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Biographie

Fall Of Efrafa

Neil - guitare
Steven  - guitare
Michael - basse
George - batterie
Alex - chant

A l'origine formation crust de Brighton (Royaume-Uni), Fall Of Efrafa tire son nom et sa raison d'être de l'oeuvre de Richard Adams, Watership Down.
Le groupe sort fin 2006 un premier album intitulé Owsla, premier volet du tryptique The Warren of Snares.
Le second, intitulé Elil, ainsi qu'un split avec Down To Agony, voient le jour au cours de l'année 2007 qui consacre le groupe comme une des plus importantes révélations de ces dernières années. Fall Of Efrafa n'en conserve pas moins la lignée qu'il s'est fixée, tournant peu, seules quelques dates au Royaume-Uni et une mini-tournée thématique avec Icos étant à mettre au crédit de 2008. Au printemps de cette même année, le groupe sort un remix du morceau "Dominion Theology" sous le nom de Tharn.
Pour 2009, la charge de travail des anglais s'avère colossale : une tournée américaine aux côtés de Protestant et, bien sûr, le troisième volet de The Warren of Snares, Inle sur lequel Fall Of Efrafa tire sa révérence.

Chroniques

The Road Inlé Elil Owsla

The Road ( 2010 )

Il manquait plus qu'un dvd pour que Fall Of Efrafa soit complètement grillé auprès des puristes. C'est maintenant chose faite avec The Road. Pourtant plaire, coller à une certaine éthique n'a jamais été l'objectif majeur des anglais. Alors certes l'ascension en cinq années aura été relativement fulgurante, à nos propres yeux du moins car les membres de FOE ont toujours eu l'impression qu'on les prenait pour un groupe plus important qu'il ne l'était. Peut-être. Malgré tout il aura fallu pas mal de courage, d'abnégation et de travail aussi pour mener ce projet à bien sans quasiment aucun accroc et le torpiller à son apogée.

Trois albums, un split mais une poignée de concerts. C'est peut-être aussi pour cette raison, le fait de ne pas avoir eu le temps matériel ou même l'argent nécessaire pour en faire davantage que FOE a voulu inscrire son aventure sur la pellicule. Un retour sur les derniers mois, pour immortaliser cette première et dernière tournée US avec les collègues de Protestant. Construit à la manière d'un road movie, réalisé en noir et blanc, le dvd ne nous laissera voir que très peu d'intimité des anglais et les seules images durant lesquelles ils apparaissent en dehors des concerts sont de brèves séquences sans parole, au ralenti, un peu comme si l'on était parachuté dans leur rêve. De Columbus à New York, en passant par Chicago, FOE fait salle comble à chaque voyage et nous permet de replonger de manière épisodique dans son univers, un univers qui s'est progressivement affiné au fil des ans et dont ce dvd ne nous permet d'entrevoir que la dernière période puisque, hormis "The Fall of Efrafa", plus aucun titre d'Owsla ne fait partie de la setlist. En plus d'avoir opté pour un traitement sans artifice de manière à conserver le côté brut des shows, FOE a pris également le parti de nous offrir le plus possible d'extraits de concerts, des chansons incomplètes dont l'essentiel tourne autour de "Dominion Theology", titre réellement symbolique de la thématique efrafienne, peut-être aussi le plus abouti de l'oeuvre, décliné également dans sa forme Paper Aeroplane dans le générique de fin. "For El Ahraihrah to cry", "The Burial", "Simulacrum" et "The Warren of Snares" complètent la liste.
Parallèlement, FOE ne pouvait décemment pas faire l'impasse par la ville où tout a commencé : Brighton. Ainsi une large place est accordé à la dernière prestation du groupe dans son fief, au Westhill Hall, superbe écrin ressemblant davantage au Royal Albert Hall qu'à l'ABC No Rio. Malheureusement, la médiocrité du son et le plan fixe monotone auront raison des plus acharnés. Vous pouvez toujours y jeter un oeil pour assouvir votre côté fanboy mais si vous voulez éviter de perdre quelques dixièmes à la vue et aux oreilles, vous trouverez facilement sur le tube des vidéos de qualité supérieure de ce dernier show.

