Quoi que l'on puisse en penser, le lusitanien en colère est plus proche du guerrier viking que du danseur de samba. Il suffit d'écouter Freedoom pour s'en convaincre.
Doomed Condition s'inscrit dans la droite lignée du précédent 7", Stop Talking To Yourself : assénant avec rudesse un raw punk brut et rustique, Freedoom s'avance tel un rouleau compresseur implacable, lourd et massif, porté par des rythmes sauvages. L'album bénéficie d'un gros son tendant à la saturation, condensant l'oxygène en bave hargneuse. Un son qui n'est pas sans rappeler l'école suédoise des Skitsystem et autres Wolfbrigade. Freedoom lance saillies primaires sur assauts basiques avec une force imparable et une efficacité dévastatrice. Ça et là, s’immiscent des mélodies, émanations tragédyennes, aux horizons sombres et funestes. Les portugais mugissent un crust rêche et rugueux, hurlant de haine et débordant d'énergie. Il n'y a évidemment rien de très original musicalement mais Freedoom parvient à concentrer et à conserver tout au long de l'album une rage et une intensité assez incroyable. A noter tout de même, des titres chantés en portugais où l'on constate que la langue de Pessoa se conjugue parfaitement au crust.
Doomed Condition est au final un bon album qui confirme la progression de Freedoom et tout le bien que l'on pensait de ce groupe.D'autant plus, qu'avec un titre comme "Desfiladeiro De Lagrimas", on entrevoit une possible évolution vers un style plus ambitieux.
En écoute sur Myspace : Doomed Condition, Schadenfreude, No Redemption No Return.
A écouter : Desfiladeiro De Lagrimas, Diamantes Mutilados, Babylon Burns