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Biographie
Entre plus d'être le théâtre de guerres sanguinaires en Irak, Fallujah est depuis 2005 une formation death metal technique native de San Fransisco. Le groupe sort son premier EP en 2009, Leper Colony, en auto-production. On a le droit à un deathcore brutal, hybride et sombre. Après quelques changements de line-up et quelques concerts le groupe revient en 2010 avec sa Demo 2010, dans lequel la composante "core" est encore plus marquée. Violent, encore plus sombre et technique que par le passé, il est toutefois impossible de le classer à côté des productions "deathcore" aséptisées actuelles. Des clash internes entraînent encore de nouveaux changements de line-up. Fin 2011 Fallujah sort son premier album, The Harvest Wombs, qui rayonne de puissance et d'inspiration. Black metal, brutal death metal, deathcore et mélodies grandioses s'y entrecroisent joyeusement.
Avant de lire cette chronique il vous est chaudement recommandé de cliquer là pour zieuter d’un peu plus près l’artwork hyper classe de Nomadic. On ne s’éloigne pas franchement des thématiques deathcore moderne habituels et de plus en plus récurrents mais bon, ça a le mérite d’avoir une sacrée gueule, surtout les inscriptions en blanc épurées. Alors, cet homme à la dérive est-il révélateur du contenu de cette nouvelle production ? La sérénité et la douleur que dégage l’artwork pourrait nous affirmer que oui tant la dualité violence / repos est flagrante. 18 minutes pour 3 titres qui auraient pu n’en former qu’un et qui passent du tout au tout en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Et pour le coup je m’autorise un petit track-by-track même si c’est pas exactement dans mes habitudes.
L’ouverture The Dead Sea et son intro majestueuse (le premier riff totalement épique) nous amène en terres connues mais aux paysages légèrement altérés par le temps. La brutalité est toujours de mise mais on sent d’emblée une certaine profondeur, voire une certaine mélancolique émaner de la musique. Les mélodies cosmiques font toujours le sel de Fallujah mais le tapping, utilisé en accord avec les cymbales clinquantes, rendent le tout définitivement plus atmosphérique. Et ce ne n'est pas le pont aux nappes de synthés éthérées et à la douce basse qui me fera dire le contraire. Pour le côté mélancolique, il faut aussi aller chercher du côté du chanteur Alex Hofmann qui s’est dirait-on fait greffer un poumon de plus pour mieux hurler, et p****n le coffre que ça lui fait ! Ses hurlements moins gutturaux que sur The Harvest Wombs gagnent énormément en intensité et nous hérisse l’échine tant l’émotion est forte.
S’en suit une superbe bouffée d’air, la bien-nommée Silent qui ferait presque penser aux pistes ambiantes d’Alrakis de par ses samples intersidéraux, ses bruitages, ses voix indistinctes qui se perdent dans l’espace… *soupir, comme c’est beau*. Bon en tous cas cette piste achève de nous montrer que Fallujah danse aussi bien sur un pied que sur l’autre. Silent s’intègre très bien à l’ensemble et fait son effet avant le final mastodontesque (nan nan pas le groupe) Venom Upon The Blade qui appuie une dernière fois sur le bouton « décollage ».
Six minutes de bonheur en barre pour ceux qui commençaient à s’endormir, la technique des musiciens s’expose au grand jour et Hoffmann déploie son chant criard corisant mais terriblement bien maîtrisé. Venom Upon The Blade ressemble plus à ce que l’on pouvait trouver sur The Harvest Wombs. Les leads et soli éclatants surfent sur la rythmique imprévisible comme jamais. Puis nouveau un pont en forme d’accalmie, regardez une dernière fois la Terre depuis le hublot et bouclez votre ceinture pour le bouquet final : blast beat et tapis de double pédale, lead mélodiques, synthé, tout le monde s’y met pour vous foutre un sacré frisson dans la nuque ! Certains d’entre vous sont peut-être en train d’attendre que je parle de la composante Black Metal présente dans The Harvest Wombs et qui filait à l’album un air de gros melting-pot archi bien foutu. Ben en fait le Black Metal s’est comme qui dirait fait la malle, mes amis. ‘apu ! Dommage mais ce retrait est compensé par des compos plus accrocheuses et peut-être plus cohérentes au passage. Et rien ne nous dit que les Américains ne joueront pas dessus plus tard. Qui sait ?