Humble et ambitieux. Deux termes qui décrivent parfaitement la personnalité de Fall Of Efrafa. Humble dans sa façon d'agir, ambitieux dans sa manière d'envisager la musique. Les anglais ne voulaient pas autre chose. Ils ont maintenu le cap et assumé leur évolution au milieu des déceptions et des noms d'oiseaux. The Road est leur testament.

A écouter : The Road Movie
14.5 / 20
4 commentaires (17.63/20).
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Inlé ( 2009 )

Inlé sera l'épitaphe de Fall Of Efrafa. The Warren of Snares le cénotaphe sous lequel reposera sa dépouille. Mais avant d'en finir, une dernière quête, un ultime coup de rein adressé aux forces obscurantistes avant de s'écrouler. Un dernier chapitre pour ce qui n'est pas tout à fait un livre, plus tout à fait un disque.

Inlé pour Mort. Mais dans le monde de Watership Down, le troisième volet de The Warren Of Snares est avant tout une victoire. Celle des forces Owsla sur le despote Woodwort contre lequel a marché tout un peuple. Une victoire mais pas un triomphe. A l'oppression politique et religieuse succède certes la joie d'être débarrassé du joug de la tyrannie, de la barbarie, mais également le temps du questionnement, de l'utilisation de cette liberté et de l'incertitude qui va avec lorsque disparaissent les postulats, les artifices, les entraves qui régissaient les vies.
Ainsi s'achève l'odyssée de Fall Of Efrafa qui nous aura tenu en haleine durant cinq années. Un projet ambitieux, en totale rupture avec un monde qui ne vit que pour le court terme, le rapide. Un ouvrage en trois volumes finalement plus proche des sagas des groupes prog des 70's que du punk. Inlé est peut-être le plus dense de tous. Peut-être parce que plus réfléchi, plus pensé. Parce que durant ces années Fall Of Efrafa a eu le temps de (le faire) mûrir. Il est surtout le symbole d'une évolution dont on pouvait deviner les orientations dès Elil mais qui, si on retourne quelques années en arrière, était déjà perceptible sur Owsla. Une volonté claire et nette de rompre totalement avec les images d'Epinal crusties, en multipliant les ambiances postcore, en étendant la zone de pêche dans des contrées honnies du quidam punk. Fall Of Efrafa a osé et a en partie réussi. Inlé est une immense fresque où la contemplation occupe une large part, largement moins frontale que ses prédecesseurs. Tout est dans le ressenti, le sentiment comprimé, l'incantation, le murmure. Fall Of Efrafa a définitvement choisi sa voie, celle empruntant un long et large fleuve en apparence tranquille ou le retour du violoncelle ou de la guitare utilisée comme tel charge l'ensemble d'une nappe de mélancolie à peine perturbée d'éléments étrangers - la pedal steel sur "Woundwort" - pour trouver son aboutissement dans un final éclatant, "The Warren of Snares", titre générique de l'oeuvre. La boucle est bouclée.

Reste que ce troisième chapitre souffre malgré tout d'un manque de souffle évident. En voulant à tout prix se démarquer de cet esprit punk qui présidait à ses débuts, Fall Of Efrafa semble avoir perdu de sa force de frappe, ce grain qui faisait toute la différence. Autrefois un atout, le côté épuré de sa musique laisse cette fois une impression de dénuement, de désolation sans une branche à laquelle s'accrocher solidement. Inlé est surchargé de pas mal de redondances, alourdi de morceaux inutilement longs ("Republic of Heaven") et grevé d'une inspiration pas toujours au rendez-vous, témoin le sludgy passe-partout "The Burial" qui, celà dit, ne devrait apparaître que sur la version cd, ou même le peu savoureux "Fu Inlé". Fall Of Efrafa est tombé dans le piège qu'il s'est construit.

Un épilogue un peu en-dessous donc. Demeure malgré tout une oeuvre gigantesque, au bout d'un objectif que s'est efforcé d'atteindre Fall Of Efrafa contre vents et marées. Les anglais ont apporté avec eux une dimension qu'il sera par la suite difficile à égaler en intensité, dans sa conception graphique, musicale ou même littéraire. Une oeuvre finalement porteuse d'espoir car, au-delà de la métaphore de Richard Adams, la victoire finale, c'est surtout le choix pour l'homme d'agir au lieu de subir, de se battre contre des concepts aliénants. La victoire est dans la volonté d'émancipation. "We have the choice to halt our own condemnation"...

