En 2005 Funeral Diner met les bouchées doubles et sort un second "full length" intitulé The Underdark. Malgré un aspect écorché toujours très développé, cet album marque une accalmie dans le paysage screamo hardcore que Funeral Diner s'est efforcé de peindre jusque là. En 2005 Funeral Diner part sur une longue tournée à travers les USA, l'Europe et le Japon et partage ainsi l'affiche avec Endzweck, Kaospilot ou encore Zann.

Chronique

15.5 / 20
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The Underdark ( 2005 )

Depuis leurs premiers pas assurés et énervés les californiens de Funeral Diner furent (et sont) un acteur majeur de la scène screamo hardcore de part une discographie tant quantitative que qualitative. Comprenant des membres de feu Portraits of Past (qui rappelons le, fut un des groupes à la base du genre emo hardcore au sens large) de feu Nexus Six et des biens actifs et non moins excellents Takaru, Funeral Diner a aujourd'hui largement répandu son influence.

The Underdark confirme le virage que le combo a entrepris depuis l'arrivée d'un nouveau chanteur. La fougue juvénile des premiers instants à définitivement cédé la place à des morceaux sans bavure, aérés par des bulles post-rock façon City of Caterpillar et des tempos ralentis. Le parallèle est immédiatement faisable avec l'accalmie assumée de Envy prise par certains comme un gage de maturité et par d'autres comme un empâtement. Avec Funeral Diner, le schéma a l'air de se répéter. Auparavant apprécié et encensé par les kids amateurs d'urgence et de frasques impitoyables, le groupe est aujourd'hui à tort trop souvent délaissé, la faute a un changement de cap légitime. La production deluxe, contribuant à la fluidité et à la souplesse de The Underdark accentue encore l'aspect posé et cadré puis par la même occasion le schisme entre auditeurs.
Quoi qu'il en soit, malgré un artwork et un nom d'album éloquents, Funeral Diner est bien loin d'avoir vendu son âme au diable. Le combo repousse les limites d’une tendance mélodique qui leur a toujours été chère. En ce sens le groupe met en évidence de nombreuses parties dénudées et inspirées de guitares cristallines ("Two Houses") à cheval sur des bourrasques typiquement screamo. Couplée aux effets ambiants et aériens de distorsion ("What Was Said"), cette nouvelle approche leur permet d'étirer les morceaux qui certes, y perdent en énergie pure mais y gagnent en profondeur et en originalité. Funeral Diner a également enrichie sa palette instrumentale avec l'emploie d'un orgue sur l'excellent et très post-rock "It Is Good That We Never Met" et l'ajout de samples discrets renforçant l'atmosphère à la fois cotonneuse et douloureuse de l'ensemble soutenue par des paroles allégoriques du meilleur cru.

En étant intraitable on pourra toujours reprocher à Funeral Diner une inspiration pas toujours ultime dans les passages aériens, mais le dosage entre furie et parties tempérées est la plupart du temps parfaitement équilibré. The Underdark est un disque emo hardcore abouti qui loin d'opérer une révolution contient une kyrielle de passages classieux et mémorables qui devraient faire mouche chez les inconditionnels de A Day In Black And White et City of Caterpillar.

A écouter : It Is Good That We Never Met - We Become Buried - Two Houses