Définir de façon synthétique l’oeuvre de From First To Last se révèle être une tâche quasiment irréalisable tant les influences sont complexes et diverses. Chaque morceau foisonne de références, et bien évidemment, à vouloir suivre de nombreuses voies, on se risque à produire quelque chose de « très bon » comme de …médiocre. En somme, n'est pas Refused ou At The Drive In qui veut.
Bien que les groupes susnommés n'est pas grand chose à voir avec FFTL, il est tout de même bon de les évoquer tant il est facile de se noyer dans l’approche de ce Dear Diary, My Teen Angst Has A Body Count. S'il fallait résumer la musicalité des Floridiens, il s'agirait d'un compromis entre un emocore catchy styléThe Used, et un screamo plus âpre façonné From Autumn To Ashes. Mais, une fois encore, cela serait, en définitive, bien réducteur.
"I Liked You Better Before You Were Naked On the Internet" propose des sonorités proches d’une scène trip hop, rappelant le titre si particulier de Boys Night Out figurant sur Make Yourself Sick. Morceau assez heureux donc, qui se couple à des pistes plus frénétiques aux influences tantôt punk/hardcore ("Kiss Me, I'm Contagious") avec ses basses en surimpression, tantôt pop punk/power rock à la manière de "Populace In Two".
Que d'influences me direz-vous. Malheureusement en matière d’emo, car c’est bien là le propos, les deux interludes acoustiques ("Emily", et "Minuet") sont d'une platitude indigeste et ne servent en rien cette production. A contrario, le break guitare acoustique de "Secrets Don't Make Friends" est réellement captivant, et apporte de façon indéniable un plus ; voici un exemple assez significatif de ce déséquilibre qualitatif dont souffre le disque.
Cette disparité se retrouve dans le chant de Sonny Moore où l’affligeant se substitue de trop à une quiétude savoureuse décrite sur le break mentionné plus haut. Le côté larmoyant du frontman paraît totalement dépourvu de toute sincérité, bien que fortement accentué.
Par chance, le reste du combo soutient son leader avec dextérité, que ce soit par un jeu de répliques sur "Populace In Two", ou sur les vociférations metal/hardcore des plus détonantes ("Secrets Don't Make Friends").
L'écoute de ce Dear Diary, My Teen Angst Has A Body Count s’avère être assez éprouvante. Pour mieux cerner cette prolifération d’influences, je ne peux que vous conseiller, en dernier recours, de jeter une oreille attentive à la piste cachée: "Dead Baby Kick Ball". Barré au possible, ce titre emprunte tant au côté déjanté de la scène rock’n’roll, qu'au rap avec la présence émérite de M.L.P. sur fond de cris gutturaux très Black Metal. Mais il s'agit là d'un tout autre registre qu'il ne tiendra qu’à vous d’approfondir.
Une ouverture musicale est de rigueur pour parer à l’écoute décontenancée de cette production.
A écouter : Dead Baby Kickball; Kiss Me, I'm Contagious; secrets Don't Make Friends