Tracklist : 1. Simulacrum, 2. Fu Inlé, 3.Republic of Heaven, 4. The Burial, 5. Woundwort, 6.The Sky Suspended, 7. The Warren of Snares.

Inlé est disponible en libre DL.

A écouter : The Warren of Snares, Simulacrum, Woundwort
17 / 20
6 commentaires (17.33/20).
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Elil ( 2007 )

"Retribution, the warren is empty". C'est par ces mots que Fall Of Efrafa clôturait Owsla, premier volet de The Warren Of Snares, entreprise aussi titanesque qu'osée inspirée par l'oeuvre de Richard Adams, The Watership Down, répartie en trois actes dont l'écoute de la première tranche laissait une curieuse impression de vide à son achèvement. Un an après, le terrier est désormais désert mais Fall Of Efrafa est toujours là.

Deuxième tableau de la trilogie Elil, produit par Peter Miles, se décompose en trois morceaux d'une durée proustienne. Trois chapitres devrions-nous donc dire tant son écoute prend ici tous les aspects de la lecture d'un livre. Dans la terminologie de Richard Adams, Elil est "l'ennemi", "le prédateur" des Owsla. Transposé dans l'univers de Fall Of Efrafa, il est clairement identifié comme étant la Religion, concept créé par l'Homme lui permettant d'exercer un contrôle spirituel sur ses semblables et d'annihiler toute vélléité d'émancipation. Même si Fall Of Efrafa utilise le vocabulaire et la langue de The Watership Down, sa colère et sa haine d'une Religion réductrice et castratrice n'en sont que plus tangibles, abordant le problème sous plusieurs angles dont celui, très instructif, d'un fondamentaliste religieux ressortissant de la secte nord-américaine Dominion Theology souhaitant l'instauration d'une théocratie chrétienne ("Dominion Theology"). Afin de donner plus de force au propos, Fall Of Efrafa incorpore aux morceaux quelques extraits de discours de Richard Dawkins, scientifique combattant contre l'obscurantisme religieux. Un seul objectif à tout çà : dénoncer l'emprise de la Religion sur les esprits et la renvoyer dans le domaine qu'elle n'aurait jamais dû quitter, celui de la mythologie. 

Si l'appellation épique pouvait, peut-être, paraître un brin présomptueuse sur Owsla, inutile de préciser qu'ici elle prend toute sa signification. Sans artifice, Fall Of Efrafa impose sa griffe le plus naturellement du monde, conservant le son le plus brut possible, dans un souci de privilégier le fond à la forme, de redonner toute son importance à la musique et de rejeter le superficiel. Ainsi, les titres sont marqués par d'importantes variations, des rebondissements, s'imprègnant de manière indélébile au plus profond de nos êtres. L'esprit travaille, mais le corps aussi, chaque changement fait l'objet d'un soubresaut de tripes, un bouleversement viscéral, un chaos des entrailles. Si Owsla privilégiait plutôt le frontal, Elil campe l'insidieux, le progressif, l'approche en biais et, même s'il conserve encore et toujours le côté noir du crust britannique, on sent dans les faits Fall Of Efrafa adopter une posture plus posée, plus post hardcore dans le genre de Neurosis, voire même post rock. Lentement mais sûrement, les anglais façonnent leur ouvrage, procédant par petites touches mélodiques, simples mais empreintes d'une forte mélancolie, sur lesquelles viennent prendre appui quelques rythmiques d'apparence innoffensive mais qui, en devenant plus massives, lézardent l'édifice, transforment les fissures en crevasses par lesquelles s'écoulent un torrent de ressentiment et d'incompréhension.  A la manière d'une symphonie, les titres sont sanctionnés par des allegros, des moderattos et des larghettos, des lignes de rupture telle que cette partie de guitare sèche sur "Beyond the Veil", où le ton effroyablement désespéré du chant d'Alex Bradshaw, évoquant changements d'attitude, périodes de doute, de renoncement auxquels succède le temps de la colère et du combat.
Sombre et dépouillé dans le fond, Elil l'est également dans la forme. Livré dans un ensemble en carton recyclé, l'artwork apparaît en totale adéquation avec la musique Fall Of Efrafa étant un groupe pour qui le visuel, le texte et la musique revêt autant d'importance l'un que l'autre. A noter la superbe face en etching décorée pour la version vinyl.