En attendant, Fallujah nous offre là un superbe EP, en attendant le prochain full-lenght que l’on attend déjà avec impatience. Fallujah est grand !
A écouter : l'EP en entier allons !
On a beau critiquer les Amerloques pour leur culture envahissante, leur politique étrangère aux desseins douteux, leurs usines à stars toutes plus vulgaires les unes que les autres et leurs hamburgers gargantuesques, il faut bien avouer que le continent outre-Atlantique a donné naissance à des perles « metalliques » qui en font headbanger plus d’un aujourd’hui. A la frontière improbable entre brutal death, djent aux accents jazzy et black atmosphérique, Fallujah pourrait bien se retrouver bientôt dans les platines des fans de Born of Osiris, The Faceless, Animals as Leaders et Obscura. Le point commun de ces groupes ? Un sens indubitable de l’équilibre entre grands espaces dédiés aux mélodies et soli époustouflants, rythmique calculée au poil de cul et grosse baston quand il faut.
Fallujah s’est approprié ces éléments et les a poussés encore un cran au-dessus (c’est dire !). Et comme le groupe commençait à se faire un peu chier avec ces joujoux, il s’est dit « tiens, et si on mettait du black metal dedans ? ». Ainsi sont nés les superbes plans Darkspace-iens de "Alpha Incipient", "Cerebral Hybridization" ou encore de l’éponyme "The Harvest Wombs". Car oui, la richesse du jeu de Fallujah est telle que des dizaines d’écoutes vous seront nécessaires si vous voulez vous souvenir parfaitement des soli faisant subitement irruption alors que la batterie s’adonnait à un blast beat des plus sulfureux. Définitivement, le duo de guitares ne tient pas en place plus de deux secondes sans partir soit dans une partie lourde bienvenue ("Ritual of Godflesh", "Prison of the Mind", "Cerebral Hybridazition") soit dans un pont, un solo, une mélodie qui ouvre de nouvelles voies toutes plus incroyables les unes que les autres ("Become One", "Assemblage of Wolves")
Je parlais plus haut de « djent aux accents jazzy ». Concrètement, écoutez "The Flame Surreal" et vous en aurez le cœur net. Cette insolente instrumentale de 3 :30 mn vient vous faire du gringue alors que vous étiez en train de vous taper un pur solo de Tosin Abasi (Animals as Leaders) ! Même atmosphère mystique vous transportant dans les espaces infinis bardés de théories sur l’Homme, la Vie, notre raison d’être, riffs aux couleurs en relation directe avec celles de l’artwork, créé par Cameron Gray, qui avait déjà bossé avec Born of Osiris (quel heureux hasard). L’autre instrumentale, "The Harvest Wombs", est quant à elle l’occasion pour les guitares d’exposer sous le jour le plus black de l’album, murs de riffs tels une tempête cosmique appuyés par une batterie rapide et régulière. Un peu comme un Alrakis sous amphet.
Côtés vocaux, les amateurs de rugissements d’ours des cavernes en rut ne seront pas en reste. C’est un certain Alex Hofmann qui se tient derrière le micro et laissez-moi vous dire qu’il saura faire dresser vos poils avec ses cordes vocales (hum). Si son domaine de prédilection semble être une voix gutturale au timbre impressionnant, le bonhomme sait aussi passer du côté « core » de la Force de temps à autres. Non non, ne partez pas ! Il ne s’agit pas ici de voix claires mièvres qui filent la gerbe dès les premières écoutes ! En fait on pense encore une fois à Born of Osiris pour la dualité bien mesurée entre chant profond et chant criard, ici à la limite du black.
Pour sûr, The Harvest Wombs ne vous laissera pas indifférent. Quelles que soient vos affinités naturelles pour un genre de metal extrême, vous trouverez votre compte à travers cet album aux dimensions et à la profondeur improbables.
En écoute en entier ci-dessous ou sur soundcloud.
A écouter : Alpha Incipient, Become One, The Flame Surreal, The Harvest Wombs... et les autres!
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