Par son souci du détail, sa démarche artistique, son obstination à n'appartenir à aucune chapelle, son refus du basique et des instincts primaires, le quintet de Brighton franchit un palier supplémentaire, optant pour une approche peu commune, moins instinctive, certes, mais plus réfléchie, faisant de Elil le digne successeur de Owsla et de Fall Of Efrafa un groupe définitivement à part.

Le disque est disponible chez Fight For Your Mind.

A écouter : et lire
16 / 20
8 commentaires (16.75/20).
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Owsla ( 2006 )

A juste titre un peu trop obnubilé par la très importante activité de la scène crust us des Behind Enemy Lines, The Holy Mountain ou Warcry, on a peut-être un peu trop négligé de se pencher sur celle d'Europe - hors Suède - qui, après une période de disette, semble reprendre du poil de la bête. Certes depuis quelques années, c'est l'Espagne qui donne le là en la matière mais il se pourrait bien que celà change avec Owsla, premier volet de la trilogie The Warren of Snares des british de Fall Of Efrafa.

Issu d'une contrée où le genre a connu une période fort glorieuse, la tentation était forte de voir dans le quintet de Brighton les dignes héritiers des Discharge, Disorder ou Extinction of Mankind. Pourtant, c'est bien du côté de Portland que les jeunots de Fall Of Efrafa semblent avoir assimilé leurs gammes. Elevé au Tragedy et autre Severed Head Of State la formation impose en premier lieu un hardcore punk massif et compact allié à une rapidité d-beat dans lequel "Pity The Weak" donne le ton d'un album résolument tournée vers la colère la plus extrême. Efficace, certes, mais une efficacité légèrement altérée par une irrépressible sensation d'un groupe arrivant après la bataille dans un goulot d'étranglement de plus en plus étroit en raison du nombre important de postulants.
Pourtant, c'est au moment où l'on s'apprête à faire demi-tour qu'apparaît le véritable visage de Fall Of Efrafa. Refusant de céder au réflexe pavlovien du tout brutal que l'on serait en droit d'attendre d'une formation classée crust, les anglais déjouent tous les pronostics en empruntant des chemins de traverse comme le faisaient à une époque les défunts From Ashes Rise et Ekkaia. Au fil des minutes se fait jour un projet plus ambitieux où Fall Of Efrafa décline son désarroi par le biais de manifestations plus feutrées, émotionnellement plus chargées. Fruits de la hargne et de la mélancolie, elles apparaissent comme sublimées par la présence d'un violoncelle qui ne contribue pas peu à instaurer une atmosphère obscure, crépusculaire, où planent les ombres de Cult Of Luna et de Neurosis ("The Fall of Efrafa").

Fermement décidé à aller de l'avant, le cordon ombilical avec la tradition anarcho-punk n'en est pas coupé pour autant. Et même si Fall Of Efrafa tente de l'illustrer de manière différente, la contestation de l'ordre établi reste au coeur de ses préoccupations. Inspiré par l'oeuvre de Richard Adams, The Watership Down, Owsla apparaît comme un violent réquisitoire philosophico-politique à l'encontre de l'Homme, dont l'anthropocentrisme, le complexe de supériorité, la sensation d'immortalité le conduit à toutes les extrémités. Artisan de sa propre destruction, il est également celui qui détient la clé pour y remédier, espoir incarné par Owsla, dernier rempart et part de conscience ultime avant la chute finale. 

Sans tambour ni trompette, Fall Of Efrafa signe ici une première oeuvre d'une grande qualité, prétentieuse dans le bon sens du terme, et qui ravira très certainement les amateurs de Remains Of The Day, Garmonbozia ou même Ekkaia. Résultat de la coopération de plusieurs labels underground (Behind The Scenes, Alerta Antifascista, Fight For Your Mind, Symphony Of Destruction, Deskontento), Owsla confirme l'étonnante vivacité d'une scène DIY créative et engagée qui, de Londres à La Corogne, n'en finit plus de nous surprendre.

Télécharger : "The Fall of Efrafa"

A écouter : Pity the Weak, The Fall of Efrafa